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maitres, daignent par un effet de leur bonté me faire
le Bref ainsi que la commission au révérendissime légat
soit de Venise, soît d'Aquilée, d'instruire mon
Jo recommande l'affaire, ainsi que ma personne, à la
Ja charité du 16gat. En attendant que vienne le bref, je i même hors de Venise, dans quelque retraite,
7 é Dist
1) ccà i ali elle ina mia re a liasse IV, folio 120.
PIERRE-PAUL VERGERIO. 413
d’ici ; aussi je supplie Votre Seigneurie illustrissime de m’en faire sortir d’une manière ou de l’autre. Je lui baise les mains, en me recommandant à ses bonnes grâces. Que Christ soit avec elle! »
Vergerio essaya de se présenter au concile en sa qualité d’évéque; mais, d’après ce qui précède, le lecteur ne ne sera point étonné d'apprendre qu’il en fut repoussé. (B) Dans ses diatribes postérieures, il attribuait ce refus à la crainte qu’avaient eue les Pères, que, étant bien informé des affaires de Rome et de l’Allemagne, il ne fit en
. Pleine assemblée une opposition acharnée. On n’osa pas :Procéder contre sa personne, de peur de paraître entra- : ;. Ver la liberté du concile : aussi Vergerio alla-t-il se réfu- 8er près de son protecteur le cardinal Hercule Gonzague :@e Mantoue. Celui-ci, malgré les instances de Mgr Della ‘ass, ne consentit jamais à le remettre entre ses mains ; Pen au contraire, soit conviction, soit peur d’être réduit i Cette extrémité, il avait eu le soin de le recommander au cardinal Farnèse et à Madruzzo, cardinal de i te, pour qu'ils lui obtinssent un accueil favorable au Féncile de Trente : « Si l’on tient une autre conduite vis- € vis de lui, je redoute quelque inconvénient, car, en , * woyant le bon évêque exposer tous ses moyens de dé- € fense, ou il succombera comme il est arrivé en d’autres i ® occasions à plusieurs des nôtres ; ou, s’il reste debout, i «ilira çà et là jetant les hauts cris comme un désespéré; . eetainsi, pour avoir voulu lui défendre de parler, nous « lerendrons furieux en actions et en paroles. » Beaucoup partageaient la même opinion: le célèbre évéque Vida avait déjà préparé une lettre au pape pour lui obtenir un sauf-conduit ; mais d’autres combattirentavec force cette faveur, surtout le cardinal légat Cervino, qui reprochait à Vergerio d’avoir semé des calomnies contre
Il se présente
concile de Trente,
PIERRE-PAUL VERGERIO. 415 Spiera était un jurisconsulte de Cittadella près Padoue : Francois spiera.
il avait vécu dans le vice et l’indifférence jusqu'à l'âge de quarante ans, lorsque (disent ses panégyristes) il entendit pour la première fois l’évangile et se mit à étudier la Bible le jour et la nuit, laissant de côté toute autre occupation. Il chercha à en inculquer les maximes à sa femme, à ses onze enfants et à tous ceux qu’il fréquentait. Il exerçait gratuitement la médecine en faveur des pauvres, parlait de la miséricorde du Christ, de la certitude de la foi, et de l'espérance de l’immortalité que Dieu accorde à tous au nom de l’amour de son Fils. Des persommes restées jusqu'alors insensibles à la vraie piété accouraient vers lui, et se convertissaient. A Padoue, il se trouvait dans sa chambre entouré d'hommesdistingués et d'étudiants qui s’y livraient à des controverses comme dans une académie. Monseigneur Della Casa et les autres catholiques zélés de Venise se mirent à le menacer, s’il ne changeait pas ses manières de croire et de parler, ce qui le placa sur un ‘terrain où il se trouvait combattu entre deux opinions. « La chair et la suggestion du diable l’emportèrent, » et il renia les dogmes qu'il avait professés, faisant une rétractation publique sur la place de Cittadella. Mais quoi? Tout à coup il tomba dans les bras de la colère de Dieu, et il n’eut plus ni paix, ni amour, ni foi, ni espérance: il chercha à entrer dans le couvent de saint Antoine et à prier sur sa tombe; il consulta trois des plus célèbres médecins d'alors, mais ceux-ci ne trouvèrent en lui aucune autre maladie que celle occasionnée par la préoccupation qui avait troublé tous ses sens et mis en mouvement désordonné ses humeurs mauvaises. A cette réponse, Spiera branlant la tête répliqua que sa maladie n’était pas de celles qu'on pùt guérir, aucun médi-
Se
PIERRE-PAUL VERGERIO. 417 mentales connaissent et ont classé ces sortes de folie, plus étranges lorsqu'elles s’attaquent à des personnes de talent, comme dans l'espèce qui nous occupe, où le juge- ‘ mentde Spiera fonctionnait parfaitement bien, saufenun point que les phrénologistes qualifieraient desperatio æternæ salutis. Pourle soustraire aux importunités de tant de curieux, on letransporla à Cittadella, et ce fut là qu’il mourut, on ne sait comment. Cet exemple de folie fut de notoriété publique, et on assure qu’il suffit pour retenir
‘ beaucoup de personnes dans la foi nouvelle. Celio Curione : atteste que la race des prétres fit tout au monde pour démentir ce fait ; quant à moi, je crois plutôt que ces dermiers l’auront offert aux fidèles en exemple des remords
"qui s'emparent d’une âme lorsqu'elle a abandonné la
croyance de ses pères. Calvin, qui a publié une histoire de ©’
*Spiera en y ajoutant une préface, y voyait le fait d’un im- “mense orgueil; « Il aurait voulu, dit-il, philosopher d’une manière profane à l’école du Christ, alors qu’il avait été élevé dans un pays tout entier livré à l’impiété, si “bien que la majorité de ses habitants, ou ne pensent point à Dieu créateur, ou ne connaissent point Dieu juge. Le pape, avec sa cohorte de voleurs, a pu avoir sous les yeux cet exemple sur lequel nos Français prennent modèle, eux qui, soulevés par leur légèreté au-dessus des nuages; s’habituent plus qu'il ne faut aux cérémonies trop profanes de leur religion; quant aux Allemands dont l'esprit lent et obtus reconnaît difficilement les jugements de Dieu, il semble que maintenant, dans la crise où nous sommes, ils ‘ aient perdu le sens commun; quant aux Anglais et aux autres peuples, ilsemble qu'ils voient avec quel respect etquel empressement il faut recevoir le Christ quiresplendit!. » (1) Francisci Spierx qui, quod susceptam semel evangelica veritatis H— 27
Vergerio allait plusieurs fois par jour visiter Spiere; comme beaucoup de personnes se scandalisaient de cette
fréquentation, il crut devoir publier en 1548 une apole-
gie adressée à Rota, évêque suffragant de Padoue. Il y raconte les faits, et y produit assez de preuves pour que personne ne puisse croire à une illusion de sa part: il assure que les conversations qu’il avait eues avec Spiere respiraient toutes la piété, et étaient conformes à Ia dectriñe que la sainte Église catholique et apostolique a ob-
* ‘# servée et observe sans aucune interruption depuis qu’ekle
l’a reçue du Christ. Il ajoute que le spectacle offert per Spiera est tel qu’il mérite d'être contemplé parles gens venus des contrées les plus éloignées; qu'il ne faut pas avoir
+peur des légats et des inquisiteurs dans la recherche de “ la vérité; et « si pour cela (disait-il) je suis menacé d'un
se
péril, d’après ce que j’entends murmurer autour de moi, je l'affronterai volontiers comme étant la volonté de Dies, car je souhaite que mon sang et mes cendres arrosent et engraissent les semences que Dieu ne cesse pas de répandre à notre glorieuse époque par l'intermédiaire de tant d'ouvriers de la parole. » Il avoue ensuite qu’il brûle de s’entendre citer à comraraître devant l'évêque ou devant le légat près la République de Venise, et il s'éerie: « Me voici! où sont vos cachots, où vos buchers? Rassasiez la cupidité qui ronge vos âmes; brûlez-moi au nom du Christ parce que je suis allé porter des consolations à l’infortuné Spiera, et que j’ai divulzué ce que Dieu lui-
profcssionem abnegasset damanasselque, in horrendam incidit damnalionem, historia: a.quatuor summis viris summa cum fide conscripte : cum cl. vir. præfationibus Coeli secundi C. ct Jo. Calrini et P. P. Ver gerit apologia : in quibus multa hoc tempore scitu digna gravissime tractantur (sans date ni année). — Franc. Spiera’s Lebensende von C. L. Roth., Nuremberg, 1829.
- s- — — fs — Loi ui —
PIERRE-PAUL VERGERIO. 419 mème veut qu’on divulgue , c'est-à-dire que la vérité connue ne soit ni dissimulée, ni reniée, ni obseurcie. »
Par là, Vergerio secouait la poussière de ses pieds, se séparant entièrement de l’Église. Tout aussitôt le bruit s'en répandit non-seulement en Italie, mais aussi en Europe, tant il était alors extraordinaire de déserter son drapeau, on criait tout haut qu’une pareille chute ne s’était jamais vue, et on la comparait à celle de Lucifer.” Rien des gens reprochaient à la cour de Rome d’avoir poussé aux extrémités un homme qui possédait tant de secrets, tant d’habileté pour la controverse, tant d’éloquence. Le pape, dans le consistoire du 3 juillet 1549, le déclara contumax, partant déchu de la dignité épiscopale, et frappé des censures ecclésiastiques; plus tard il fut excommunié et banni.
On lui avait déjà, avant cette époque, enlevé son évéché, et on lui avait donné pour successeur le dominicain Thomas Stella de Venise; à la date du 12 octobre 1549, Monseigneur Della Casa écrivait au cardinal Farnèse :
« Plus tôt l’évêque de Capo d'Istria se rendra dans son diocèse et mieux vaudra, car Sa Seigneurie y est sollicitée, ici par des paroles, là par des lettres, sans compter que l'affaire en ellemême commande de l’empressement. »
Et dans sa lettre du 9 novembre.
« L'évèque de Capo d'Istria est parti ; la licence de se rendre à son évéché lui a été accordée en termes très-élogieux pour sa personne et très-favorables. Quant à Vergerio, je ne sais rien de plus sur son compte, si ce n’est qu’il a composé et publié un autre volume où, d’après ce qu'on m'écrit de Bergame, il dit beaucoup de mal de notre Seigneur (le pape) etde moi. Que Dieu le lui pardonne; ce qu'il y a de certain, c’est qu’on a agi envers lui, comme Votre Seigneurie sait, plutôt avec lenteur et azec une charité pleine d'ézards qu’avec une certaine vigueur. »
Ca ‘
Ma +
Apostasie de
Vergerio.
Thomas Stella, qui avait succédé comme inquisiteur à Grisoni, continua à suivre Je procès de Vergerio'. Celuici adressa de Vicosoprano, le 10 avril 1551, « au sénérissime Doge Donato » un discours apologétique, dans lequel il l’engageait vivement à défendre les actes de l’inquisition et ceux des légats de la sérénissime République.
Vergerio se posait en martyr, etil disait à Dieu: « Notre cœur n’a pas d'autre inquiétude, d'autre préoccupation qui l’oppressent que celle de savoir si tu nous pardonnes les nombreuses offenses que nous avons commises envers toi, principalement par la résistance si grande que nous avons opposée à ton esprit et à ta volonté, lorsque tu as commencé à nous manifester Jésus-Christ. » Et il remerciait les inquisiteurs, les procureurs du fisc et le pape de l’avoir amené à rompre avec le mensonge.
Mais à Bâle, il dit à Martin Barrhans, professeur d’hé-
breu :
« Je ne serais pas ici, si je n'eusse pas vu Spiera. Le pape, employant tantôt les menaces, tantôt les promesses trompeuses, m'invitait à venir à Rome, et là, mettant la lumière de l'Évangile sous le boisseau, à vivre conformément à ses décrets... Mais dès que j'eus vu et entendu Spiera qui luttait si douloureusement contre les jugements de Dieu, c’est-à-dire contre le péché, contre la mort, contre l’enfer, je fus tellement frappé de le voir dans cet état, que j'en demeurai pétrifié, et dès lors je chassai toute pensée d’aller vers le pape pour le vénérer, et pour dissimuler la vérit6.... Peu après avoir vu Spiera, j’abandonnai mon évéché, ma patrie, mes amis, mes biens, et je sortis d'Italie, afin de pouvoir plus librement confesser Christ, le roi de l'enfer, de la terre et du ciel, que jadis j'avais défiguré en enseignant une fausse doctrine
(1) Xist n’eut pas connaissance du procès de Vergerio. (Voir p. 123 de la Vie de Vergerio, par Christian-Henrich Xist.) Le docteur Kandler de Trieste m'assure qu’on le trouve aux archives générales de
: 2 Venise , Où il serait venu des archives de l’Inquisition de la foi. Je n'ai *3-bu le découvrir.
PIERRE-PAUL VERGERIO. 421
ct en menant une vie qui ne valait pas mieux qu’elle, enfin en assistant son adversaire qui, s'étant élevé au-dessus de Dieu, s’est arrogé, depuis bien des siècles déjà, une puissance égale à celle du Christ. »
En suivant les sentiers à travers les montagnes du Ber- Il quitte gamasque, Vergerio s'était enfui dans la Valteline, soumise alorsaux Grisons, partant pays de foi libre; il s’arrêta à Poschiavo, où Jules de Milan avait formé une Église italienne. Il écrivait de cet endroit à Delfino, évêque deLésina:
«a Nous sommes environ deux cents, tous bannis de l'Italie à cause du Christ : les uns habitent dans le pays des Grisons, les autres en Suisse, d’autres à Genève, les uns en Angleterre, les autres en Allemagne, d'autres en Pologne. Or, de ces deux cents ou de ce nombre approximatif que nous sommes, à l'exception d’un quart ou d’un cinquième, ce sont tous des hommes de lettres, et il y en a parmi eux d’excellents. Chacun dira ce qu'il voudra, la papauté s’en aperçoit bien par les coups qu’elle reçoit, et chaque ‘ jour elle en recevra de plus grands. »
Pensez maintenant comme les protestants chantèrent victoire pour l'acquisition d’un tel homme, qui se faisait admirer par l’éloquence de ses instructions, de ses réfutations et de ses démonstrations; d’un homme qui, sans parler de sa belle prestance, jouissait surtout d’une grande autorité comme évêque, et qui en cette qualité continuait la tradition apostolique dans les églises réformées. Blasius écrivaità Bullinger en 1550: Est,quantum judicare ego possum, testantibus ejus moribus, vir magna eruditionis et pietatis vere, ac dignus ut in suo proposito ab omnibus piis promovealur. Rhetia nostra merito eum observat atque colit, non tam propter ejus pietatem, verum propter lingua ejusdem miram facundiam, qua solet non tantum docere, verum et contradicentes convincere ac confutare. L'A Porta consacre un chapitre tout entier de son Histoire de la
Rhétie à Vergerio; et il dit que supra cæterorum exulum ejus estimabatur oratio, quodexterno quopiam corporis habitu
niteret, parrhesia et eloquio emineret. La plus grande preuve que sa présence dans la Val- 1 passe teline déplaisait fort aux catholiques, c’est qu’ils eurent pue adine, T'eCours même à des moyens extraordinaires pour le faire partir. Vingt-quatre députés des communes de ce pays se présentèrent aux comices rhétiques, demandant qu'on renvoydt du territoire de Sondrio et de toute la vallée Vergerio qui avait sa résidence à Rogoledo, et qui pré- , chait des doctrines en contradiction avec la foi de la majorité des habitants, et ils protestaient à l'avance contre tout le scandale qui en pouvait résulter. Ils n’obtinrent rien : Vergerio passa de la Valteline dans l’Engadine, vallée rhétique, et arriva à Ponteresina juste au moment où venait de mourir le pasteur. Étant descendu à une auberge, tenue par le magistrat du pays, il se mit à discourir avec les chalands, et s’offrit à précher, à la place du défunt. On hésita à accepter son offre, enfin on y souscrivit, et il prononça un discours sur la justification par les seuls mérites du Christ. Les vieillards n’approu- . vèrent ni ne désapprouvèrent, mais ils dirent: « Entendons-le encore une fois ». Vergerio précha sur l’eucharistie, et il ne taria pas à obtenir un grand succès dans ce pays; il affermit cette Église, et comme les paysans vendaient aux habitants de la Valteline les reliques auxquelles ils ne croyaient plus, il leur dit : « Ce que nous considérons comme mal pour nous, nous ne pouvons aider les autres à le faire; » aussi leur persuada-t-il de les apporter toutes sur le pont Ota, pour de là les jeter
dans l'Inn.
Après avoir laissé à Ponterésina comme pasteur le ber-
PIERRE-PAUL VERGERIO. 493
gamasque Pierre Parisotto, il alla s'établir à Vicosoprano, dans le val de Pregalia, pour de là étendre son enseignement aux pays voisins. À Casaccia, qui est éloigné d'environ un mille, un matin on trouva toutesles images renversées par terre et les ossements de saint Gaudente tout dispersés; Vergerio aimait à voir dans ces faits l’indice de progrès manifestes.
N'ayant point oublié qu'il avait été évêque, il s'arrogeait une sorte de supériorité sur ses religionnaires, et
Dans le val d
de Régalia.
s’en prévalait pour mettre fin aux dissentiments qui pul- ,
lulaient parmi eux, comme nous devrons ailleurs amplement le raconter. C’est ainsi qu’il écrivait de Vicosoprano le 21 janvier 1551 à Robert Gualter à Zurich :
« J'ai réconcilié Camille avec le ministre de l'Église de Chiavenna, et je l’ai forcé à accepter une confession selon ma manière de voir. J'ai dû aller en Valteline et endurer bien des tracasseries de la part des anabaptistes; enfin, j'en ai réconcilié quelquesuns, et fait partir quelques autres du pays. J’ai eu une autre grave discussion avec les papistes, qui usaient envers nous de procédés étranges, et nous faisaient beaucoup d'insultes; j’en ai triomphé aussi avec l’aide du Seigneur. »
Et à Bullinger le 11 octobre 1551 : « Si je ne fusse ac- « couru en toute hâte, il y avait péril imminent que la « Valteline ne devint une tanière d'hommes corrompus, » c’est-à-dire de dissidents.
Mais Vergerio lui-même semait la discorde, précisément parce que, le frein d’une autorité étant rompu, on n’en voulait plus aucune. Il eut de la peine à être d’accord avec Luther. Celui-ci considérait le sacerdoce comme une supercherie, bonne seulement à faire des histrions, des charlatans, des prétres de Satan, et voulait qu'on renvoyât ceux qui avaient reçu l'Ordre de la grande bête, tandis que selon lui tout fidèle est prêtre pour annoncer l'évan-
Oppositions qu'il rencontr
gile, pour absoudre des péchés, pour administrer les sacrements. Au contraire, Vergerio en sa qualité d'évéque s’occupait beaucoup de l’organisation qu’on devait donner en Italie aux congrégations de fidèles : il simplifiaitle ‘culte le plus possible, conservait l’épiscopat, épargnait les dépenses, convertissait les monastères et les ha bitations des chanoines en maisons d'écoles, ou bien il les mettait en vente. Il s'était aussi fait nommæ visiteur général des Églises dans tous le pays des Grisons, avec charge de les réorganiser : il disputa surla confession et sur la présence réelle avec Mainardi et Negri, que nous ferons connaître plus tard au lecteur; &, tandis que les autres réformateurs préchaient pour la: doctrine de Zwingle, croyant qu’on doit considérer ls. sacrements institués par Dieu uniquement comme des signes extérieurs, et non pour ce qu'ils renferment ea : eux-mêmes, il composa un catéchisme pour la Valteliss — dans le sens de Calvin.
Gallicio, à qui l’on reprochait d’avoir fait un accueil moins favorable à Vergerio, s’en excuse à Bullinger, en lui expliquant comment ce réformateur avait bouleversé les Églises de la Rhétie et de la Valteline par ses prétentions et en enseignant des dogmes non conformes à ceut qui avaient été sanctionnés. Il ajoute que Vergerio n pouvait supporter la supériorité du consistoire de Coire, qu'il voulait des consistoires particuliers pour ses Italiens; qu'il accusait le tiers et le quart tantôt d’anabaptisme, tantôt de papisme, qu’il cherchait les nœuds du jonc, et qu'il s'imaginait que le ciel tomberait s’il n’était pas là, comme Atlas, pour le soutenir sur ses épaules. La constitution de l’Église rhétique est démocratique, et ainsi il n'est pas besoin de visiteur, comme Vergerio prétendait
PIERRE-PAUL VERGERIO. 495
l'être. « Si nous lui en avions donné le pouvoir, nous St « eussions été des hommes parfaits. Nous avons toujours È : e reçu Vergerio avec respect, quoique son faste ne pùt « nous aller. Quant à moi,je ne sais pourquoi il se plaint, e si ce n’est parce que nous lui avons dit en face qu'il « était tout autre que ce qu'il paraissait; à l'extérieur, « il semblait qu'il eùt tenu bon pourla pure doctrine du g. « Christ et qu'il fût un partisan de la paix, mais en allant « au fond, on ne lui trouvait plus ces qualités. » Alors il > Jui raconte que Vergerio avait pour ami Camille Réné, k anabaptiste, et qu'il traitait de papiste un réformé qui Lprécha qu’on devait non-seulement annoncer en chaire es paroles de l’institution divine, mais qu'on devait les a pnoncer même à la table du pain et du vin. « Moi aussi je jele loue (ditGallicio), mais trop souvent je l’ai vu avec Fa. ses faiblesses humaines, et je ne pense pas qu'il nous x soit jamais favorable, à moins que nous le prenions È pour notre maître. »
Celio Secondo Curione, qui jadis avait été son ami, +l”attaqua plus résolüment; il l’accusait de travestir ses FCroyances, et de se montrer aux Suisses sous tel jour, fw Grisons sous tel autre.
. «Tout ce que tu m'écris (disait-il dans une lettre datée de ; Bâle le 1er août 1550) du progrès de l’évangile en Italie, ne me (+ ùurprend nullement; mais il n’est pas vrai que les opuscules de x: Vergerio aient beaucoup contribué à ce résultat. L'Italie possède à de bien meilleurs ouvrages, où elle a puisé l’esprit du salut. Quant À ceux de Vergerio, je ne les qualifierai pas de mauvais, mais de
‘ eux, on n’en servirait que mieux la religion chrétienne. Tu me dis . qu'il a demandé la faculté d’habiter Lausanne, s’il venait à courir #* du danger en Rhétie. J’ignore quels dangers il se forge; * Augustin Mainardo, homme d’un haut savoir, célèbre dans toute l'Italie, qui en Italie même a tant de fois lutté dans ses pré-
È Jégers; et si on venait à faire silence sur quelques-uns d'entre.
Cd
dications, et combattu avec tant d'opiniàtreté ses ennemis, a 6 souvent, il est vrai, de la part du pontife, en butte à des ambûches, à des ruses et à des violences ; mais quoiqu'il enses depuis dix ans déjà à Chiavenna, où il a fondé une Église, tà cependant jamais eu à souffrir ni violences, ni.mal, si ce n'esde faux frères, jamais des papistes. Vergerio n'a pas encore dei entièrement la mitre, c’est-à-dire qu'il a recours aux ross # courtisan et sait vanter ses prouesses... Pourquoi va-t-il a ai: sans savoir ce qu’il fait? Pourquoi ne dessert-il pas son Egssi Prions le Seigneur de lui donner l’esprit et l'Ame d’un pesistt évangélique. »
Le même Mainardo écrivait de Uhiavenna, le 3 sg tembre 1553, à Bullinger : 4 |
« Nous avons appris que Vergerio fait imprimer un catéc à Zurich et qu'il le dédie à l’Église de la Valteline, sans qual ministres de celle-ci en aient eu connaissance. Il a @mpruati catéchisme à Brenz. Au nom des entrailles du Christ, et q qu’ami que tu puisses être de la paix de nos Églises, ne pet pas, je t'en prie, qu’en se couvrant de leur.nom, on impriassi cun livre dont la doctrine ne concorde avec la leur. S'il magg pas être des nôtres, pourquoi publie-t-il un catéchisme aves # nom de nos Églises ? » (Ici il fait voir certaines erreurs tout i l'eucharistie), puis il ajoute : «Réprimandé par nous, d avait, en publiant ce catéchisme et d'autres ouvrages da sit. genre, troublé les Églises qui sont enpaix et qui ont une croyiì; ferme et précise relativement à la cène, et de ce qu'il Rd dait des doctrines contraires à celles enseignées par les pré de notre pays, il répondit : « Je n’ai point affir mé, j'ai is « prété. » Nous lui répliquâmes que dans son catéchisme il #8 affirmé, et qu'il voulait le faire admettre par les Églises. 1m à lui de faire imprimer tout ce qu’il veut, pourvu qu'il nes" pas mention de nos Églises, et qu’il ne laisse pas entendre: nous sommes d'accord avec lui. Nous avons nos catéchismes sd sont conformes au vôtre ; nous ne voulons pas de ceux i sous un autre nom.... »
Nous devons voir dans ce récit un échantillon des dé sentiments auxquels étaient en butte ceux qui s'étaietà. détachés de l’unité catholique ; aussi Mainardi tresaill :
PIERRE-PAUL VERGERIO. 427 de joie lorsque Vergerio partit de la Valteline, et il s'écria : « Au nom de Dieu, qu'il s’en aille et qu'il cesse de nous être plus longtemps à charge. »
Vergerio alla exercer les fonctions de prédicateur et de conseiller près du prince Christophe de Würtemherg (1553), qui fut son protecteur et son soutien pendant toute sa vie. En 1554, nous le rencontrons à Strasbourg, ville qu'il abandonna par peur de la pest:; il était toujours inquief; il croyait sans cesse, ou du moins il s'en vantait, être menacé par les sicaires du pape.
En Pologne, il chercha à encourager la réforme avec l'appui des Radziwil, et à propager les livres protestants. Il racontait au roi Sigismond Auguste, qui parlait partaitement l'italien, qu'étant nonce en Allemagne, il avait tenu sur les fonts baptismaux celle qui était maintenaut sa femme, en sorte qu'il se croyait en droit de la diriger dans la foi!.
Le pape Paul IV écrivit aussitit pour qu’on empèchit les ravages du protestantisme en Pologne, et Vergeriv commentait ses brefs et s'en moquait, souhaitant, disait-il, que le pape lancàt aussi contre la Pologne sunctam et summis votis expelendam excommunicationem, atin qu'elle produisit le mème fruit que celle contre Luther.
Ayant quitté cett: contrée à la fin de 1557, il y revint, et il ne cessa jamais par ses écrits d'exhorter le roi à la réforme, et d'attaquer Lippomani et Stanislas Osio (C), évêque, puis cardinal et adversaire très-ardent de l'hérésie : il appelle ses ouvrages le monument le plus insigne
(1) Le 6 février 1503, il écrit au doc Albert : « Mitto libellum Savomarolæ itali, qui ante LX annus obiit, in psalmos tres : accepi a meo principe. Delectabit et juvabit libellus, utinam istic sparge:ctur. Esset
enim opere pretium ut in Poloniam quoque et Lithuaniam istinc peretraret.
H va en Allemagne et en Polugne.
498 PIERRE-PAUL VERGERIO.
d’ignorance et de méchanceté qu'il ait jamais rencontré etilentasse sur son compte toutes les horreurs et tous blâmes, qu’en vérité on a justement retournés contre if: L'hérésie s'étendit en effet en Pologne, et cela è@ point, qu’à la mort de Sigismond, en 1572, elle y comp tait un grand nombre d’adhérents : Vergerio s’efforcs& la propager aussi en Autriche, tant par ses lettres quejili sa présence. " En 1562, il voulut revoirles Grisons, et les engage ment à renouveler laligue avec la France, ligue très+ ” « car ni le pape, ni l'empereur, ni Philippe II, ni qt armée que cesoit, ne peuvent avoir ce passage des Alpé: En m'y rendant, je courus de grands dangers, le M ayant disposé en trois endroits des embùches à sf adresse, ce dont je fus avertis par les frères ; mais its qu'il n’était pas convenable pour moi de revenir ea rière, je m’exposai au danger, vêtu d’un costume de . chand, et j’échappai ainsi par la grâce de Dieu » (3 1562). Ayant été invité à prendre part à une dispute Be logique à Coire, il refusa; il obtint du roi de Bohéme ti subside en argent, pour construire dans ce pays us pital à l’usage des réfugiés italiens, mais on ne sait fi s’il mit ce projet à exécution; il voulait aussi y @ une imprimerie, mais il était toujours contrecarré ses desseins par Fabricius, qui vomit contre lui #t% flammes ; enfin il était mal vu non tam propter reli quam propter arrogantiam fastumque ejus. i On lui reproche les évolutions qu'il faisait dans professions de foi, étant tantôt avec les piccards (cal nistes), tantôt avec les luthériens, tantôt avec les gliens; aussi Da Porta le place décidément au milies ® ceux qui changent de croyance suivant le tempérameti
PIERRE-PAUL VERGERIO. 299 Ga pays qu'ils habitent et celui de l'hôte qui les penigleane. Xist, son biographe ou son panégyriste, fait re- Biparquer quelle influence exerce sur chacun de nous l'atbosphère dans laquelle il vit.
& Vergerio ne formula vraiment aucun dogme; pourtant à eût paru convenable à sa dignité d’évêque, dont il De prévalait si bien pour établir certains rites. Le carac- D » de ses écrits peut se résumer danscette citation. « Penù dant vingt années, è papauté, j'ai vécu vis-à-vis de toi Mans les liens très-étroits du dévouement le plus abmolu, parce que j'étais aveugle. Maintenant, Ô Père bi leste, tu m'as montré Jésus-Christ; tu as voulu que le fusse ton légat; emploie-moi, je t’en prie, de la ma- Mère que tu voudras. Dirige-moi, et anéantisles restes Je ma chair et de la prudence humaine... Pour moi, Quelle que soit ma situation, je serai toujours en guerre x le pape..., j'ai toujours fait tous les efforts possiìg pour persuader à qui ne le saurait pas que la papauté est une pure imposture; aussi l’homme doit-il s'en débarrasser, s’il désire être sauvé, et arriver à la pure et véritable doctrine que le Fils de Dieu a puisée lans le sein même du Père. »
tout moment il exprime hautemant ses regrets d’are vécu en pharisien, en incrédule, en idolâtre; il ap- Ale son entrée dans l’épiscopat une impiété judaïque, acte d’idolatrie, et il déplore ses propres péchés. Mais mnt à la tache d’hérétique que certains protestants lui huient infligée, il ne pouvait se résoudre à la supporter. Il n’y a d’hérétique, à ses yeux, que celui qui pour des fantages temporels,.et surtout par vaine gloire et ins le but de primer, invente ou suit des opinions ou usses ou nouvelles; mais celui qui avec une prudente
Ses écrits.
« sollicitude cherche la vérité, prét à se rorriger dès « qu’il la trouve, ne doit pas étra compté au nombre des « hérétiques. »
Vergerio composa un livre d’exégèse, la paraphrase des sept psaumes pénitentiels, des sermons et des catéchismesà l’usage de Vicosoprano et de la Valteline, et un livre intitulé Lait spirituel; il traduisit divers ouvrages de Mélanchthon, de Flacius Illyricus, et les Precedentie de Brenz. Olympe Morata, le félicitant de son talent de traducteur, l’engageait à mettre à la portée des Italiens le catéchisme de Luther, et (lui disait-elle), « si vous ouvrez ce livre, vous vous apercevrez quels avantages en retireraient nos Italiens et surtout les jeunes gens; »et elle: insiste sur ce point, bien qu’elle n’ignore point la controverse qui s'ètait produite relativement au sacrement de l'eucharistie. De concert avec Jacob Andréa et Primus Truber, il entreprit la traduction et l’impression de la Bible en langue slave, non moins que celles d’autres livres, qu’on répandit à des milliers d'exemplaires, et entre autres le livre Du Bienfait du Christ; il se félicitait de ce que dans l’espace d’un petit nombre d’années l'Évangile eût été traduit en cinq langues, à savoir : le syriaque, le hangrois, le slave pour la Carinthie et la Carniole, le croate et. la. romance. ll écrivait à son prince le 10 septembre 1562, qu'ayant publié tant de choses en latin eten italien, en ayant traduit tant d’autres de l’allemand, il désire les réunir, afin que la postérité comprenne ce qu’est le pape; aussi lui demande-t-il pour cet objet une somme de deux cents florins. En effet, on commenca la publication de la collection, mais il ne parut que le premier volume, composé de huit ceuts pages. Aujourd’hui les opuscules de. Vergerio sont très-rares, parce qu'à cette époque. un très-grand
PIERRE-PAUL VERGERIO. 431 nombre de catholiques se faisaient un devoir de les brûler. (D).
Du reste, Vergerio, outre son zèle infatigable pour la correspondance, fut un de ceux qui comprirent le mieux quel mal on pouvait faire par l'imprimerie, en créant @insi une opinion fausse et en l’imposant aux multitudes. Aussi il consacra toute l’activité de son esprit à composer des opuscules, (car à cette époque on ne connaissait pas encore les gazettes), et de petites brochures populaires et satiriques, « qu’il ne cessait de répandre là bas, en Italie, comme des teignes et des termites rongeant la chair de l’Antechrist, » et qu'on recherchait avec avidité. On doit le regarder comme l'auteur d’une foule d’inventions mensongères, acceptées depuis par la plèbe des écrivains, soit qu'il en ait été l’inventeur, soit qu'il en ait été le propagateur. En voici quelques-unes : la papesse Jeanne, l'iguoble attentat de Pierre-Louis Farnèse, les fautes de Paul III; le stigmate d’hérésie infligé à des personnes ou simplemeit coupables d’imprudence, ou un peu exaltées dans leur piété ; le mépris de plusieurs miracles ; les insultes bouffonnes contre le concile de Trente et les prélats qui y étaient rassemblés, contre le clergé, et les cérémonies de l'Église, qu'il connaissait mieux cependant que tout autre en sa qualité d’évéque. Il se moque de la messe, qu'il appelle « Ja reine des
idolatries; » il dénigre les pèlerinages, le culte de la
Madone, surtout celui qu'on lui rend sous l’invocation de Lorette; les stigmates de Saint-François, et toute l'idoltirie romaine; il exagère les désordres des monastères, si bien que son biographe dit : « Luther seul a parlé de Rome d'une manière plus hardie que lui; plus ironique, personne. » Avec les papes, il ne
fit jamais trêve; il publia un Ordo eligendi pontificis à ratio (Tubingen 1556) pour parodier les cérémonies de | la consécration des évêques, et cependant il y reproduit l'oraison suivante qu’on récitait à cette occasion : « Puis sent da fermeté de la foi, la pureté des sentiments, ls désir sincère de la paix abonder dans le cœur de l'évêque; que, par la grâce de Dieu, la trace de ses pas soit magnifique sur les sentiers qu'il parcourt pour annoncer l’évangile de la paix et les dons célestes. Faites, Ô Seigneur, qu’il enseigne et qu’il réalise la réconciliation; ques conversation comme ses prédications ne consistent pss seulement dans les paroles persuasives de l’humaing sagesse, mais dans les exemples d’une vie spirituelle & consacrée à la vertu. Donne-lui, 6 Seigneur, les clefs da royaume des cieux, afin qu'il en use pour édifier, nonpw. pour détruire, et non pour qu'ilse glorifie de la puissasts . que tu lui attribues.... Qu'il soit, Ô Seigneur, le servite: fidèle et prudent, que tu as établi sur ta famille afin dela nourrir en temps opportun; qu'il ait un zèle agissant, qu'il ait la ferveur de l'esprit; qu’il haïsse l’orgueil, qu'à aime l'humilité et la vérité, et qu'il ne l’abandonne je mais par flatterie ou par crainte ; qu’il ne présente pointla lumière pour les ténèbres, et les ténèbres pour la lumière, qu'il n’appelle pas bien le mal, et mal le bien; qu'ls : considère comme l'obligé des sages et des ignorants. » Ces paroles avaient été prononcées sur lui, lors dela cérémonie où lui fut imprimé un caractère qu'il chæchait en vain à effacer. C’étaient ces mêmes paroles qui avaient été appliquées à la hiérarchie, et, pour la core damner, il lui suffit de dire qu'elle se compose de papas et que, qui en connaît un, les connaît tous; pour Adrien VI seul, il garde un peu de ménagement, parce que .
PIERRE-PAUL VERGERIO. 433
avouait la nécessité de la réforme; il se divertit ens de Grégoire I“, de la papesse Jeanne, de Be-
in veaux pontifes Paul IN, Jules III, et Paul! iv ifie d'assassin, d'homme enivré du sang des s.et des martyrs de Jésus : Pie IV, le pire des cardi- Tant qu'il y aura des papes (et j'espère qu'il n'y ra plus beaucoup), il n’y a rien de bien à espérer Ociel ! 6 terre ! à enfer! pourquoicesretards cesménagements vis-à-vis de la papauté? phénomène postures, il faut la traiter suivant ses mérites, en armant contre elle de colère et de poix bouillante. soutez ce qu'est la papauté, écoutez : la papauté, c'est congrégation et la conspiration de quelques-uns us un. chef. donné par le diable. Il i’est pas douteux que ce soit le diable qui a inventé la papauté. » it une part égale aux évêques et aux cardinaux, il leur donne l’injurieuse épithète de « monceau de airavec une mitre sur la tête; » là où il ne peut attaactes, il calomnie les intentions ; il déchaîne ses contre le célèbre Réginald Pole, disant de lui écrit presque, uniquement pour échapper à l’acn de luthéranisme, ou par ambition de devenir il conclut en ces termes : « Malheur à toi, carmalheur à toi! tu le payeras. » Il s'acharne après monseigneur Della Casa, qui, s'étant revain de certaine partie de ses œuvres fort peu et qu’on lui reprochait à tout moment, adressa à agne une pièce de vers pour se justifier. Nous trouvé à la bibliothèque Magliabecchiana (classe V des mancusrits) la réponse autographe de mon- 11—28
ses attaques Della” ns,
de celui-ci.
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assés dela patrie pour avoir servi la cause dela véh bien; que nous manque-t:il? Grâce à! Dieu, comme si nous étions dans la patrie: »
| été répété bien des fois, et même encore
rs, malgré l'expérience contraire. + à 1.
a el concile de Trente. L'opuscule ‘christianorum | concilium debeat esse libe= e papistarum, qu'on croit l’œuvre de peint en 1537, fut reproduit en 1557 avec e de Vergerio: Celui-ci y avoue que c’est lui é de légat pontifical, avait prêché ce concile, ‘content d'avoir brûlé tous! les: exemplaires it putrouver | ‘de cette brochure, il aurait brûlé. s'il mare ce ere i Conci=
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la concile
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PIERRE-PAUL VERGERIO. 4k1
même jusqu’à reproduire la lettre originale. Il raconte que, une femme à Glarona ayant souillé l’autel d’excréments, les cantons papistes ont déclaré la guerre aux évangéliques, et qu'assurément l'Antechrist y accourra avec ses armées. Toute l'Allemagne s’élance-t-elle aux armes? Ce sont les papistes qui la poussent, ce sont lesévangéliques qui sont réduits à se défendre, etle pape ressemble à ceux qui mettent le feu pour donner le signal du pillage ; pour nager dans le luxe, il suscite partout la guerre, appelle les barbares à envahir l’Allemagne, et sa fureur satanique ira jusqu’à faire venir les Moscovites pour dévasterle Septentrion etl’Angleterre!. Cependant Vergerio ne veut pas qu’on qualifie ses libelles de diffamatoires, parce que l’infamie de Rome était déjà notoire dans tout l'anivers!
Esprit rigoureusement pratique et manquant de généralisation, il traitait la religion comme une'matière de de droit, citant la Bible comme il aurait cité un code, et subtilisant sans aucune élévation.
Homme de négation et rien de plus; violent chaque fois qu'il s'agissait de détruire, il était impropre à édifier et professait la haine contre l'erreur, plutôt que l'amour pour la vérité; plusieurs le méprisaient comme un brouil- : lon qui usait de fraude jusque dans sa correspondance. Erasme dit du mal de lui; Celio Curione le traitait de plagiaire, lui reprochant de présenter comme siens au prince de Wurtemberg les ouvrages d’autrui, et cela pour se faire bien venir à sa cour; les apostats italiens le regardèrent toujours avec défiance, croyant qu'il aspiraït à revenir au papisme; c’est qu’en effet il vacillait tellement
(1) Lettre datée de Tubinigen le 20 novembre: 1560.
PIERRE-PAUL VERGERIO. Lkk3
le projet de se retirer chez les Vaudois ou Piccards de la Bohéme; mais ces souhaits de repos s'anéantissaient bien vite, et il s'élancait de nouveau dans la mélée. Enfin, il mourut le 4 octobre 1565 à Tubingen : ses amis racontèrent qu’il conserva jusqu'au dernier moment une constance admirable; mais le célèbre Glaber qui l’assistait, et qui plus tard se convertit au catholicisme, a écrit au contraire que son agonie se passa au milieu d’horribles spasmes, de gémissements et de remords. he duc Christophe lui fitélever dans l’église de Saint-Georges un monument avec une épitaphe, qui prouve que les subtilités du dix-septième siècieétaient déjà en usage à estte époque où du moins hors d'Italie: ce monument, renversé en 1635 durant les guerres de religion, fut ensuite rétabli dans son état primitif en 1672.
Certain critique moderne présente Vergerio comme « l'exemple unique d’un homme qui auraïf échangé le magnifique poste de prélat romain, la dignità de nonce apostolique, la mitre d’évêque et l'expectative de la pourpre cardinalice, contre Tes vicissitudes de exilé. » Nous avons donné à nos lecteurs les arguments qui les mettront à même d'apprécier ce:que vaut cet doge; ils sauront, en outre, si ses œuvres valent mieux que celles de certains martyrs de nos jours, qui ne cessent d’offense le bon sens et les bonnes mœurs.
préme et éternel il régit et gouverne par son esprit qu°illumine la sainteté. Ces fonctions sont toutes distinctes et séparées l’une de l’autre; chacun doit connaître la sienne, et y appliquer les facultés de son esprit comme y faire converger toutes ses actions : ainsi le veut l’ordre établi par Dieu, et persomme ne doit contrevenir à cet ordre, ni abandonner sa charge pour s’ingérer dans celle d'autrui, ce qui serait, comme je l’ai dit plus haut, troubler l’ordre, vouloir redresser l’œuvre de Dieu, et montrer qu'on prétend savoir ordonner les choses mieux que lui. Cette conduite n’est pas seulement inconvenante, mais abominable ; car, comme dit l’Apôtre, si le pied disait à la tête : Je veux être tête, et si la main disait à l'œil : Je veux être ceil, etsi pareil désaccord existait entre les autres membres, l’homme ne pourrait se soutenir, ni rester en vie. | « Le gouvernement de l’Église universelle appartient au souvérain pontife; comme la tâche qui lui incombe est très-lourde, c’est une très-sage institution (quelles qu’atent pu être à ce sujet Tes assertions contraires des Allemands) que celle qui a fait placer ‘è ses côtés tant de cardinaux, dont les conseils et l'appui peuvent Jui servir à pourvoir à tous les besoins de cette Église, et à remplir son ministère. Mais il serdit bien nécessaire que ces cardimaux et assistants du pasteur souverain, que ces conseillers dans ° le gouvernement universel de la sainte Église, fussent aussi assidus et diligents dans cette fonction : il serait è souhaiter que, dans leurs consultations de chaque jour, ils s’efforçassent de mettre en première ligne les choses utiles à la conservation et au progrès du Saint-Siége, puis de rechercher avec soin les moyens de défense contre les attaques des infidèles, les remèdes contre les hérésies et contre les discordes qui règnent entre les princes chrétiens : pour cela, il faudrait que tous fussent des hommes d’une vie sainte et d’une science exceptionnelle, et qu'ils n’eussent ni évéché, ni charge particulière de quelque diocèse, car s'ils en étaient pourvus, ils devraient, eux aussi, être astreints à la résidence et s'occuper de leur charge. Mais, dans l’hypothèse où le pasteur souverain ne pourrait ou ne saurait faire tout ce qui serait convenable, ni par lui-mème, ni avec l’assistance et les lumières d’autrui, et où, par suite de cette incapacité, les choses de la foi et celles de l’Église du Christ auraient à souffrir des schismes et des autres préjudices ; dans ce cas, il serait tout à fait juste que, si on appelait comme à un concile les archevêques, les évêques et les autres prélats, pour prendre des mesures générales
les seigneurs et les rois du monde, d'abandonner le seigneur du ciel et le roi de nos âmes.
;4-Bien souvent, dans les temps passés, notre commune patrie a: en à souffrir d’avoir été abandonnée, et d’avoir été privée pendant de longues périodes de la présence de ses évêques, qui, à raison de leur qualité d'étrangers et comme appartenant è des pays lointains, pouvaient prétendre à un semblant d’excuse, mais qui au fond n’en était pas une. Mais vous, à qui Dieu notre Seigneur a confié le gouvernement de cette cité qui est justement votre patrie, dans laquelle vous ètas si aimé et si estimé par tous les-gens de bien, vous n'avez pas le moindre prétexte ni la moindre: excuse à faire valoir pour vous en tenir éloigné; bien au eontraire, vous devez, doublement enflammé de charité, vous fixer assidument à votre résidence, et, par votre présence, par votre bonne doctrine et par votre bon exemple, consoler, enseigner et confirmer dans les voies de Dieu et dans les bonnes œmgres nos compatriotes, ceux qui nous sont unis partant de liens etdu sang, et de l’amitié, ainsi quevous. avies commencé à le faire dans ces années dernières, où bien des fois, par vos prédica- Vigne et vos bonnes exhortations, vous nous avez remplis tous d’une grande consolation et d’une grande espérance. Et mainteriant,. mwenseigneur, pourquoi vous départir d’un si saint commencement? J'espère donc, au nom de Dieu, que vous ne prolongerez plus longtemps votre absence ; que vous accomplirez sans délai votre résolution; et moi, au nom de notre cité tout entière, je supplie très-humblement votre seigneurie de se rendre à nos vœux, et de vouloir même prendre en bonne part tout ce que ma trop grande présomption m'a fait vous écrire ici. ....... …
€B) — Dans la correspondance des Médicis, aux archives de Florence, il y a des lettres écrites de Trente par Serristori en 1549 et. de Venise par Buonanni et par Pandolfini en 1545 et 1546, qui parlent de l’évêque de Capo d'Istria, de so n arrivée à Trente, et de la proposition qui y fut faite de lui ôter son évêché.
« L’évêque de Capo d’Istria est venu au concile, se remettant en tout et pour tout au jugement dudit concile. Les légats n’ont pas voulu l’admettre, et lui ont dit de se tenir éloigné de Trente, jusqu'à ce qu’ils eussent pris les ordres du pape.Ils ont écrit en effet,mais il n’est pasencore venu de réponse. Nous ne savons si l'évôque est parti, ou s’il se tient caché dans quelque maison. Ceci a déplu à plusieurs, et surtout au cardinal de Trente, qui, je puis vous l'affirmer, est dévoré de tèlé. |
(C)— Louis Lippomani vénitien, après avoir 6t6 chargé de plesieurs nonciatures, avait ét6 envoyé à celle de Pologne, où les sectaires disent qu'il se montra implacable envers eux, et que, pour commencer, il fit persécuter les juifs, sous le prétexte qu'ils avaient extrait d’une hostie consacrée une flole de sang pours'es servir à guérir la plaie de la circoncision ; par ce procédé il rs viva chez les croyants le dogme de la transsubstantiation.
Le cardinal Truchses parle souvent de Vergerio dans ses lettres à Stanislas Osio, lettres qu’on trouve parmi celles de Jules Pegiano. Par exemple, le 9 Janvier 1563, il écrit :
« Me quoque Vergerii illius desertoris ac perditissimi homiais, nefariæ in te declamationes valde delectant. Nam, etsi nollum tibi ab optimis et summis viris virtutis, prudentiæ, religionis præconium deest, tamen non est leve egregia laudis testimosiem vituperatio illius immanis belluæ : que aliquando delapa in foveam obruetur. Ac tibi quidem jucundum esse debet cumdem illum in te perbacchatum esse, qui magnum illum sanctissisusque pontificem Gregorium concidere ausus sit toto volumine. »
(D) — A Brunswick, en 1855 on a réimprimé P.P. Vergeria papstlicher Nuntius, katholischer Bischof, und Vorkämpfer des Eumgeliums, eine reformations, geschichtliche Monographie von Gas TIAN HEINRIcH Xist, evangelischem Pfarrer der Stadt Niirnberg. L’auteur proteste qu'il n’a pas l’intention d'offrir au lecteur we matière de polémique, mais un essai sur la réforme, et l’histoire d'un homme connu de peu de personnes, mal apprécié de be coup. Néanmoins il se montre passionné. Il a ajouté à son livre XLIV lettres puisées aux archives deKœnigsberg. Mais M.Young dans la Vie d’Aonio Paleario (Londres, 1860) en a indiqué d’autres existant à la Bibliothèque de Zurich. On peut consulter aussi Apologia pro P.P. Vergerio adversus J. Casam, Ulm, 1754. Nous prenons seulement dans le catalogue des œuvres de Vergerio les titres des ouvrages qui rentrent dans notre sujet.
Discorsi sopra î Fioretti di frà Francesco, sans indication de liea, ni de millésime. |
Don Giovanni da Cremona, paraphrase sur les sept psaumes.
Instruzione come si ha da consolar e anima estrar uno, che ste în pericolo di morte.
Il Catalogo di libri, li quali, novamente nel mese di maggio del anno 1549, sono stati condannati e scommunicati per heretici ds monsignor Giovanni della Casa, legato di Venetia, e da alcuni frati.
E aggiunto sopra sl medesimo Catalogo un judicio e discorso del Vergerio, 1549.
Dodici trattatelli, fatti poco avanti il suo partire d’Italia. Bâle, 1549-50. ;
Le olto difensioni del Vergerio, ovvero trattato delle superstizioni d’Italia e della ignoranza de sacerdoti, etc., publié par Celio Secundo Curione, Bâle 1550.
Al serenissimo re d'Inghilterra Eduardo VI. .
Della creazione del nuovo papa Giulio III, e ciò che di lui spe-
- gare si possa, 1550. De creatione Julii III, etc., 1550.
La sontuosissma festa fatta in Roma per la coronazione di papa Giulio III, con la solennità et ceremonia usata nello aprire la
. porta santa del Jubileo , con commento, 1550. Qua pompa et ma- . gnificentia Julius III, P. R. coronatus est, etc.
La forma delle pubbliche orazioni e della confessione e della assoluzione, la quale si usa nella chiesa de forestieri, che è nuovamente
“jatata istituita in Londra.
A principi d'Italia, 1550. .
: A quelli venerabili Padri Domenicani che difendono sl Rosario p.ger cosa buona, 1550.
Bolla della Inditione e Convocatione del concilio che si ha da in-
. .gumminciare in Trento al primo di maggio dell’ anno 1551. Bulla ; . ealii III. Rom. Episc., etc. Cum Commentariolo de Vidæ (pseu-
donyme), verso ew ital. lingua. Basilea, 1551. — Tubinga, 1553. Al serenissimo duce Donato, et alla Eccellentissima Repubblica di Venezia, Orazione e Defensione del Vergerio. De Vico Suprano, le
‘ avril 1551.
—— re.
Missæ ac Missalis anatomia, h. e. Missalis enucleatio. Nunc prisum (ut ea res purioris fidei cultoribus scitu necessaria ad alias
' «quoque nationes deveniret) e gallica lingua latine versata. 1551.
Concilium Tridentinum fugiendum esse omnibus piis, 1551, et amtres éditions.
Il Vergerio a papa Guilio III, che ha approvato un libro del Mutio, intitolato le Vergeriane, 1551.
Operetta nuova del Vergerio , nella quale si dimostrano le vere ragioni che’ hanno mosso i Romani pontefici ad istituir le belle cegémonie della settimana santa. Zurich, 1552.
Risposta del vescovo Vergerio ad un libro del Nausea, vescovo di Vienna, scritto in lode del Concilio Tridentino, Poschiavo, 1552.
Fondamento della Religione Christiana, per uso della Valtellina, 1553.
h52 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS AU DISCOURS I.
Consilium quorumdam episcoporum Bononiz congregatores quod de ratione stabiliendæ Romana Ecclesia Julio III, pontifiel maximo, datum est, 1553, plusieurs fois réédité, et traduit des d’autres langues.
Ludovico Rasoro alla abbadessa dello monastero di Santa Gio tina di Venetia, sopra un libro intitolato : Luce di Fede, stampale. nuovamente in Milano per Giovanni Antonio da Borgo in lande dle Messa, 1553.
Stanze del Berna con tre sonetti del Petrarca, dove si paris dell Evangelio e della Corte Romana, 1554. ©
Delle commissioni e facultà che papa Giulio III ha dato a nie signor Paolo Odescalco, comasco, suo nuncio et fniqueisitore. in full sl paese de magnifici signori Grisoni, 1554.
Catalogo dell’ Arcimboldo, arcivescovo di Milano, ove egli ca danna e diffama per heretici la maggior parte de figliuoti di Die, e membri di Christo, i quali ne loro scritti cercano la riformatiesr: della Chiesa christiana. Con una risposta fattagli in nome d'una parte di quei valenti uomini, 1554.
Frà Alessandro Bolognese, in un suo libro stampato in Bolags nell’ annno 1550, ha tolto a celebrare per cose verissimo, cathelità e sante, il concorso de popoli alla statua et ai muri di Lorste,.il sangue uscito fuor dell’ hostia di Bolsena, gli altari fatti e coms crati per mano di san Michaele Arcangelo sul monte Gargano, 4 al tre simili facende. Et papa Julio III ha tutto ciò approvato e me fermato onde ogni huom potrà far giudicio lui e la sua Chia Romana asser risoluta di volersi mantenere in tutte le consuete se superstizioni, bugie, idolatrie et errori, in disprezzo degli huomini e di Dio, 1554.
Heus! Germani, cognoscite ex hac Epistola, quid de vobis seme tiat et prædicet beatissimus papa; tunc etiam videte quale concilium cum suis creaturis celebraturus sit.
lilustrissimo atque optimzæ spei Puero D. Eberhardo, illustrissiazi. Princ. Christophori, D. W. filio primogenito, Munusculum Vergerii exulis Jesu Christi. A. 1554.
Lac spirituale, pro alendis ac educandis Christianorum pueris al gloriam Dei. Regiomontani, s. a. En 1550 ce livre fut imprimé er Italie, à Pavie par Moscheno.
Della Camera et statua della Madonna, chiamata di Lorato, l la quale è stata nuovamente difesa da frà Leandro Alberti, bolognese ; e da papa Giulio III con un solenne privilegio approbala. Za l'an 1554.
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS AU DISCOURS x. 453
De Idolo Lauretano. Quod Jultum ITI, Rom. episcopum, non puduit, in tanta luce Evangelii undique erumpente, veluti in contemp- ‘tum: Dei atque hominum approbare. Vergerius italice scripsit, Ludovicus ejus nepos vertit. Anno 1556, plusieurs fois réimprimé
no Géudicio ‘Sopra le lettere di XIII huomini illustri pubblicato da M. Dionigi Atanagi et stampato in Venetia, 1554-1555. © Consilium quod olim Paulus IV, P. R. adhuc cardinalis S. Petr. Carapha dictus, Pont. Paulo I de emendanda Ecclesia dedit. “*rggropolo, 1555.
‘Procedentie alla Apologia della confessione dello illustrissimo gicjrior duca di Wirtemberga, del Brentio, ove si tratta dell’ officio de principi nella chiesa del Figlinol di Dio, dell’ autorità della
‘Macra scriptura, delle traditioni della chiesa cattolica. Tubingen, ‘1056.
Historia di papa Giovanni VIII, che fu femmina, 1558. — De
papa fœmina, 1560. -
& Vide quid papatus sentiat de illustnissimis Germania principibus, .@0 de liberis civitatibus, que Evangelio nomen dederunt; în primis quid de tota nostra doctrina, et de ministris ecclesiarum, 1556. ‘Ordo eligendi pontificis et ratio. — De ordinatione ei consecraisione ejusdem. De processione ad' ecclesiam Lateranensem. De s0lemni convivio, quo cardinales, episcopos atque alius ewcipit. Tum «e pallio de corpore beati Petri sumpto, in quo est plenitudo ponti- -fitalis officii. Omnia excerpta verbum verbo ex libro, oui titulus : 8. R. Ecclesiz ceremoniarum libri VI, qui in Vaticana secretiore
. bibliotheca magna religione et reverentia conservantur. Reliqua , etiam, que illic in hoc genere latebant, brevi evulgabuntur. Tubin-
gen, 1556, 4.
“ "De Gregorio P. ejus nominis I. quem cognomento Magnum appellant, et inter præcipuos Ecclesia Romana doctores numerant. Isvenies hic, candide lector, primum miracula circiter L. verbum “verbo ew dialogis, quos ille in ipso adeo pontificatu scripsit escer- ‘pia: deinde nonnullos veluti flosculos ex ejus a Jo. à ‘Voragine : desoriptam. Regiomontani, 1556.
«tr: ‘Alcuni importanti luoghi tratti fuor dell epistole di Francisco Petrarca, con tre suoi sonetti, 1557.
li à Artiouli contra cardinalem Moronum, de Lutheranismo acousa- * Bei et in carcerem conjectum, a procuratore Fisci et Cameræ apo- ‘ #folioæ, et nomine officii sanctæ inquisitionis ingtituti. Cum scho- Isis, 1558.
Agl' inquisitori che sono per l’Italia. Del catologo.di libri eretici, imprimé à Rome en la présente année, 1559.
Copia d'une lettera d’Atanasio, dello stato in che è la religione nel principio dell anno 1559.
Postremus catalogus hæreticorum Roma conflatus 1559. Continens alios quatuor catalogos, qui post decennium in Italia, nec non eos omnes, qui in Gallia et Flandria past renatum Evangelium fuerunt editi. Cum annotationibus. Pforzheim, 1560, et pubbl aussi ailleurs. .
In che modo si portino nel tempo di morire quei che ritengono l’obedientia della sedia romana. E in che modo quei che Lutereni, ovvero Eretici si chiamano. Con la confession della fede d'un sm di Gesù Cristo, 1560. |
AU Illustrissimo ed Eccellentissimo Principe e signor, il sigusr Ercole Gonzaga, chiamato il cardinal di Mantoa, Legato al Concile di Trento. Che papa Pio IV non fa da dovero, 1561.
Comparation tra’ l Concilio Basiliense e il Tridentino, 1561.
Lettera al signor Francesco Betti, delle insidie che il papas M posto attorno, 1562.
Della declinazione che ha fatto il papato solamente da wndici anni in qua. Ai fratelli d’Italia. Réimprimé pour la troisième fois l’an 1562, avec quelques additions, spécialement en ce gui concerne les affaires de France.
Ai miei carissimi in Cristo e onorati fratelli della Valtellina, Chiavenna e Piur. — Che concilio desiderino gli amatori della renascente dottrina del Vangelo; e che concilio si celebri tuttavia ia Trento. x
Aî fratelli d’Italia. — Di un libro di frà Ippolito Chizzuola da Brescia, 1563.
Risposta ad’ un invettiva di frà Ippolito Chizzuola da Brecia, 1565.
Responsio ad librum Antichristi Rom. Regiomentani, 1563.
Quod Pius Papa 1V, licet concilium indixerit, nihil tamen mè nus in animo habet, quam profligatam ex Ecclesiis, quae illum adhuc agnoscunt Jesu Christi doctrinam restituere, sed pristines abusus atque idolomanias retinere et confirmare auctoritate concili. . (De concilio papa Pii IV.) Tubinga, 1563.
Vergerii opera adversus papatum. Telle était la collection qu'il avait commencée, mais des trois volumes que cet ouvrage devait contenir, un seul, composé de 800 pages, a paru à Tubingen, 1573.
NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS AU DISCOURS X. 455 (E) — Lettre de Vergerio au duc Albert de Prusse.
Tubingen, 12 mars 1561.
« J'ai envoyé à Votre Altesse la bulle de notification du concilé, avec les annotations que j'y ai faites pour mettre en lumière certains passages qui ne se comprennent pas facilement, et cela comme ayant été quelque temps versé dans ces matières papistiques, alors que j'étais tout à fait dans les ténèbres. Il est utile de répéter ici certains détails. Pie IV, avec un certain apparat, arrive à la notification du concile, qu’il avait fait précéder de deux bulles ; la première, du mois de mars dernier, sous ce titre : « Pour conserver la paix, extirper les hérésies et continuer ‘le concile » ; l’autre, du mois de novembre, sous le titre : « Pour Pindulgence du bienheureux concile général, qui doit être convoqué et se continuer à Trente »; et dans celle-ci, il appelle notre doctrine une doctrine pestilentielle, une secte pernicieuse, une ivraie funeste, la doctrine fausse et perverse des hérétiques, une
.©@pinion corrompue en matière de foi; il répète et il rabâche que
-nous sommes d’impies hérétiques, des contempteurs de la reli-
@i0n ; il nous compare même aux Turcs: il dit que nous avons
:sausé à l'Église catholique de graves blessures, et il nous menace .@’abattre nos réformes. C’est avec de pareils compliments que le Saint-Père accueille nos Églises, qui, grâces à Dieu, ont échappé à son gosier.
Après l'expédition de ces deux bulles, il publia les lettres de convocation, dans lesquelles, grâces lui soient rendues, il nous accable À peu près des mêmes insultes, et débite des propos tout à fait inconvenants et insupportables. Entre autres, il dit qu’il veut célébrer le concile général, comme si tous les royaumes et provinces qui se sont séparés du pape devaient y accourir; mais il n'a pas pris garde qu’il voulait continuer l’ancien, comme il l’a dit dans deux bulles. Certainement il a voulu tromper, mais il donne des éloges à ses prédécesseurs Paul III et Jules III, qui tous deux avaient rassemblé un concile inique ; bien plus, Paul III avait essayé par les armes de mener à fin le concile à peine commencé; il loue donc ces deux papes, et veut continuer les conciles qu'ilsavaientréunis. La chose importante en ceci, c’est que Pie IV
convoque ses partisans, qui ne font rien autre chose à Trente, ne prennent d'eux-mêmes aucune décision, que celles que le pape leur envoie jour par jour par la poste (per dispositos equos); pour lui, il s’applique avec soin à exclure tous les nôtres, à qui il a
été jusqu’à retirer le sauf-conduit qui leur avait 6t6 accordé per le concile de Trente. En résumé, il attire à lui la connaissanes tout entière de la cause religieuse. Et non-seulement il renferme ces énormités dans sa lettre de convocation, mais beaucoup d\stres encore que ce n’est ici ni le lieu ni le temps de rapporter. Cependant toutes ces choses, quoique étant le comble de lab surde, ne sont rien en comparaison de ce qui suit. . Il existe une profonde séparation et presque un divoros int conciliable entre nos Églises et le pape. Il y aura bientôt vingt sm qu'aucun légat pontifical n’est venu en mission près de nos illustres princes, et je ne crois pas qu’un autre soit venu chez aves, depuis l’époque où je fus envoyé par Clément VII et par Paol HI. Il faut bien remarquer que, quand j'avais été envoyé, aucun ordre de convocation n’avait encore ét6 publié, mais qu'il s'agissi seulement du lieu, de la forme et du mode de célébrer le concile; aussi ma légation avait-elle une sorte de modération, cs a'éti pas une œuvre ingrate, et cependant on n'obtint rien. Les illustres priaces répondaientà peu de chose près ce qu'ils répondent matt tenant : qu’ils n'avaient point affaire au pape; qu'ils ne se resdraient pas à son intimation, laquelle était en dehors de ss co pétence; Gésar (disaient-ils) avait donné l’espérance de célétesæ le concile en Allemagne; ils céderaient à son autorité et nonà celle du pape. Voilà ce que n’aurait point dû perdre de ve Pie IV, s’il voulait faire preuve de sens. Mais quoi ? Il n'avaitpss voulu, imitani en cela les gens sensés, se rappeler ce qui s'était passé, quoique tout récent: et l'on dirait qu’ilne se trouvait personne parmi ses conseillers, ses chanceliers et ses secrétaires, et parmi les trente cardinaux qui signèrent la bulle, pour l’avertir de cequ s'était passé. En effet, non content de n'avoir pas tenu compte cu d’avoir mis en oubli ces précédents, mais après avoir répandu pat tout le monde les insultes les plus révoltantes contre nos perstenes et contre notre doctrine, le pape délégua deux de ses prélats chargés d'inviter les illustres princes au concile. Ah! quelle arrogance, quelle impudence et quelle imprudence, puisque sa convocation, la plus inique qu’il y ait eu jamais, celle qui resferme le plus de blasphèmes envers Dieu, et d'insultes enversles hommes, avait divulgué, avait mis en avant la blessure. Paul ll ne pouvait obtenir de ceux qu’il n’avait pas blâmésd’aller à Trente pour traiter de la forme du concile et du mode de sa célébratics, et le pape actuel, après avoir pris lui-même toutes les mesures, et surtout, ce qui est le plus important, apris avoir résolu de le
mélébrer seul au milieu des siens, et pris grand soin d'en éloigner et d’en chasser les nôtres, osa pourtant envoyer une ambassade à 408 ;i}lustres princes, si remarquables par leur sagesse, leur piété et leur gravité, pour les inviter et les presser à se rendre à une convocation si extraordinaire, et à faire leur soumission au pape des le concile de Trente, reniant ainsi la vraie et pure doctrine du Christ, qu'ils avaient prise pour modèle dansla réforme de leurs églises. Pourquoi ne pas les avoir directement appelés au baise- Jnant des pieds à Rome? Jésus, quelle impudence! Cependantil ait bien se rappeler qu'il avait récemment offensé au suprême fagré Leurs Altesses sérénissimes, en faisant peser d’indignes gslomnies sur la doctrine de ceux qui professent en être les disfiples et les propagateurs, etqu’il les avait qualifiés d’hérétiques; «que pouvait-on dire de pire ? | ‘a:36 suis fort étonné de la résolution on ne peut plus imprudente dm pape, je m'étonne qu'il n’y ait point eu une seule personne parmi den.treute cardinaux et les ministres de son entourage qui ne l'ait es détourné d’envoyer cette légation inconsidérée. Que pourrait Sp dire notre âge de civilisation, si elle apprenait ce qui s'est dss6 ? Qu'en dirait la postérité? C’est comme si les légats eussent M&.: « Clément VII et Paul III ont demandé que Vos Altesses «Finssent au concile avant d’en publier la convocation, et on vous &æ répondu que le pape n’avait pas le pouvoir de convoquer le gacile ; de là des griefs inappréciables et des guerres très-pénibles, puisque vous avez 6t6 traités par le fer et par le fou; maintenant a succédé un nouveau pape, qui a déjà publié les lettres de convocation, écrites à sa manière, et qui vous avertit d’aller à Trente non pas comme juges et définiteurs de la cause, mais . comme assistants et spectateurs; tandis que le pape, par le gosier et la langue de ses porteurs de mitres, comme s’il était juge légitime de vous et de vos doctrines, rendra une sentence de oondamnation et consacrera tous ses pouvoirs; voilà ce que vous serez tenus de faire : vous devrez vous soumettre aveuglément à l’obéissance du Saint-Siége, pour ne point embrasser et défendre uns religion (qu’on dit) pleine de variations et d’incertitudes. Quiconque réfléchit bien n’aura pas le moindre doute que tel est le sens des propos que les légats du pape tinrent dans la diète des grands princes. Ils n’ont pas eu honto d’avouer que, sous nos illustres princes, il y a autant d’évangiles que de têtes : calomnie et mensonge, qu’ils ont appris des Stafili et des Osio. Mais, par bonheur, Vos Altesses ont répondu dans un langage viril et chré-
458 NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS AU DISCOURS x.
tien, et cependant avec une suprême modération, quoique bien imprudemment provoquées.
Je dirai ce que je pense. Cette réponse, en même temps qu'elle consternera nos adversaires, et surtout le pape, excitera et eh flammera les âmes de tous les dévots, et fera naître dans les esprits une grande espérance de mener à bien nos affaires. Nous devons remercier le Père céleste par Jésus-Christ, qui, par Pestremise de son Saint-Esprit, dirige bien nos Églises.
J’ajouterai que maintenant je suis de plus en plus confirmédass
mes doutes, à savoir, que le pape a tout autre chose en tête que
le concile. Paul II, lors de l'ouverture solennelle de son condi-
liabule, ne voyant venir aucun de nos princes du saint-empire,
écrivit aux Suisses, le 3 juillet 1546, qu’en Allemagne un gra
nombre de princes faisaient fi du concile, et disaient qu'ils n'o-
béiraient point à ses décrets; qu’il regrettait en conséquence une
semblable obstination qui le contraignait à recourir aux armes.
Puis, lorsque le concile eut lieu, grâce aux instances et à la coop»
ration de César, le pape crut que quiconque le refusait ou le déèsignait, dédaignait aussi l'autorité de l’empereur, et fit partir d'Italie ces bataillons qui, joints à l’armée de Charles-Quint, firent cotte épouvantable guerre que tous connaissent. Or, je crains que Pieff ne veuille imiter Paul III, en voyant son autorité méprisée, Ca pendant, il ne faut pas se laisser décourager; vive Dieu, qui #’ebandonnera pas l’épouse de son Fils chéri, Jésus-Christ Notré- Seigneur, qu’il a délivrée des ténèbres.
n JL
Novateurs à Modène. Ludovio Castelvetro.
Le cardinal Morone'.
Cette exubérance de vie dont jouissait l'Italie, quand
- mes cent villes conservaient leur indépendance sous des -iprinces à elles, et qui fit le caractère et la splendeur, si- | imon la force de notre nation, nous apparaît surtout à Mo- ‘ifiàne, « cette ville agréable par sa température, ses eaux, * ses belles personnes, sa brillante jeunesse, et tout en- : “«tière livrée aux muses*. » Alors comme aujourd’hui ‘ florissaient d'élégants esprits, parmi lesquels nous nom- ‘merons ceux-là seulement qui touchent à notre sujet. Thomas Badia (1483-1547), dominicain, fut fait maître du sacré palais par Clément VII, et comme tel choisi pour combattre l'erreur. Paul III l'envoya au colloque de Worms, dont Badia adressa une relation au cardinal Contarini. Enfin, en 1542, Badia fut honoré de la pourpre. Le traité Adversus Lutheranorum errores que Rovetta lui attribue, n’est autre peut-être que les Acta in colloquio Vormatensi. Nous avons déjà nommé avec éloge Grégoire Cortese.
Né en 1483, et élevé avec soin, il entra au service de Jean de Médicis encore cardinal. Il fut ensuite chanoine et vi-
(1) Nous devons la traduction de ce discours au P. LARGENT, de l’Oratoire, à qui nous en exprimons ici toute notre gratitude. (2) C'est ce qu'écrit Minturno à Gesualdo, en 1634.
Les Modénais célèbres, Badia.
Cortese.
caire général à Modène, sa patrie, quoiqu'il n’eùt que vingt et un ans. Devenu bénédictin de la congrégation da mont Cassin, dans le fameux monastère de Saint-Bendlt de Polirone, et s’y trouvant en très-docte compagnie, il y cultiva la science, et aussi la piété, au point de refaser obstinément les offres du cardinal de Médicis. Élu abbé,Îl mit la dernière main à l'achèvement du monastère etdeh bibliothèque; il traça le plan de ces travaux, les dirigea e invita Raphaël à venir y peindre. Envoyé dans le monss . tère restauré de l’île de Lérins, en Provence, Cortese you vrit une école qui attira des étudiants et des auditeurs grand nombre. On le demandait d’autre part pour rétablir
la discipline et donner de bons exemples. Paul III le plage . dans la congrégation des neuf (dont trois étaient de Mes :
dène), qui préparèrent le concile ; et il le fit évèg d’Urbain. EL:
Contarini disait à ce pape : « Saint-Père, j'ai Cortese :
«« telle estime que je me dépouillerais volontiers de me « chapeau rouge pour le lui placer sur la tête, car il servi « rait mieux que moi le Saint-Siége dans ce rang... » $& -dolet affirmait au même pape que dans nul autre il n'a vait trouvé réunies à un tel degré les qualités d’un bos prêtre : intelligence, bon conseil, éloquence, doctriss, et ce qui vaut mieux pour un chrétien, piété, chasteté, religion. Paul III le créa cardinal en 1542, aux applaudissements de tout le monde; mais la faible santé de Cortese l’'empêcha de rendre dans une si haute dignité tous les services qu’on eût pu attendre de lui. Il mourut en 1548.
Indépendamment de leur mérite littéraire, les lettres de Cortese respirent la candeur, la piété, le zèle pour au-
Po
trui. Dans la controverse avec les protestants, il s'atta-
chait à les traiter avec douceur. Il désapprouvait eeux
qui écrivaient contre eux, je ne dis pas d'une manière in- * furieuse et bouffonne, mais même d’un ton railleur. Cor- 5 : tese pensait que celui qui se livre à l’étude de la vérité F- doit se montrer doux et modeste à l'exemple de Jésus- L. Christ, qui ne voulut pas même que Pierre menaçât celui E qui parlait mal de lui (A). Et defait, dans son livre contre =" Uiric Valenio, où il démontre que saint Pierre est vraiment £ allé à Rome, Cortese donne un modèle de polémique = aime et sensée (B).
le Jacques Sadolet acquit une célébrité plus grande en- É:core. Il naquit à Modène en 1477, le 12 juillet, d’une bonne È famille où la science et la vertu étaient connues; son père était un illustre professeur de droit. Sadolet, en littéraemre, s'éprit de Virgile et composa, encore enfant, un ta ime de Cajo Curtio. En jurisprudence, il suivit à Fermére les leçons de Léoniceno. En philosophie, il s’attacha gA-»Aristote quoique Platon vint alors à la mode. Appelé & Rome, il adopta comme devise, Sedulus animus, spectati smaores, et s’attacha à la famille du cardinal Olivier Caraffa + qui l’ordonna prêtre. Sadolet obtint l’estime de Bembo, de -:Frégoso, de Béroaldo, de Valeriano, de Novagero..A la Re: mort de Caraffa, il devint le familier du cardinal Frégoso, pe qui possédait beaucoup de livres et de manuscrits et aci éteillait les grands artistes d'alors. C’est à Frégoso que = Sante Pagnini dédia sa grammaire hébraïque. - ‘Léon X, élevé au Saint-Siége, voulut avoir pour secré-
à :taires Sadolet et Bembo, afin que ses lettres fussent écri-
3 tas .par les maîtres de l’élégance dans les deux langues latine et italienne. Dans un tel poste, Sadolet. pouvait : aisément se mettre en rapport avec des hommes éminents. Il fréquentait les académies; il cultivait la poésie ; quoi- * que son revenu ne dépassdt pas trois cents écus, il se
Sadolet.
trouvait assez riche pour acheter quelques manuscrits, quelques objets antiques. Ravi quand le pape le gratifiait d’un camée, d'un bronze, d’une curiosité bibliographis, | Sadolet le payait en vers. Quand Fredi eut exhumé le f& meux groupe de Laocoon, Sadolet le célébra par un poërss, et Bembo lui disait : « Jelirai cent fois votre Laocoos. la «vrai magicien, vous n’évoquez pas seulement ce père « infortuné, vous présentez à nos regards la statue elle-. « même. Je n’ai pas besoin d’aller à Rome pour la voir; : « elle est là sous mes yeux. »
Le pape Adrien VI qui n’entendait rien à de tels goûts, en voyant les originaux des lettres de Sadolet, s'écria: : Sunt literæ unius poeta. Comme tant d'autres de ses col : temporains, Sadolet quitta la cour de Rome, et il sere». tira à Carpentras, dont Léon X l'avait nommé évêque. : Il chargea tous ses trésors sur un vaisseau, mais lì : peste éclata à bord, tout l'équipage fut enlevé, et la pré . cieuse cargaison fut dispersée. Il faut l'écouter lui mêsst Tot labores quos impenderamus, græcis præsertim codici : conquerendis undique et colligendis, mei tanti sumptus, me cure omnes ülerum jam ad nihilum reciderunt.
Bientôt Clément VII le rappela à Rome, en 1524; mais Sadolet voyant que tout allait mal, par suite de la politique vacillante du pontife, quitta Rome vingt jours avant le fameux sac de cette ville.
Dans son évéché, il oublia le luxe de Rome. Il secourait, | il iostruisait les montagnards; il distribuait du bois l’hiver, du blé aux époques de cherté; il réprimait les ussriers juifs, résistait aux puissants, et mérita par là l'es time des Francais ; mais il n’accepta pas les offres de François I qui voulait se l’attacher. L’amiral de rion et le, comte de Furstemberg conduisaient une armée francaise
LE CARDINAL MORONE. 463 contre la maison de Savoie ; ils tombèrent sur Carpentras, qui repoussa ces chefs de bandes par les armes. Irrités, ils revinrent sur la ville pour la châtier, comme on dit dans la langue des puissants, mais Sadolet se présenta à eux ; son caractère et sa renommée sauvèrent Carpentras. En même temps, il écrivait sur l’éducation des jeunes gens un opuscule qui peut encore se lire avec fruit, mais où nous remarquons à regret qu'il fait à la religion positive une part bien petite, lui prélat et si pieux. Il s’occupait aussi de travaux scripturaires afin de venir en aide à la religion de tous côtés en péril, et il écrivait à Lazare Bomamico : Ego opus habeo nunc în manibus ex eo genere quod ‘dit în sacris literis positum. Studeo enim pro mea parte brre opem christiana religioni cum ea fere ubique periclitefr, quemadmodum imprimis quidem et debeo et opto. ni En effet, Sadolet se souvenait qu'il était évêque; il s’ap- ‘pliquait aux choses sacrées, étudiait saint Paul, et traitait les questions agitées alors. Quand il publia son explication du psaume 14, Érasme lui écrivait qu’il était enchanté de sa diction facile et simple, unie à une grande piété. « Si Rome, » ajoutait-il, « nous envoyait de telles ceu- « vres, je suis sûr que beaucoup estimeraient davan- « tage votre ville, en voyant qu’il y a là des hommes qui « savent parler de ceslivres pleins de mystères, non-seule- « ment avec éloquence, mais aussi avec sainteté et piété. » Érasme écrivait encore au libraire Calvi : « L'opuscule de « Sadolet fait mes délices. Quand je regarde le fleuve d’or « de son éloquence, je vois combien trouble et mince est « mon filet d’eau; aussi désormais m’efforcerai-je de fae conner mon style sur ce modèle. »
(1) Ep. de 1537, vol. 1, 749, 758.
Quand Sadolet fit paraître à Lyon, en 1535, un commentaire sur l’Épître de saint Paul aux Romaïns, objf de tant de controverses, Érasme loua l’admirable dari et l'abondance cicéronienne da style, où respiraient: dé plusles sentiments d’un évêque, mais il exprima la craists que tous n’approuvassent pas ce commentaire, et qui ne passât point sans provoquer la censure. Cette conjes-
ture était facile à faire dans ce temps de discordes. |:
On avait dit que Sadolet ne croyait pas au purgatoire;: © nous avons de lui une lettre au cardinal Cortese, oè il . dit: « Opus jam elucubratum in manibus habeo, nondum |
expolitum sed tamen ejusmodi, ut ex eo indelligi possit quià :
ego habeam depurgatorio persuasi atque certi.Qua res omnium
maæime, hoc perturbatissimo tempore, ab Ecclesiz (ut sis) —
hostibus oppugnatur. In quo ego catholicæ suffragor Ecélta sie; quod sane in omnibus meîs et curis et affectionibus af propositum À. » .
On accusa aussi Sadolet de sentir le semipélagianism touchant les matières de la grâce, et de se séparer dé saint Augustin. Son livre fut même prohibé, sur la demande de Badia , lequel, quoique compatriote de Sadolet, ne lui en écrivit pas moins : « il y a là de qui vous affliger jusqu’à la mort, et même à ne plus oser lever les yeux. » (C) Sadolet en appela à la Sorbonne; elle nota quelques endroits du livre et demanda des explications. Mais le cardinal Contarini intervint et prit la dé» fense de Sadolet ; la cour de Rome approuva son livre sous cette clause que, dans une nouvelle édition, il modifierait les passages incriminés. En effet, on trouve ces pas sages changés dans les éditions publiées plus tard. (D)
(1) Ep. 1x, du vol. XV.
Si ceci nousmontre combien l’on était soupçonneux, nous apprenons aussi à connaître le caractère de Sadolet, que des Français ont nommé le Fénelon de la renaissance. Plus d’une fois, il dut se disculper ; il ne cessa point cependant d'apporter dans ses rapports avec les protestants une mansuétude d’autant plus louable qu’elle ne venait pas de l'indifférence, car Sadolet était très-zélé pour la défense et pour la propagation de la vérité. Outre ses relations ‘avec Érasme, il correspondait avec les chefs du parti op- * pose. Il écrivait à Cocleus: « J'aime votre manière d’agir i «si douce et si modérée : n'exaspérons pas les héréti- > «ques.» Et il ajoutait: « Je ne sais comment je suis fait, .e mais je ne puis hair quelqu'un pour la seule raison Fe qu’il pense autrement que moi. » Parlant de sa douceur à l'égard de Sturm: « Decet nos, écrivait-il, igorum (hæ- ‘reticorum) insolentiam non exasperare convitiis, quo in genere 1 maxime exsultant ipsi, sed mansuetudine retundere, quod
‘ groprium officium christiani hominis est. A Georges, duc A de Saxe, il écrivait : Nunc tibi mitto oratiunculam quamdi dam meam.... ea continet sane modestam (mihi ut videtur) et DA cuilibet recite judicanti probabilem sancta Romana Ecclesia ù et iotius sacerdotii defensionem adversus probrosas et pene À quotidianas Lutheranorum vituperationes. Ego irritare nemi- .- nem prorsus volo, nec serere contentiones : hortator enim sum 4 pacis et auctor. Id scribere opto, quod nec Lutherani iniquo : omnino ferant, et Catholici accipiant æquissimo *. Mélanch- ” thon lui envoyait tous ses écrits, et Sadolet disait : « Si j’a-
« vais à traiter seulement avec Mélanchthon, demain la ” « paixserait rétablie dans l'Église ; mais avec Luther, c'est
e une autre affaire. » Il écrivit à ce même Mélanchthon
(1) Ep. 1v, 1. XI.
une lettre si bienveillante, que celui-ci la montra à ses amis ; et Luther alors, ainsi que les autres hérétiques, firent l’éloge de Sadolet. Jean Lefebvre évêque de Vienne lui accordait aussi des éloges, mais il lui écrivait : «Je vous « confesse ingénùment que le langage si mielleux dont « vous usez envers Mélanchthon a plu à maint luthériea, « je ne dis pas tous; mais il a affligé et inquiété beaucoup « de catholiques. Vous pensiez peut-être que votre lettre « demeurerait secrète. On s’est moqué de votre bon cœur, « on a divulgué votre lettre, en l’accompagnant de com « mentaires injurieux à votre dignité. Vous êtes-vous au « plus sage que saint Paul qui, de retour du troisième « ciel, recommandait à Tite d'éviter l’hérétique? » (È)
Sadolet répondit : « Si j'ai écrit à Mélanchthon, ce n'a « pas été pour m’en faire un ami; mais parce que j'espé- « rais l’attirer par un langage affectueux, et qu'il nous se- « rait ainsi plus facile de ramener les âmes égarées. Oui, « j'ai oublié ma dignité, mais il y allait de la gloire ds « Dieu, du salut de mes frères, de la paix de l’Église. « J'ai eu tort, j'ai péché comme vous le dites, parce queje « ne connaissais pas assez l'homme à qui j'écrivais ; je « voulais, par la douceur chrétienne, ramener au bercail « un de nos frères égarés. Si j'ai loué Mélanchthon lettré, s élégant écrivain, habile professeur, je n’ai pas voulu « défendre l’erreur qu'il soutient. Pourquoi ne pourrais « je pas lui écrire ? Les Israélites n’avaient-ils pas come « merce avec les publicains ? »
Sadolet écrivit plus d’une lettre à Frédéric Fregoso, archevèque de Salerne, il l’engagea à ne pas trop étudier l'hébreu, du moins à lui préférer le grec et le latin‘. Les
(1) Ep. lib. LI.
LE CARDINAL MORONE. 467 raisons qu'il apporte ne satisferaient pas sans doute les exégètes, mais elles prouvent qu’il n'était pas étranger à leur science.
Sadolet fut de nouveau appelé à Rome, en 1536, par Paul III, qui le revétit de la pourpre et le placa dans le Consilium delectorum cardinalium. (F)
Plus d’une fois Sadolet dut accompagner les papes, ou voyager pour affaires. Tous le vénéraient; son activité était grande malgré sa chétive santé. Il écrivait à Charles Gualteruzzi, le 20 mars 1554, combien il désirait se démettre de son évêché. « Jamais tous mes desseins et tous
* «-mes désirs n'ont été plus qu’aujourd’hui éloignés des