HISTORIQUE
Les observations antérieures aux nôtres
Avant eu l'attention retenue par ces observations que nous rapporterons plus loin, d’hémorragies méningées survenues chez des femmes jeunes à l’époque de leurs règles, et considérant comme nullement fortuite la coïncidence de ces hémorragies méningées et de la menstruation, nous nous sommes, tout d’abord, efforcés de rechercher si lon avait antérieurement signalé de semblables accidents. Et de fait, nous en avons réuni 12 cas environ, recueillis depuis 1903, époque à laquelle Wipar généralisant la pratique de la ponction lombaire,
permettait de reconnaître à coup sûr une hémorragie méningée, fût-elle chiniquement des plus frustes, ainsi qu'il n’est pas rare de l’observer chez les sujets jeunes. Depuis cette époque, en effet, on a rapporté des cas de plus en plus fréquents d’hémorragie méningée survenant chez les jeunes. Or parmi elles, une proportion importante revient aux femmes, à quelque étiologie du reste qu’elles soient imputables. |
Souvent d’ailleurs, aucune étiologie précise ne peut être invoquée, et c’est alors qu'avec une certaine fréquence, on remarque que l’hémorragie méningée de la femme se produit à propos d’une période génitale : aux environs ou lors même des règles. Les auteurs qui rapportent de semblables observations ne manquent Jamais de signaler, voire de souligner, le caractère cataménial de l'H. M. et d’en laisser soupçonner même l'intérêt doctrinal ; mais nous n’en avons guère retenu qui cherchent à interpréter cette circonstance d’apparition ; et presque Jamais cette seule particularité ne constitue l’objet et le mobile de leur publication. Ils y voient, le plus souvent, une curiosité étiologique sans plus, et ne s'efforcent pas de l’approfondir. Toutefois, nous le verrons, l’étude purement objective des faits enseignés par ces observations permet déjà, pour le problème qui nous occupe, de dégager certaines conclusions.
C'est en 1903, dans une communication faite par CHaurrarD et FRoIN à propos du diagnostic diffé-
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rentiel entre les méningites cérébro-spinales et les hémorragies méningées, que nous lisons l’histoire suivante :
Ogs. 1. — « Une femme de 22 ans, mariée depuis un an, fait une fausse couche en février, et deux mois plus tard, présente des métrorragies qui durent 34 jours. Enfin, de tempérament nerveux elle aurait eu des crises convulsives.
Le 27 juin alors qu’elle est en pleine période menstruelle elle se plaint de souffrir de la tête depuis 4 à 5 jours, et accuse une grande fatigue. Dans la nuit surviennent des vomissements et la céphalée s’exagère. Le 28 juin elle est hospitalisée.
Sa lucidité est parfaite ; la céphalée est atroce. L’examen révèle un syndrome méningé complet avec de la raideur de la nuque, un signe de Kernig.
À gauche existe une hémiparésie.
Des deux eôtés les réflexes tendineux sont vifs.
Des deux côtés existe un signe de Babinsk.
La température est à 38,7.
Une ponction lombaire ramène un liquide sanglant.
Les jours suivants, le tableau clinique s’atténuera, mais lentement ; et le 30 juillet la malade guérie, quittera l'hôpital. »
L'observation, on le voit, est succinte ; la coexistence de l’époque menstruelle et de l’hémorragie méningée est signalée tout à fait incidemment, les auteurs ne la relèvent même pas dans leur commentaire, et 1] semble bien qu'aucun lien ne leur apparut entre ces deux accidents. Toutefois, nous ne pouvons manquer de retenir, que chez cette femme de 22 ans, sans antécédent, se déclare à l’époque des règles, une
André Amphoux. 7)