LES FEMMES AU JUGEMENT DERNIER
0 frailly! thy name is woman.
Shakspe\re.
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Il est plus facHe d'accuser un sexe que d'excuser l'autre. Mo:4ta.ig>e, liv. III-
Il était min„it, je venais délire les Confessions de Jean-Jacques , et je réfléchissais a la profondeur de cet abîme que l'on nomme le cœur humain. De toutes les sciences , la moins avancée , me disais-je, est certainement l'étude de 1 homme. Quelles lumières sur nos pensées, sur nos sentimens secrets , sur nos innombrables faiblesses , ne jailliraient pas d'une confession universelle faite par tous les hommes avec la même audace de franchise qui caractérise les mémoires de l'immortel Genevois!
Mais si nous ne savons presque rien sur nousmêmes , si l'histoire de notre ame est une énigme impénétrable , nous connaissons bien moins en core cette autre moitié du genre humain , avec
laquelle nos alliances les plus intimes sont encore des combats j je veux parler des femmes : langage, pensées , formes , habitudes , tout diffère entre nous 5 une histoire des femmes manque et manquera toujours a lahtte'rature de tous les pays. Les femmes connaissent trop bien leurs inte'rêts pour se peindre autrement qu'en buste; et les hommes qui voudront parler d'elles trahiront toujours leur pre'vention ou leur ignorance... Elles ont des secrets d'ëtat quelles seules pourraient re've'ler et qu'elles ne re'vèleront pas. Le vicomte de Se'gur a e'crit sur ce sujet attrayant un livre plein d'esprit, qui ressemble a un voyage imaginaire. Thomas les a pesées au lieu de les peindre ; Diderot leur a consacré ses hymnes , et Juvénal les a déchirées dans ses satires. Toutes les médailles de ce poète le représentent horriblement laid : il avait le nez camus, les yeux petits, les cheveux crépus ; maltraité par la nature et par les femmes, il s'en est vengé par des injures. Le dépit est souvent plus cruel que la haine.
Le secret que les femmes gardent si bien sur leur compte s'explique par cette seule observation : Les femmes perdent a se faire connaître ce qu'elles gagnent à se laisser voir.
Il faut avouer que les plus grands hommes ont débité les plus grandes sottises, quand ils ont voulu juger et définir les femmes. Aristote ne soutient-il pas, avec un orgueil très-peu