‹ Les hérétiques d'Italie (volume 2)Chapitre 19 sur 29 · XVII® SIÈCLE. — PHILOSOPHES. — GALLICANISME. 4Ô · texte numérisé non relu

XVII® SIÈCLE. — PHILOSOPHES. — GALLICANISME. 4Ô

schisme effrayait les timorés ; si bien que le roi dut conseiller aux nouveaux évoques de se soumettre , ce qu'ils firent: on cessa d'autre part d'appliquer les édits contraires à la liberté ecclésiastique , et tout fut de nouveau apaisé.

Les Français, toujours hommes liges du roi, n'éparr gnèrent aucune injure à Innocent XI, et prodiguèrent les flatteries à ces fastueuses brutalités de ^Louis XIV. Les journaux regorgeaient d-inEeonies contre le pape : on alla jusqu'à dire que, pour nuire i la France, il avaitjprotégé les protestants persécutés par le roi, et qu'U était luimême protestant*. Voltaire prodama qu'il était « le seul pontife du siècle qui n'eût pas su se conformer à son temps. » Honorable reprocha s'il en fut jamais !

Innocent XI supprima un Office de V Immaculée Conception de la Très* Sainte-Vierge f T^&tre Dame, approuvé par le soU" verain Pontife Pie V, etc., Milan, 16i5. Aussitôt lesgallicans firent imprimer ce décret du 17 février 167S, avec un autre portant l'abrogation de diverses indulgences : ils voulaient conclure de là à la faillibilité du pape. Or i'Oftice en question était déjà ancien; il était approuvé, il était en usage, mais, dans l'édition de Milan, on y avait ajouté des choses fausses et téméraires , et c'est sur ces choses fausses et téméraires que tombait la désapprobation.

Ce fut ungrand malheur qu'occupée par ces puériles querelles de princes, l'attention de la cour romaine ne pût point se porter suffisamment sur les grands problèmes politiques

(1) Et tout le parti Protestant

Du saint Père en vain très-content.

Le chevalier de Sillery £n parlant de Cfs pape-cy Souhaitait pour la paix publique Qu'il se fût rendu >catholique .

(LiA. Fontaine, Œuvres posthumes, pag. 171.)

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et moraux qui s'agitèrent alors dans le sein de TÉglise et au dehors. Cette époque a pour caractère l'indépendance avec laquelle les nations étrangères, la France et TAngteterre principalement, que leurs troubles intérieurs avaient empochées de prendre part au mouvement scientifique du siècle précédent, travaillaient k remplir le vide laissé par la chute de la scolastique, an moyen de combinaisons philosophiques artificielles : elle se fait remarquer encore par le besoin qu'éprouvent les auteurs de ces systèmes de tout désapprouver dans le passé, de tout renouveler dans l'avenir, partie avec leurs propres fantaisies, partie avec des réminiscences. Le protestantisme, qui avait provoqué / la rupture de la théologie et de la philosophie, n'était point

étranger à cette disposition des esprits : aussi la philosophie émancipée cherchait-elle à constituer la raison jage suprême et absolu des choses elles-mêmes se rattachant au monde surnaturel. Si l'on ne niait pas encore les principes généralement admis et révérés , on osait déjà les ébranler par le doute.

Deicartes. ^éué Dcscartcs (1 896-1 68Ô) voulut entièrement divorcer avec le passé, et affranchir la raison humaine de toute idéalité objective, en appliquant à tout le doute scientifique, en éU minant des sciences toute autre autorité que celle de la raison pure , tout critérium de la vérité hormis l'évi-, dence : « Qu'on ne cherche pas, disait-il, ce que d'autres pensèrent de l'objet de nos études ou ce que nous en supposons nous-mêmes, mais seulement ce que nous pouvons voir avec évidence , déduire avec certitude. »

C'est ainsi que Descartes remettait tout en doute : les livres, les hommes, lui-même, jusqu'à la morale; s'en faisant une provisoire, qui conmstait à obéir aux lois et aux coutumes du pays; à conserver sa religion propre; à ac-

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complir avec résolution tout acte bien délibéré quoique douteux en lui-même ; à modérer ses désirs, à former sa raison.

Déjà Galilée avait écrit au père GastelU : « Le doute en philosophie est père de l'invention ; il ouvre le chemin à la découverte du vrai*. » Mais si le doute logique est universelj il ne rieste aucune certitude, et de là naît cette discorde de systèmes, cette anarchie de la pensée qui forme précisément l'opposé de la méthode catholique, celle-ci ayant pour fondement idéal le verbe révélé, pour critérium infaillible de certitude la révélation, et pour guide dans la doctrine la voix du prêtre : une' fois ces bases posées , nous sommes portés à croire à notre existence, à celle des autres hommes et de Dieu, à la Rédemption, à TÉcriture et à un grand nombre de faits. Il nous faut; donc ou être illogiques, ou tomber dans le scepticisme en rejetant Tévidence naturelle de Tîntelligence. Pour ne pas tomber dans le scepticisme. Descartes alambiqua des arguments ; et, après avoir prouvé que Dieu existe, parce que nous avons Tidée de Dieu, il conclut que le monde existe, parce qu'autrement Dieu lui-mêine nous tromperait si nos sens créés par lui nous trompaient. Il li-admet cependant pas une connexion intime entre les choses et l'idée que nous en avons ; il existe dans le système cartésien un dualisme entre l'âme et le corps, duquel Malebranche fera plus tard dériver ses causes occasionnelles. Descaries ne prévoyait pas certes les conséquences désastreuses que .ses successeurs en tireraient; il ne prévoyait pas qu'il ouvrait la voie au panthéisme et à cette opinion d'après laquelle chacun est libre de se

(1) Œuvres de Galilée, vol. I, p. 231.

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créer une science à soi, qui porte en elleHnême la raison de la certitude et de la connaissance de Dieu. Descartes était, lui, très-religieux : pendant qu'il se passionnait autour de sa Méthode des reeherches[^ il fit voeu d'aller en pèlerinage à la sainte maison de Lorette ; il s'y rendit en effet en grande dévotion, à pied depuis Venise, dans l'année 1634 : de Lorette on le vit aller gagner le jubilé à Rome'.

Le philosophe Faidella proclame divine l'analyse cartésienne; mais un Italien , Gi(^r li^ ne trouve pas de termes suffisants pour flétrir l'incapacité, l'ignorance, la légèreté de Descartes, les paralogismes continuels sur lesquels 11 étaye son œuvre, la. plus absurde des œuvres, qui tend, dit-il, à greffer le dogmatisme sur le scepticisme, à considérer le néant comme l'origine de toute chose. II Taccuse d'avoir créé le psychologisme, qui constitue l'hétérodoxie moderne. Les écrits delà scolastique. et la décadence des moines Daisaient, toujours d'après Gioberti, sentir le besoin d'une réforme. En y travaillant, il s*est égaré : les Allemands, à leur tour, sont tombés dansla négation del'idée, en voulant remonter immédiatement ii l'expression écrite du véritable idéal sans le secours de la parole, c'est-à-dire sans le secours de VÊgUse , et en interrompant la chaîne historique de l'idée. On enleva ainsi aux hommes de l'avenir la possibilité de jamais ressaisir l'idée, quelque ardeur que les Allemands aient mise à sa poursuite ^ puisque

(1) Ce sont des Italiens qui ont le mieux combattu Descartes. Citons Thomas Rossi, auteur des My siens divti», qui resta inconnu ; Doda, loi aussi, prasqueinoonnu; mais J.-B. Yieo« pen^BB^ qurl>escartes démolissait rhistoire, lui assigna les lois de ses progrès et une raison d*être toute nouvelle. 11 a précédé ceux qui la soumettent au fatalisme et lui doiâient le caractère de Téternel et de Tinfîni; il y maintint les lois de la métaphysique et Tenrichit par ses théories.

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rhérésie est le psychologisrae religieux, père du psychologisxne philosophique et source de toutes les erreurs. Gioberti pense qu'en Italie le terrain était, plus encore qu'en Allemagne , propice à la semence luthérienne , au moins dans les classes cultivées, tandis que les autres montrèrent toujours de la répugnance à la recevoir. Les Sociniens employaient Le principe protests^t, non plus à renverser les ordres et les rites catholiques, mais l'ontologie chrétienne. Descartes fit le troisième pas en transportant les doctrines protestantes dans le camp de la philosophie, en api^iquant, comme Luther, l'analyse sans la faire pré* céder de la synthèse, non pas seulement à la foi mais à la raison (B). Bien plus, pendant que le protest&ntismeaccepte l'authenticité de la Bible et les vérités morales premières et aatureiles. Descartes doute de toute espèce de vérité, et enlève à l'intelligenee tous les étais sur lesquels elle pourrait s'appuyer pour élever l'édifice de la science ; il donne à croire que Fhomme est capable de réussir dans cette entreprise par la seule étude de luirméme^ et de déduire * Têtre de sa propre pensée. Là prit naissance le vice principal qui infecte toute la philosophie moderne, le psychologisme qui conduit nécessairement au sensUme et à toutes les petitesses de la science contemporaine. Or Descartes fut sensiste dans les principes et dans la méthode : de lui procèdent Locte, qui enleva à la psychologie sa base ontologique ; Spinosa,'qui cherche une ontologie nouvelle, détachée de la tradition ; Kant et Condillac , qui rejetant Tontologie, réduisent la science à la psychologie et donnent à l'idée lesqualités des sens; enfin, les sceptiques ^bsolus^ qui nient la possibilité de toute psychologie ou de toute dogmatique et de toute ontologie, c'est-à-dire de tout ce qui est réel et susceptible d'être saisi par la connaissance.

*i2 DISCOURS VII.

Je ne dois pas omettre de dire que notre Bruno en philosophie, notre Galilée en physique avaient devancé Descartes. Ochin, qui est aussi un fils de l'Ilalie, avait déjà formulé la fameuse proposition : Je pense, donc f existe^ Il faut reconnaître cependant que Tinfluence de Descartes, se plaçant à la tête des penseurs modernes, fut immense. Si d'une part, en séparant la pensée de l'étendue, il mit en lumière deux séries de faits perpétuellement distincts, d'où naquit la séparation des sciences spirituelles d'avec les sciences physiques, de l'autre il opposait les idées innées au sensisme de Bacon, et attirait sur les phénomènes internes l'attention que les Anglais avaient uniquement fixée sur les phénomènes externes. Si, placé en face des questions religieuses, il répondait : « Cela ne me regarde pas », il est vrai de dire aussi qu'en se cramponnant à la philosophie platonicienne, il éclaira le chemin qui conduit à Dieu, en s'écriant : « Je suis un être imparfait , incomplet, dépendant d'un autre; un être qui aspire conlinuellement à quelque chose de meilleur et de plus grand; mais les grandes choses auxquelles j'aspire, celui

(1) Dans le Catéchisme, impriméà Bâle en 1561, on lit :;

U Ministre. Bien que notre être soit infiniment loin de l'être de Dieu, on ne peut concevoir que rhomme n'existe pas. Que dis- je, c'est chose si claire, qu'on ne peut pas en trouver de plus notoire, et celui qui ne croit pas à l'existence fait preuve d'une absence totale de bon sens. Aussi,; je te prie, mon cher illuminé, de me dire s'il te semble que tu existes* oui ou non*

V Illuminé, fl me semble que j'existe, maisjenesuispassûr pour cela que j'existe; car, tout en croyant exister, peut-être que je me trompe.

U Ministre, Il est impossible à celui qui n'existe pas qu'il lui semble exister; donc, puisqu'il te semble que tu existes, il faut dire que tu existes.

VlUuminé. Ainsi, c'est vrai.

Gassendi.

Malebran-

che.

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dont je dépends les possède actuellement , infiniment*. »

Hais en voulant appliquer sa doctrine , ses disciples tombèrent dans le panthéisme et Tépicuréisme. Gassendi, provençal (1S92-163S), grand ennemi de la scolastique, fit créer à Dieu les atomes seulement : du concours des atomes s'est formé tout ce que nous voyons ; l'âme ellemême n'est qu'une atténuation de la matière : en sorte que, reconnaissant le travail et Tactivité seule delà nature, Gassendi nie tout ce qui est au'-dessus des sens. En morale il exalta Épicure et Lucrèce, tout en cherchant à les épurer, comme il convenait à un bon prêtre qu'il était.

Malebranche (1638-1715) distingue les idées desjsensations et même des sentiments; mais l'existence réelle àes corps externes n'a , selon lui , de certitude que par la révélation; entre eux et les esprits il n'existe d'autre coi-rélalion que celle que Dieu établit ; ils sont en outre la simple cause occasionnelle des sensations.

Baruch Spinosa, Israélite (1632-77), définit la substance, ce qui est en soi et se conçoit par soi, per substantiam spînoVisme. inielligo id quod in se est et per se concipitur. — La substance est donc nécessaire et infinie, et par conséquent une et indivisible ; elle est Dieu.

Une substance ne peut exister sans attributs; et, étant infinie, elle ne peut avoir que des attributs infinis. Donc Dieu a un nombre infini d'attributs infinis. Parmi tous ces attributs nous n'en pouvons distinguer que deux : l'étendue infinie et la pensée infinie.

L'attribut de l'extension infinie n'implique pas que Dieu soit corporel; par l'extension infinie. Dieu se soustrait à toute division. Quant à la pensée. Dieu n'en a pas d'autre

Spinosa et

(1) Méditation Jlly in fine.

414 DISCOUBS VII.

qae sa propre essence : ainsi, lorsque par métaphore on parle de rintelligence divine, il n'y a pas lieu à la confondre avec rintelligence humaine, de la même manière que lorsqu'on parle du bélier, du zodiaque, on ne le confond pas avec le bélier du troupeau* Nous avons de la peine, il est vrai , à ne pas rapporter à Dieu nos propres facultés; mais si le triangle pouvait penser, il dh*ait que Dieu est éminemment triangulaire.

Extension infinie mais non divisible, pensée infinie sans intellect, Dieu doit être considéré oomme libre, pourvu qu'on ne se méprenne pas sur le sens de ce mot. Croire que Dieu ait à choisir, lui attribuer une liberté d'indifférence, supposer que volontairement il proportionne certains moyens à certaines fins, est une grossière erreur. La liberté de Dieu est cette vertu qui fait que toutes choses procèdent de Dieu , précisément comme elles en procèdent : les manifestations de Dieu lui sont inhérentes, comme au triangle ses propriétés ; en conséquence toutes choses sont bien comme elles sont; tout est pour le mieux; tout vient de Dieu , tout est par Dieu , tout est Dieu; Dieu est la cause efficiente, immanente de tout ce qui existe.

Dieu est la nature naturante. Si la nature, substance infinie, douée d'attributs infinis, se révèle par les deux attributs de rétendue infinie et de la pensée infinie, ces attributs ne se manifestent qu'avec des modes ; d'où la nature naturée^ le monde. Cela ne veut point dire qu'il y firt création. Le tout étant un et immobile dans sa plénitude infinie, parmi les modes des attributs' et les attributs eux-mêmes il n'y a pas procession , mais gradation. Les modes de l'attribut , qui est l'extension infinie, sont les corps; ceux de l'autre attribut sont les idées, les esprits, les âmes.

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Entre ces deux modes on découvre un parallélisme constant, puisque les corps et les âmes ne sont autre éhose que les modes de deux attributs appartenant à une substance unique. Bien plus, cette dualité des corps et des âmes se trouve partout, jusque dans les minéraux.

Considéré isolément an milieu de Funiversalité des choses, rhomme est tin mode complexe de l'extension et de la pensée divine ; son âme est une idée, une succession d'idées divines. Et puisque toute idée a un idéal, c'est-à-dire un objet, le corps est précisément i'obfet de ridée, qui est Tâme/L'àine est le corps qui se pense; le corps est l'âme qui se sent. Le porps ne peut pas déterminer Tâme à la pensée, ni Tâme le corps au. mouvement. Dieu, 'substance d« Tâmeetdu corps, étabKtrharmonie entre l'un et l'autre; car il ne peut rien arriver en Dieu, extension de notre corps , qui ne se reflète en Dieu , pensée de notre âme.'

A rhomme ainsi conçu appartient la connaissance, laquelle est tantôt adéquate comme celle que nous avons deTesprit, tantôt inadéquate, comme celle que nous avons du corps. La connaissance a des degrés : opinion , imagination, raison; -^ quant à l'erreur, n'étant qu'une négation, toute connaissance qui est en nous est divine, toute idée est idée de Dieu.

Avec une telle conceptiqn c'est un délire que parler de liberté. La volonté n'est autre chose que le jugement, et entre Vagir et le sckiffrir il n'y a pas d'autre différence qu'entre l'idée oliire et l'idée confuse. Toute autre liberté, en dehors de l'idée distincte que nous avons de la cause de notre action, est Thallucination d'un homme ivre. Dieu détermine tout en nous; nous sommes l'argile dans la main du potier; Thomme est un automate spirituel. S'il

416 BISGOU&S VU.

se plaignait d'avoir regu de Dieu un caractère mauvais, ce serait comme si le cercle se plaignait de n'avoir pas les propriétés de la sphère. Dira»t-on alors que s'il 'pèche il est excusable? Si par là on entend qu*il n'excitera pas la colère de Dieu, on est dans le vrai, attendu que* Dieu n'est pas irritable ; si l'on ;ireui dire qu'il est digne de la béatitude, c'est une folie : celui qui a été nM)râu par un chien^nragé est certes non coupable, on ne l'en étouffe pas moins et à bon dnnt : ainsi l'homme qui ne peut dominer ses passions est excusable, mais il n'en doit pas moins être privé de la vi»on de Dieu. Ce serait tomber dans l'anthropomorphisme que de concevoir Dieu c(Hnme un juge qui punit et récompense. Dieu doit être considéré purement et abs(dument comme Dieu; c^st la qualité de l'œuvre qu'il faut apprécier, et non la puissance de l'ouvrier, puisque l'œuvre porte nécessairement ses conséquences, comme il est naturel au triangle que ses trois angles forment deux angles droits.

On a reconnu là le panthéisme matérialiste de l'italien Giordano Bruno.

Spinosa déclare la théologie vénérable par l'obéissance et la foi qu'elle inspire, mais il esi nécessaire de placer à ses côtés la philosophie, qui demande à la raison seule la vérité et la certitude* Les pratiques religieuses sont enfantées par la crainte; c'est pourquoi elles sont indépendantes dans le& gouvernements libres. L'État a le droit de régler et la philosophie et la religion. Les religions sont un produit de l'esprit humain ; elles se plient aux circonstances , et plaisent à Dieu pourvu qu'elles conduisent les hommes à la vertrf. Pas de miracles, pas de prophéties ; il n'est pas nécessaire pour le salut de croire en Jésus-Christ. La tranquillité de l'esprit est la grande aspiration de

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