‹ Les hérétiques d'Italie (volume 2)Chapitre 21 sur 29 · MBOOIM m · texte numérisé non relu

MBOOIM m

TAme. » L'anlenr «jonle qae^'de fMt, « le Bwe de eephikisophe (DuUtaiéfmis 0$ IntiénUm^aibérm» CariiM^mUafàp'i sêcam) omlre DpMiartes eH ctpabie tftnèplper Téh^ar aat jeiiiie8.gwtfiiiâble6^ns«^M/pnm-qU^^^ la

ndMNi k|e déoMitre îMqMtr Ab {Maeuves siifiAss qu&rAn» soit diiliiictf des^'tecjM^ fias plus qH*iài eôrps SBbtîl n'est dittindl d*iin eorp^ {iraBsierr ,. - • Disciples On sait d'ailleurs qu'à Naples rAoaAémie éwFntfârii^ ow^ndi ^nfMi nivaM beawMprfiaaamdi ; oaiilt;' prir siite^ i^iva^ jeunes §a«$ ae jeter* dautes^tafiori^aiMÉirioure et de La* crfece, TéanUitt qm déirtanèrast haiM^fieiit les- vdigieux, obliges ide voir ,leiii:g teolça jaoïhsettleipeAt abandoimées, mais tourna ea^ dMfîoAr Los j^aiotl^ ;$c;doohlèrait quand le «sédecm Ttmaaa G^rafdio <ait\À'la>iiiade Des^ cartes. Llaquiaitmi 4a. Awie essaya d'iatoodoire ses commiaiaiDea dans le royamne; fnoosaigfiettrx Gilbart, évéqtte de la Gaw ouarit Aiuttrilniiial où il see^vait les dési0aeiivttonSi^eaÈ.8e9 i>iiaoii$»à lui« M <rf)tmt de forée ua gi^d AMtibiiB d!â\il^uFatîpiis.*; poais la nâlle. sa. récria, et e» 1098 on kd cqh^i;»» ses privil^es^ ^ <eake?aiit au SaintK)flBcela faculté de^ procéder dans le rofauflie*

Ce bizarre esprit qiâ a fiomTnyan BoccaUni» icrîtique éveillé des enehm «t des tpmaies -de son temps, se montre nonraettlementradversaire des.Bjéforinéa, mais il repousse toute espèce. c|e Jolérmce œvers.(»ix,^ et jusqu'aux simples disputes religieuses^

(i) Voir notre vol. 111, p. 43. Il n*ya pas longtemps Tesprit de Lamenais, évoqué par là magie modëmë, disait : Quand éh Itallie on l)r(ila Aniatdd Oe Breacia» GSordano Beano^ ^Thomas Gadipatfelia ( têmme l'Os euuent été Ht$ c^ntemporatiM/}, on étouffo .les dernières voix protestant au nom de la vérité contre le fanatisme qui tuait le Christ. Vous devez ressusciter ces voix saintes. » ^nitaiff du spkjrïtimt en HaUe,

XXlV SIÈCLE. -<* Pm£09(»!BESv^- GAUICANISME. 435

Mais en général on faisait presi|ne ummioieiiient âlente sur les questions soulevées par les proteàtante» ^ de n'est paanne dtes choses leS' m«B» nierveiiléuses de celempslà ; car bien qu'elles fissent répandre le sang dan» une partie de L'Italie, bien que Mmoiliê dei^onqie fttt bouleversée par les guerres de religion, nous ne trouvons sur la fin du* siècle ni^chan^mms ittustresv ai ad^rsaises redoolabtes -de l'Église, ^aa inèitie une énuAion die eurio* sité-à propos de doctrines vP^oteatantea. Moa théologiens d'alors étaient bien loin, de la Vigorar des Français. Le cardinal Vincent Gotti, Bolonais, démontra la vérité du christianisme contre ks aHiéas, les idolâtres , les Juifs, les raahomâans. LepëreDomlniqiiiieGntvîn&^eNaplesx^omibattit MarG««Antoine de Oominis, et puliUa ijtâbolîces pum*^ seripii&me» ûdtersus mmus veiefês et noêM iemparis hstr^ iieùs. Le père François Bealieati^ égaiemenl de Maples, traita de la prédestinatilm d'après saint Asogastin, et de la juriclietiQnduS«nt<^fSce« Philippe Guadàgnolo, professeur d*arabé ^t de chaldéenÀ k Sapience^ Joi ohargé-de traduire la BiUe en arabes H ^mouitit en 1^656. Il . avait >publié en latiii (4621) vnt apologie de 'lai religion chré* tiemat :c0ntre.les objections de Ahmed-beà^Zin-'Alabedln, que l'anditétre le meilleur traité contre le nahométiBme»

Parmi tes livres .défendus à cette époque nous ci- Livres

. ^. défendus.

tarons : . . i

En italien : . ^, . ;

Jacques Ricgamati, Dialogue dans lequel on démontre les ruses que les luthériens mettent en eeuvre pour tromper les gens simples et les attirer à leur suite;

La Science du salut restreinte à ces deu£ mots , il T a peu d'élus, livre traduit du français en italien, par J'^bbé Nicolas

BURLAM ACHI ;

42tt 4)i8C0im9 TU.

BveifAtEirniBAf abbé de Lauremmi, Chroni^e$ de la t^éffHrmê de BoâUiBak i

AbémeeduSiége Apostolique^ emlaeourde Rame perséeuiée et peftéeuiriee^

Entretiem dé deux amsitnlitns nrr la religion . *

En français : ...

TroU LeUree tomhani Péiai préteni de Vlkdie; écrites en l'année 1697. Xa pmaière regarde t<i^târe de Molisme et des Quiétietis; Ai neonde^ l'Inqnieitio» et Pétaê de ia teUr ffion; la troisième regarde lapoUtique elles intéréis de quelq^es États d'ItaOe^

Il est inutile de faire de Roôveaiit observer qu'être à iindex n'implique pas le Mî d'hérésie* Sont plus directement héi>6tique8 les livres de Jacques Pketaiao : Apologie des réformotours et de la rdigion réformée f — Yé" iement pour les noees de PAgntau sur ûetie terrk; — CwieiUe^itm du mariage et du saiut ministère ; -^ Trnmpke de la vraie religion contre lès invecHces' d'André Setnenj. ~Ges ouvrages furent défendus m 1707 et 1714.

L'Index nous fait encore o<»inàltiie un ceciain André Pissiéni, quise montre n)at6rialjstedan$ Seti Naturafiumdàctrina; ùd pèreMsiùàrini^ qui^ fut poursuivi i^our OfnnîoQS hétérodoxes; u» nommé Antoine PeUegrini, qui danis les Signes de la nature de l'homme attaque ki Providoice ; enfin, un certain Thomas Léonardo, qui entreprit de prouver que saint Thomas était hérétique *. : <

(1) Nous trouvons aussi mentionpés à l'Index :

Cm 4RETTA , Sùir Eucaristia .

CiAFFOVi, Apologia âeila moroh dé* SailH PûiH. '\'

BoKi» La Tebg,ïdt saenLt

Gambacorta, Leimmunità ecclesiasHehe.

Jean Garrido, Sui Benefizj .

RoMULUs CoATAuuBRRA, Vuomo, U papa, ii re.

XVir SIÈCLE. — PRfLOSOSHSS^ — GAUICANISME. 427

L*lBquisition^ ^ combattant Fmvasion dbss hérésies, multiplia aussi les procès de sorcdlerie, du genre de ceux qui ailleurs déjà ont occupé nôtre attention. Une femme qui vivait aux gages d'un maïuvais prêtre^ \m con*^ fessa que dame Vittoria Mendoza^ femme d'Ossuna, vice* roi de Naples , aVait jeté un charme sur ce dernîçr pour qu'il fl*aim4t pas d'autres personnes qu'elle^^ §on fils et son gendre; ca q/oi expliquait comment ils étaient ^i fort avant dans ses bonnes grâces. La chose ayant été découverte, Ossunâ court trouver Victoria, et, le poignard sur la gorg^ la force à toul avoper.il $e rend ensuite, ehe? sa femme» lui raconte ce qui est ark*ivé, et en attribue le succès à ses prières ; elle se répandî,t en effet en d'infinies actions de gràœs .envers^ PiQ^ pouj^ avoir brisé le cba]:me. IWais l'accusée était Allé du duc d'Aleala, femme du duc d'Uzeda, alliée aux grands d'Espagne : Ossupa, qui Taimait, ne spngea^pas h la punir, bien qu'il appliquât les lois & d'autres magiciennes et à leurs maris '..

Nous avons parlé (tome IH, p. !53) du procès de Centini d'AscoIi et autres de ce temps-là.

Plus d'uiiéeiU rapporte, vers; l'année jS47, rbistoire de spwtkmc. l'âme de Salvator Caravagio : mds c'est dans un long dis- ca^^^^^i^ coursde Monsîgnor feonifàcio, archidiacre de Trévise, que nous la trouvons avec plus de détails. Nous donnpn^ sa version pres(pie mot pour mot :

JfiAU Gbillbhjeoni, Ite iflRsie/à il«ir aiiiifi».

SdfiON CAifANARjsiy Origine âtlU eretàt*

Feuci^Ouva^ La GiHriiiIuio«£ ecc(«fiai(ka. ...

BoKnu, de Chia?9rit VatdiUi comiMo-

€HAELts CAX.A>ii eimJtT9.Hnào dé'preU* ,'...,.,

(1) Le fait est. ainsi raconté par rbistorien Za|sz^. Parmi les livres prohibés à cette époque apparaissent les Scienze èrmeiiche de Jean Orsino;et Magka, $eu mirabilUim historiarum de specirîs et apparition nibu$ spiriUlum ; item de magicis et diahoHcii incantationibus.

428 saoouBs nu *

Dans U me CBuneuse des ifuorofite^SaMs, qui est la plus large et la plus droite de Tréviae^ eu (ace Téglise des Capucins, se trouve une petite maison qui çtait infestée par les esprits : le sabbat et les manifestations se renouvelèrent pendant plus de ningt mois. Là babite Pérîne, veuve déjà âgée, d^une excellente réputalîMii et dont le mari éL été appelé à une vie meilleure depuis dix ans. La maison appartient à la dame Périne^. et il n'y a avec elle que Geneviève, fille de son fils Bernardin^ qui est également mort.' Geneviève a quatorze ans : elle n'est point belle et point vaniteuse ndn [ilus; comme je Tai constatii dans :1e cours du procès et dans mes entretiens avec elle,: elle est en outre simple et candide. Toutes deux sont pauvres, et demandent aux travaux de femme, au fuseau et à l'aiguille 1ë pain de chaque jour, attendu qu'elles n'oilt qu'un petit ddmiainé d'un trcs^nince revenu, lequel devra bientôt. ^ partager encore en un grand nombre de lots, car Geneviève n'est pas seule : elle a plusieurs frères,et plusieurs sœurs. Jour et nuit on voyait voler des pierres et dés carreaux, ta vaisselle se briser, les tn^ubleis et les vêtements chan^r de place; puid, tantôt Taleulé, tantôt ses pet^s filles recevaient de légers coups qui ne manquaient pas de leur faire mal, quoiqu'ils ne laissassent aucune tracé de contusion. À plusieurs reprises, le pain manquant à la maison, on trouva de la pâte toute préparée pour le four. La bonde et la cannelle d'unfût et d'un barillet, dont le vin se (répandit, furent arrachées et lancées au loin. Si l'on replaçait robinets et bouchons, les premiers étaient de nouveau ouverts et les seconds encore arrachés. Les armoires furent vidées ; un beau jour on trouva amoncelé «ans ordre tout ce qui les garnissait naguère au milieu d'une chambre.

Ces extravagances furent vues non pas seulement par les habitantes, mais par leurs parents et leurs ainis que la curiosité attirait; mais jamais 6n n'aperçut ni pied ni maht, ni aucun agent soit naturel, soit artificiel auquel on pût attril>iier. ^s actes singuliers. On coupa encore les jambes ou le nœud du genou à toutes les poules avec tant de précision et de prestesse que, marctiant encore quelque temps, elles pd*aissaient n'avoii' reçu aucune blessure; puis, à un moment donné, elles tombaient de leurs jambes, comme si celles-ci aVaietit été des béquilles ou des supports postiches. On vit de plus au milieu de là pièce principale de la maison im drap plié avec un art infini, auquel on avait si bien donné la forme humaine qu'on eût dit uh cadavre ; deux flambeaux avaient été placés l'un à sa tète, l'autre à ses pieds; les mains tenaient une croix faite de deux crochets de fer : ceux-ci

XVn® SIÈCLE. — PHIL080EHBS. — GALirCANISME. ' 44î)

avaient été empruntés à TaBcieR matériel^ de la maison dont le maître avait de son vivant vendu des saucisses^ du lard> des jambons et autres viandes salées. Quand il i^ut à la divine Providence de faire cesser cette longue série de désordres^ on «ilendit une voix inartieulée et accompagnée de sifflements i-mx sifflements succédèrent des gémissements, auxgémiseemeots des plaintes irauques et plus accentuées, soit pendant le jour, sok pendant lafiuh : cette voix paraissait appeler tantôt Pértne,9tant6tGenevlève,bien qu'on nedistinguàt pas encore parfaitenent les paroles* A cette sommation fiûte au nom de Dieu : .Qui êtes vous ? la voix répondit : 4e mm Salvator Caravagio, mari de l'use et aïeul de l'autre. A la demande : Que voulez-vous? la réponse fut rDes secours et des suffrages pour être tiré du purgatoire. Vous pkîrait-il qu'on fit v^r les Capucins? Oui. Quatre prêtres de cet ordre vinrent donc faire les exorcismes, conjurations et bénédîotioiis, conformément aux rites de l'Eglise, et i>cpandrereau bénite sur la maison et ses habitants ; puis, exposant des Agnmlki au milieu des reliques des.saints> ils invitèrent Tâme à faire comiaitre sa condition actuelle. Dans plusieurs séances^ et répétées en des temfps différents, elle répondit distinctement qu'elle était l'âme de Salvator Garavagio, mort depuis dix ans et enseveli sur la pi^roisse de Venega2»)ne, village de ee diocèse; qu'on allât au cercueil où était son corps, qu'on creusât sa tombe, on l'y retrouverait tout entier. Interregc sur ce qu'il désirait,, il répondit qu'il désirait la célébration de huit messes à l'église de SaintrGothard, peu distante de là, dans un nllagè du même nom. Comme on lui fit observer qu'il serait long et mal commode de (aire célébrer ces messes dans c^tte petite é^^ise peu fréquentée, il rq>ondit qu'il serait également satisfait si en offrait le saint sacri^qe pour lui sur. l'autel dédié à saint €othard dans l'église de Saii^te-Marguerite, cf^égiale des pères augustins de cçtte ville» et à la question s'il n'avait besoin de rien autre chose, il répondit qu'il avait besoin de huit autres messes, à Tautel du crucifix, à Sai9teTA^ès, sa paroisse. 11 demanda en outre une messe dans l'égHse de la Chartreuse du bois de Montello» et pria avec instances et supplications Geoi^es des Grossi (enfant de sa sœur) de prêter sa charrette à Pcrine et k Laure, sa b^e-fiUe, aux filles de Laure, c'est-à-!>dire àG^eviève et à ses sœurs, pour qu'elles sdlus$ent àlaCbartreuse^ntendrelamesse etaccomplir unvœuquine l'avait été ni par lui^ ni par Bernavdin, père des jeunes filles. 11 exhortaeufînle» assistants» qui étaient des amis et des.voisins« àbien vivre, à fréquenter les sacrements» à ètn3~ justes et loyaux dans l'exercice de leur profession et de leur commerce. L'Esprit par-

i30 DnCOITftB YIL

lait sans être tu, d'une voix distincte, <|uoiqu'un peu embarrassée, à peu près comme dans la maladie qui l'avait emporté. Dans le même temps, Tesprît de Bernardin appanrt à un tailleur du pays, nommé Dominique Minoto, et le pria de faire célébrer la messe votive à la Chartrewse t le taîikur ayant, immédiatement accompli edte prière, Tesprit de Saivator se déclara son obligé, pour la cliarité qu il avait exercée envers son fils Bernardin, charité qui lui avait profité h lui*4Bème, puisqu'il avait pris part au vœu. Voulant néanmoins ^asinrer par d'autres épreuves s'il était vraiment un esprit bon, ces religieux lut prqoosèrent la récitation d'un grand nombre de {Hricres: l'esprit les dit tout entières d'une voix bien frailtlie ^ et- comme un homme qui balbutie un peu; il répéta plusieurs fois : fkmne, in mamts Utas commindo spiritum metm, ou bien : ftooaoi, Domvie, Misertre, paroles qui ne poovaient sortir de la bouche des diables, incapables de confesser leur péché et d'en implorer le pardon. 11 récita en outre dans leur entier le Psaume Miserere nui, Deu$, l'antienne âalv6 Reçiimi, le symbole des Apôtres et autres prières saintes. Fendant que les pères psalmodiaient, il affirmait en. ressentir un grand soidagement^ à l'Évangile de saint Jeaiij en paiiieulier, lorsque, faisant la génuflexion, ils in'ononçaient ces paroles Vei'lmm emo fixctum est, on l'entendait s'écrier : Qu'eHes soient à jamais bénies ces paroles saintes ! quelle consolation, quel allégement elles me procurent!

On lui demanda encore pourquoi, étimt élu et de |>ln6 uni par les liens les plus étroits à ces femmes, il leur avait causé tant de préjudices, puisqu'il est très-^certain que les âmes du purgatoire, aussi bien que celles qui sont consommées en grâce, ne peuvent plus commettre même la faute la plus légère. Ce* n'est pas moi, i^ponditHl> qui suis Tat^ur de toutes ces inconvenances et de toutes ces sottises, c'est l'esprit mauvais. Quel est cet eSfjrit mauvais? J'en ai toujours deux avec moi. Ton bon et l'autre mauvais. lHten*ogé sur le sort des âmes de quelques personnes qui avaient été ses parents, ses voisins ou ses amis, il dit de deux prêtres qu'ils étaient en paradis, de deux laïques qu'ils étaient on purgatoire, '^'un seul qu'il était en enfer pour avoir tronqué ses confessions et caché une boiine partie de seis fautes.

Interrogé encore sur l'état de quelques autres, il déclara n'en rien savoir, mais que si le bon ange son compagnon le lui découvrait, il le dii^ : peu de temps après, iifit savohr que ces âmes étaient en purgatoire. '— Lorsqu'on aura Ikit célébrer 1ê«^ messes et accompli les satisfactions par vous demandées^ reviendrez- vous?

xYii* èiÈcuç:. — puii/)sofbës. — galucanisme. 431

— Non, Tout ce qu'il désirait ayant, été exécuté, on n'entendit en effet plue aucun bruit dans la maison, qui fut désormais habitée par ces femmes avec une pleine sécurité.

Ici se placent d^autres citations sur le même sujet. On lui posa un grand nombre d*autres questions, dont il se débarrassa en disant qùMles le fatiguaient. On lui demanda par où il sortirait; il dit que ce serait par la fissure d'une fenêtre placée en fhce; prié de donner un signe de sa présence, il frappa le plancher d'en haut avec tant de forcé qu'il tomba une abondante poussière sur les assistants.

Tous ces faits sont attestés par les (jaatre pères d^pudns qui intervinrent, par les deux femmes habitant la maison hantée, par Louis Caràvagio, fils de Tune et oncle de l'autre, par Georges de <k'oésiyMàriuBZftmbri artisan. Libéra sa femiiie, Dominique Minoto, et par BcxnftrdinCàrfaro et autres, toi» par moi etaminés. Leurs dépositions contiennent un gi*and nombre d'autres circonstances qu'il serait trop long et trop ennuyeux de passer séparément en revue. J*ai 'soigneusement inspecté tous les Heifx, 'visité lés «oin^ et les recoins de la maàsonuetle. Je n'ai nulle part découvert une trace de fraude; la fraude du reste n'aurait pu se cacher si longtemps : il était également impossible de tromper tant de personnes malignes^ et naturellement portées à là défiance; enfin, on aurait flniy àla tivieur du jour, par décotfmr Timpostare, si imposture il y avait, euy puisque le bruit et les voix étaient entendus aussi bien le jour que la nuit, non pas pai* quelques-uns seulement, mais par un grand nombre de pereonncs d'esprit, d'opinions et d'intentionfe différentes, et parmi lesquelles il ne pouvait y avoir accorde! entente'.

Pour ceux qui, n'ajoutant pas foi au spuiiisme nio- ^^^f^ demcj n^ vouduaient voir en tout gclu que di^ la prestidigitation, nous rappellerons le souvenir du Milanais Joseph

(1) EsLtrait (l'une copie êxistrmtiûx axbive» desFrarî, à Vcnlae;

432 M8C00AS TtU

François Borri. Né en 10S6, d'un père qui était médecin et sénateur, élevé par les jésuites de Rome » il panint à se créer à la cour du pape une position comme chimiste et médecin : mais, accusé des dérèglements les plus odieux , il se réfugia dans une église. (1654), et esquiva le châtiment qtt*il av^it mérité en simulant une conversion. Il commença à cette époque à se dire poussé par de fréquentes visions du ciel & réformer le monde j^ à rétablir la pureté dans la foi et les mœurs; il était le pro-Christ, c*est-à-dii*e le défenseur du Christ ; il se présen^tcrait sur la place du Dôme de Milan pour prêcher sur les misères de Tâme et du corps; au bout de vingt ans, il établirait le règne du Très-Hftut, et réunirait tous les hom'm^ dans un seul bercail; quiconque résisterait, fût-ce lé pape, serait exterminé par l'armée pontificale, à la tète de laquelle il se mettrait avec une épée à lui donnée par saint Michel, et avec Targent que lui procurerait ralchîmic. A Rome, après' l'extermination des méchants , on trouverait dans le sancta $aneumim des écrits de la sainte Viei^e ; le successeur du pape régnant serait son ami ; il aurait une triple couronne en épines d'or. De là, s*enfonçant dans le gâchis de sa religion bizarre» il disait qn'ab œUmo le Fils de Dieu n'était pas content de sa gloire, qu*il aspirait à une gloire future et qu'il poussait le Père a créer abexlrq. La divinité de la troisième personne -est inspirée; |*essence du Verbe estengendrée,etnous est venue par filiation; Tun et l'antre sont inférieurs au Père. La vierge Marie est Déesse ; elle a été conçue par une opération divine ; fille du Père, égale en tout au Fils, elle est nncàrnàtiôn dii Saint-Esprit; elle est née d'une 'vierge, c'est ptiifr cela qu^elle est pleine de grâce; elle est présente dans la sainte Eucharistie; enfin il rappelait la irès'-sainte. Déesae; et il faisait cyouter par

SVII* SIÈCLE. — PHILOSOPHES. — GiLLLICANISMB. 4^

ses prêtres h Y Ave et an canon de la messe la formule TJtii^tirata Filia Àttiagimi '.

Dieu voulut que Ludfer adorât Jésus et sa mère la codéesse; Lucifer ayant reftisé ftit précipité dans l'abîme et une multitude d'ang:e8 avec lut; ceux des esprits qui ne furent leurs complices qu'en pensée Yolligcnt élemcllement dans tes régions de l'air; c'est par le ministèro de ces derniers que Dieu a créé la matière et les animaux sans raison ; les hommes seuls ont une Ame divine et inspirée. La création n'est pas un acte de la libre volonté de Meu;-il a été forcé de le produire. Les enfants conçus dans le péché n'en peuvent eflàcer la souillure, et ils demeurent entachés non-seulement dn péché originel^ uiais aussi du péché actud. Si l'homme croit. Dieu est obligé de lut accorder la Gr&ce.

Se disant autorisé par saint Paul & critiquer saint Pierre, il relevait un grand nombre d'erreurs dans les saiitls livres ; il corrigeait et interprétait le Pater; dans le Credo, il enseignait que Marie était sortie du sein de la divine essence avec une Ame déifiée. Il appelait ses disciples les Raimnneblet ou i«t ÉetmgéUquet ; il exigeait d'eiix les vœii\ d'union fraternelle, de secret inviolable , d'obéissance au Christ et aux anges, d'apostolat fervent et de pauvi-eté ;

(0 Viia det C^ralUrt Bsrri, p. 3S4. C'est peut-être l'ouvrage da Leti, comme le fut VAmbatciata di Bojnolo éi Ilomani, livre très-raio, imprimé à Brnxelles, en 1071, et attribué à tort à Bori-i, et qui contii^nl comme annexe le practe de ce dernier. 11 fut reproduit dans les.itnirtUUttes UUnria, t. V, p. lis, et dans la Gloria d'ilalia d£ Brusoni (Turin, 1680, de la pageTî4 à 733], « car en vérité d'aucun béré.=i3rque iioua n'avons In tant d'extravagances et de folies en matitre de foi. »

Sut le compte de Bonri, voir d'autres particularités au\ Archives de . Florence, papUrt Slrozil, série ccïuv, et série lxiix du tome xi \egrttaria Vaxkia, qui contient ans» son abjuration.

431 MSGOims vu.

pour la perfection de ce dernier vcbu» ils devaient lui remettre tous leurs biens; l'iaq^tion des mains était le sacrement par lequel il leur communiquait leur mission divine. Dieu, disait encore Borri» a résa-vé à ces temps la réunion des fidèles avec les infidèles^ afin qu'ainsi se manifèstent les prérogatives de la trè»^inte mèrede Dieu, en tout égale à son Fils.

Après le triomphe» TËglise jouirait de la paix pendant mille ans; les sddats vainqueurs» dont on formerait un ordre monastique, seraient vôtus d'une pem blandie avec un collier de fer portant cette inscription : c Rrebis esclave de TAgneau-Pastair ». .Tout cela lui était inspiré par son ange, et il le soutenait avec des teaUes de TËcriture détournés de leur sens. U couvrait ses ensdgnements du voile du mystère et de formules initiatrices. 11 essaya de réaliser la fondation de son Église à la mort d'Innocent X^ pendant qu'un grand nombre de cai'dinaux, laissant trois mois le saint*siége vacant,, étaient occupés à tramer Fexpulsion de l'Espagne pour assurer l'indépendance de l'I* talie. Biais Alexandre YII ayant été élu , Boni jugea prudent de se ;rctirer à Milan ^1685), où il continua en même temps qu'à Pavie de faire des prosélytes. U parait, étrange que ni le gouvernement ni le Saint-Office n'aient eu vent de ces menées avant mars 1659. Quand il apprit qu'il était décrété d'arrestation» il résolut de frapper un grand coup, de se présenter sur la place de Milan entouré de ses partisaus 9 de massacrer l'archevêque et son clergé, d'ouvrir les prisons, de s'élever contre les abus du gouvernement séculier et ecclésiasliquey d'appeler le peuple à la liberté , au cri de « Mort au Christ! Vive Calvin ! », d'occuper Milan et de s'en faire le Duc, pour de là pousser plus loin ses conquêtes. Son projet fut éventé» et un grand nombre

XYIl"" SIÈCLE. -^ PHILOSOPHES. — GALLICANISME. 435

de sectaires furent arrêtés; sept d'entre eux durent abjurer fiolennellement an Dônîe ; ils forent ensuite Kvrês au gouvernement romain et condamnés à porter m^ signe de leurs erreurê unmantelei gris sur les épaules. Quant à lui, il prîtia fuite : le Saint-Ofifice lui lit son procès, et le condamna par contumace, ordonnant que amma iltius scripta hœreiiea eomburenéa esse; omnia ikma mobitia et immotHHa oon/tseanda et appUeanda, vêlantes sub pema latœ senlenHm ne guis eum itto tentety reeipial,jmet; et numdantes omni^ bus pairiarekis et primaUbus ut ipsmn Burrum arresten^^ vel arrestandum curent ^ teneant, eertwres nos faeiant ut sta^ tuanius guid ipsi faeiendum; relaxantes ui n&n solum magistraius secularis sed gtHlibet gui passit et velit in favùrem fidei nostrœ ipsum eapiat et teneat.

Le 3 jauTier i66i « Teffigie dudit Joseph-François Borri, € peinte de grandeur naturelle, fut portée k travers les rues <c de Rome , sur un char où avaient pris place les agents « de justice, jusque sur la place deCampo di Fiore, où « elle fut attachée à un gibet par la main du bourreau, et r brûlée avec tous ses écrits. »

Borri s'était réfugié en Suisse, où on lui fit un excellent accueil en sa qualitéde victime de l'inquisition, et à Strasbourg « le bruit courut qu'il excita les hérétiques à brûler publiquement la statue du pape, probablement pour se venger d'avoir été, lui, brûlé en effigie à" Rome. En Hollande, il acquit grand crédit comme chimiste et médecin distingué ; les chevaliers et les princes, tant de France que d'Allemagne, venaient en poste le consulter ou simplement le voir. >' Devenu riche, il se faisait appeler Excellence, avait été nommé citoyen d'Amsterdam, et possédait, dit-on, plus de dix mille pisloles en argent et en pierres précieuses, quand, ayant perdu son crédit avec la

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même bâlité qu*il Favait acquis, il s'enfuit aissant de lui une répatalioii détestable. A Hambourg, il rencontra Cbris* Une reine de Suède, qui lui d<mna les moyens d'arriver à la réalisation du grand œuvre, c'est<-à-4ire à la transmutation des métaux inférieursenor. Sa tentativeavorta; il se rendit ensuite à Copenbague, où Frédéric lU lui fournit encore de l'argent ponr fabriquer de l'or, en même temps qu'il lui demandait des conseils politiques. Lesuccesseur de Frédéric, Christian Y, lui donna cinq cents thatters pour qu'il déguerpit sur le champ. Il se dirigea alors vers la Turquie; nuds, arrêté en Moravie comme suspect, il fut remis par l'empereur entre les mainsdunonce pontifical, quiPexpédia à Rome, en lui garantissant la vie sauve. Il parut devant c les juges, magnifiquement vêtu d'un habit noir en moire « fleurie, avec une hongreline de la même étoffe, ornée et c brodée; il est haut de stature, ses membres sont ro- «I bustes et admirablement proportionnés; sa chevelure c est noire et abondante, son visage rond, sa carnation c blanche^ son maintieu majestueux. » On le tint ponr fou, et on se contentade l'obliger à abjurer : l'abjuration solennelle eut lieu en octobi^ 1672, à Lorette, où on le conduisit pour faire amende honorable à la sainte Vierge, et réciter les psaumes et le credo, après quoi il.fut enfermé dans une prison à perpétuité. II resta néanmoins, même en prison, un objet de curiosité. Le duc d'Estrées, ambassadeur de France, étant gravement malade , lui fit demander une consultation ; ayant été guéri, il obtint que Borri serait simplement détenu au château Saint- Ange; que même il pourrait entretenir des correspondances et sortir quelquefois pour visiter des malades. Il mourut le 20 août ifldS. Sa doctrine est exposée dans la Clef du cabine du chevalier G. -F. Borro^ à Vaide de laquelle on voU di"

Xyti"" SlicUS. — PHII.OSOPHSS. — GAIXlCAïaSMK. 437

ver$e$ Itères ieientifiques, ehimigve$ et irè$'^uriét($$Sj avec ptmsieurs instrtteiHms pqlUiqnes^ M autres ciasês diff^es de curiôsiUf ainsi qu'nn hm nombre de irès^beanx secrets (en italieB), Cologne, 1681 ; — on y troare dix lettres relatives anxsecrets dà grand ceuvre» que Ton suppose écrites à des notabilités. 01au9 Barck n'hésite pas à rappeler Pkankem nainrx et gloriam non tantum Besperisf su», sed Europas\ Cette Clef fut . imprimée par d*amres pendant sa captivité , et on ne s^eirplique pas comment , tout en y parlant des esprits élémentaires» de la pierre phiioso* phale, des cosmétiques et des panacées, il s*y moque des sdences occultes c qu'il a toujours soupçonnées d'être pl^es de vanité ». Il parait qu'il ne s'y adonna que pour exploiter la crédulité universelle : « De cette manière, c ditMl, je fus bient6t un grand homme : j'avais pour c compagnons des princes et des grands sâgneurs, de c belles dames et quelquefois aussi des laides, des doc- < teurs, des prélats^ des moines, des religieuses, des per- « sonnes de toutes classes. Quelques-uns indiquent pour c les diaUes^, d*autres pour les anges, les uns pour le « génie, les autres pour les incubes; les uns aspindent à « l'art de guérir tous les maux, les autres à l'astrologie; « d'autres recherchaient les secrets de la divinité, etpresipie « tous la pierre philosophale. » Il profitait» on le voit, de la crédulité pubUque comme les diariatuii de nos jours.

Un autre soin de l'Inquisition fut de veiller sur les ^*\çjSJf' dévotions ou téméraires, ou exceâsives, conmie celles que pratiquaient les esclaves de Marie; comme le vœu sanglant qui obligeait à soutenir au besoin par les armes l'Immaculée Goneeption; comme les indulgences prodi-

(1) ne orftf tl progfêssu ddnaa. A la bibtio&èqae Magliabecchiana, mss., classe XXIV, 65, Cest une invective contre Borri.

438 DiBCOOBS MU

guéc$ 4 qiiieoiuiDe porlaUle «G^>ulaire, et |K>ur d'autre tiques d6 dévotion. (7e$t once sens que devailèlre repréhensSbii^kLcqfÈmlJimhmrdféoui^Si^^ le Trtiié

de r£xiétiartU (en iUlien)^ etc., forent défendus fe 38 mvs 187B, avec tooe ses autres opuseides. Les ProUg^M ou arsenaux du Saint-Office contiennent de longs catalogues de livres superstitieux, inrièpes, historiettes dévotes, seapn^ lairea, tels que làMédaUk Békraiqvê^ éUe Mofhen DmM H Ahrahmm, déclaration d'Ange Gabriel Anguisciola, dont rinquisition ordonna & tout détenteur de consigner les exemplaires au Saint-CMBee.

Elle ne laissa point passer inaperçue l'idée de i'Évangile étemel, .c*est-è^4ire d'une nouvelle révtiation qui se substituerait à celk du Christ et rachëverait, en conduisant à une perfisotion céaobitiqne plus élevée (G.).' Marc* Aurële ScagUa dn Montferral revêtait rhabiteedésiasf ique, jouissait de la vision du bienheureux Anéd^ confesseur de Sixte IV et de eelle du Florentin Neri; il disait qu'au temps de Paul Y aurait lien dans TÉgiise une réforme ra* dicide, accompagnée de grandes tnbulations; qu'il ^^idrait un franciscain^ homme angélique du nmade Pierre, et après lui d'autres Piore; et que toutes sortes de bonheurs en adviendhdenl à Florence ^

En Sicile , une Mur Thérèse fut, par de prétendues visions, (moenée à se persuadeir à dle-méi|ie ipi'elle était la

1 1) Veit tiQ aaimiorit de k Ifegiîabscdiîans, Glâ6se Vin.

Lt vUioni M Beato ilmedcp, gm volume de 215 feuillets qui evste en manuscrit dans oette même bibliothèque, affirme que les erreurs aesnmt détruites par ceiuc qui reconnattront œ pasteur saprtae, que- TumpoikOT.puê r^Mrfeiiir i» iir^ iloMiH^AteagiMMi rsjBilie rtligieiilib non aucloriïateqwi ïitma potestatis caput est, sed adhesîene. iViifto nam civitasitareim CkrUU tidherébH sicut iUa. Consenabitur H Hla de qua iibi aUàs dixiproUberatione ah <iHeniê toHus Italiœ.

XVn® SIÈCLE. — PHILOSOPHES. «— GALLICANISME. 439

quatrième personne de la Trmltê et la co^réâemptrîce : un grané nombre de persbnaes dirent foi en eUe. En 169â se fit conimHre mt monde la sede des cfaevàllers de KApAgoalypsei dotit le' but était de défendre FÉglise catholique contre f Anledirist. Leur fondateur, Augustin Grinino, âls d*Qn marchand deBrescia, en avait tout d'abord recruté quatre^-vingts, la plupart ourriers ou march»ids : même pendant le trayail ils devaient tenir un estoc à leur flâne ; teâr poihriue était ornée d*nne étoile à sept rayons avec une qcteue cnvironfnée ^'un fil d'or : Fé* toile figurait le globe terrestre, la queue le glaive que vit '

dims son ravissement le solitaire de Pathmos* Gabrino s'intitulait monarque de la Sainte-Trïnité : les mauvaises Iimgues lui prêtaient Finteation de préparer à des bouleversements politiques et d'introduire la polygamie. Le dimanche des Bameaûx de Tannée 1693, au moment où Ton entonnait A Saint-Pierre du Vatican le verset Quis est iste rex fftûfia^; il se ]eta Fépéè au poing au milieu des célébrants, en s^écriant : Ego 9umrex gloriœ. Il répéta la même chose dans une autre église; c'en fut assez pour le faire reléguer parmi les aliénés. Mais uki de ses adeptes , sculpteur sur b(^, le dénonça à Flnquisition , qui fit le procès aux accusés.

Antoine OliVa, de Reggio (1624-1689), venu à Rome, où il Antoii^ pai*vint i une réputation telle qu'à Tâge de dix-neuf ans il fut nommé théologien du cardiiial fiarberini, prit part à l'échauffourée de Masahidlo : condamné à l'exil, il se retira à Florence, où, devenu membre de l'Académie du Cimento, il écrivit sur les liquides, sur les sels et sur la génération des chenilles des mémoires fort estimés de ses contemporains. Abandonnant tout à coup la chaire de Pise, peut-être à cause de quelque inimitié avec Redi^ il se

440 M8QWIAS VII. .

rendit de noureao à Rome, où il jouit de toutes les bonnes grâces des prélats et des papes. Mais, sous Alexandre VIII, le Saint-OIBce découvrit .que dans la maison de monsei^ gneur Gabrietti il se tenait mi concUiabnle nommé Aca- * demie des Blancs, parce qu*elte seproposaH de kUmidâr non-seulement les abos du gouvernement pontttcal, niiîs 1» religion, pour la ramener à la simplicité des premiers âges. En étaient membres, le dit Antoine Oliva ^ les nommés PicchelelU, dit encore Gecco Falegname« Alfonsi^ Capra, les docteurs Mazzutti, et Pignatta, secrétaire. Ils furent tous arrêtés et mis à lu torture, à l'exception de monseigneur Gabrielli, qui fut regardécomme idîotetri^eta toute la faute sur OUva.. Cet infortuné, se voyant perdu, se précipita d*uoe fenêtre du palais, derinquisition, et se brisa la tête.

Mpucisiiie. Nous avons montré ailleurs comment le mjiisticisme s'était emparé des Ames pieuses et saintes. (Nbtissant à ce sentiment, Bellarmin écrivit VÉcMh pomr moÊUer de» eréaiwrtê à Dieu^ qui a. été traduite du latin dans tontes les langues, et le GémiuemefU de laColcmbe.au te bonheur des larmeê. Plus illustre encore dan$ oette yoie fut sainte Thérèse, appelée par le pape et par Philippe II à réfo^er les monastères :; c'est elle qui définissait le démon : Ce malheureux fuî n'a jamais aimé; c'est elle aussi qoi disait que HnielUgence humaine devraU juger des ehasee^ comme s'il n*y op^ ^» ma^de qu'elle et IHeu\

Dans d'autres circonstances les. q^ystiques païadssaient ramener les âmes aux exagérations du moyen Age, où la hardiesse et même la témérité des idées s'associait h la

(1) Ce fut un grand mystique que le poète espagnol Louis Ponce de Léon, qui resta dans les prisons de Itnquisillon de 1572 jusqu'en 1576 et qui mourut en 1591.

XTII'' SIÈCLE. — > PlIIiOflOriO». -7- GAUICANISME. 441

piété la plus feryente» à la foi U plus ferme. Cette fen« dancfî à s'attmer dans It divinité do Christ jusqu'au point d'oublier rhumanîté portait à des pensi6es qui fourais^» saient un aliment dangereux aux passions et à d'orgueil* leuses Ibéories; or» ou le sait» les théories les plus su« perbes ne ^valent pas le [dus petit acte de bien pratique.

n fiii révélé à un^ certain frère Egidius qu'une bonne

fen»ae peut mieux^mer Dieu qu'un doeteur eu théolo*

gie« Il se mit à eourir les rues eu crimit : « Venez, bon*

« nés femmes; aimez notre Seigneur, et vous pouirez

A être phis grandes que saint Bonaveniure. »

liiehel MoHnos; prêtre de Saragosse (1027-1496), s'étant M«i>n<»fixé à Rome en 1602, ^aequit bientôt une réputation de grande inété,. et fit imprimer (en italien), en i675, un G^iide ifirituel qui mmduU Véme par U ehemm iniérieur à la €ûmi«i^fiation poifaUe ei au rkke trétor de la paix Mé^ Heure. Son dogme fondamental était que celui qui unit son ftme à ÎÂm par Toraiscai du repos ne peut plus pé« cher volontairement; il arrivait ainsi à une t^jpèce d'ex* taseei ensomme à s'anéantir en pensant à Dieu, et dans cet étati n'avoir nul souci de ce quise passe dans le corps ; les imaginations les plus lubriques petivent surgir dans Time seiisitivessms la souiller, et sans atteindre rftmesupérieure, où résident rintelligence ^t la volwté. Dieu soumet le croyant au martyr spirituel des vives tentations pour lui faire connattre sa propre ab|eelUm; mais loin de s^en effrayer,: iUaut les mépriser, laisser faire le démon> et se reposer dansla certitude que Dieu ccmduit au salut non-seulement par les vertus, mais aus^ par les vices. On croirait entendre Luther écrivant à Mélanchthon : « Sois pé- < cheur et pèche vigoureusement , mais que ta foi soit « plus grande que ton péché U nous sufQt d'avoir

44S i>i800DB$ nu

c connu Tagnean de Dien qof efface les péchés du moade. € Le péché ne peut effticer en nons fe signe de Pagneau, < alore même que noasforoiqtterions'ett q«e nens tue- « riow mille fois par joar. »• *

Cest ainsi qn'à Faide d^un quiétiMne ebseè&e l'immoralité était érigée en théorie.

Pendant vingt-deox ans, Molinos fat reg&rdé comme un sûntdan8hidirectiondesArae5;'etPattl.Segneri,qiiileréfuta par son livre de YÀemri de P^tMkn el du- repo$ e» l'orai- «on, passa pour un enffieut et un calomniateur; peu 8*en fallut même qtt*il n'y perdit la vie; mais l'évèque de Napies, Inigo Caraceiolo^ s'aperçut du mal eausé dms ^n diocèse par Molinos : bmoceni XI, démasquant ses erreurs , en avertit la chrétienté. Le prêtre espagnol avait une correspondance si étendue, que lorsqu'il fiât arrêté, en 1686, on trouva chez lui douze mille lettres et des sommes considérables, à loi confiées par ses dévots. Halgré i^ pro« tections et les inftueneoB) il fut jugé par le Saint-Offlee, et ses livres condamnés ; convaincu d'actions abominables, il dut se rétracter publiquement sur la place de Sainte- Marie-de»la-Minerve , le 3 septembre 1087; revèiu d'un habit gris, avec une crobc rOoge. devant et derrière. On avait accordé une indulgence de quinze ans el de quifize quarantaines à quic(mque assisterait à la cérémonie de rétractation, en sorte que, Outre le sacré eôl|ége, on vît accourir une grande mtAitude de peuple, de nobles et de savants, pour lesquels on avait dressé des tribunes; à la lecture de chacune de^ nfHiïimes de Tauteur, non moins monstrueuses que ses fautes; la foule sifflait et criait : au feu, aufeuflA lecture terminée, Holinos abjura ^es

(1) UsB. de Spaldtin, Lettres de Luther à Uléianchtbon, 5 août

XYII* SIÈCIE. — PHIDOgOPSSS. — GALLICANISME. 4^3

erreorS) ré^ut avec l^absokitioa ies coops de verge sai^ramentels sur les épaules : on le ttvélàA eâSuUe 4e la livrée du repenti et an Fenfennâ dan» utie ckaiûbre, en lui im<posant l'obligation de se confesser çiatre fois par an, et de réciter tous leslocul's avecle t^edo.le tiers du Rosaire : il vécut ainsi dan» la pénitence juscpi'au 98 décembre 4606.

En mêffioteni^'quB loi lurent lîondamnésè Fabjura-^ tion et à la pri^n ses prosélytes Simon Leoni, prêtre, et Antoine^ari^, ^n frire laïque, nali( de€ampione sur le lac de Lugatio. Ge dernier ^-obstina pendant deux mois à soutenir de fimsses int^r^étatioas de <%rtains passages de rÉoiture : * à la an il objuia également^ Sdxante-huit propositions de Mblioos forent fornDdiemœt condamnées par Innoo^t :XI, dans, la butte Cvietiù Pasior^ du iO novembre (688. On condamna aiissl à cette époque, comme inlëetée. de quîéfilame, la CotUempUMoi^ mffsiique du cardinal : Pîei^e^Bbflliea PetrtHxi, évoque de Jesi ( Étals romains) sa ville n&4ak, qui avait défendu Molinos, et qui, repentant, mnonça à toutes tes dignités.

Omis teâ contrées subalpines, et particulièremeut à /^^^^^ Verceil, le baamabite savoyard François La Combe et h, ^•««Guyon. fomewbse madame Guyoïi pisftchat les voies intérieures, Toraison^da agence, la; fol nue, Faitioarde Dieu pur et pour lut*mémef sans eraintl&y sans espérance ; en sorte que Tâme^ dépotiittant sont individualité,' confond sa volonté avec edk de iHeuv ^xi pAoi qu'elle ne sait plus que con* damner en elle et 4le -qufette &ale se confesser. On sait que Fénelon ImtHiiènie sa laissa prendre aux exaltations mysâquôs^de madame Cuyon, et eut à ce propos des démêlés avec Bossuet,'qui se terminèrent par une condamna-* tion, à lahqnelle le pieux évèque de Cambrai se soumit. Dans le Yalcamcmitia, terre alpinearrosée par TOglio, péiagiens.

444 JII96MIBS tn.

Je Trealia et la |Nrofitioe de Brescia, Févèqoe M>rr Aitnwif Horofiiii, avait fondé un grand d'oraUmreset.de emStéhes pour finalniclioD des Ces démlioBS troiivaiail on ardait ap6tre la penoone de Jacqnea Mnlippe , laïque 0iUaiiais,qQi rtrCque à les ergêak^t de la nème BMnièreqae les oraloii« de sainte Pèlaipe i lllait ; mais on y dècoiLïïil hieBlM des désordres tels, qne Tétêque suspendit, poisdt fendit rerane, en 46IB* Le mal a^ait jeté des racines,! se propagea dans ces contrées une eqpéce de quiétisma que prêtres et laïques prêchaient publiquement ; les hom- HMs et les fenunes se réunissaient indistinctement la niût pour prier et se flageller; onrefiisait obéissance aux carCs et aux évéques ; la prière se prolongeait jusqu'à sept on huit heures du matin; ces flayMantscroyrient être seols des SMUlB, et se confessaient en poblic. JLe cardinal Pierre Ottoboni, de?enn èvêque de Brescia, d^^ya la pbis grande Tigueor pour la répresâon de ce nouveau pélagianisme. On raconte qu*un jow qu'il était à sa feDétre iltit passer avec des cleb et des cadenas un ouvrier qui criait sa roardmidise ; pois un second , un trcMsième, un (piatrième. Soupçonnant qudqi» chose ,11 fedt appeler lesmvant^ et lie conversation avec lui ; puîs^ feuilbnt dans sa cassette, il y trouve des catéchismes calvinistes et des opuscules concernant les croyances et les pratiques pélagiennes. A la Sfuile de cette découverte, il pubKa une pasAcnrale ai date du 43 mars 16B6, fit v^iûr dans la vallée les inquisilears, qui découvrirent un grand nm&bre d'hérétiques : les oratmres furent abolis, les prêtres Harc^Antcnne Ricaldini, iAL Maurice, Benoit Fassanesio et quelques autres furent bannis ou emprisonnés. Leurs prétentions allaient jusqu'au miracle : un certain François Kegri dit Fabianini, en par-

XVII^ SIÈCLE. — - PHILÛSOraSS. — - GÀLU€ÀNISME. 445

ticulier, se vantait de parler à Dieu face à face : il avait écrit un petit volume dé rév^àtions et de prophétie», rempli de tant d^arréurs, que Tiiiquisiteiir de Trévîse ordonna de bi-ûler TôpiHcole.

lean-Auguste Bicaldini , frère de Mat^Antoine, fit sa rétractation dans Téglise dé Trévise^ et déclara s'être trompé en croyant que Tomiaon rnsntale fût Tunique porte du salut ; que le don de Foraison mentale est plus grand que celui de la rédemption et de Finstitution du Trës-Saint-Sacrement; que les macérations et les péni* tences ne sont pas chères à Dieu, en tant qu'elles dom(Slënt la chair, puisqu'il n'est pas bien de mortifier celle-ci^ attendu que nous sommes -aréés pour aimer, non pour souffrir; que Dieu veut enlever aux prêtres de l'Église le soin d'expliquer les saintes Écritures poifr le confier aux liâqoes; que les princes Mitmt juridiction sur les ecclésiastiques, en feront mottrir un grand nom*bre, et dépouilleront les autres de leurs dignités.

Un nommé Beccardli, deBrescia, fut encore condamné comme quiétiste par les juges des hérésies de Venise. L'hérésie des quiétistes avait surtout Mtdu mal parmi les femmes et dans les monasttoes, nommément dans ceux de Faenza, de Ravenne^ de Ferrare (D). Le cardinal Ottoboni, que nous avcms déjà nommé, devenu inquisiteur général, contribua puissamment à l'extirpation du quiétisme ; il fit pins encore, lorsqu'il devint pape sous le nom d'Alexandre VIU. Bemino, parlait de l'horreur que toute e^èce d'hérésie inspirait à ce pape, raconte qu'il fit arrêter un clerc de sa propre chambre, pi*otonotaire apostolique, suspecté de spinosisme, et le livra à la congrégation du Saint-Office, bien que quatre caràinaux composant ce tribunal se trouvassent être parents de l'accusé.

446 mwoims vu.

Ea 1689, rinquiâtion oonâamaâ encore sosor Françoise de Pûtoie^ religievse de Saint Benoît de Pise, qui se fiûiait paner pour sainte. Morte impénitente, elle dut être ensevelie comme les personnes convaincues d'hérésie, VesN^reqne ses restes etwn effigie furent portés sur la charrette des criminels, bhflés par la main du boorrean sar le lien du supplice, et ses cendres jetées au vent.

La Cunille des Ricasoli , Tune des plus illustres de la Toscme, est d'antique origine lombarde : eHe a le titre héréditaire de baron. L'inscription du tombeau d'un membre de cette fiimille , qui se trouve i Santa-lfiiria- Noveiia, vante le dévouement de Ricasoli pour la maison alors régnante de Toscane.

pandoiphc Du mariage de Frmicois^liarie, appartenant à la branche ^^^ ' des barons de la Trappoia , avec Kamante Antinori , était néy le 8 avril iK8i, Pandolphe, savant helléniste et docte hébralsant, profond tiiéologien, grand orateur. Entré chez les Jésuites, il en sortit avant d'avoir fait profession, et devint chanoine de la cidhédrale de Florence. Il écrivit sans les pubUer un grand nombre d'ouvri^es de controverse et d'ascétisme, parmi lesquels nous citerons : les ImirticUons pour le» prêtres^ ^ l'on donne Us Remèdes sfrirituets avec lesqueU ils doiwni opérer la fuérison spirituelle des âmes malades des fièèles, ei âdminisifer les secours spirUuels à eéttes qui sont arrivées au mameni de Vagmie et à la 'fin de leur vie (en italien). 11 prononça les oraisons funèbres du prince Franç<Ms de Médicis et de Gosme II ; il fit imprimer à Bologne, en 1618, F Académie japonaisCy dialogue où il défend la vérité des dogmes caUioliques; il y ajouta un Discours en Pkonneur de Jésus^Christ crucifié qu'il avait prononcé devant la magistrature de Ragusc. En

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