PRONOSTIC
Parmi les éléments nombreux sur lesquels nous nous baserons pour formuler un pronostic, nous distinguerons les éléments symptomatiques et les éléments éliologiques.
JL. — ÉLÉMENTS SYMPTOMATIQUES
Tout d’abord l'aspect du malade à une certaine importance, le coma profond avec stertor, la température très élevée dès le début étant l’apanage des formes mortelles et se retrouvant dans les observations de mort rapide. Au contraire le début par léger. ictus ou sans ictus, par une céphalalgie violente avec vertiges, éblouissements, rachialgie est retrouvé dans les formes curables : la fièvre ne monte qu’à 38 ou 59 degrés et dans les jours qui suivent.
Le pouls, dans les cas graves, est souvent ralenti, et par suite non en rapport avec la température ; ceci peut d’ailleurs se modifier lorsque après la ponction les phénomènes d’hypertension intra-cranienne ‘ont disparu. Dans les formes favorables, pouls el température concordent plus souvent.
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Parmi les troubles de la motilité, Vhémiplégie complète avec ou sans contractures, les convulsions, l’incontinence des sphincters sont fâcheuses,même si une amélioration passagère est notée après la rachicentèse. On doit penser de même du myosis et de la déviation conjuguée de la tête et des yeux, et du signe de Babinski.
Au contraire, le signe de Kernig, l’attitude en chien de fusil, l'exagération des réflexes, le signe de l’éventail, l'agitation simple, sans signes d'épilepsie bravais-jacksonnienne ; le délire, professionnel ou non, ont été notés chez des malades guéris.
Les troubles vaso-moteurs, raie méningitique, sont notés dans plusieurs cas favorables, en particulier dans celui de Braillon ; par contre les {roubles trophiques, phlyctènes, escarre fessière surtout, sont d’un pronostic fatal. 3
Les troubles bulbaires, modifications du rythme respiraloire, présence ou augmentation notable du sucre el de l'’albumine, sont rares dans les formes favorables, ou ne durent pas.
En résumé, il résulte de toutes les observations publiées qu'une symptomatologie surtout méningée, fût-elle impressionnante, esl moins sombre qu’un ensemble clinique où dominent les signes d’ordre cérébral.
D'ailleurs /a ponction lombaire donne aussi quelques indications pronostiques. Le liquide coule plutôt en jet ou en gouttes rapides, dans les cas où l’'hémorragie est primitivement sous-arachnoïdienne ;
il coule plus souvent en gouttes lentes lorsqu'elle n'est qne secondairement méningée, le pronostic étant beaucoup plus grave dans le second cas. De plus, nous avons vu que la ponction amenait d'une façon presque constante une détente, une amélioration des symplômes : si celle amélioration est notable et persiste plus de quelques heures, on peut avoir bon espoir. Il faut savoir pourtant que les rechates
sont parfois plus graves que la première atteinte,
Il. — ÉLÉMENTS ÉTIOLOGIQUES DE PRONOSTIC
L'état antérieur du sujet est important. L'âre est à peu près le seul facteur physiologique à invoquer : la terminaison fatale est pre:que la règle, chez les nourrissons el chez les vieillards, les prennicers Ctant dans des conditions de résistance insuffisautc, les seconds ayant un système vasculaire presque loi: jours en mauvais étal.
A l’âge moyen, ce sont surtout les facteurs pathologiques antérieurs qui règlent à la fois la gravité de la lésion, et l’état de résistance du malade. Parmi les principaux antécédents morbides, citons l'alcoolisme qui, dans quelques cas très uels, a aggravé ie pronostic ; la syphilis au contraire, avouée ou décelée par la réaction de Wassérmann,exislait dans nombre de cas de guérison, peut-être parce que nous sotnmes merveilleusement armés pour la découvrir el pour la combattre.
Enfin l'etat actuel du sujet doil être toujonrs mis
J. Aubert (Q
| 186 — en ligne de compte, toutes les associations morbides soit générales (infections et intoxications), Soit locales (purulence de l'épanchement méningé) étant de nature à rendre le pronostic sinon fatal, du moins à l’assombrir singulièrement.
A distance, il est rare que l’hémorragie méningée ne laisse pas subsister quelques séquelles : nous avons cité chez le nourrisson la maladie de Little, les diplégies infantiles. Chez l'adulte ce sont les troubles du fonctionnement cérébral qui persistent parfois, en particulier des pertes partielles de la mémoire.