LE STOÏCISME
nleux que beaucoup d'autres auxquels on n'attache aucune importance; tout ce qu'ils peuvent faire , c'est de flatter l'oreille d'un sot, et l'on m'assure que cela est arrivé plus d'une fois.
La vanilè. N'ayant, point d'ambition , que ferais-je de la vanité? Ce serait pour moi une compagne fort désagréable, elle m'ennuierait à la mort; d'ailleurs, je suis par caractère très-peu enclin à cette faiblesse; je connais trop bien les infirmités de la nature humaine pour tirer quelque vanité d'appartenir à une si pauvre espèce. Je cultive les lettres par inclination, parce que cette culture fournit un exercice salutaire à la pensée; mais les fumées de la gloire littéraire ne m'ont jamais monté au cerveau; je n'ai pas, comme la plupart de mes confrères, les regards toujours fixés sur l'avenir. Je ne suis pas assez content de ce que j'écris pour espérer beaucoup do la postérité; elle méjugera comme elle voudra; je déclare d'avance que
ToM. I. /.« flcnniles^ 5". e'dit. la
îl^G LE STOÏCISME.
je n'appelle point de son jugement, qurlque sévère qu'il puisse être. Quant à mes contemporains, s'ils pensent de moi ce que je pense du plus grand nombre d'entre eux, je n'ai pas sujet d'être fier. Une seule chose pourrait me donner de la vanité, c'est ma prison; et j'y céderais peut-être si j'avais moins envie d'être philosophe.
La crainte de la douleur et des fers.
Ceci devient plus sérieux : le portique en parle bien à son aise; il prétend que la douleur n'est qu'une chimère, qu'elle n'existe qu'en idée. Il me semble qu'il y a quelque chose d'exagéré dans cette prétention; je ne me crois pas capable d'imiter ce philosophe qu'on pilait dans un mortier, et dont la dernière parole fut : « O douleur^ on ne me forcera jamais d'avouer que tu sois un mal! )i Tout ce (jue je puis promettre à la philosophie, c'est de m'armer de patience quand j'éprouverai de la douleur; mais si la plainte pouvait m'en débar-