ÉBRANLEHENT DE L'OMNIPOTENCE PONTIFICALE
expUcite en présence de saint Pierre, avant d'entrer dans rSmpyrée '; et il reconnaît que pour parvenir au salut il fiiut croire à l'Ancien et au Nouveau Testament, ainsi qu'à rinterprétation qu'en donne l'Église *.
U y a plus : il réprouve formellement Fhérésie : à ceux « qui ont la présomption de parler contre notre foi, » û crie bien haut : « Soyez maudits, vous et votre présomption, et tous ceux qui se confient en vous' » ; il fait le plus bel éloge de saint Dominique, « qui frappa un grand coup sur les rejetons de l'hérésie ; > et dans l'enfer, il Toit les cavernes enflammées pleines d'hérétiques. Sans doute, c'étaient des hommes qui, pour faire opposition à la vie pénitente et ascétique d'alors, cherchaient les jouissances et l'oubli; on les avait appelés les Épicuriens. Leur secte était très-répandue à Florence en 1115 et 1117, époque à laquelle Ricordano Malaspini et Jean Villani rattachent l'usage de recourir au bûcher comme au jugement de Dieu, contre la tortueuse hérésie ; et le même Villani
Chè se poluto aveste veder tutto^ Mestie non era partorir Maria.
(1) Beatriz dit à saint Pierre :
0 luce eterna del gnm viro,
A cui Nostro Signor lasciô le chiavi Ob' ei porto giù, di (fuesto gaudio xniro, Tenta costui de punti lievi e gravi (k>aie ti piace, in torno deua fede Per U quai tu su per lo mare andavi.
Paradis f 24.
(}) Âvete il vecchio e il nuofo Testamento^
E il pastor délia chiesa cbe vi guida : Questo Ti basti al vostro salfamento.
ParadU, V.
(3) Convttno (Banquet.) Traité IV, c. v. « Oh t petits animaux remplis de folie et de bassesse, qui yous nourrissez comme des hommes, tous qui ^Tez la présomption de parler contre notre foi, et prétendez savoir, tout en maniant la quenouille et la pioche, ce que Dieu a ordonné avec tant de sagesse : soyez maudits vous et votre présomption, et tous ceux qui croient en vous. »
i86 DISCOURS vn.
dît ailleurs que les Patarins étaient < des épicuriens pleûu de luxure et de gourmandise, qui défendaient à main armée l'hérésie contre les bons et catMiqum chrétiens. »
Datite place Frédéric lien enfer, parmi les hérétiques qui sont phu de miU$; il compte dans le nombre Farinata, VSI^ lustre GîfloyeB, et Gavalcante GaTalcanti, le grand savant» père de «on plus intime ami ^ Ouant an premier, k cosmenloteiir Benveuuto d'Imola rapporte qiiil enseignait qu'on ne doit pas chercher le paradis aâileurs que dans ce mottde;te second affirmait que les hommes et les bêtes terminent •leorexisieiice de ii même manière {mym'm intgriHit hominit et jufnefifortim), et Boccaœ !hli-4iiêlM nousie représente comme « un penseur tellement fkmgi dans tes spéculations intenectoelles, quil étaH parflns tost à fait séparé eu commerce des hommes , et qw 4e feroU courait, chez te Tolgaire, que ses niéditatiens a^aieM seulement pcnir objet de découvrir un moyen de poavofar nier l'existence de Dieu. > imticisme Dante, de son vivant, était si peu considéré comme
de Dante. ' "
hérétique, qu'on disait, en parlant de lui, Theologui Dmniêif nvUius dogmatis expers ; après sa mort, il fut enseveli avec l'habit de SaiDt-Frttnçois,et le légat pontifical avait si peu fintention de disperser ses ossements, que ceux-ci reposèrent dans k lieu saint, dans une église, où plus tard un autre légat pontifical lui érigea un mausolée^ se montrant par là plus bienvttllant que ne l'avait été sa patrie. Au lendemain de sa mort,on fondait des chaires pour commenter ses œuvres, et cela souvent même dans les églises ,; aa l'eiplrqtiait au concile de Constance, et frère Jean de Ser*
(OEn/CT-, chant VIII.