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tenir de vous quatorze sous au lieu de sept ^'on a doublé votre permission* Les parens mêmes du détenu sont souoûs à cet impôt.
Une mère ne peut venir pleurer avec son Gis 9 une femme ne peut embrasser son mari satjs la j)ermission de M. Cléau et sans avoir soldé son compte. Le fisc spécule sur la tendresse et sur l'amitié , sa pompe aspinmie est toujours en nK)uvement. Mais vous, qui êtes l'oracle de notre barrea^i, et qui parcourez sans vous ^arer le dédale de nos lois,, dites -moi , je vous prie, si cet impôt d'une nouvelle espèce est bien lé^
-*- Je suis sûr du contraire ^ et en voici les raisons : la loi sur le timbre porte que ceti^ contribution s'établit sur tous tes papîeiis destinés aux actes civils et judiciaidres, et aux écritures qui peuvent être produites en juMice et y laire £bi. On ne peut donc légalement appliquer la loi du tinds^e h
ToMK I. ttt Hermites , 5«. édit.
d'autres actes. Cela est si vrai qu'il a fallu des lois spéciales pour l'étendre , par exemple , aux billets de loterie.
— Voilà donc un abus de pouvoir bien constaté , une contribution illégalement imposée, et quelle contribution! Vendre les droits qu'on tient de la nature I vendre à un iils le droit de consoler son malheureux père ! Ne vous y trompez pas ; cet impôt, librement voté par la police ^ rappprte des «ommes considérables.
— Cela doit être. En quittant M. Gléaii, et en traversant la pièce qui précède son bureau, j'ai vu qu'elle était remplie d'hom.^ mes et de femmes couverts des haillons de là pauvreté. Us venaient dép^fter entre les «nains de l'employé de l'administration de la police les trente-cinq centimes qui auraient acheté le pain de Ja journée. Si l'on considère la foule des déténus qui peuplent les prisons de Paris , le npmb|:e encore plus
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grand des visiteurs , surtout depuis la loi sur la liberté de la presse , on se convaincra facilement que l'impôt des permissions timbrées doit produire une assez forte somme.
Je regarde cette perception comme un abus, et j'avais presque envie de dire à M. Cléau : Mais^ franchement, monsieur, il vaudrait mieux mettre sur votre porte bureau du timbre que bureau des prisons.
— M. Cléau n'y peut rien. Il remplit son petit ministère avec conscience , et même avec politesse. La responsabilité doit tomber sur ceux qili^ sans le concours de l'autorité législative , ont étendu arbitrairement la perception de cette contribution. Mais je parle de responsabilité comme si ce mot n'était .pas vide de sens aujourd'hui. Peutêtre reprendra "»t<- il . plus tard quelque signification. £n attendant l'abus subsiste , «t vous. ne pourrez voir un prisonnier sans payer sept sous à M^ Cléau^
J'en élM là de ma eonyersatîon av«c M. Dupin y lorsque mon compagnon de captivité prit la parole. « Nous n'^i fini* rions pas si lums voulions parier d'abais. »
liat^sûcis M. iDopin satisfaire sa cmàoâté. H semble regarder avec attention quekpies* uns des détenus pour detijes qui dans ce momef^ occupcmt notoe cour, ou ^ si vous Taimez mieux , notre jardin.
— Quoi ! c'est là votre jardin ?
.^ Oqi : la 'jouissance en est partagée* La poiit'uine s'y promène depuis six faeui« du matin jpsi^'ii midi ; alors la dette s'mi empare , et ne ie q\»ite :qu'à <{uatre heures. Depuis ee moment , jusqu'à sept heto-e», la politique peiit y rêver à son aise.
.«• Dite&4noi , je vous prie ^ quel ^est o« vieillatd à cheveux blancs , d^tme fdiysio* nonrie distinguée, ^^tu dime redingote bleue. Je le vois qtii se pfùmèiie ^eui d'un air assez triste^ • :<■
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-— GeBt M. h marquis de la Hoche- AymoD dont le procès en interdiddon a fait quelque bruit dans la société. Cest un lieu«ténaot-^néral qui, dans les temps les plus orageux , a servi la cause royale avec dévouement. Son fils est pair de France ^ ses .parens occupent à la cow de hautes cbar§e$ , et.il est à Sainte-Pélagie*
— Je plains ce vieillard , il a l'air v^é* rable et résigne.
— -> Il inspire de Fintérét i tous ceux qui le v^nt. Mais il ne vient point ici d'homme» de cour. M. le marquis de la Rocbe-- Aymon ne serait pas à Sainte-Pébgie s^il appartenait à une rtclie&mille de plébéiens.
•««-Ces détenus sont-ils assug ettis. aux mê^ mes mesures de précaution que tes autres prisoBnîers ?
— » Le traitement est le même à quelque ^iiose prâs. U ont de phis que ks autres la fiiculté de recevoir inifislinctement dans leur
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chambre tous ceux qui leur rendent visite.
Mais on les surveille avec une attention d'au-
tant plus scrupuleuse que le concierge de la maison est responsable envers les créaxH ciers du montant ds^a dette: de cek» :<pi^ji parviendrait à s'évader, et cette responsabilité est plus sérieuse que ceile des ministres.
— J'aperçois parmi eux des hommes qu'à leurs manières et à leurs vêtemens on prendrait pour de simples ouvriers.
— Vous. ne vous trompez pas.. Il est tel de ces prisonniers qui n'est détenu que pour cent dnqiiante ou deux cents francs. La contrainte par corps n'avait pour objet que la sûreté du commerce , et parmi ces deux cents prisonniers vous, ne trouverez peutêtre pas. dix commerçans. Ceux-ci s^nt trop adroits pour se laisser arrêter; Us savent comment on transige avec, des créanciers. Jja rigueur de la loi ne tombe généra-
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lement que sur des hommes étrangers aux affaires , et qui ont eu Timprévoyance d'endossier et de signer des lettres de change.
C^est ce qui était arrivé à M. le marquis de Montchenu.
-^Qui donc? le marquis de Montchenu, commissaire du gouvernement français à Sainte^Hélène ?
-*- Lui-même en personne ; ses créanciers ne lui ont pas tenu compte du voyage qu'il a entrepris, et l'avaient inhumainement écroué à Sainte-Pélagie. Je dois ajouter, pour rhon-neur de qui il appartient , qu'il n'est resté qu« trente-six heures en prison. Si je ne craignais de vous donner une mauvaise idée de mon caractère , je vous dirais que j'ai regretté qu'il fût sorti de cette maison lorsque j'y suis entré; je n'aurais pas été fâché de voir la figure que faisait en prison un homme q:ai doit si bien se connaître en captivité.
-—Son captif a bien souffert dans sa pri-
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son. Mais vous , comment vous trotrv«vons de ia vôtre?
.-^ Personnellement nous aurions tort et nous plaindre. Noos devons au concierge de Sainte- Pélagie cette justice , qU'il n^a rien bit pour aggraver notre position ; il est même probable que les abu& que nous avons remarqués dans le régime de la prison seront pris en considération par rapulorité. J'en juge par «né convcrsaiion.
particulière que j'ai eue avec M. Bonneau ^ Thispecteur général. Il serait difficile de montrer plus.dliuraanité et d'amour dé la justice. Mais , si les obstacles viennent de plus haut, il échouera.
— Que nous veut ce gardien qui s'avance vers nous ?
— Il vient nous avertir que les heures consacrées à la réception de nos amis sont écoulées. Nous allons vous accompagner jusqu'à cette porte ; vous nous excuserez si