‹ Les Hermites en prison ou Consolations de Sainte-PélagieChapitre 25 sur 45 · LA LIBERTE. I · texte numérisé non relu

LA LIBERTE. I

tre honneur les contraignent; nous sommes libres de lier les pieds de nos filles , dans leur enfance , de manière à leur en ôter Tusage à l'âge où elles pourraient en faire abus.

Notre grand roi Fo-Hi a défini la liberté l'ordre joint à la politesse , et c'est par-là que se distingue la nation chinoise. Quel étranger n'est pas frappé d'admiration en traversant les rues et les marchés de Kanton et de Pékin , au milieu d'une foule immense distribuée sur deux files qui marchent gravement en sens contraire, sans qu'aucun bruit , aucun embarras signalent leur passage. Si par ha$ar4 quelque étourdi dérange un si^bel ordre , le mandarin de police^ escorté de ses quatre bourreaux , est toujours là pour faire justice. Amené devant le juge ambulant qui s'accroupit dans la rue , sur un coussin qu'on porte d^rrière lui , le délinquant est dépouillé jusqu'à la ceinture et reçoit sur les épaules autant de dizaines de

T«il. I. htt HermiU» , 5*. é<Ul. \\

l3o * I-A LIBERTE.

coups de chambouc que le magistrat lève de doigts, pendant Texéciition. Le patiait se rhabille, salue le porte^chambouc, baise la main du mandarin de police, et se retire.

Tout cela se passe , de part et d'autre , avec une politesse , un calme qu'on ne saurait trop admirer*

'*-* Tais^tôi , vil esclave, s*^cria un Maràtte en brandissant sa sagaie; c'est bien à tôL, peuple conquis par quelques hordes de Tartares, qui ne sais te défendre qu'en élevant des murailles , et que l'on gouverne avec le bâton , qu'il convient d'élever la voix quand il est question de liberté ! Les hommes libres sont ceux qui choisissent leuçs chefs , qui font trembler leurs voisins , qui ne connaissent de lois que celles de la nature , la force et le courage ; he^ hommes libres ce sont les plus hardis pirates et les meilleurs cavaliers . du monde ; ce sont les Marattes.: il est vrai que notre Pesha ia le droit de vie et de mort sur I4

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. nation entière ; mais cet excellent prince n^en use jamais , et s'est contenté jusqu'ici de louer une partie de ses sujets y sur le pied d'une roupie par tête, à nos amis les Anglais qui ont la prétention d'être encore plus libres que n<His.

— Puisque cette espèce d'hommes , inter»

rompit dédaigneusement l'insulaire européen , a eu l'insolence de parler du peuple anglais ^ à propos de nos stipendiaires du golfe Persique , je veux bien prendre la peine de prouver ici non-seulement qu'il n'y a de liberté que dans les trois royaumes , mais qu'il ne peut y en a'voir ailleurs , car tel est notre bon plaisir. Personne ne niera, j'espère , que la liberté moderne n'ait pris naissance dans notre île, et que le titre de majesté donné au peuple anglais par lord Chatam ne soit la conséquence de sa sou« veraineté proclamée d'un bout du monde à l'autre par la victoire. Si nous avons conservé à notre cbef le nom de roi , qui dé-

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vrai que la liberté soit le fraît de la plus haute cfivilisation , des plus ancien^ feouveuirs , et de la gloire la plus élevée à laquelle aucun peuple ait jamais atteint , k France doit en être la terre classique.

C'est la liberté qui présidait il y a trois mille ans à la fédération des républiques gauloises , et qui consacrait la pierre du serment autour de laquelle se réunissaient leurs députés ; c'est elle qui présidait aux assemblées du champ de mai , et qui élevait le pavois où le plus brave était porté, con-^ sensu popiilL Quelques siècles du régime féodal l'avaient exilée du sol français ; mais la philosophie et la victoire ont ramené la liberté dans sa patrie; elle y règne sous Fémpire d'une charte constitutionnelle où les devoirs du prince sont dictés , où ses droits et cfeux du peuple sont garantis :

parmi nous les hommes sont parfaitement égaux devant la loi, les impôts sont également répartis , les ministres sont responsa-

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t)les, le pouvoir judiciaire est indépendant, les juges sont inamovibles, et tout citoyen qui aime son pays, (pii contribue à sa prospérité par quelque industrie ou quelque talent, qui l'honore par quelque vertu , vit heureux , libre et considéré sous la protcfilîon des lois.... A ces mots un grand éclat de rire partit de tous les coins de ma chambre ; mes hâtes disparurent tous , et leurs voix réunies répétaient, en se perdant dans les airs : il est & sàiirTE-p^Li.GiR !

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