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comme lui au supplice de rexpo&ition pu* blique dans tpusjes quartiers de Paris, for<* çé d'aller à pied à Poissy et d'y faire le métier de chapelier , aurait bien trompe l'espérance de ceux qui l'auraient ainsi traite. U aurait considéré tout cela comme une mauvaise plaisanterie. Je suppose que c'eût été Ârien ou Simplicius. Il se serait ainsi rai-r sonné lui - même, a L'esclavage du corps , D c'est l'ouvrage de la fortune ; et Tesclâ- » vage de l'âme , c'est l'ouvrage du vice.
» Celui qui a la liberté du corps., s'il a « l'âme liée et garrottée , est esclave ; et œ- » lui qui a l'âme libre a beau être chargé » de chaînes, il jouit d'une pleine liberté ". » J'ignore si j'arriverai jamais , malgré ma bonne volonté , à un si haut point de perfec^on. Le stoïcisme ordonne de se garder de la colère comme d'une passion funeste et
' Ârien, page 36.
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taut-à^ait indigne d'un philosophe ; quant à moi, je voudrais comme Alceste pouvoir pe^er à mon ai&e contre le genre hu»
main. Il y a des choses auxquelles j'ai beathcoup de peine à m'accoutumer. Il faut qitè j^. veille sur moi-même avec grand soin ^qr répriniier Texplo^on de mes senti»* ^ens ; ils sont toujours sur le bord de mes Jèvr^ ou au bout de ma plume ; mais j$ me discipline , suivant le précepte de Cratès, le mieux qu'il m'est possible, et je ne désespère pas de devenir aussi patient qu'Épie^ tète lui-même.
Ce qui me coûte le moins pour devenir un sage parfait, c'est le pardon des injures. Mes haines sont fugitives, elles passent plus vite que le mépris. Les doctrines du poF*^ tique ne défendent pas de mépriser ce qui est vil, et je m'y tiens; dans le temps oh nous sommes , assez d'objets suffisent audédain pour occuper suffisamment les loir
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sirs d'un-honnête homme; je n'en demande pas davantage.
Le portique interdit à ses disrâpies Vaxabition , la vanité; il ordonne de ne craindre ni la douleur, ni les fers, ni la mort ; en un mot , d'être toujours le même dans toutes les circonstances de la vie. Reprenons ces préceptes i'un après l'autre, et voyons si je suis en état de m'y conformer.
L'ambition. C'estune maladie dont il ne me sera p^ difBdIede guérir. Si j'avais un grand pouvoir, je ne saurais qu'en ftùre, ce serait pour mo: un véritable fardeau; je le porterais peut-être quelque temps pour faire' le bien, si cela était possible ; mais il me tarderait d'en être débarrassé. Serait-ce l'honneur que les hauts pouvoirs confèrent qui pourrait me tenter? J'aimerais mieux, honorer ma place que si ma place m'honorait. Serait-ce le plaisir d'être appelé monseigneur ou ^otre grandeur? Je ne trouv pas que ces mots aient un son plus harmo-
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nieux que beaucoup d'autres auxquels on Détache aucune importance ; tput ce qu'ils peuvent faire , c'est de flatter l'oreille d'un sot, et l'on m'assure que cela est arrivé plus d'une fois.
La i^anilé. -N'ayant point d'ambition ^ que ferais-je de la vanité? Ce serait pour moi une compagne fort désagréable , elle m'ennuierait à la mort; d'ailleurs, je suis par caractère très-peu enclin à cette faiblesse; je connais trop bien les infirmités de la nature humaine pour tirer quelque vanité d'appartenir à une si pauvre espèce. Je cultive les lettres par inclination, parce que cette culture fournit un exercice salutaire à la pensée; mais les fumées d&la gloire littéraire ne m'ont jamais monté au cerveau ; je n'ai pas, comme la plupart de mes confrères, les regards toujours fixés sur l'avenir. Je ne suis pas assez content de ce que j'écris pour espérer beaucoup de la postérité ; elle méjugera .comme elle voudra ; je déclare d'avance que
Ton. I. T^s ffermites, 5". édit. la
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je n'appelle point de son jugement, qudque sévère qu'il puisse être. Quant à mes contemporains, s'ils pensent de moi ce que je pense du plus grand nombre d'entre eux, je n'ai pas sujet d'être fier. Une seule chose pourrait râe donner de la vanité, c'est ma prison; et j*y céderais peut-être si j'aVais moins envie d'être philosophe.
La crainte de la douleur et desfirs.
Ceci devient plus sérieux : le portique en parle bien à son aise; il prétend que la douleur n'est qu'une chimère, qu'elle n'existe qu'en idée. Il me semble qu'il y a quelque diose dVxagéré dans cette prétention; j'é ne me crois pas capable d'imiter ce philosophe qu'on pilait dans un mortier , et dont la demîèré parole fut : « O douleur , on ne me forcera jamais d^avouer que tu sois un mail lo^Tout ce que je puis promettre à la philosophie, c'est de m'armel" de patience quand j'éprouverai de la douleur; mais si la plainte pouvait m'en débâr-