JULES IN. — MARCEL II. — PAUL IV
visions celle des croyances. Les princes s’irritèrent > ce qu'un pouvoir qu'ils espéraient être mort, et bien ort, donnât encore signe de vie et devint menaçant. srrenot, qui fut plus tard le cardinal de Granvelle, pousdt Charles-Quint son maître à enlever au pape ses États, tendu, lui disait-il, que sous le régime des possessions moporelles. il ne pourrait jamais posséder l'Italie sans rencontrer de résistance‘. Quel sujet de joie pour es protestants! Le pape entrait encore en guerre avec le foi catholique, et Rome, assaillie de nouveau par les Bolonna et par le duc d’Albe, ne put échapper à ces altaques qu’en acceptant les accords que le roi d’Éspagne conclut très-libéralement avec lui. (B)
Mais son patriotisme n'était pas désintéressé ; il vouhf favoriser ses neveux en leur assurant Sienné, qu'il sipérait enlever à Côme de Toscane. Dès lors il eut pour ftbemi le duc, qui suggérait à Charles-Quint, entre aules conseils, celui de ruiner le pape, « non par les armes, «mais par l'intermédiaire du concile, en avisant à opéefer une réforme, et à faire renoncer les prêtres à la «tyrannie qu’ils ont exercée et qu’ils exercent encore. «Par ce moyen, poursuit-il, non-seulement le roi de « France et les Vénitiens se tiendraient tranquilles en «tendant les événements, mais ils concourraieut à l’encfreprise et lui préteraient leur appui : de cette manière «on ferait grand plaisir au roi d'Angleterre, car ce ré- *Sultat est l’objet de ses vœux les plus ardents; par cette «voie on éteindrait le foyer de l’hérésie en Allemagne, «à la chrétienté se trouverait purgée des hérétiques et « délivrée des étranges façons d’agir des nrétres.... En
(1) Nonts, Guerra di Paolo IF.
Sa politique.
« procédant par la voie du concile, il n’y aura personne « qui ne porte aux nues l’empereur ; et si le pape vou- « lait faire des folies, que Sa Majesté le châtie, elle aura « pour cela toute facilité... Et si l’on venait me dire : « Sa Majesté laissera le pape comme il est, et cherchera « à faire disparaître les hérésies, » à part que je con- « sidère cela comme très-difficile, d’un autre côté ce « serait laisser subsister la tyrannie des prêtres, la « grandeur des) papes, cette puissance qui contrecar- « rera toujours Sa Majesté pendant sa vie, et qui, à sa « mort, sera la pierre d’achoppement pour ses descen- « dants!. »
Côme, petit tyran, appelait les papes des oppresseurs : Côme, prince italien, voulait écarter tout ce qui faisait obstacle à la domination autrichienne : Côme, laïque, suggérait comme un remède à lJ’hérésie d’abattre le pape : moyens moraux dont on se sert encore aujourd’hui. Et comme aujourd’hui, il prit des plumes à gage pour calomnier. Paul Jove, qui avait demandé l'évêché de Côme, pour se venger du refus qu’il avait essuyé a dit de Paul IV plus fe mal qu’il n’en savait, et en tête de son histoire il mit une lettre d'André Alciat, dans laquelle ce pontife est grossièrement maltraité. La conduite du vénal historien de Côme a pu être provoquée par le duc, ou par la certitude où il était de lui être ainsi agréable; mais ce fut assurément au vu et au scu du duc, que Varchi inséra dans ses histoires les scélératesses aussi fameuses qu’invraisemblables attribuées à Pierre-Louis.
Le peuple, qui d’abord craignait Paul, puis quise mit à
(1) Négociations diplomatiques, vol. INT, p. 173.