‹ Les hermites en liberté (volume 3)Chapitre 28 sur 36 · I-^^O LE CAFE · texte numérisé non relu

I-^^O LE CAFE

quait les ombres chevaleresques des Tancrède et des Vendôme. Nouvel exemple des vicissitudes humaines et des caprices de la fortune ! le théâtre n'est plus, des empires mêmes ont été renversés et le café Procope subsiste encore.

Vers la fin du dix-huitième siècle les querelles religieuses et littéraires avaient fait place au goût dominant pour les matières politiques ; et l'une des salles du café Procope avait reçu la dénomination de Chamb?'e des communes. C'est là qu'on discutait les droits de la couronne et ceux du parlement , qu'on censurait les actes du ministère ; c'était le rendez-vous des frondeurs ; il y avait déjà moins d'esprit et de

gaieté.

Aujourd'hui cette maison reçoit habituellement les élèves de droit et ceux de médecine qui peuvent faire la modeste dé-

PROCOPE. l'JÏ

pense de la tasse de café et du petit verre de liqueur ; on y voit aussi quelques vieux professeurs du pays latin , les gourmets du quartier, les amateurs de la rue de Tournon , les marchands de la rue Dauphine , les habitués du Luxembourg , des artistes , des hommes de lettres et des rédacteurs de journaux. On m'a fait le plaisir de m'y montrer M. l'abbé Feletz, qui m'a paru un journaliste de bonne mine; il a quelque chose de malin dans la physionomie; on serait tenté de croire qu'il ne demande au moka que des inspirations épigrammatiques.

On cause rarement; on lit beaucoup dans ce café. Je m'y trouvais , il y a quelques jours, à côté d'un jeune étudiant qui avait sous son bras un volume de la collection des Théâtres étrangers^ et dans sa poche vm de ces résumés historiques qui obtien-

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