DE LA PRISON. IID
annonce que des querelles ont troublé la paix publique , et que, pour prévenir un pareil scandale, ]VI. Jouanin, maire de Vanvres, vient de faire suspendre la fête du village, de proscrire la musique champêtre , et d'opposer son redoutable veto à la loi immémoriale du pays qui veut qu'on danse à Vanvres le mardi-gras. Blin, s'il eût été sage, aurait obéi aux ordres du pouvoir; mais son sang était allumé , son imagination échauffée. La nouvelle qu'il reçoit le transporte d'indignation. « Ne pas danser le mardi-gras! cela ne » s'estjamais vu , cela ne se verra pas , dit-il, » en se levant soudain : suivez-moi, mes » amis, je danserai, nous danserons. »
Le père Blin exécute ce projet audacieux. Il se rend au salon préparé pour le bal : danseurs, danseuses, tout le monde l'entoure. « Que faut-il faire? » s'écrie-t-on de toutes parts , en s'adressant au Nestor des vignerons, a Danser, mes amis, réponditil d'une voix retentissante, danser! — Mais
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Tordre de M. Jouanin ! m Ici le père Blin se permit une réplique un peu trop leste, et faite pour irriter vivement un maire de village. Elle est ce que les Anglais appellent d'une indélicatesse extrême, et je ne saurais la transcrire.
Cependant la musique dispersée se rassemble sous de nouveaux auspices. Mon Blin , pour donner l'exemple et rappeler la joie exilée, s'empare d'une danseuse. On l'imite, le signal est donné, tout se met en mouvement. Mais le vigilant M. Jouanin , dont l'autorité se trouve compromise , n'était pas éloigné; il arrive bientôt avec la force armée et demande où sont les auteurs de ce bal séditieux. Tout se découvre , le père Blin, au milieu de son triomphe, est empoigné par les gendarmes; on rédige un procès verbal de prise en flagrant délit; le père Blin est traduit devant le tribunal de police correctionnelleavec deux des plus fougueux danseurs; ils sont condamnés à un