‹ Les Hémorragies Méningées CataménialesChapitre 18 sur 29 · LS ER · texte numérisé non relu

LS ER

— La fension artérielle est élevée : 21/11,5 au Vaquez.

— La Diurèse est de 750 cc. à 1 litre en 24 heures.

Les urines ne renferment pas de sucre.

IL y a des traces d’albumine qui n’a pas été dosée.

Au laboratoire on n'a pas trouvé de cylindres dans le culot urinaire, mais des cellules et des globules blancs nombreux. À

L’azotémie est de 0 gr. 47 /,.

— Le reste de l'examen n’apporte aucun symptôme nouveau. L’interrogatoire apprend peu de choses sur les antécédents.

Dans sa famille : son père est décédé à 55 ans d’une congestion cérébrale sur laquelle elle n’a aucune précision ; une sœur serait morte d’hémorragie ?.…..

Personnellement elle a toujours été en parfaite santé. Elle est mariée ; elle n’a Jamais fait de fausse couche. Elle a deux enfants très bien portants. Enfin ses règles sont normales, régulières et l’ont toujours été.

14 octobre. Persistance des contractures et de la céphalée.

Température de 389,5.

16 octobre. La céphalée est un peu atténuée ; mais la raideur reste marquée et l’abolition des réflexes tendineux persiste.

La veille au soir la malade a eu une crise caractérisée par quelques mouvements convulsifs.

18 octobre. Même contracture. Température de 390.

— La tension artérielle subit une légère détente 18/10,5.

— Le temps de saignement est dans des limites normales : 5 minutes.

Le temps de coagulation est allongé : 23 minutes.

Il n’y a pas de signe du lacet.

— Un examen de sang donne une formule sensiblement normale

GlobulesrOup es ER CE ne bere 4.360.000

» blancs PE teen re 13.000 Poly nucléaires Re re CREER 87 % Moyens/mononucléaires ttc tement 10% EYMPROCUTES PET ERENE VOLEUR E RENTE 3 %

La ponction lombaire ramène un liquide xanthochromique.

24 octobre. La tension artérielle accentuant sa détente est de 17/11.

Les contractures diminuent et permettent à la malade de s'asseoir. ,

27 octobre. La tension artérielle est de 16/10.

La température est à 379,

2 novembre. 3° ponction lombaire :

Liquide elair :

Albumine 0 gr. 40.

Cytologie 19,3 à la cell. de Nageotte.

Benjoin colloïdal, normal.

— Les réactions de Wassermann ont été toujours néga-

tives :

Dans le sang :

HeChE ES ess tes B-W. ARE

Dans le L. C. R. par deux fois le 13 octobre et le 2 novembre le Wassermann a été négatif.

8 novembre. La tension artérielle remonte à 21/11.

13 novembre. Tension artérielle 22/13.

Depuis 3 ou 4 jours la malade aurait dû avoir ses règles qui sont donc en retard sur leur date présumée.

17 novembre. Tension artérielle 21/13.

Le matin sont apparues les règles.

18 novembre. Un orthodiagramme cardio-aortique donne des dimensions normales.

27 novembre. Tension artérielle reste stationnaire à 22/12.

— Un dosage de cholestérol donne 1 gr. 80 °/,,.

ro ee

Les lipides du sérum ont un taux de 7 °/,.

— Le métabolisme basal a été mesuré en raison d’une certaine tachycardie avec tremblements légers, exophtalinie très discrète et quelques troubles vaso-moteurs.

Son chiffre de + 16,2 % est sensiblement normal.

28 novembre. La malade quitte l'hôpital.

2 décembre. La malade revient consulter : T. A. 22/12,5. Les réflexes tendineux achilléens et rotuliens sont reparus.

Depuis lors la malade est morte en dehors du service vraisemblablement d’hémorragie méningée.

Ces deux observations sont des plus instructives.

[. — La PREMIÈRE (Obs. I) est celle d’une H. M. cataméniale, récidivante et mortelle, survenue ‘chez une femme de 26 ans au cours d’un état hémogénohémophilique avec splénomégalie.

L'intérêt fondamental de cette histoire de longue durée, puisqu'elle comprend deux phases correspondant à deux séjours que la malade fit dans le service à 6 mois d'intervalle, est de montrer une H. M. qui fut récidivante ; car cette récidive permet d’établir un parallèle entre ces deux accidents, et de chercher à expliquer par les mêmes causes, des effets semblables. On peut en effet poser a priori que chez un même sujet, la répétition d’une même affection, peut être imputable à la même étiologie.

Si l’on s’efforce tout d’abord d’envisager les circonstances d'apparition de l’H. M. lors des deux séjours de la malade à l’hôpital on verra que, si le début a été brutal et suivi d’un état comateux dans

le 127 cas, et au contraire progressif et échelonné entre le 6 et le 12 janvier dans le 2€ cas, les deux fois, l’hémorragie s’est produite en pleine santé, sans cause apparente. Mais une notion plus importante ressort surtout de cette enquête : les deux fois cette femme de 26 ans était en période menstruelle. Lors de la première H. M. les premiers symptômes, à savoir la céphalée subite, les vomissements et bientôt l’obnubilation comateuse, qui constituèrent la scène en quelques heures, apparurent exactement le 127 jour des règles. En ce qui concerne la seconde H. M. les choses se passèrent un peu différemment : d’une part la symptomatologie suivit une progression relativement lente, marquée d’abord par une céphalée sample qui s’exacerba les jours suivants, puis par des douleurs diffuses et une fièvre autour de 380 pour aboutir finalement le 12 janvier, à un certain degré d’obnubilation qui motiva son admussion dans le service ; d'autre part les premiers symptômes apparus le 6 janvier, précédèrent de trois jours l'apparition du flux menstruel ; la relation n’en est done pas moins apparente que dans le 1€T cas entre les règles et l'E. M. Voilà donc une femme qui fait deux H. M. franchement cataméniales, dans l’espace de 6 mois, hémorragies graves du reste, puisque la 22 devait lui être fatale.

Cette coexistence, ou mieux cette simultanéité d’une menstruation et d’une hémorragie méningée, prend dans cette histoire, nous l’avons dit, toute sa valeur, du fait de sa répétition ; on ne peut en effet

à moins de jugement simpliste invoquer à deux reprises la coïncidence fortuite.

Ces premières constatations permettant de lier l’hémorragie méningée à la période menstruelle contemporaine, méritaient donc de pousser plus loin les investigations, et de les multiplier, pour chercher à établir les raisons profondes de semblables accidents. Elles ont mené à des considérations plus étendues, des plus fertiles en enseignements :

De cette histoire, en effet, nous allons voir qu’on peut dégager trois notions essentielles :

En premier lieu cette Jeune femme était sujette à des hémorragies non provoquées ; en second lieu son passé témoignait d’une certaine susceptibilité du système nerveux ; enfin ces incidents différents avaient toujours été influencés par les menstrues. Le premier souci devant ce tableau d’hémorragie méningée d'apparence essentielle, est d’en connaître la signification : Pourquoi cette hémorragie spontanée ? Y-a-t-1l eu atteinte primitive des méninges avec détermination hémorragique secondaire ? ou bien l’hémorragie n’était-elle qu’un élément, important du reste du fait de sa localisation méningée, d’un état hémorragipare antérieur ? Il semble qu'il faille écarter absolument l’hypothèse d’une atteinte méningée : il ne peut d’abord être question d’une infection aiguë des méninges, puisqu'il y a eu répétition de l’H. M. et que chacun de ces accidents s’est produit en pleine santé sans cortège infectieux ; rien non plus ne milite en faveur d’un état méningé

subaigu ou chronique ; on n’a retrouvé chez cette femme de 26 ans aucun signe clinique ou stigmate biologique de syphilis nerveuse ou viscérale, aucune sclérose vasculaire, aucune altération de la tension artérielle.

Au contraire la constitution hémorragique de la malade ne faisait aucun doute : Dès l’âge de 7 ans on recueille l’anamnèse d’hémorragies provoquées faciles, profuses et durables (plaies accidentelles, avulsions dentaires, ecchymoses à l’occasion de traumatismes insigmifiants). Corroborant ces données cliniques, on trouve une altération manifeste du temps de coagulation, prolongé jusqu’à 30 minutes ; en somme tous les éléments du syndrome hémophiligue. Sans doute ce syndrome est-il d’un intérêt secondaire pour ce qui nous intéresse, puisqu'il ne se manifeste qu’à l’occasion d’une hémorragie provoquée, pour ainsi dire traumatique; 1l n’en est pas moins réel, et suffirait à lui seul à constituer le terrain hémorragique de cette femme.

Mais il existe un autre syndrome qui prend dans cette histoire une bien plus grande importance : c’est cette prédisposition particulière aux hémorragies non plus provoquées, mais spontanées : nous verrons qu’il s’agit là d’un état hémorragique spécial, l'état hémogénique, dont on retrouvait chez notre malade les principales caractéristiques : le temps de saignement était perturbé, étant allongé et variable entre 6 et 30 minutes. Le signe du lacet était positif ; et on avait de longue date la notion d’hémorragies

A ee

Spontanées multiples : des épistaxis, des gingivorragies, du melœna, des pétéchine, et surtout des hémorragies. Il y a lieu de souligner ce dernier point, car non seulement l’abondance des hémorragies génitales au moment des règles, fut longtemps la principale manifestation de l’hémogénie de cette femme, mais c’est aussi autour de ses épisodes génitaux que se concentre pendant toute sa vie, l’évolution de cette hémogénie : en effet c’est à 9 ans que pour la première fois se manifeste la tendance hémorragique chez cette femme : le même jour elle a une épistaxis très abondante et voit ses premières règles qui furent aussi d’une extrême abondance et se prolongèrent pendant plusieurs jours. Dès lors, chaque menstruation sera exagérée dans sa durée et dans sa quantité, et cela pendant des années ; et bien souvent, contemporaine de ces menstruations, se produiront les unes ou les autres des diverses hémorragies que nous avons signalées. Toutefois à l’âge de 22 ans, avec le mariage, cette femme connaîtra un apaisement dans ses règles qui deviendront normales. Au contraire les hémorragies muqueuses persisteront, cataméniales ou dans lintervalle des règles. |

La preuve étant ainsi faite de la tendance hémorragique de notre malade, et de la relation étroite de ses règles avec ces hémorragies spontanées, les deux épisodes successifs d’H. M. cataméniales se trouvent à leur tour justifiés. Il reste à rechercher si quelque

antécédent nerveux permet dans une certaine mesure

de légitimer la localisation méningée de ces deux graves hémorragies ; nous allons voir que précisément il existait antérieurement quelques incidents nerveux et surtout, que pour eux aussi une liaison étroite apparaît avec la période menstruelle. Avant le mois d'avril 1933, avant la {fe H. M. par conséquent, on apprend en effet que depuis 3 mois, cette femme qui jusqu'alors n'avait jamais souffert de la tête, se plaignait de céphalées périodiques, rebelles, horriblement pénibles et récidivantes. Et surtout malgré leur cycle, irrégulier et inégal, un point reste indéniable : cette céphalalgie avait des recrudescences paroxystiques des plus nettes au moment de chaque menstruation. Bien plus. Entre juin 1933 et janvier 1934, pendant cet intervalle hbre qui a séparé les deux hémorragiés méningées, cette femme a connu des épisodes beaucoup plus précis, et tout à fait curieux et intéressants, caractérisés par des poussées de céphalée paroxystique atroce, accompagnée d’une élévation thermique passagère à 380 ou 390 et d’un subictère léger avec urines foncées, Faut-il ajouter que ces accès avaient un rythme précis et se manifestaient chaque fois, à la date exacte des règles ? et n’est-on pas en droit de se demander s’il ne s’agissait pas là d’un saignotement transitoire dans les méninges, bref, d’une H. M. minime et ébauchée ? Sans prétendre résoudre cette question, il nous semble pourtant qu'il y a là pour le moins une particularité qui mérite d’être retenue, Dès lors on peut établir qu'il s’agit d’une femme

jeune hémogénique dont les manifestations hémorragiques sont à prédominance cataméniales ; d’une femme souflrant de céphalées et d'incidents même plus complexes, à échéance également cataméniale. En 6 mois cette femme fait deux hémorragies méningées encore cataméniales : n’y a-t-1l pas analogie et relation patente entre ces divers épisodes, et par conséquent entre ceux qui nous occupent et les phénomènes menstruels ?

Il fallait alors aller plus loin et chercher à saisir le lien qui paraît unir cette fragilité vasculaire aux fonctions ovariennes. $

Et d’abord existait-1l des troubles menstruels ?

Sur ce point l’histoire génitale de cette femme comprend différentes phases :

En premier heu ses règles s'installent à l’âge de 9 ans, c’est-à-dire précocement, mais, la première menstrue mise à part, les époques successives furent normales et régulières Jusqu'à l’âge de 17 ans.

De 17 à 22 ans au contraire elles furent anormalement fréquentes (2 fois par mois), abondantes et prolongées.

Enfin à partir de 22 ans, coïncidant avec le mariage, les menstruations retrouvèrent un cycle normal qui, devait rester tel, puisque lors des 2 séjours dans le service, cette femme avait des règles normales.

On est done en droit de conclure que pendant la majeure partie de la vie génitale, ouverte à 9 ans et prématurément interrompue à 26 ans, le cyele menstruel fut régulier et normal. Pendant 5 ans seulement,

il exista des troubles menstruels consistant en hyperménorrée ; ces ménorragies du reste, doivent vraisemblablement être imputées à l’état hémorragique constitutionnel de cette malade car 1l ne semble pas qu'il y ait jamais eu chez cette femme de troubles vrais des fonctions ovariennes.

L’hémogénie a donc influencé les fonctions ovariennes, mais seulement pendant un temps relativement court (5 ans sur 17). Au contraire c’est en toutes périodes, que les règles influencèrent considérablement les hémorragies spontanées de cette femme, puisque c’est toujours à la date de ses époques que les ruptures vasculaires furent les plus importantes, réalisant des types multiples mais semblables de règles déviées. À ce propos 1l y a lieu de préciser, que le flux menstruel n'ayant jamais été, lors de ces accidents hémorragiques, insufhisant ni suspendu, il convient selon la nosologie classique, de grouper ces épistaxis, ces gingivorragies, ces melœna cataméniaux et plus tard ces deux H. M. cataméniales, dans le cadre des hémorragies supplémentaires des règles.

Ainsi apparaît de façon péremptoire la dépendance étroite des 2 hémorragies méningées survenues chez cette femme hémogénique, avec la menstruation.

Quant aux problèmes physiopathologiques que posent de telles conclusions, nous les aborderons seulement dans un chapitre ultérieur : ils sont du domaine de la discussion, alors qu'ici nous avons voulu seulement tirer des faits que nous offre l’observation, des conclusions cliniques et objectives.

Le fie

Il nous reste un mot à dire des constatations faites à l’autopsie :

Le cerveau, d’abord, était recouvert d’un caillot en galette et le ventricule gauche distendu, dilacéré par un énorme caillot. Il n’en faut pas plus pour expliquer la mort. Les méninges conformément à ce que nous avons dit de leur intégrité anatomique, n'offraient aucune lésion macroscopique ou micros- Copique. Quant à la source de l’hémorragie, on ne l’a pas trouvée, et 1l semble qu'ici non plus il n’existait pas de rupture d’un gros vaisseau mais un épanchement capillaire en nappe ; ceci est du reste conforme aux constatations citées plus haut de LeTuLLE et LEMIERRE, et aux notions actuelles sur lesquelles nous reviendrons plus tard.

Enfin la rate était grosse et pesait 200 grammes.

Et les ovaires étaient d’aspect selérokystique ; cette particularité est à retenir car elle permet de présumer qu’il existait des troubles certains du fonc-

tionnement ovarien.

II. — NoTRE SECONDE OBSERVATION est une histoire beaucoup plus simple et par là même, peutêtre moins féconde : une femme de 33 ans à la date d’une menstruation, fait une hémorragie méningée à l’occasion de laquelle on découvre une hypertension artérielle à paroxysmes menstruels.

Le fait saillant de cette histoire, pour ce qui nous intéresse, est le caractère franchement cataménial de l’accident méningé hémorragique, puisque le

matin même du jour où s’installèrent les symptômes de la maladie : (rachialgie, céphalée, troubles sensoriels et vomissements) cette femme avait vu apparaître ses règles. À vrai dire cette hémorragie méningée étant restée un fait unique et isolé, on pourrait invoquer ici plus que jamais la coïncidence fortuite du raptus méningé et du flux menstruel. Nous allons voir qu’au contraire lépanchement de sang dans les méninges paraît, dans cet exemple, aussi étroitement lié à l’irruption du sang menstruel que précédemment ; et l'observation de la malade telle qu’il nous a été donné de l’étudier, ne représente qu’une phase d’une histoire certainement plus longue que nous avons donc observée de manière forcément incomplète.

Sans doute dans cette observation, le tableau capital paraît être celui de l’hémorragie méningée, dans la mesure où sa symptomatologie domine et même constitue presqu'à elle seule, la scène. Mais à regarder les choses de près, si l’on tient compte des conditions d’apparition, de l’hémorragie, si l’on prend en considération, les circonstances qui ont entouré cet accident, les détails qu'a révélé un examen complet et méthodique, une telle histoire apparaît moins comme celle d’une hémorragie méningée, que comme celle d’une hypertension artéelle à évolution paroxystique. Et nous allons voir que la courbe dessinée par les fluctuations de la pression artérielle pendant les 6 semaines où nous avons suivi la malade représente en quelque sorte

la charpente de cette histoire, telle que nous la comprenons.

Il faut d’abord préciser la nature de cette hypertension : En premier lieu, elle paraît essentielle : ni une sclérose rénale ou vasculaire, n1 une cardiopathie primitive, ni âge de la malade, ni aucune intervention chirurgicale sur la sphère génitale m même la syphilis, ne peuvent être mvoqués à l’origine de ce syndrome hypertensif, qui en définitive paraît primitif au moins en apparence. £n second lieu, cette hypertension n’est pas permanente et constante ; elle est au contraire paroxystique, soumise à des poussées d’ascension tensionnelle, dans l’intervalle desquelles la pression artérielle se détend pour revenir à un taux normal, ou mieux voisin de la normale. Jamais en effet pendant les six semaines qu'a duré le séjour de cette malade à l’hôpital, on ne vit sa tension descendre au-dessous de 16/10 au Vaquez- Laubry, ce qui représente un chiffre encore un peu élevé pour une femme de 33 ans. Quant aux paroxysmes, ils élevèrent la tension jusqu’à 21 ou même 22 pour la maxima. Il faut ajouter que les fonctions rénales demeurèrent indemnes, aussi longtemps qu'on put suivre la malade, et qu'il en fut de même du cœur, qui, à l’exception d’un clangor du second bruit à la base, avait des dimensions normales.

Ceci étant dit de la nature de ce syndrome hypertensif, il convient d'envisager à présent son évolution.

Tout d’abord, bien qu'il fût fonctionnellement silencieux, et latent, n'ayant Jamais imcommodé la

DR

malade, il est vraisemblable d'admettre qu’il existait déjà, au moins quelque temps, avant le début des accidents qui l'ont révélé. De même il a persisté après que cette femme eut quitté l’hôpital. Et c’est en cela, du reste, que l’on est en droit de dire que l'observation telle que nous l’avons suivie, ne constitue qu’un épisode d’une histoire beaucoup plus longue, qui est celle de cette hypertension.

Ensuite l’évolution de ce syndrome hypertensif nous apporte deux notions essentielles : la constatation du caractère cataménial des poussées paroxystiques, d’une part ; la coexistence menstruelle de l’'H. M. d'autre part. La première poussée que lon a mise en évidence seulement le 13 octobre à la date de l'admission de la malade dans le service, remontait sans doute au 9 octobre ; c’est le 9 octobre .que les règles se sont établies, à une date et dans des conditions normales : c’est le 9 octobre aussi que s’est produite l’'H. M., puisqu'à cette date sont apparus des symptômes fonctionnels essentiellement douloureux parmi lesquels se confondaient sans doute dans une symptomatologie commune, des manifestations d’hypertension et des manifestations d’irritation méningée. — Les jours suivants se produit une détente progressive de la T. A. qui s'établit à 16 à la fin d'octobre. La seconde poussée hypertensive peut être mieux étudiée : Elle se dessine 1 mois plus tard le 8 novembre et atteint son paroxysme le 14, La malade s’étonne de ne pas voir ses règles qu’elle prévoyait pour cette date. C’est le 17 novembre

seulement qu'elles s'installent, et simultanément la tension artérielle subit une légère détente qui pourtant ne s’aflirmera pas les jours suivants, Et la malade quittera le service avec une tension de 22 /12 à la fin de novembre ; à cette 2€ poussée ne s’est produite aucune reprise d’H. M. Au contraire la ponction lombaire a permis de suivre et de constater la classique résorption progressive et régulière de l’épanchement. Par la suite, la malade a été perdue de vue ; on a su seulement que peu de mois après ce séjour à l'hôpital elle avait suecombé à des troubles analogues à ceux qui l’avaient conduite dans le service, mais sans qu'il fût possible d’avoir sur ces accidents aucune précision.

Ainsi cette histoire hypertensive donne à toute notre observation une orientation et une signification très particulière : l’hémorragie méningée n’est plus dans ce cas imputable à une prédisposition hémorragique du sujet, mais elle apparaît comme la conséquence d’une poussée hypertensive paroxystique. C’est cette poussée hypertensive qui est cataméniale dans sa date d'apparition ; quant à l’hémorragie méningée, elle n’est cataméniale qu’autant qu’elle se produit à l’acmé de la poussée hypertensive.

L’hémorragie méningée demeure donc en relations étroites avec la menstruation, mais sa valeur est un peu différente cependant de celle que nous lui avons donnée dans lobs. FE. Dans notre première

observation l’H. M. est sous la dépendance immé- André Amphoux. ë

diate des règles ; dans cette seconde observation ee apparaît avant tout sous la dépendance de l& poussée hypertensive, qur elle seule est directement influencée: par le cyele menstruel!

Nous ajouterons qu’au contraire de notre 17 obs. cette femme ne paraissait nullement prédisposée aux hémorragies spontanées : Non seulement aucun épisode hémorragique ne se retrouve dans son passé, non seulement aucüne autre hémorragie ne s’est trouvée associée à l’H. M. que nous avons observée, mais il n'existe aucun stigmate de syndromes hémorragiques à l'exception toutefois d’un temps de coagulation de: 23°.

En ce qui concerne la clinique et lPévolution de ces deux exemples d’hémorragies méningées: cataméniales, c’est intentionnellement que nous avons jusqu'ici laissé de côté les remarques auxquelles elles incitent, afin de grouper dans un même pReRerte des conclusions communes :

L’allure clinique de ces hémorragies est, on l’a vu, tout à fait comparable aux hémorragies méningées classiques : les symptômes fonctionnels sont toujours dominés par la céphalée et les vomissements. Le coma n’existe pas ; ou bien il se constitue progressivement, sans ictus, et demeure incomplet : c’est une obnubilation profonde, plus qu’un coma vrai. La symptomatologie méningée est plus où moins complète, associée ow non selon les cas à des signes d'irritation corticale, et de compression cérébrale,

selon que: lhémorragie est sous-arachnoïdienne pure, où cérébno-ménimgée..

La ponction lombaire: conserve:sa valeur classique ; elle donne par ses renseignements formels, la signature infaillible du diagnostic ; son: évolution permet de suivre la résorption progressive et classique de l'hémorragie. Anatomiquement nous avons pu vérifier une fois encore que l’hémenragie ne provenait pas d’une rupture vasculaire d’un gros tronc, mais semblait soundre de sources dispersées et non visrbles.

Quant à la gravité de l’'H. M. elle est fonction : d’abord de la participation plus eu moins importante du syndrome de compression cérébrale dans le: tableau chimique (obs. E mort par mondation ventriculaire dans la: 2€ EL. M.) et Pon ne saurait trop soulrener que malgré le jeune âge de la malade, les H. Mi. ne sent de ce fait nullement bénignes &@ priori, bien au contraire ; c’est là un facteur pronostique commun à toutes les H. M. — Ensuite ce pronostic est fonction de la cause même de l’hémorragie et 1l est propre aux H. M. cataméniales ; 1l est évident que sx le facteur étiologique persiste, une fois l’hémorragie guérie, celle-ct sera prédisposée à se reproduire périodiquement quand se retrouveront groupées les mêmes conditions ; ainst la malade sera exposée chaque fois aux mêmes accidents avec les risques qu'ils comportent.

On conçoit done l'utilité de prévenir la répétition de pareils accidents, en essayant de supprimer le eu: les. facteurs déterminants, en écartant les condi-

RU em

tions favorisantes ou simplement en évitant la réalisation d’un concours de circonstances occasionnelles.

C’est dire la nécessité de bien connaître les divers éléments du problème :

Le terrain constitutionnel ou acquis qui prédispose à l’hémorragie.

Les troubles liés aux fonctions ovariennes, qui favorisent ou engendrent périodiquement l’apparition des accidents en question.

Les facteurs qui déterminent la localisation méningée de l’hémorragie.

Enfin les relations qui unissent entre eux ces processus variés.

C’est précisément là l’étude dont la 2€ partie de ce travail prétend être l’objet, la 17€ partie ayant eu seulement pour but par deux exemples concrets, de poser le problème et de montrer ses différents aspeets, d’une manière objective.

En résumé, nous n’avons pas seulement voulu développer les considérations pathogéniques qu’inspire l’étude de ces deux observations.

Nous avons voulu envisager aussi l'intérêt pratique de semblables histoires : Voilà deux femmes jeunes, en parfaite santé, qui succombent brutalement l'une, sous nos yeux, à une récidive d’hémorragie méningée cataméniale, l’autre vraisemblablement à une reprise d'accidents analogues à ceux qu’elle avait eus dans le service. N’y aurait-il pas eu moyen, ou n’y aura-t-1l pas moyen dans lavenir, de prévenir

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pareils accidents, ou d’en éviter au moins la ‘répétition ? Nous voulons l’espérer, mais ce sera certainement, à la seule condition de connaître parfaitement le mécanisme et la genèse de ces hémorragies méninggées cataménmiales, et de saisir les rapports étroits qui les unissent aux fonctions ovariennes.

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