‹ Les hemorragies sous-arachnoidiennes et le mecanisme de l'hematolyse en generalChapitre 13 sur 18 · ÉTUDE GÉNÉRALE DE L'HÉMORRAGIE SOUS-ARACHNOIDIENNE · texte numérisé non relu

ÉTUDE GÉNÉRALE DE L'HÉMORRAGIE SOUS-ARACHNOIDIENNE

Les observations qui précèdent, et en même temps les constatations faites par d'autres auteurs, vont nous permettre de faire un tableau général des hémorragies sous-arachnoïdiennes.

Cette étude acquiert aujourd'hui un intérêt nouveau. Comme nous l'avons dit avec MM. Chauffard et Boidin (1), l'intervention de la ponction lombaire dans le diagnostic des hémorragies méningées montre que l'hémorragie sous-arachnoïdienne primitive ou secondaire à une lésion intra-cérébrale est beaucoup plus fréquente qu'on ne l'aarait soupçonné à priori, et qu'elle intervient au cours de syndromes cliniques, dont l'interprétation sans la ponction serait restée tout à fait douteuse. Elle est beaucoup plus fréquente que la pachyméningite hémorragique, et c'est cette dernière cependant qui, dans toutes les descriptions pathologiques, occupe de beaucoup la première place. Aussi l'étude clinique et pronostique des hémorragies sous-arachnoïdiennes est tout entière à reprendre, grâce à ce moyen de contrôle si précieux que constitue la ponction lombaire.

Les anciens auteurs connaissaient les épanchements san-

(i) A. Chauffard, G. Froin cl L. Boidin, Prc:ise niéd., 24 juin 1908.

guins qui se faisaient dans tout le liquide céphalo-rachidien. Prus dit, dans son Mémoire, que « la communication facile des liquides séreux, purulents ou sanguins entre la cavité sous-arachnoïdienne de la moelle et les cavités sous-arachnôïdiennes et ventriculaires du cerveau ne doit jamais être perdue de vue (1) ». De même, Gendrin avait noté que « toutes les fois qu'il y a épanchement de sang dans la cavité des ventricules du cerveau ou dans le tissu des portions de l'encéphale faisant saillie dans ces ventricules, ou enfin dans la pie-mère de la base, le sang colore le fluide céphalo-rachidien et se délaie dans ce fluide jusqu'au bas du canal vertébral, de sorte que chez les apoplectiques de la tête on trouve le fluide céphalo-rachidien fortement coloré en rouge dans le fourreau de la moelle (2) ». Cependant, M. le professeur Hayem, dans une étude d'ensemble faite en 1872, commençait ainsi son travail : « 11 existe dans la science environ une centaine d'observations d'hémorragies intra-rachidiennes, et si l'on ajoute que la presque totalité des cas observés a dû être publiée, on sera frappé immédiatement de la rareté de ces états morbides » (3). Dans sa classification des hémorragies intra-rachidiennes, il en trouve seulement, parmi les observations qu'il a pu recueillir, « huit dans lesquelles le sang était situé exclusivement dans: les mailles delà pie-mère. Les hémorragies sous-arachnoïdiennes sont donc peu nombreuses. » (Hayem.)

C'est l'opinion qui régnait encore, il y a peu de temps. Malgré la remarque de Prus et les constatations de Gendrin, les hémorragies sous-arachnoïdiennes attiraient seulement l'attention quand l'épanchement, très abondant, enveloppait ou recouvrait en partie la moelle par des caillots. Il était difficile à l'autopsie d'apprécier la teneur du liquide céphalo-rachidien en

(1) Prus, Mémoire sur les deux maladies connues sous le nom d'apoplexie méningée.. Mémoires de l'Acad. de médecine, i8/|5.

(2) Gendrin, De l'apoplexie rachidienne. Gaz. des hôp., i85o, n° 48- (3; Hayf.m, Des hémorragies intra-rachidiennes. Th. d'agrégat., 1872.

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hématies. Aussi, la plupart des livres classiques ne parlent point de la fréquente coloration du liquide céphalo-rachidien, dans les' diverses hémorragies du névraxe. Enfin, en dehors des cas qui guérissaient et étaient méconnus, beaucoup se terminaient par la mort, après résorption d'une grande partie du sang épanché. Le mode de répartition du sang dans le liquide céphalo-rachidien^ ses transformations, sa résorption, tout cela était impossible à dévoiler.

Voyons donc le chemin qu'a pu faire parcourir l'application de la ponction lombaire pour la connaissance plus approfondie de l'hémorragie sous-arachnoïdienne.

§ 1^'. — Considérations êtiolog-iques.

Nous ne parlerons pas de tous les états morbides dans lesquels les ruptures vasculaires, spontanées ou traumatiques, peuvent se rencontrer. Mais remarquons que la ponction lombaire montre la fréquence plus grande de l'hémorragie arachnoïdo-pie-mérienne, sous l'influence des causes susceptibles de la provoquer. Cela tient à ce que les seuls faits dont le diagnostic pouvait être assuré étaient, avant la rachicentèse, ceux qui se terminaient par la mort : bien des formes curables n'étaient même pas soupçonnées.

Cependant, parmi ces causes, il semble que les hémorragies dues aux traumatismes doivent prendre une extension considérable, et les statistiques qui concernent le siège des hématomes intra-craniens sont destinées sans doute à un bouleversement profond, grâce à la lumière apportée par l'exploration méningée. Le groupe des hémorragies sous-arachnoïdiennes occupe, dans ce> statistiques, une place restreinte, par rapport aux autres variétés d'hématomes intra-craniens.

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