‹ Les hermites en liberté (volume 2)Chapitre 14 sur 56 · Î02 ESSAI SUR LES MŒSURS · texte numérisé non relu

Î02 ESSAI SUR LES MŒSURS

bon a réformer, et qu'un financier pouvait saluer sans inconve'nient ceux qui lui faisaient l'honneur de le visiter.

On chercherait vainement les différences jnarque'es dans les mœurs, les manières et les habitudes des diffe'rens quartiers de Paris; on ne pourrait apercevoir que des nuances qui ne tiennent qu'a la position des individus. Tel est l'effet de la distribution des richesses, de la rapidité' de leur circulation , du mouvement ge'ne'ral de la sociëte% que tout tend h l'uniformité'. On ne manquera jamais de cette sorte de gens que nous nommons originaux, mais il n'y aura bientôt plus d'originalité dans les masses. Le monde sera comme une salle de spectacle , où il est difficile de reconnaître les diverses conditions des spectateurs, soit a leur costume, soit a leur langage. Quant aux classes inférieures, elles auront toujours leurs traits caractéristiques. Ceux-ci s'altèrent diflicilement , parce qu'ils sont le résultat d'une situation sociale qui ne change point, je veux dire la nécessité du travail de tous les jours, et le peu de culture des facultés intellectuelles. Cependant il ne faut pas mépriser ces classes utiles ; elles sentent le dédain , elles conservent le souvenir de l'oppression, et après des siècles de patience arrive enfin le jour terrible où s'exercent de cruelles vengeances. Il est un nio^^enbien simple de prévenir ces catastrophes, dont notre histoire a plus d'une fo?s

DE L^ÉPOQUE. lo3

enregistré les sanglans souvenirs ; c'est de favoriser leur industrie, de les respecter, pour qu'elles se respectent elles-mêmes 5 de leur ouvrir les voies de l'instruction, surtout de les faire vivre sous des lois qui ne fle'chissent point au gré de l'homme puissant. A. J.

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