‹ Les hérétiques d'Italie (volume 2)Chapitre 20 sur 29 · XVII® SIÈCLE. — PHILOSOPHES. — ^ALUCANISMK · texte numérisé non relu

XVII® SIÈCLE. — PHILOSOPHES. — ^ALUCANISMK

rhomfieie qui, par un égolsnoié raisonné, évite les agitations qui naissent' d0: la comtMission, et ne cherche ni Tamour de Dieu ni celui de ses semblables. i •

C*es(ainsiqueS{)ino8atik'aîtftiincheinentles conséquences des principes die desiarteSyCoiiséqtiences deifUist lesquelles Malebrahcbe s'était arrêté.' Pendanti que Doscartës priait l'examensur'l'întérietfrtlé Fhomifie; Locke le fixa sur Textérieur, en poptdarlsa)^, on plutôt en tu^lgmsant la métapfajBiqUe. Loeke futleTériftable père desiébiM:s^;.iliie reconnaît d*ai|frè rétélation que larévélalien des sens, réduit ta morale à la religion, etlaTeligion n'èst^ylnsque le calcul de l'intérêt. Malebranche donc, à force de penser au Créateur, faussait lesens delà oréalloâ, en considérant Dieu comme icause non-seulement efitteiteteinais jm* man€lnte: Locke s'aiorguelUissait dansi la puissance du moi jusqu'au point d'ànilûler Dieu.'

L'empiriélne^^poliCique de Maobiavet, qftA cherche le succès quand même, sans s'inqméter de ta justice, fut recueilli comme un héritage par Mobbes (i 878^-67!^. Ce philosophe voulut donner la tyrannie pour remède aux discordes révolutionnaires' dé son pays^ U affirme que la nature humaine est essentieUement' perverse^ et que conséqïtemknent l'État gouvernant par la force esti nécessaire , I^tat qu^il personnifie damiéviathan^ anknal joionstrueux, vivant d'inlrigues politiques. ^

Il ne voit donc que sensations , intérêt, machinations, guerre de tous contre tous. Il èome le christianisme à la croiyanee que lésiis^hrist a* été envoyé pour fonder le rc^autne âcsdn Père ; mais r£glise doii ^e nationale et placée soiisla direction de l'État quiesi rinterprète suprême des Écritures, afin que le sens n'en reste pas abandonné au génie individuel. Si le prince .voulait changer

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Locke.

Ilobbes.

418 DiscouES vu, »

de rcUgioD, il faudrait lai obéir. Ho)jbeSj en un mot, n*adiiiet Dieu que pour empêcher tout appel à la liberté derhomme.

uibaift. ^ carlôriaBisrae fut encore I^. point 4e départ. d'un *'^- autre penseur de cette époque, Leibniz .(1046-1716); mais il s*en servit pour rester le sexisme de Bacon ^ de Deecartcs» pour prouver le$ vérités ciirétienii^s à Taide de laseieoee; à l'idée dç sMbstanceîlc^i^c^^cIle de force, de cause subitanlieUe, et mputre la ntaxiiërp .dont la. foi concilie en un mystère la coexistence d^^flim et de riafini, delà libci'té et de la nç<;essité, delà ^^réa^qre et du Créateur.

Plus positif, Baeon (1361-1^26) jivait déjà vou^i avaot Lâbniz substitœi* aux sy;stéa)e$i de la pliiloçopbieiratio* naliste, empirique et superistitieu^ Tiavestigation des faits, les classifications» la méthode ; U indique les sources des erreurs, veut que Ton iprenne la na^ture sur lofait, que Ton combine les phéuouiènqSy qu*on les classe et, qu'on arrive par rinduGliou,&. ^eur vérifa^ble. coinpréhension. Partant de là, il dispose Ja sc^eqicq. uuiverçell^ d'après un arbre encydopëdiquei et la rattache tout entière aux trois facultés de la mémoire ,.<ile l'iin^inaUon içt d^ Tinteliigence. Les rationalistes le glorifieront d*ayoir le premier rompu en visiùi^ aveo le moyeu â^e^ et cepeudaiU un grand nombre de philosophes italiens Fav^i^nt précédé dans cette voîe^ . . ;

j^^ Il serait injuste de œ pas ^ reconnaître qae la véritable ^'iilïïcn]!^' renaissance fut Tcauvre des liaUws. £wui|ient^ en auraitil été autrement au milieu de ceUe exubérance de vie intcileetuelle et. ttiatérieUe qui s^alimantait aux nombreux

(1) Voii?ci*de88U*,pagBJ27. :: •

XVIi* SIÈCLE. — PflILOSCMPHËS. — GALLICANISME. 419

centres de civilisation et de mouvement politique qui s^étaient multipliés comme les républiques et les princi-^ paJUtés d'ilaëe ? Si tout le talent de Bruno, de Telcsio, de Caoi^nella, de Cesalpino né parvint pas à élever des syst^es de doctriiie, ces.hofnmés contribuèrent pui^samment à affranchir la pensée du joug de rautorttë. licslta^ liens n'ont jauHBs su d'attletârsque marcher dans les sen*!tiers battus parles étrangers, et nous n'avons pas dé noms à opposer aux illustrations que nous venons de citer» quelcpie vigueur et quelque talent qu'ils aiait déployés; imitateurs , \

plulAt que copistes^ détàreuxde transfbrAier plutôt que de reproduire et de eon^muniquer uiie Nouvelle vie aux choses mortéSy les ItaBen« s'appU<|uen t à ces choses mortes, au lieu de chercher la vârilé par l'étude immédiate de tout ce qui est du domaine de la sci^ee. S'ils ont ^rfois des éclairs de génie, en revanche ils glissent facilement dans le paradoxe; en un mot aucun d'eux n'a réuâsi à fonder un système qui comprit des vérités capables de^ subjuguer rin(elUg<ence; car, après tout, si l'intelUgence admire un moment les excentricités , elle ne se reposé que dans l'ordre»

Nous avons vu prétendre à l'originalité Thonlas Campanella qui, avant Bacon, avait tenté de fonder une philoso^ pliie de la niHure sur l'expérience. Il respecte la révélation, fondement de la théologie, comme la nature est la base delà philosophie» Il admire saint Tbomas et Albert le Grand ; mais sa tapageuse indôpendanee le porte aux témérités de la logique ; il réprouve les païens et n'ap- • prouve pas les chrétiens, qui, selon sort cxpr^sion, e^ partie chriHiattiseni, en partie paganisent; dégoûté des péripaléticiêns, ils'éprefad de Telcsio et de sa liberté do philosopher

420 BiSGOOBs vu.

Dans un écrit adreseé au grand - duc Ferdinand n, il louait ses pères d'aVeir, en rùnettasii en honneur la philosophie de Platon, ba»ni ctUs d^Aristote et ^oiDstitaë aux opinions des hommeis Fexpérience de la nalure. « fiiâce à cette faveur ( dit-41 ), j'ai réformé . tontes les sciences, d'après lanitore etsuivant le i^fitoëe&'Éciâturesde Dieu. Le siècle à venir jugfera denrai-z^arlesiôde présent crudfieses bienlJAiteurs; ceux«â au reste ressuseitent le troisième jour du troisième siècle: i En lui envoyant de Paris'ses ouvrages , il dit encore : Vous verrez qu'en quekpies poinis je ne suis- pas d'accord avec l'admirable Galitôe; votre- philosophe, mon ami et mon maître. La ditetrgënee de lios opinions n'empêche point la concorde tde nios deax volontés ; je connais d'aitteUrs Galilée un homme si sincère et si pâifait, qu'il aura plus de plaisir à mon opposition que non pas à l'aveugle approbation ée bien d'autre». » ' Suivant Campanella, ta création comprend Vélre eiiemth être; Vétre^ c'est la puissance, la sagesse, l'amoar, ayant pour fin l'essence , la vérité, le bien , pendant que h nonêtre, c'est l'impuissance , la haine, l'ignorance. En tirant les choses du néant, rËtrésuprème dans leqnel les trois qualités primordiales n'en font qu'une , quoique distinctes , communique à la matière ses idées inépuisirbles, qu'il subordonne au temps et àl'espace; il leur infoseen outre les trois qualités qui deviennent les principeis de funivers sous la triple toi de la nécessité, de la providence et de Tamour. Procédant ainsi par triades, il défend, contre les partisans de Machiavd, la liberté de la science et les droits delà raison; il étaUit contre les sceptiques un dogmatisme philosophique, basé sbr le besoin qu'éprouve la raÎ3on d'arriver & la vérité.

XYil* SIÈCLE. — PHILOSOFHIIS. — GÀUICAMISXE. 421

FQt*il panthéiste? nim' pas dan^ rintcntiôri, puisqu^U professequeiHeu a tive léscliose^ fitties dii néant, qu'il les a créées de lui-mttrie, et non de sa prbpre^«trbstance ' : maisil^est pàmbéi^te par Voie 'dé conséquence, lorsqu'il dUque'blén crée pat une eértoîneèihanaribn. Si l'homme possèdis ikiè < intelligence immoiteHe , à "^combien plus forte rafsonie monde qui est tovrt ce qu'il y a de plus parlât? tîue' tout ait vîei et ^nthûeiït, n en trouve' là preuve dans l'aimant et dans la ^vè dès plantes ; il dépeint avee éleqnettCt les synipMbies de la Mtnre et la marche de 'ia lumière à* travers totites les parties de la éréatidn; et eetteinMiilè'd'dpérétions n&péut è'àticotnptir sans volui^tè.

D^teartès,' <tfâ étâât Icnff d'être Ftinnemi des nouveautés, éeHt't « ^ffi quinze ans. J'ai lu le 1!vre De seitm rerurit et « autres traités de €ànipaiiella; tirais j'ai trouvé si ]^eu < de soliditi dans ses écrits, que ma mémoire n*en à rien «' reteim. Je n'en sàuraiâdi^epour le moment autre chose « shfton que ceusc qui s'égarent- en affectant de suivre des c 'chemins extraordinaires, me paraissent mbins à plaindre « que ceux qui se fourvoient en la compagnie de beauc coup d'autres. > -Il est dé- faît' que Càmpanella avait recours aux sciences occultes elles-mêmes.

Je citerai èncot^, et seulement pour le nom qu'il s'est fait dans la littérature et la juriéprudence, Jean Vincent Gratina (lM4^i718). Aysmt passé sa première jeunesse à Gravioa. Rome ddn9 la maison de PatA Coûrdo de Turin, qui f6t plus tard eamérier de^aétneiit XI , Oravina eut là Foccasion de «connaître Uîi certain nombre de grands personnages, avec lesquels il discutait principalement sur la morale relâchée. Cette thèse- devint celle de son traité De

(1) Qtt«s(. IL Dans les Libri Fisîonomici. Nous en avons parlé en détail tome in, page 562 et suivante.

423 Diëcovus vu. .

€ormpta morali dodrina, où il. déuH^ntre. que ks fauteurs de cette doctrine casMiit plqsile pr^j^diee «à l'Église que les hérésiarques^ L'ourrsgç. fit ^n bnûtt^et jka lèce.Cowioa l'inséra presque tout eptif^r dws son. im^Jif in^rtiéMiti.

Puisque noua eu sonuoeii wx po4i#f f iV^ndiUpus s«s Thomas Geva, Milanais (l$48:t 756), qui remplit d^ ses aeutiments de piété les vers lalkis. où il ebouteque 1^ hérésifss de Luther et de Calvin uaqiJ^irent. le jour .ot f^u ilhandonna la doctriiie d'AriaCo}e. . ...

^i<^- Ce fut en çombattaut 1q carMSiiiag»sipe: viçi le 0(au>Qlir^ tain J.-B. Yico (16$9^jl74^ ajcqpit h vÂgfi«Wi qni.le di»: tingue; ce tatj^n. réfutant.le .gtoiei qu*9 defjiMpik .génie luHnêi;De. Il ne s'occupa pwit d9 .pir9t4<^is^> A^a^i^Mnenlal de la, philosophie, cwune ra'VaiW &it.Pftha9€iie Qt Vih lehranche; viaisil en étudia les appUçatipns, ^^^j^jxm^^^ les relations avec la. philologie, ^fijumpi^ndei^peet rhistoii;^; il fit voir co^imeni ^le. f!iQÇA^ ^ se.:.mf^ife^ dans la vip des nations; Jl.(;l^r(M )^.||:é^i|4r4 4e dçute pajr la vérité posiUve, çn cr|^i]^t m^ ,$çiefu>s nojiviEill^ du droiH chrétien, la philosophie de Vhistoiro* : . /

Yico bl&me 0e$cartes4'exig^r;^poi)rdes^véc|téaqui ne le comportent pas, Tévidi^ce mathéma^^p.; ^ jnéibode peut j^HMJiu^re^e^ critjqifes,,.p()ai^ n^enfii^^s^ iWfm^ W^ grande ^écpu^verte ; le fn^pri^ de V^n4|(iPn |i4i!te.ai^ffîépris des hommes^ ]?réchant d'exemple, VJlCq ;icfÇ9W$t lu|,, à l^ faUe,. ^ Tétyupologiiç» aux tra4îtiûqfit ^^W^ langues i^our rencontrer ^ Tj^lisatiou fin dpoit dan^i i;hM<râe» i^ iaûre voir clairement qu'e^^ s'agitei pi^ri^f ^p^c^ de flu^et de reflux, soijts la conduite dçj^ Htifq^àôm^^ / .

ie plus grand philosopha dp. ^ta^e, idt.riui, des phis grands que TEurope ait enfantés depuis la Réforme, fut donc un* grand catholique : il fut aussi un pi'ôfohd tfaéo-

xvn'^ SIÈCLE. — ^miOBÊnKiB. — «alugànisme. 423

I9gi6n, comme le furettl d'autres penseurs 4e ce siècle : LeIbfiiB, Msd«èmnelie, Pascal, Nawtoii, fiefder, Dâscartes» F^tteton^ Bossiiiet-Tom y^ appMipièreni la ptiiesanc^ de k Timn et de finMligenee : à Aéoduvrir et à «comprendre la yévA&y perpéMant les g^odestti^di^onS'ipkâldsoflliiiuès, ^ora mCme 4|a'ife fatisaieiit î pmÊemq/ià de^ s\a af Ihuicfair ; tous ils crurent à la raison , maria «n aièine leo^ ils cru^

€e que filandé et^Danguet reproéhtUl»! à iâ "j^losophie itallemiécluXYP «iécle;id^è^è^iieeiss]iré'^(*^9rto),f^iit s'appKquer aussi à! la plâlosbpMei oaiHésieiifie du siècle sui*yanly iiiter{irétée par Gravitia, Vico, FàrdeUa. Leibniz êeritaUftu président Desfiibssi» q«e les italieiia et les- EspagUoië HtUi et HMpmHi^ftîmiwmè^^ sutùHèftniay tmn pammm pkêiam>pkiiÊf'pra»imt^qlHii ^MU ûifttàffiuf'*, et demièretneftl Ekskstelii^ érajiail un)! r ddeou?ept dans les pbllosophesf italiens' tfflsocinlanisme déduise. €!e n^^tait I>e»t-'être qu'une i)rèdUection|)our la physique, et dumépriS' pon^4e9 scietyces^ logiques par eux oonf(»iâuci6 à fort ayee tes mdpties de la scolastiqaef :: mais, Risque c^'en fut assez pow les égurôr, les ivommés pléuit et' prudents eurent peur el reéÀlèrenf tiéVainft réiâdëides scienées spéculatives; de là te fiièin qÉ'Mâ èHmposèretil datis cetie étude.

Les- vérités r€%îeuses durent nécessairement se ressailirdes.térité9 philosophiques, quelesuns J^atronnèrent^ que les autres réfutèrent n^tavé en Italie^ Dana les-^ffi^ cuUés proposées à monsieur Sieyaert, œuvre d'un théologien cartésien, c'est-^-dire Arnauld fjiV partie, pûge 81) je lis : « qu'il y eutà Naplesdes pérsonuèsque Id lecture de Cas*sendî jeta dans Terreur d'Épîcure sur la mortalité de

(i) ûpera^ tome lï, part. I, pag. 277.

(2) ht CathoHqve, Pans, ia26, tome U, page 198-199, ôtailiears.

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