PRÉFACE* IX
de salut, de jostificationi et pea nous importe si, parmi ceux qui les ont désappris, il s'en trouve qui, plus que tons les autres, devraient les connaître et les enseigner.
Mais la vérité, elle aussi, a des sectateurs passionnés qui lui donnent ce caractère d'^agératîon dont devraient être mieux préservées, ce semble, les causes dans lesquelles on a la conscience de sa propre force. On prétend parfois que les ecclésiastiques devraient seuls discuter les questions où il est impossible à des laïcs de conserver cette exactitude que n'observent pas toujours les maîtres de la science divine, et on rappelle que les fils d'Abinadab ne doivent pas mettre la main à l'arche, alors même qu'elle chancelle.
Lorsque tant d'hommes du monde se permettent de rire des dogmes et des rites, et de donner des avis à ceux qui en sont les dépositaires, pourquoi serait-il moins convenable aux laïcs de se charger de les défendre? Au contraire, leur impartialité paraît d'autant plus grande, qu'aucune espérance terrestre ne les attache au pouvoir qu'ils soutiennent, qu'aucun caractère spécial, qu'aucune éducation déterminée ne les obligent ou ne les engagent à professer des vérités impopulaires. Ils ne sont pas non plus enchaînés par cet esprit de corps qui ruine les associations, parce que, avec la crainte de les discréditer, on excuse ou on masque les erreurs, au lieu d'éliminer les éléments corrompus.
Quand le sénateur Flaminius Comaro envoya à Benoit XIV son Histoire des Églises vénitiennes^ le pape, en le remerciant de cet envoi, ne l'exhortait pas seulement à continuer ses doctes recherches ; mais encore il lui manifestait le désir qu'il avait de voir d'autres laïcs s'y appliquer également, selon les exemples anciens de saint Justin, d*Athénagore,d'Arnobe,de Didyme, de Laclance, de Prosper d'Aquitaine, de Severinus Boêtius, de Gassiodore , d'Evagrius; et, dans une époque récente, de Fiorentini, de