‹ Les hérétiques d'Italie (volume 2)Chapitre 13 sur 29 · M8G0I»» IT · texte numérisé non relu

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de Homo el de Leeco une rèsistittiee opiniâtre, il est t&Fcé de renoncera son enlraprise, devenue impossible.

LaFranee, qui voulait à toat prix enlever 'k i'Autriehe ce passage, sollicitait les YalteKns de seconder ses efforts» et leur promettait de les soustraire ratièrement au joug des Grisons; die leur offrait même de prendre à- sa chaiige la redevance qu'ils payaient, et s'engageait à leur ac* corder une justice propre et le bienfait d'une religion unique. Ces proportions vinrent à la connaissance des Grisons, qui , indignés éd ce^qne le roi de France ne les caressât qne dans la mesure de l'aide qu'ils lui prêtaient contre les Autrichiens, abandonnèrent tout à coup l'alliance du monarque très-chrétien pour se tourner du e6té de PEspagne. Cette puissance, qui ne désirait rien tant que cela , n'eut aucun scrupule de conscience à accepter l'alHance des Protestants, et se trouva de nouveau avoir entre les mains le sort de la Valteline, qu'elle n'hésita pas un seul instant , selon les] besoins de sa politique, à sacrifier pour sauvegarder l'alliance avec la Rhétie. Le marquis de Leganes , nouveau gouverneur du JKUânaîs , prodiguait les avances aux ambassadeurs des Grisons, et en était chiche pour les Yaltelms : il fit demander à l'évèqne de Gôme si la domination des Seignrars Grisons était compatible avec la religion eathoKque. Celui-ci répondit affirmativement , et en cela il é^it d'accord avec la décision prise sur le même sujet par une assemblée de théologies, réunie en Espagne.

Déjà, dans le château de Sondrio, on avait établi une garnison de troupes grisonnes. Les Valtelins furent effrayés de cette mesure; quelques-uns d'entre eux avaient proposé de courir encore aux armes, d'égorger le petit nombre d'ennemis qu'ils avaient dans le pays, et de s'aider eux-mêmes,

sans compter désormais Hir les secours de la Franco ou de rEsfis^fne. On domiait la pitféreoce à un parti qu'il n'é* tait pios temps de prenne. £n effet, ou n'ayait plus ni vivres,, ni argent, ni crédit : la peste de i630, qui revint cinq^ ans après, avait. décimé la population : partout régnait ce sentiment d^ lassitude qui, d'ordinaire se montre à la suite de fortes commotions, de même qu'au délire de la colère succède le délire de la peur ; sentiment qui fait considérer comme le moindre jnaiheur de courber la tète sous la tempête et de demander à Dieu sa miséricorde.

Le .gouverneur Leganes avec le concours <]jes envoyés La paix de la Ilhétie termina l'affaire à Milan, le 3 septembre dans ui 1639,. en restituant a^jx Grjson^ la Yalteline sous des clauses et conditions çooiprises en quarante articles, et dont voici les dispositions principales. Personne ne sera recherché pour des faits accomplis postérieurement à 1620 : les procédures "de Tbusis seront cassées; les finances, les douanes et les coutumes remises dans rétat où elles étaient avant l'insurrection ; les officiers , à partir du vicaire de la vallée pour les relations extérieures , devront être élus par les Seigneurs Grisons , et la reddition de comptes être faite dans le pays. Quant aux statuts del549,<>n y dérogeait, formellement pour les dispositions frauduleusement Introduites au préjudice de la foi et des immunités ecclésiastiques; on ne devait admettre que la seule; religion catholique, suivant en cette matière les règles dç conduite adoptées par les Suisses dans les bailliages italiens. Plus d'Inquisition : l'évèque , les prêtées , les moines exercent en toute sé- <^urité leur saint ministère ; aucun protestant n'aura le droit de se fixer dans le' pays, à l'exception des magistrats. I<'Espagne devait payer à chacune des Trois Ligues

284 DISGOOES ly.

une rente annuelle de quinie cents écas , et entretenir à ses frais six jeunes gens dans les universités de Milan et de Pavie ; on devait accorder un Ubre passage aux soldats autrichiens à travers la vallée, et pas à d'autres.

Les stipulations une fois ratifiées, le gouverneur informa les Yaltelins de Taccord. 11 y eut une stupéfaction générale à cette nouvelle : tous se déchaînèrent contre Tévèqne Garaffino; on parodiait le nom de Leganes en liga-nos; on appelait de cette convention, on protestait contre elle : telle est la dernière ressource de ceux qui succombent. A ces plaintes, le grand chancelier donnait pour réponse qtfon n'avait pas pu obtenir de meilleures conditions; les étrangers donnaient raison aux Yaltelins, mais ils n'allaient pas plus loin.

Cette capitulation forma la base du droit public de la Yalteline vis-à-vis de ses maîtres, et servit de mesure aux droits et aux devoirs réciproques. Les Grisons furent réintégrés dans la pleine possession de ce pays, et, on peut le dire à leur louange , ils en usèrent avec modération. Le chevalier Robustelli , bien qu'on lui eût promis psdx et sûreté, ne put se résigner d'obéir aux autres là où il avait commandé : il dit donc adieu à sa patrie, qu'il ne pouvait plus désormais servir, et il ne manqua pas de gens qui lui infligèrent le titre que les Italiens réservent à ceux qui ne réussissent pas, celui de traître.

Les choses ne pouvaient cependant pas se passer avec calme après tant de démonstrations de haine [et tant de sang répandu : on n'en finirait jamais si l'on voulait redire les lamentations des Yaltelins sur la violation des traités. Le nombre des réformés, bien que leur séjour fût interdit dans le pays, croissait chaque jour : le seul petit village de Mese, au bout de quinze ans, en comptait

Cinquante : il y avait quatre familles protestantes à Tirano, trois àTeglio, autant à Cajolo,Je double à Traona, neuf à SondriOy deux à Berbenno, douze à Chiavenna et ailleurs , toutes bien apparentées > sans compter les artisans et les étrangers. Ces protestants vivaient en pleine liberté ; ils se moquaient des dévots et des cérémonies du culte; quant aux magistrats. Us ne respectaient point les immunités du clergé, interdisaient de recourir à Rome, et prétendaient qu'on violftt peureux le secret des confessions : ils tenaient même des conventicules de prédicants dans le palais public de Sondrio, et inventaient miUe moyens pour les y introduire ; <m était même allé jusqu'à demander à la IMëte des Grisons d*avoir dans le pays trois temples. Cependant les riches étaient l'objet d'accusations incessantes qu'on leur intentait pour leur extorquer de l'argent ; était absous celui qui payait. On poursuivit deux notables de Sondrio pour s'être servis du mot d'hérétique, et même Tarchiprêtre pour avoir réuni certains chefs afin d'aviser sur cette arrestation*. Les Réformés n'eurent plus cependant l'avantage du nombre dans le diocèse de Gême, et quant à la liberté du culte, elle fut restreinte aux seuls districts de Poschiavo et de Brusio, pays qui aujourd'hui encore appartiennent aux Ligues grisonnes, bien qu'on y parle l'italien et qu'ils soient situés en deçà des Alpes '«

(t) n y avait en 1790 dix fàmîHcs de Protestants à Tirano, deux à Bianzone, deux à Teglio, une à Gastîone Inférieur, une à Cajolo, et soixante -cinq dans le comté de Chiavenna. Jacques Picenino, ministre protestant à Goire , publia VApol^gùi ée to Réforme. En réponse à cet ouvrage, le père Gotti, professeur de théologie à Bologne, écrivit U Vera Chiesa di Crlitt, 3 vol. in-4% livre qui lui valut la pourpre.

(3) Ces districts appartinrent iusqu*à ces derniers temps au diocèse de Côme, ainsi que la majeure partie du canton duTessin. Aujourd'hui

Là les Réformés forment le tiers de la population , et c*est dans cette proportion qu*ils ont part dux emplois : pendant deux ans le podestat est un catholique, la troisième année, c'est an réformé « et il en est de même pour les autres charges et les institutions de bienfaisance. Ils Titrent en bonne intelligence, et de part et d*aatre on observe la tolérance : nous avons vu beaucoup d*£van» géliques assister aux cérémonies catholiques» et s*y comporter avec modestie. Les pasteurs des deux églises réformées sont envojrés par le chapitre 'de la haute Engadine. Dans le consistoire que tiennent chaque année les pasteurs de la Rhétie à tour de rôle, sous la surveillance du doyen, on approuve les ministres, et on se consulte sur le dogme et snr la morale. Les ministres Suivent la Confession rhétique et la Confession helvétique, mais dans leurs catéchismes ils diffèrent profondément, même sur les points fondamentaux. 11 s*y introduisit parfois certains ferments de luthéranisme ; on alla même jusqu'à conserver le saint sacrement^ et à le porter aux malades; on a proposé aussi d'admettre Fusage de la confession auriculaire, mais tout dépend des idées personnelles des ministres. Depuis quelques années, ceux*cl ont reçu pour instruction de ne jamais traiter les questions de dogme , et de s'en tenir uniquement aux vérités pratiques. Puissions-nous voir bientôt Theure où les rameaux séparés du grand arbre Tëverdiront,et oA le sang sacré de la rédemption réunira nos frères séparés dans un seul bercail et sous la houlette d*nn ^seul pasteur 1

ils sont ou vont en être séparés ; on a confisqué les biens que Févéque de G6me y possédait, et Ton voudrait incorporer les communes de Poschiavo et de Brusio au diocèse de Coire : le canton du Tessin aurait son évêque particulier.

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS

AU DISCOURS lY.

(A.) Sur Jules de Milan^ voir Sghœlhorn, ErgâizHchkeUeii , Stûck^ 5.

L'argument traité dans ce chapitre a déjà été développé par

nous dans la StoHa délia diocm di dmtQ, et dans l'opuscule inti»

tulé^ Socro macelio di ValMKna, Une œuvre capitale sur cette ma*

tière est la Historia hefarmaUoMê eceltsianm rhatkarym «9 ge^^

numU finnUbuê et adhue masBêma parie nuinquam. Ufiprmù^, sine

pcnrHum sludio cMiiola^..; par Peiro Dominigo Bosio 0& Porta,

t. n, Goira, 1771. On peut juger de l'impartialité de l'ouvrage par

la dédicace suivante : AhnœwaM — eoclesiœ J.-C. '^joceatis sanc"

tis — venerandis afi^oiiM. oc maqfdfds eornnuniMUms — m exe.

tmm Btofîc» fœderum rep. — r^ifgi&nem ad es. evmègéHim re-

formoUa»'^ fdem semelsanctis tradUam — corde tenetUibm *^ore

profUenHbus ^ apere defendenUbas — Jkmsnis sitis ckmenHssinm

— beakB reft^rmatUmis — histoHam — in devotœ menUs manumen-'

tum -^ dedieat. Et dans la lettre 'suivante, toujours en latin, il

dit : « S'il est un bienfait pour lequel nous et nos enfants de*

vions être éternellement reconnaissants envers Dieu, certes c'est

la Réforme... A elle nous sommes redevables d'avoir cbassé

l'ignorance crasse qui avait voilé notre eiel de ténèbres épaisses.»

Et, venant à parler des difficultés de son œuvre, il se plaint que

de son temps aussi les études fussent négligées. « Les prêtres ca*

tholiques, dit-il, ne s'entendaient qu'en messes et indulgences,

c'est-à-dire à ce qui sert à la cuisine [sic) : quant aux Ëvangéli-

ques (ditril), ils croient avoir accompli tous leurs devoirs lorsque

Us ont récité un sermon appris^MU* cœur. »

De semblables préventions sont bien loin de l'impartialité promise, et qu'en &it on désire toujours. Cependant cet ou\Tage peu connu est un des plus imp<M*tants du siècle dernier; l'auteur est bien loin du mépris qu'on avait alors pour l'histoire. 11 cherche la vérité dans les archives et dans les correspondances

28S IIOTBS ET iCLÂIRCISSElfSRTS AU BISGOUBS IV.

privées, il examine à fond le caractère des personnages, il décrit ks lieux, montrant toujours un amour vif pour la patrie, pour la religion, et pour son sujet.

II se plaint encore du peu d'attention que lui prêtèrent ses compatriotes I et de ce qu'ils ne lui ont fourni aucune aide, pas même pour la transcription des documents ; il déplore qu'on ne lui ait tenu aucun compte de son travail, — conduite trop ordinaire de nos jours, et surtout dans le pays où j'écris.

(B.) ^ous avons parlé ailleurs longuement de Muzio. n a écrit quelque part « qu'aucune loi émanée soit de la patrie, soit du prince, qu'aucun intérêt de fortune ou de la vie ne doivent le céder à l'honneur. » Réponse ID.

Un des plus fidèles investigateurs des mémoires sur rfetrie, Kandier, m'éerivait en 1861 qu'il avait fiût beaucoup de recherches sur Vergerio, et qu'il avait fini par se persuader que c'était « un infortuné qui n'avait pas su se modérer au milieu des agitations soulevées par Muzio, son concitoyen et son camarade de jeunesse. Toute cette histoire m'a paru une guerre de Franciscains, dirigée contre l'évéque pour se venger sur lui de ce qu'il avait découvert et puni certaines irrégularités dans leurs couvents. Vergerio n'avait jamais eu la vocatfon ecclésiastique ; de^ puis plus de dix ans qu'il était évèque, il n'avait pas même la tonsure : ce fut contre son gré qu'il se mit à la tète d'un diocèse, ou qu'il dut s'y mettre ; je croîs qu'il avait entendu parler davantage de la foi protestante que de la foi catholique, occupé comme il le lût dans les négociations de la diplomatie. Il ne fut pas meilleur protestant; sa foi était très-incertaine; il tenait uniquement à conserver la dignité épiscopale, dont il ne voulut jamais déposer le titre; il tenait, contre la cour de Rome, tantôt pour les Rhètes, tantôt pour les Polonais, tantôt pour les Allemands, mais pourtant sans jamais otfblier les avantages que procure un bon bénéfice, il serait même rentré dans le sein de TÉglise s'il avait pu recouvrer l'épiscopat. Les persécutions qu'il eut à souffrir vinrent de ses compatriotes, de Grisoni par-dessus tous les autres, de Stella, de Muzio; l'Inquisition^ qui était entre les mains des Franciscains, déploya contre lui tous les ressorts de son autorité : procès, incarcérations, abjurations, listes d'hérétiques, de personnes en train de le devenir, de suspects d'hérésie; on donna Tépithète d'infecté» aux monastères, aux confréries, aux chapitres, aux lettrés; mais au fond de tant de confusion on finit par croire qu'il y avait là méchanceté et exagération, que les accusateurs étaient des exilés^ ou des personnes

NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS AU DISCOURS iV. 289

poursuivies à tort, ou enfin des aventuriers qui clierchaient un prétexte pour faire fortune. »

a Tout ce tapage devait^ dans l'esprit des novateurs^ amener l'exaltation de la langue slave, et ils comptaient convertir les Slaves habitant entre le Frioul et Gonstantinople ; aus^ publiat-on un grand nombre d'ouvrages. Mais les Slaves ne savaient point lire, et ne le surent que tard ; les caractères, fondus aux frais des Protestants, passèrent par l'effet du hasard à Rome, où ils servirent à imprimer des missels et des bréviaires. »

Parmi les ouvrages anonymes ou pseudonymes de Vergerio est celui intitulé Belle œmmissiom et faculià ehe papa GitUio lU ha dccto a momignor Faulo Odescalœ comascoy suo nuncio et inqtfisitore tn tutto il pœse dei magnificii Grisoni, 1 553.

Il a publié aussi Illmtri atqxw optirnœ spei puero D. Ebherardxf^ m. principis Chnstophori, ducis Witembergensis, filio primogenito , minusculum, 1554. MaisGelio Gurione prétend que ce n'est qu'une traduction d'une œuvre de Jean Valdès.

(G) Donnons-en un échantillon :

Remissionem peccatoiiim Credo etiam, certusque cano, intrepédusque repono Uims haud aliis quam Christi sanguine mcris Plamtum semel, afflictis mortalibus ipsum Condonasse Deum peccatum quidquid tiUnqve est, Christigenas ut nulla mqtuim forttma moretur Burior, aut trépidas tortura pia^cula mentes IJsqae adeo aébcribi magnum est in pignora sujnm Chara patris, Chnsti auspidis, nil taie merentes

Camis resurrectûmem.

Qttin fate(yr ventura olim nova secula, qmndo His vêtus indomitis ardescet in ignibus orbis Cunctorum in poenas et tristia fata malorum, Tumvero sanctorum hominum clœrissima moles Camis in œtheream mvtabitur altéra sortem, Cognatœque illis terrejue ab origine labes Seu functi répétant vitam, seu forte supei'sint, Cunctorum omnipote)is rerum quid non queat a/uctor.

(D) Milan, 24 mai 1584.

J'écris longuement à monseigneur le cardinal Savelio au sujet des affaires des Grisons : la lettre vous sera, comme d'habitude,

290 wnts rr écuircissbiibnts aw biscocrs iv. «.mis* ouverte pour que vous en preniez connaissance. Mais cette "tT^neX^ îout^l y a des détails relatife à la même af- S JLe vous trouverez ici en postscriptum. Je vais vous en dire immédiatementun mot plus secret que tout le reste, dont le «,uv«ncur m'a Ûùt part en tonte confidence. Je ne crois pas, K^ cJtT, pSlvoTlaire moins que de l'écrire à votre Se.- ÎLS. afin qu'elle en réfère ànotre Saint^Père, sous forme d a- ^Tro.^ donc que les peuples catholiques de la Valtelme, ISutTet opprimés dans les choses de la religion par le gouver- 2nt écrasant des Seigneurs Grisons, ont tait Jappel. l'année îeSre'Tministresdu roi àMilan pour lesaider à mettre fin à uit dé souffrances, en sorte que, débarrassés des entraves qu. longtemps les ont privés de tous secours spirituels. Us pussent vi- ^ à leur convenance en bons catholiques. - Dans ce but, ils ne demandaient l'appui que de 400 fantassins, pour P«« de Jom. ; ce serait assez, disaient-ils, pour secouer le joug et fermer aui GrSns les pa^esdes montagnes : dans la suite, les gens de la vaïée suffiraienTà maintenir leur indépendance. Les ministres écrivirent au roi, qui a répondu qu'on leur accordât le secours demandé et tout autre nécessaire pour les aider dans les choses de la religion catholique : en dehors de cet intérêt, on ne devait pas remuer. Depuis que la réponse du roi est arrivée les ministres ont sursis jusqu'à cette heure, afin de voir l'issue de 1 alfau-e de la Ligue : maintenant qu'elle a avorté, je vois qu'on pense a l'autre projet, et si le succès couronnait l'entreprise, j'espère de U bonté de Dieu qu'en peu d'années il se produirait dans ces navs d'en deçà des monts tant d'heureux résultats, que le fléau de l'hérésie en disparaîtrait presque entièrement. Mais aloi-s même qu'on ne réussirait pas, les Grisons verront par ce mouvement que de toute façon ces peuples ne pourront jamais supporter un tel état de choses; et le doute, la crainte contrauelle de semblables alliances, les amèneront, pour n'y plus donner occasion à leur accorder à la fin les libertés qu'ils réclament. Dans le cas où ces peuples n'obtiendraient pas, les armes à la main , la liberté pour laiiuelle ils s'agitent, dans le cas où il y aurait rumeur et révolte, j'informe votre Seigneurie que l'ambassadeur de France en Suisse a reçu la mission de surveiller les af&ires de son roi dans les pays des Grisons, et j'ai moi-même été plusieurs fois en relations avec lui pour le bien spirituel de ces populations • il s'est toujours montré animé de la meilleure volonté, toutes'les fois qu'il s'est agi de servir les intérêts catholiques et surtout de répondre à de légitimes désirs. Je crois même que si

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