JULES III. — MARCEL I. — PAUL IV
sur les droits de Dieu et de la justice‘. En conséquence, Charles-Quint considéra Caraffa comme l'adversaire de l'Espagne , lui contesta pendant longtemps l’archevèché de Naples, et l’inquiéta toujours dans l’exercice de sa juridiction ; lui, de son côté, ne dissimulait pas sa haine contre les Autrichiens et contre Charles-Quint, fauteur d'hérétiques.
Caraffa avait été un des plus zélés pour la restauration
de l'Église : après avoir remis entre les mains de Clément VII les deux archevèchés de Chieti et de Brindisi, après avoir distribué tous ses biens aux pauvres, il se retira du monde pour mener une vie sainte, et en compagnie de saint Gaëtan il fonda les clercs réguliers, qu'il appela théatins, du nom de son archevéché*?. Paul III triompha de son amour opiniâtre de la retraite en l’appelant de nouveau aux affaires, et lui donna le chapeau. Ayant constamment soutenu au concile de Trente les thèses les plus rigoureuses, et n’ayant jamais usé de condescendance vis-à-vis d’aucun cardinal, il fut d’autant plus étonné de se voir élu pape, qu’il était déjà octogépaire et qu’il avait d’ailleurs contre lui l'opposition formelle de l'Espagne. 11 prit le nom de Paul IV, et il s’écarta vite de sa piété et de son austérité. On lui demandait comment il voulait être traité. « En grand prince, » répondit-il. Il exigea une table de vingt plats, bien qu’il mangeât extrémement peu et comme un moine; il se montra somptueux et mondain plus qu’il ne convenait à sa dignité.
Comme s'il n’eùt pas compris que désormais le pape
(1) Nonts, Guerra contra Paolo IV, lib. I, p. 6. (2) Chieti, en latin Theate.
était le chef moral, et non plus le chef politique d chrétienté, il voulut quitter la défensive pour rep dre l’offensive, mais le temps était passé. L'Italie: divisée en onze États : les républiques de Venise, Gènes et de Lucques; Parme, Plaisance et Urhin, du Saint-Siége; Modene, fief impérial: la Toscane. espagnol ; le duché de Savoie, l’État du pape, les po: sions espagnoles de Milan, Naples et la Sicile. Mai puissances sérieuses étaient l'Église, l’Espagne, Veni la Savoie : au-dessous d'elles, il y avait une multitud nombrable de baronies, de comtés, de marquisat principautés, ayant tous leurs constitutions historit leurs sénats, leurs consistoires, leurs parlements, ] magistratures; et pour législation le droit romain difié par des statuts locaux. Cependant partout l’aut dirigeante prévalait sur les libertés locales : les mt chies avaient ébranlé aussi bien l'empire que la pap pendant qu’une foule de bannis, hommes illustr d’une grande influence, comme dit Norès (A), plei courage et d’espérances, d’une grande vivacité de et d’une prudence singulière, semblaient avoir p tâche de rappeler la servitude présente et les danger menaçaient l'Italie tout entière, en invitant les pr par leurs exhortations à les aider à reconquérir la lil Ce fut avec de pareils éléments que Paul IV préi restaurer la grandeur de l’Italie; il brouilla ainsi à so: ou suivant son caprice, la politique de ce pavs, en 1 temps qu’il maudissait ceux qui l'avaient ruiné en pelant soit les Espagnols, soit les Français. Il form sainte ligue pour délivrer l’Italie des étrangers, qui, ne pas parler du reste, y introduisaient continuelle des hérétiques, au risque d’ajoùter encore aux 4