‹ Les Hépatites Amibiennes à Forme SepticémiqueChapitre 37 sur 46 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

\ (H.-P. KLorz, in RossiGNoz, thèse Paris, 1936)

D.., 31 ans, nous est envoyé par son médecin avec le diagnostic de Fièvre Typhoïde. Il présente depuis quelques jours de la fièvre, de la céphalée, un état d’obnubilation voisin du tuphos, une courbature généralisée, avec un état saburral des voies digestives. Mais nous notons que le pouls n’est pas dissocié, qu’il n’y à pas de splénomégalie, pas de taches rosées, et qu’au lieu de diarrhée, ce malade présente une constipation opiniâtre.

Néanmoins, nous lui faisons une hémoculture et le soumettons à un traitement anti-infectieux banal. L’hémoculture reste négative, et sur ces entrefaites, la température se met à baisser, l’état général s'améliore. Le malade restant constipé, on le sou-

-met à des lavements quotidiens.

Nous sommes cependant frappés de sa pâleur et l’on note en effet une anémie légère à 4.280.000 Globules rouges. Mais l'examen hématologique révèle, en outre, une éosinophilie sanguine à 24 %. Cette forte éosinophilie nous faisant soupçonner une affection parasitaire, nous réclamons un examen des selles.

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Résultat : présence assez fréquenie de kystes d’Amibes dysentériques.

Les antécédents intestinaux de ce malade sont peu caractéristiques : il n’a jamais eu ni sang ni glaires dans les selles ; il aurait toutefois, d'habitude, une selle molle, pâteuse, assez abondante au lever. La contamination semble provenir de son frère : celui-ci, en effet, à séjourné au Sénégal pendant la guerre, et, à son retour, a cohabité avec D... pendant 6 mois. Il a aussi d’autres parents qui ont séjourné en Algérie, avec lesquels ensuite il a habité en France.

Le reste de l’examen clinique de notre malade était négul; En particulier, ni le foie ni la rate n'étaient augmentés de volume.

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Après dix jours de traitement (0,02 cg. d’émétine et 0,50 cg. de Sitovarsol), la guérison est complète : il n’y a plus de kvstes dans les selles.

OBSERVATION XII (BERNARD J.-P. in thèse Montpellier, 1879)

Pasquier Pierre, marin, âgé de 32 ans, revient. du Sénégal et entre à l’Hôtel-Dieu, après avoir gardé le lit à bord pendant une quinzaine de jours ;, la durée du voyage a été de 3 mois, du mois de’ mai au mois d’août ; le séjour à la colonie de trois semaines. C’est quelques jours après le départ que notre homme a ressenti les prémiers symptômes : fatigue facile, faiblesse générale, troubles gastriques, diarrhée. Puis la langue est devenue rouge et sèche ; le ventre s’est hballonné en même temps qu’il devenait douloureux, qüe survenaient des vomissements de couleur verdâtre. La teinte ictérique des conjonctives venait comipléter le tableau, mais cette teinte avait disparu ou était totalement insignifiante lorsque le malade nous arriva le 29 juillet 1878.

L'aspect extérieur, les phénomènes locaux, les phénomènes généraux, tout concordait cependant à faire admettre une Fièvre Typhoïde. C’est aux acides minéraux, en raison de la rougeur de la langue, au quinquina et à l’alcool qu’il fallut s’adresser. Quant à la marche de la maladie, je la résumerai en quelques mots :

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Dans une première période, les phénomènes typhoïdes sont très accusés et dominent la scène : torpeur, abattement, élévation .à peu près continue de la température avec exacerbations vespérales, maximum du matin 40°, minimum du matin 38°6, maximum du soir 41°, minimum du soir 39° ; diarrhée fétide, abondante ; langue rouge, totalement dépouillée. Le ventre est fortement ballonné, mais tellement douloureux que toute exploration méthodique est impossible.

Dans une seconde, période qui ne comprend que 4 jours (jusqu’au 12 août), le malade se trouve dans un abattement complet ; la température s’abaisse brusquement à 37° (36° les derniers jours) ; le ventre est toujours ballonné ; mais, en raison du peu de sensibilité, l'exploration étant plus facile, l’hypertrophie du foie apparaît d’une façon manifeste et fait supposer un abcès.

C’est un Abcès du Foie, en effet, que nous trouvons à Pautopsie, abcès considérable, situé à la face postérieure du foie, vers le bord inférieur. De nombreuses ulcérations garnissent l'intestin grêle, mais surtout le gros :intestin, et sont l’origine de nombreux détritus emboliques qui remplissaient la Veine Porte. ,

OBSERVATION XIII (MauUREL, Thèse Paris, 1881 ; résumée par ARNAUD)

G..., 28 ans, menuisier, né à Bourg (Ain), entre à l’Hôtel-Dieu de Paris, le 20 octobre 1880. Décès le 24 octobre.

Cet homme n’a jamais quitté la France ; il n’est à Marseille que depuis 2 mois. Pas de maladie antérieure, ni impaludisme, ni alcoolisme, ni syphilis. Début peu de temps après son arrivée à Marseille par de la fièvre et de là diarrhée.

Symptômes actuels : fièvre avec exacerbation vespérale ; abattement, sécheresse de la peau, langue blanche et large ; la diarrhée persiste sans ténesme ; jamais de sang dans les selles ; gargouillement dans la fosse iliaque droite; ballonnement du ventre. Douleur spontanée, sourde, exaspérée par la pression, siégeant au niveau des dernières côtes droites, s’irradiant au mamelon ; pas d'irradiation à l’épaule droite. Le foie ne déborde

pas les fausses côtes. Du côté de la poitrine, submatité en arrière: et à la base du poumon droit, diminution des vibrations et du murmure vésiculaire, toux et dyspnée. Les phénomènes généraux s’aggravèrent rapidement; l’oppression devint considérable; la douleur du côté augmenta, et l’on vit se produire un œdème sous-cutané dans la région hépatique, sans que l’on püût constater un abaissement notable du foie. À ce moment, l’idée d’un Abcès du Foie fut définitivement acceptée bien que l’on eût pensé le premier jour à une Fièvre Typhoïde avec pleurésie diaphragmatique concommitante. Malheureusement le malade succomba le lendemain avant qu’on ait eu le temps d'intervenir, 4 jours seulement après son entrée à l’hôpital.

Autopsie : congestion pulmonaire des deux bases ; pas de traces de pleurésie ; vaste abcès du foie.

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