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avec de pareilles gens. Que répondrez-vous à cela ?
Je réponds, sans hésiter, que si j'avais à rougir ce serait pour ceux qui confondent ce qui devrait être séparé; je rougirais pour un pays civilisé, où des hommes dépourvus de tout sentiment humain se déshonoreraient eux-mêmes en usant de leur pouvoir d'un jour comme d'un instrument de haine et de vengeance : misérahles qui n'ont que des joies féroces et des plaisirs de tigre !
Mais moi personnellement, qu'ai -je à voir dans cette affaire? Irai-je répondre de l'ineptie et de la hrutalité qui me sont étrangères ? Non , ma responsahilité ne s'étend pas jusques-là. Tant que la vie d'un homme est pure , que sa conscience est sans reproche , rien ne peut le forcer à rougir ; la honte n'est que pour les médians , là est le terme de leur pouvoir ; la honte est un supplice qu'ils ne peuvent ni infliger ni éviter.
DE LA PRISON. lit
Que sont , après tout , ces malheureux que je vois errer sous mes fenêtres couverts des livrées de la misère? ce sont des hommes ignorans qu'une société mal organisée a abandonnés à leur dépravation : nul doute que plusieurs d'entre eux ne fussent nés avec de bonnes inclinations ; mais le souffle aride du besoin en a flétri le germe et a desséché leur âme ; placés entre toutes les nécessités de la vie, ils ont voulu échapper à leur destinée , et ils sont tombés dans le vice. Combien me semblent plus coupables tant de gens qui font un si grand bruit dans le monde , et qui ne sont parvenus aux richesses, souvent même aux honneurs , qu'à force de bassesses et de crimes! Leur raison a été cultivée, ils sont assez. éclairés pour se connaître eux-mêmes ; mais leur infamie est opulente , leur opprobre est couvert de pourpre; le vulgaire, ébloui, regarde stupidement et salue ; l'honnête homme détourne la vue et méprise.