‹ Les hérétique d'Italie (volume 2)Chapitre 6 sur 22 · JULES III. — MARCEL II. — PAUL IV · texte numérisé non relu

JULES III. — MARCEL II. — PAUL IV

\Whair par suite des impôts qui furent doublés à l’occasion de la guerre, et par suite des rigueurs de l’inquisition, féprit à la fin d'amour pour sa personne avec les excès ordinaires aux multitudes, soit par respect pour ses ver-

tas, soit à cause de ses largesses, soit à cause de sa sol- - lieitude à remédier à la disette. On alla même jusqu'à ériger à ce pape une statue au Capitole, et à former pour veiller à la sûreté de sa personne un corps de volontaires, qui ensuite se perpétuèrent sous le titre de lancie spezsas. Paul IV, en s’aliénant l'esprit de l'empereur par sonzèle pour l’indépendance italienne, perdit son secours pour l’extirpation de l’hérésie. Tandis que ce pontife * gaspillait son action gouvernementale dans cette poli- : tique séculière, il se glorifiait de ne pas avoir passé un seul jour sans promulguer quelque ordre pour l’amende- ‘ment de l'Église, ce qui donna occasion de lui dédier une médaille représentant le Christ qui chasse les profanabears du temple. Mais un jour que le cardinal Pacheco toukit en sa présence disculper un autre cardinal, le Pepe coupa court à ses paroles d’excuses, en s’écriant : «Il nous faut des réformes, des réformes, » et Pacheco lui ; Npondit : « Parfaitement, Saint-Père, mais les réformes devraient commencer par nous »; et il se mit à lui dé- Roncer les débordements de ses neveux, qui lui furent etsuite dévoilés par l’ambassadeur de Florence, si bien Qu'il en versa des larmes, les déplora en plein consistoire, dégrada ses neveux et les relégua en divers endroits.

les rigueurs qu’il déploya à l’intérieur lui avaient susdé un grand nombre d’adversaires, surtout parmi les . Mines, qui vivaient par milliers en dehors des cou- "ets, et qu'il obligea à y rentrer, faisant défense à toute ! Bfionne de leur donner, en dehors de leur clôture, ni

aliments, ni refuge : il eut également beaucoup d’ennemis parmi les juifs, qu’il confina dans le Ghetto. Aussi, à peine eut-il fermé les yeux, que ces derniers excitèrent des troubles, au milieu desquels la statue du pape fut décapitée et traînée par les rues de la ville.

Outrages Bromazio, dans la Vie de Paul IV‘, dit que ces insultes

mé dm. furent provoquées dans l’origine par la prétention qu’avaient les Romains de recouvrer, à la mort du souverain pontife, leur propre liberté qui leur avait été ravie dès l’époque de Jules César; en sorte que, pour exercer leur droit de juridiction, ils ouvraient aux prisonniers les portes des cachots. Le conseil s’étant réuni cette fois encore au Capitole, on rendit un décret qui ouvrait à deux battants les portes des prisons, d’où s’échappèrent plus de quatre cents détenus, tous acharnés contre le pontife. Ils se mirent à courir par la ville, et s'étant portés même à Ripetta, où étaient les cachots du Saint-Office « et où se trouvaient soixante-douze hérétiques, dont quarante-deux étaient hérésiarques », ils les ouvrirent à coups de haches et à l’aide du feu, mais ils firent prêter serment à ces détenus « qu'ils voulaient toujours être catholiques ; comme si tous eussent été convertis en un instant. » Ils les mirent en liberté; puis cette foule effrénée se livra à la violence, au sac, à l'incendie du mobilier et des papiers du palais. S’étant ensuite portée

(1) L. XII. Le décret suivant, qui existe au Capitole, est d’une grande 3 : « Si quis sive privatus, sive magistratum gerens de collocanda

vivo pontifici statua mentionem facere ausit, legitimo s. p. q. r. decreto. ia perpetuum infamis et publicorum munerum expers esto. »

L’index des livres prahibés condamne comme fausse l’Epistola consotoria et hortatoria Pauli IV ad suos dilectos filios.

VeiLi Francesco fit deux Difese del gloriossissimo pontéfice Paolo IV dalle calunnie di un moderno scrittore, livre prohibt par décret du 10 juin 1658.

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