‹ Les hérétiques d'Italie (volume 2)Chapitre 22 sur 29 · XVII* SIÈCLE. — PHILOSOPHES. — 6ALUCANISME · texte numérisé non relu

XVII* SIÈCLE. — PHILOSOPHES. — 6ALUCANISME

1621, il publia & Nantes les ObservaUms sur une trèsémimnie vertu chrétienne^ 0t • hiUoire sacrée 4e /« vit céleste et des divins sacrifiées de la bienheureuse MarguerUe de Cartone; puis en 1623, à Venise, ObserviOUms simr te menière fmled^aequénr la pe^/feetion- ebréUenne, eantemnes dans ta viediépère Ange^Marie'Mmdwn»^ avec un appendice aà Vjm nmtre ia mani^de rempHr les obligations de son état. Beaucoup de sescmvrages sont oiâore inéifits ; le plos important est te Traité De Vnitaiê ci Trinitaiû Dei^ et de primo el secund^^ advenHs Fitii Oei, hebrake et tniine, aékersus nostrx xtatis atheistas, h^retieos et jndaos.

Ces ouvn»ge8, dépourvu», de mérite littéraire oo doctrinMf sont néanmoins fort vantés par les oontemporains, qui en oiUre louent Tanteur de son a^sidoUé à la chaire el au. confessionnal, de son zè\a et de sa courtoisie.

Fausline Xainwrdi, veuve Petrucd, avait fondé une institution de jeunes filles sous le titre de Sainte»Dorothée; elle nç crat pouvoir mieux faire que de placer sa maison sous la direction du ebanœnei Ricasoli. €e fut un malheur pour lui : à Tâge de cinquante ans il s*éprit d'une belle flamme pour la directrice; dans le but d'arriver plus sûrement à ses fins» il s'aida de Vinelinatton de la dam? à Tascétisme; peut-être que lui-même, dans le désir de tranquilliser sa conscience, crut pouvoir fedre dire aux livres saints et à la théologie que tout est per* mis aux sens , pourvu que Tâme reste indifférente : c'est de la part du chrétien im mérite d'accepter ee que Dieu lui envoie; les contacta de la chair, loin d'être peccamineux, sont méritoires, pourvu qu'ils soient faits avec intention de se rendre toujours plus parfaits dans la voie spirituelle et de glorifier Dieu. 11 appuyait ces erreurs sur des révélations qu'il affirmait lui avoir été faites par son

448 DI8G00RS yiu

ange gardien , leqael lui apparaissait souvent et lui donnait TavanlrgoAt des joies du paradis; Fange allait même jusqu'à lui manifester par des miracles la volonté et l'approbation divinas,

Mon-seulement la maltresse, mais les élèves se laissèrent tromper par des doctrines si favorables aux sens ; doctrines qui étaient encore propagées et appliquées par un certain père Séraphin Lnpi» servit», auteur de plusieurs ouvrages de théologie mystique ; par un jeune prêtre de la maison Fantoni, par le chevalier André Biliotti, par JérAme Mainardi et un anonyme.

Malgré cette affreuse corruption, Ricasoli n'était ni moins stndieox» ni moins zélé : à l'occasion de la peste de 1630, il traduisit et puMia le beau discours de saint Cyprien sur ce fléau; il termina le Tjfpus itpUmi regimims eeelesios/ict, poliiiei ei^cMonamieit où il offre David comme modèle aux rois ; il commenta plusieurs psaumes , pour servir d'exercice d'hébreu (E), et donna la Perfeetio pu/chrituâinUj êeu^BibUa hebràica.

Ces désordres honteux duraient depuis huit ans, lorsque l'inquisition fut mise sur la piste. Ricasoli n'hésita pas à aller s'accuser lui-même : il fut incarcéré et ses compagnons avec lui. L'Inquisiteur Jean Mazzareili, de Fanano, ne put procéder franchement, vu qu'ils'agissait de personnages de haute noblesse et de grand savoir, alliés aux premières familles. Ajoutez les marques de repentir sincère données par Ricasoli en prison : aussi la peine fût-elle moins sévère que ne le comportait le délit.

La prudence faisait un devoir de cacher et la faute et le châtiment. Et cependant le 23 avril 1641 , dans le réfectoire du couvent de Santi^Croce, au milieu d'un appareil funèbre, en présence des princes de Médicis, d'un grand

Page 1