LE CARDINAL DE RICHELIEU, LE CARDI- NAL DE RETZ , LE CARDINAL MAURY
LE CARDINAL MAURY
Je vous cherchais depuis long-temps; il me tardait de vous rencontrer. Je me promets beaucoup d'agrément de votre commerce, beaucoup de fruits de vos entretiens.
LE CARDINAL DE RICHELIEU, au cardinal de Retz.
Voila un homme qui me paraît étranger aux biense'ances. Quelle familiarité présomptueuse dans le ton et les manières ! Je serais étonné s'il avait un esprit de suite. Le connaissezvous ?
LE CARDINAL DE RETZ
C'est la première fois qu'il se présente a mes regards. S'il ne se trouvait admis dans l'enceinte des princes de f église, j'aurais pris son ombre pour celle d'un grenadier. {Au cardbud Maury.) Votre éminence nous fait beaucoup d'honneur; mais nous serions charmés d'apprendre son nom et de connaître ses qualités.
LE CARDINAL MAURY
Mon nom a été assez répète' sur la terre pour n'être pas inconnu dans ces lieux. Les ombres qui m'ont précède' ont dû souvent vous parler de moi : je suis le cardinal Maury.
LE CARDINAL DE RETZ
Dans ce cas , vous pourrez nous donner des nouvelles de l'abbé Maury. Qu'est-il devenu? que fait-il? quelle place e'minente occupe-t-ilen France depuis la restauration de la monarchie ?
LE CARDINAL MAURY
Vous le voyez devant vous.
LE CARDINAL DE RETZ
J'aurais pensé que c'était deux personnages distincts l'un de l'autre ; la renommée de l'abbé Maury est venue jusqu'à nous 5 nous savons peu de chose du cardinal.
LE CARDINAL MAURY
Si le cardinal n'a pas fait autant de bruit que
l'abbé, c'est qu'ils se sont trouve's dans des conjonctures différentes. L'abbé a lutté contre une révolution terrible , tandis que le cardinal a vécu en paix sous un gouvernement protecteur de l'église, de l'ordre et des lois.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Vous arrivez de France?
LE CARDINAL MAURY
Non, j'arrive de Rome où j'ai été forcé de me réfugier après la cbute de Napoléon. On m'a fait un crime d'avoir servi le chef d'un empire reconnu de toutes les puissances, et qui dominait l'Europe. Ceux qui avaient montré le plus de servilité dans leur langage et dans leur conduite se sont élevés contre moi avec le plus de véhémence. Le clergé français s'était prosterné au pied du trône impérial ; je n'avais fait que suivre son exemple, et c'est moi qu'on a choisi pour victime : mes anciens services ont été oubliés; on n'a tenu compte ni de mon énergie dans les crises périlleuses, ni de mon éloquenqe a la tribune, ni de mon dévouement à la monarchie; je suis mort dans l'exil.
LE CARDINAL DE RETZ
Vous avez été le bouc émissaire qu'on a chassé dans le désert , chargé des fautes d'Israël. Mais vous paraissez surpris de ce qui vous est arrivé.
LE CARDINAL MAURY
Sans doute.
LE CARDINAL DE RETZ
Quoi, vous êtes surpris de l'injustice des hommes! Vous vous e'tiez attaché, vous et votre réputation , a un parti qui vous comptait au nombre de ses chefs ou de ses principaux ornemens; vous désertez cette bannière, et lorsque, par un concours fortuit de circonstances, le parti triomphe, vous croyez qu'on se rappellera vos services, qu'on discutera les motifs de votre désertion, en un mot, que vous ne serez pas jugé sans être entendu. Il faut avouer que vous aviez la une singulière prétention. D'ailleurs , vous étiez plébéien, et Ton vous avait admis comme défenseur de la noblesse ; n'était-ce pas trop d'honneur? Vous était-il permis de renoncer sans ingratitude à une pareille cause? On pouvait excuser le changement des nobles euxmêmes, mais le vôtre! En vérité, vous n'y pensez pas.
LE CARDINAL MAURY
Vous-même, tout factieux que vous étiez, n'avez-vous pas cédé a la force? ne vous êtesvous pas humilié devant le pouvoir que vous aviez combattu? ne vous êtes- vous pas jeté aux pieds de Louis XIV, que , dans une minorité orageuse, vous aviez chassé de sa capitale? et cependant personne n'a blâmé votre conduite; 2 6...
vous n'avez été accusé ni de faiblesse ni de trahison.
LE CARDINAL DE RETZ
Nos positions étaient différentes. Ce n'était ni contre le roi ni contre la royauté que la Fronde s'était soulevée : nous voulions chasser le Mazarin pour régner a sa place, pour disposer des trésors de l'état , pour rendre au parlement et a la noblesse l'influence que la vigoureuse administration du cardinal de Richelieu leur avait enlevée.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Je connaissais bien votre caractère. Lorsqu'on me demanda ce que je pensais de l'histoire de la Conjuration du comte de Fiesque que vous aviez composée à l'âge de dix-huit ans, je répondis : « Ce jeune ecclésiastique sera un esprit turbulent et dangereux. » J'ai su depuis que vous aviez conspiré contre moi. C'était une grande témérité de votre part -, car je n'étais pas un Mazarin. Si j'avais vécu plus long-temps, votre tête, comme celle de Cinq- Mars , aurait roulé sur l'échafaud.
LE CARDINAL DE RETZ
Je sais que vous n'aviez aucune répugnance pour les moyens extrêmes, et qu'avec ces deux mots, «raison d'état y » vous tranquillisiez votre conscience sur les assassinats juridiques et les
LES TROIS CARDINAUX. iôi
actes de vengeance qui ont signalé votre sanglante domination.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
C'est le reproche banal qui m'est adressé. J'aurais fait couler a torrens le sang du peuple, comme tant d'autres ministres, qu'on eût vanté ma sagesse et mon énergie; j'ignore même si ma modération n'eût pas été un objet d'éloge. Mais j'ai livré a la rigueur des lois quelques têtes privilégiées : cela ne peut se pardonner; je serai regardé comme un Néron jusqu'à la fin des siècles.
LE CARDINAL MAURY
Est-ce que vous croiriez pouvoir justifier la mort du jeune Chalais, celle du maréchal de Marillac,, le supplice du duc de Montmorenci, de Cinq-Mars, du jeune de Thou , d'Urbain Grandier, l'exil de la reine mère, votre bienfaitrice, l'empoisonnement et les tortures de tant de malheureux dont les noms échappent a ma mémoire? Est-il quelque raisonnement qui puisse consacrer l'injustice et les crimes contre l'humanité?
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Je n'ai qu'un mot a dire. La société était une arène où la royauté et l'aristocratie étaient aux prises. Défenseur de la royauté, j'ai voulu vaincre et j'ai vaincu. Est-ce qu'on a jamais
demandé compte à un général victorieux du sang versé sur le champ de bataille?
LE CARDINAL DE RETZ
La clémence après la victoire n'est-elle plus une vertu?
LE CARDINAL DE RICHELIEU
La victoire n'était pas même décidée à ma mort. Vous et votre Fronde vous en êtes la preuve. Il me fallait encore quelques années de vie, et la lutte était terminée. Mais permettez-moi de vous interroger a mon tour. Quel était le fond de tous vos complots? n'était-ce pas l'assassinat? n'est-ce pas par une sorte de miracle qu'après la prise de Corbie j'échappai dans Amiens à une mort violente? Le duc d'Orléans, le comte de Soissons, Montrésor, Saint-Ibal, Varicarville, Lepinay , Cinq. Mars, vous-même, ne m'aviez-vous pas destiné au sort du maréchal d'Ancre?
LE CARDINAL DE RETZ
Je l'avoue.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Je ne l'ignorais pas, et j'agissais en conséquence. La moindre faiblesse m'eut perdu. Je n'entreprenais rien sans y avoir mûrement réfléchi ; mais une fois décidé , j'allais droit au but : je renversais , je fauchais tout , et ensuite, je couvrais tout de ma soutane rouge.
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LE CARDINAL MAURY
Il est vrai que vous e'tiez entouré d'ennemis.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
J'avais a combattre la maison d'Autriche, jalouse de la grandeur où je poussais la France; la noblesse de cour, accoutumée a une licence effrénée; les calvinistes, qui formaient un état dans l'état ; Marie de Médicis, esprit brouillon, avide d'un pouvoir qu'elle était incapable de manier; la reine régnante, Anne d'Autriche, plus Espagnole que Française; le frère du roi , livré a d'atroces conseils ; enfin , le roi lui - même , que blessait ma supériorité. Voila quelle était ma position : j'ai fait face a tout; j'ai humilié la maison d'Autriche, et l'ai forcée de renoncer a son projet de monarchie universelle ; j'ai amené sur son territoire Gustave Adolphe, le héros du siècle; j'ai soulevé la Catalogne, préparé la révolution de Portugal, allumé au sein de l'Angleterre le feu des discordes civiles. Les protestans soumis ont recueilli les bienfaits de l'édit de Nantes qui n'aurait jamais dû être révoqué; j'ai délivré le peuple de mille tyrannies qui le tenaient dans la servitude, et affermi l'autorité de la couronne. Le corps politique n'a plus reconnu qu'un seul chef; j'ai encouragé les lettres et les arts. Sans moi , le dix-septième siècle , si
brillant de splendeur, n'eût été qu'un siècle d'anarchie. Il me doit tout, sa tranquillité, ses lois, ses monumens, ses victoires.
LE CARDINAL DE RETZ
Tout cela veut dire que vous avez établi le despotisme.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Indiquez-moi un autre moyen de détruire l'anarchie, soit qu'elle prenne sa source dans les passions populaires ou dans les prétentions de l'aristocratie.
LE CARDINAL MAURY
Ne pouviez-vous fonder les libertés publiques ?
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Cette idée est moderne ; mais ce n'est pas avec de telles idées qu'il faut me juger j c'est le signe d'un esprit superficiel. Croyez -vous qu'il soit possible de rendre a volonté un peuple libre? Non , ces transitions ne se font jamais brusquement. Il faut, pour la liberté, des lumières, des opinions, des mœurs qui ne s'acquièrent ou ne se forment qu'avec lenteur. La liberté arrive et se fait jour lorsqu'elle est devenue un besoin de la société. C'est a l'homme d'état a juger de l'époque, et il est facile de la reconnaître. Quand les institutions ne sont plus d'accord avec l'état moral des peuples
et les inte'rêts généraux, la crise s'approche, il est temps de s'y préparer.
LE CARDINAL DE RETZ
C'était, au fond, notre projet; nous étions tentés par l'exemple de l'Angleterre.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Vous n'étiez que des enfans mutins ; il a fallu, pour vous donner de l'importance, la faiblesse de Mazarin. Votre parlement, qui imposait les portes -cochères des rues de Paris pour lever des troupes , ne ressemblait pas plus au parlement britannique que le sénat de Berne ne ressemble au sénat romain. N'aviezvous pas vous-même un régiment qu'on appelait, je crois, le régiment de Corinthe?
LE CARDINAL DE RETZ
Le fait est vrai; il fut même battu a sa première sortie, et cette malheureuse défaite fut appelée , la première aux Corinthiens, Nous étions aussi prêts a rire qu'a nous battre. C'est la guerre civile la plus comique qu'on ait jamais vue. On s'égorgeait en plaisantant. J'étais même obligé, pour ma défense personnelle, de porter un poignard aux séances du parlement, et le peuple disait : « Voila le bréviaire de notre archevêque* »
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Les Anglais ne riaient pas ; ils avaient du
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fanatisme : c'est le grand instrument des révolutions. Vous combattiez un ministre , les Anglais combattaient la royauté elle-même. Vous avez succombé, ils ont réussi ; cela devait être.
LE CARDINAL MAURY
Si Louis XVI avait eu un ministre tel que vous , il eût sans doute évité ses malheurs. Vous auriez mis en usage cette étendue de génie, cette fermeté de caractère, cette rigueur inflexible qne vous avez développées pendant votre règne. Vous auriez contenu les factions par la terreur , et maintenu l'autorité royale dans toute sa plénitude.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
J'ai été l'homme de mon temps, j'aurais été probablement l'homme du vôtre. Mais je ne veux point vous abuser. Il est possible que j'eusse commis des fautes ; car je ne voyais l'ordre que dans le pouvoir, et j'aurais été submergé comme tant d'autres dans le torrent de la révolution. Quand les peuples se mettent en mouvement, c'est qu'il y a fanatisme; et l'impulsion est alors insurmontable. Les résistances l'irritent ; il faut donc se mettre de bonne foi dans le mouvement , si l'on veut qu'il suive son cours naturel. Vous n'avez pas connu cette vérité; je ne l'aurais peut-être pas connue moimême. Quand les év énemens sont accomplis , il
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est facile de voir quelle ligne de conduite on aurait dû tenir ; mais , au moment critique , l'espnt le plus sage peut manquer de justesse. Vous et votre parti vous deviez succomber.
LE CARDINAL MAURY
Comment cela ?
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Vous n'aviez ni la force morale ni la force matérielle; vous vantiez les droits du pouvoir a un peuple qui ne voulait connaître qne les droits de la liberté; vous parliez de respect pour les privilèges quand l'égalité des droits était le grand intérêt de tous. D'ailleurs, les cbefs de votre parti étaient dominés par une fausse idée; ils pensaient que la révolution se détruirait par ses propres excès, et ils poussaient a l'anarchie.
LE CARDINAL MAURY
Le reproche est grave ; mais est-il juste ?
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Ne pensez pas que je parle au hasard, j'ai bien étudié votre révolution. Cette étude convenait à mes goûts ; car nous conservons ici notre caractère et nos penchans terrestres. Je me rappelle qu'à la première époque de vos troubles civils il fut question d'établir deux chambres, c'est-a-dire de consolider le gouvernement par la division des pouvoirs, et de les
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maintenir en équilibre. Tous les vrais amis du roi et de l'état devaient soutenir avec ardeur un pareil projet; cependant les députés de la noblesse se réunirent aux plus violens de'mocrates pour le rejeter. Ferrières me l'a dit , et son témoignage n'est pas suspect *.
LE CARDINAL MAURY
Qu'en voulez-vous conclure ?
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Que l'intérêt de l'aristocratie l'emportait dans votre parti sur celui de la royauté ; que les crimes de la révolution sont en partie votre ouvrage; que vous étiez entraînés par des motifs d'ambition, et que vous, en particulier, vous n'aviez en perspective que le chapeau de cardinal.
LE CARDINAL DE RETZ
Passons légèrement sur ce dernier article. C'est aussi la guerre civile qui m'a valu la dignité de cardinal. Et ce n'est pas pour faire Papôtre que vous avez enlevé a la cour de Rome votre nomination.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
J'en conviens; mais la pourpre romaine était pour moi un moyen et non un but; j'en avais
* Mémoires du marquis de Ferrières. Ils font partie de l'intéressante collection de mémoires historiques imprimés à Bruxelles , chez A. YY alhen et Ce.
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besoin pour gouverner; je n'avais que des vues élevées.
LE CARDINAL DE RETZ
Vous aviez aussi vos petitesses. Vous ajoutiez foi aux horoscopes du père Campanelle > votre astrologue ; vous vous mêliez de faire le poète , et vous vous érigiez en connaisseur d'ouvrages dramatiques , vous ne pouviez pardonner a Corneille la gloire du Cid. Croyez-vous qu'on ait oublié que vous vous piquiez de bien monter à cheval? L'histoire a gardé le souvenir de votre équipage militaire , lorsque vous parûtes en habit de feuille morte , brodé en or , à la tê-te de l'armée de Piémont. On sait aussi que vous affectiez des manières galantes auprès des dames ; que vous présidiez aux thèses d'amour chez la duchesse d'Aiguillon , votre nièce bien - aimée. Marion de Lorme vous recevait clandestinement chez elle ; et vous avez , diton , soupiré pour Ninon de l'Enclos.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
J'étais homme , et je n'ai pas échappé aux faiblesses de l'humanité. Mais vos reproches me surprennent. Vous qui vous vantez dans vos Mémoires des faveurs de madame de Pommeroux, et de tant d'autres, vous devriez être plus indulgent. Croyez -vous que notre confrère n'ait pas aussi quelques peccadilles de ce genre sur la conscience ? On m'a raconté , a ce
sujet, des anecdotes assez plaisantes, il paraît que M. l'abbé Maury ne de'daignait pas même la Vénus vulgaire.
LE CARDINAL MAURY
Du moins je n'ai pas fait répandre de sang.
LE CARDINAL DE RICHELIEU
Plus peut-être que vous ne pensez. Mais je l'avoue, car ce n'est point ici le séjour de la dissimulation, j'avoue que je ne pense jamais sans remords à la destinée des victimes que j'ai sacrifie'es à mes ressentimens plutôt qu'au salut de l'état \ je voudrais arracher quelques pages de mon histoire : les hommes investis du pouvoir oublient trop souvent qu'il n'y a point de véritable grandeur sans justice et sans modération. Au fond , nous avons tous agi d'après notre intérêt personnel ; la seule différence , c'est que le mien s'est quelquefois trouvé d'accord avec l'intérêt général. Mais voyez - vous passer cet homme ! {V ombre de Fénélon paraît dans V éloignement. ) Voilà celui qui nous éclipse tous. Il voulait sincèrement le bien $ il aimait la vérité ; il a osé la dire dans d'immortels écrits 5 il est encore après sa mort le bienfaiteur des nations. C'est la de la vraie gloire! Que sommes-nous auprès de Fénélon ?
LES INCURABLES. l4L
N°. xxxii. — 16 août 1824.
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