‹ Les hémosidéroses cutanéesChapitre 21 sur 29 · RECHERCHES EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES

Nous venons de voir que dans différentes maladies la destraction de l’hémoglobine peut produire des pigmentations cutanées.

Il était donc tout naturel de chercher à reproduire expérimentalement de telles pigmentations hémosidériques.

LANGHANS, en étudiant chez le lapin, le cobaye et le pigeon, les phénomènes d’un coagulum sanguin introduit expérimentalement sous la peau, avait constaté que, dans certains cas, le coagulum avait déjà disparu après 24 heures ; dans d’autres les globules rouges étaient phagocytés après 2. à 6 jours. Les globules phagocytés changent de couleur, deviennent jaunes ou bruns et donnent la réaction de Perls. Le pigment ainsi transformé se trouve d’abord en grosses mottes, ensuite 1l devient de plus en plus fin, puis il disparaît, tandis que la réaction au fer devient diffuse et enfin après 2 à 4 semaines, selon les cas, la réaction au fer disparaît complètement. LANGHANS étudia également le sott du sang hémolysé injecté sous la peau du lapin. Le sang hémolysé avec de l’eau disparaît complètement en 38 heures sans laisser de pigment. De même une injection du sang défibriné et congelé . trois fois de suite pour détruire les globules rouges ne produit pas de pigmentation ; après 2 jours tout le sang injecté (2 cc.) a complètement disparu. |

Les expériences que nous avons faites chez l’homme donnent des résultats analogues. Nous avons injecté dans

Je derme à différents sujets 1 cc. de sang prélevé par ponction veineuse.

Dans le prélèvement pratiqué trois jours après l'injection, nous constatons la phagocytose de nombreux globules rouges et l'apparition discrète de la réaction au fer. Certains globules rouges phagocytés présentent une réaction au fer diffuse; ailleurs nous voyons apparaître dans quelques cellules fusiformes des grains et des petits bâtonnets pigmentaires donnant la réaction au fer,

Un vrélèvement fait six jours après l’injection montre la disparition presque complète des globules rouges et une pigmentation hémosidérique surtout intra-cellulaire: les histiocytes dermiques paraissent nugmentés et leur protoplasme est chargé de grains fins et de boules plus voluminzuses de pigment. Dans les interstices des faisceaux collagènes, se trouvent de rares mottes de pigmentaires.

Enfin dans une biopsie pratiquée 10 jours après l'injection on ne trouve ni globules ni pigment ; seule l'augmentation du nombre des histiocytes dermiques nous permet de soupçonner qu'il y a eu une altération dans ce territoire dermique. Les réactions du fer restent complètement négatives.

Pour vérifier ce que devient l’hémoglobine dissoute, nous avons injecté dans le derme 1 cc. de sang défibriné et hémolysé par congélation provenant du sujet même ; un prélèvement pratiqué deux jours après l'injection ne montre pas trace de pigment ferrique ; de même, un dépôt de globules rouges de mouton hémolysés disparaît complètement en deux jours sans laisser de trace.

Par contre, après une injection de 0,5 cc. d’une solution de saccharate de fer, on trouve après trois jours de raresgrains et mottes pigmentaires surtout intra-cellulaires ; après six jours, un dépôt de la même quantité de saccharate de fer a complètement disparu.

Enfin nous avons injecté à un malade, atteint de sarcomatose cutanée généralisée, en six fois, 30 cc. de solution de saccharate de fer à 33% dans les veines,afin de déterminer la participation des histiocytes à la prolifération tumorale. Lors de la mort nous avons examiné un grand nombre de

fragments de peau et avons pu trouver dans chaque coupe quelques histiocytes chargés de fer, mais il est évident que la quantité de fer retenue ne suffisait de loin pas pour produire une pigmentatioi cliniquement appréciable, d'autant plus que la plupart du fer s’y trouvait à l’état incolore, perceptible seulement grâce à la réaction du fer.

Il résulte de ces expériences que l'introduction dans le derme de sang est suivie de production d’hémosidérine ; mais cette dernière est toujours éliminée rapidement, le temps de disparition du pigment paraissant varier d’un sujet à lautre. Il faut donc admettre que, dans les affections présentant une pigmentation hémosidérique durable, un facteur spécial intervient qui détermine la fixation du pigment.

. Lorsque les conditions qui déterminent la rétention du

pigment ferrique ne sont pas réalisées, il peut bien y avoir formation de pigment, mais ce dernier disparaît immédiate-

ment.

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