‹ Les hérétique d'Italie (volume 3)Chapitre 21 sur 24 · VUE D’ENSEMBLE SUR LA RÉFORME. UI · texte numérisé non relu

VUE D’ENSEMBLE SUR LA RÉFORME. UI

par voluntas agnoscitur. At multis vocabulis auxerunt linguam latinam. Utinam non tam portenta quam verba, ul in religionem sic in sermonem induzissent! At incitarunt loquendi et scribendi celeritatem : ut illorum studiosi, vel in magnis rebus, subita in dictione et scriplione satisfaciant. Les Jésuites cherchèrent à réveiller les esprits par des méthodes nouvelles et par des combinaisons ingénieuses ; ils voulaient donner de l'attrait à l'enseignement, comme on est bien obligé de le tenter quand les disciples n’ont plus de vocation; mais leur but était l'éducation plus encore que l'instruction; ils tendaient plutôt à plier la volonté qu'à affiner l'intelligence : aussi eurent-ils bieutôt les défauts des écoles officielles; et si le mauvais goût n'y a pas été introduit par eux, on ne sut pas bien s'y défendre de l’apprèt dans le style, et dans la composition d’une certaine afféterie distincte de la véritable élégance, et de je ne sais quel fard substitué aux vives couleurs de la santé. i Après cela, on a peine à croire que dans notre siècle l’Institut de France ait couronné un mémoire où l'on a pu soutenir ou plutôt avancer gratuitement. que l'Église s’est toujours montrée l’ennemie capitale des lumières; que « les nations avaient été maintenues soigneusement dans une ignorance propice à la superstition; que l'étude avaitété rendue, autant que possible, inaccessible aux laïcs; que celle des langues anciennes avait été considérée comme une monstruosité, comme une idolâtrie : que la lecture des saintes Écritures était rigoureusement défendue‘. Que le vulgaire ait répété ces assertions, passe

(1) Cu. Viuuens, Essai sur l'esprit et l'influence de la Réforme; Paris, 1806. i

Affaiblisse-

encore; mais on est stupéfait en. hsant dans un penseur catholique, Gioberti, qu'il voyait dans Luther trois qualités :

4° D’avoir voulu restituer à sa primitive grandeur l’idée de Dieu et du Christ, amoindrie par la scolastique; 2° ‘d'avoir non-seulement connu son siècle, mais marché de pair avec lui, sans toutefois parvenir à le devancer comme le devanca Socin ; 3° dans l'évolution logique de l’hérésie luthérienne, on voit la raison prédominer sur les puissances inférieures; privilége de l'Italie, à laquelle revient en conséquence l'honneur du luthéranisme.

Si par là on entend le libre usage de la raison, les Italiens l’avaient déjà longtemps auparavant, et nous l'avons démontré; mais il y a une trop grande différence entre la recherche du vrai, le dédain, la satire et la négation systématique et opiniâtre.

Luther, après avoir blasphémé contre la chaire pontificale, blasphéma contre le libre arbitre, blasphéma contre la raison, qu'il appelait « la fiancée de Satan, une pros- « tituée, un monstre abominable qu'il faut fouler aux « pieds, étrangler; c’est la maudite de la révélation, et < par conséquent il n’y a dans l'esprit humain ‘que « mensonges et ténèbres : les universités sont des inven- « tions diaboliques, vomies pour dissoudre le christia- « nisme. »

Au contraire Pallavicino, dans l'Arte della perfezione cristiana, professait que, « en définitive, toutes les autres puissances de l’homme s'inclinent devant l'intelligence : l'intelligence juge tonte chose, l'intelligence gouverne le monde. »

Les hommes esclaves des préjugés diront que la restauration d'alors fut un retour vers le moyen âge (C).

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