‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 20 sur 86 · B MA CHAMBRE · texte numérisé non relu

B MA CHAMBRE

rètée par les hommes de la terreur en ijrgS j et ne prit le acnn de Bonaparte (jii'.ea 1797- -^ Mais avant , elle portait celui de son premier mari y et ce mari s'appelait Beauhârnais ; ce ^i s'accorde tout aussi bien avec le mono* gramme dont vous cherchez. l'explication. »

Cette observation , dé)k si conciliante , se trouvait fortifiée de la certitude que madame de Beaukamais fut en effet retenue plusieurs mois k Sainte-Pélagie dans le corps*^ de -logis que j'habite ; et tous les r^nseignemens que je suis parvenue me procurer, toutes les circonstances que je rapproche, ont achevé de me convaincre que ma cellule était consacrée par le doux souvenir de l'auguste et bonne Joséphine. Cette pensée me rajeunit de trente ans, et je me reporte k ces jours de deuil et de fureur ou le pouvoir , aux mains d une faction stupidemeiit féroce , poursuivait au nom de la patrie et de la liberté leurs plus nobles et leurs plus zélés défenseurs.

Je vois, au milieu d'une nuit affreuse, une jeune femme, plus belle encore de sa frayeur et du simple appareil dans lequel elle a . été surprise, amenée sous ces voûtes obscures par quelques forcenés que $es pleurs n'ont pu fléchir. On a refermé sur elle les terribles verrous; je la vois assise et muette auprès de cette fenêtre oii j'écfis, et j'éprouve tou^ les^ sentimens qui houleverdeni i^p; ^ipe. JEJle, parle ^jç l'écoufe.

« Pourquoi cette prison ?. . . Femme d*un guerrier patriote , dont Tëchafaud vient de payer la çloire et les services , quel crime aije commis? M'a-t-on arrêtée sur là terre étrangère? Ai-je lié ma destinée aux ennemis du nom français ?••• Non, non; f avais placé mes douces affections où la patrie avait marqué mes devoirs ;.. et pourtant je suis arrachée mourante du sein de ma famille , et je viens attendre , dans les fers , Theure 'd'une inort affreuse qui a déjk sonné pour tant de victimes innocentes ! » Elle pleurait, et ses regards si tendres tombaient avec effroi sur les objets sinistres dont elle était entourée. Insensiblement le trouble de son cœur s'apaise ; elle a l'air de prêter l'oreille k une voix intérieure qui la conso<* le , et le sourire d'une lointaine espérance vient* d'effleurer ses lèvres.

L'aimable captive tire de Bon sein une espèce de talisman où sont gravés ces mots en carac-* tcres hiéroglyphiques : Tu gémiras , tu souf^ friras , espère , attends , tu seras reine if un grand empire, « Pauvre Anica I s*écria-t-elle , après avoir relu cet oracle , bonne mulâtresse qui m'as nourrie de ton lait , la moitié de ta prédiction est accomplie ; mais quelle puissance au monde pourra jamais réaliser l'autre?... Espé- , roDs cependant , attendons : tes pronostics ne m'ont point encore trompée. »

On sait par quelle série d'événemens prodî-

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giéxïx la fortune a pris soin d'accomplir Foracle de la mulâtresse , et de conduire en quelque sorte par la main l'adorable Créole de la Martinique, de la chambre, n*. 4, k Sainte -Pélagie, sur le premier trône du monde.

On aurait tort de croire qu'un pareil exemple fïït capable d'éveiller mon ambition, que je pusse me flatter j en partant du même point, d'arriver un jour au même but que mon illustre devancière : Premièrement , on ne m'a ja-« mais prédit que je dusse être roi ; et je dois le dire franchement, pour décourager les peuples qui pourraient songer k moi, c'est un état pour lequel je n'ai pas la moindre vocation.

Depuis 1795 jusqu'en i8i5, il est certain^ que ma chambre n'est pas restée vide; cependant elle ne m'a redit les noms d'aucun des hôtes qu'elle a reçus ; mais k cette époque si tristement mémorable , elle m'apprend que le 21 avril ( je me souviendrai de cette date), un petit homme de moyenne taille , l'œil vif et noir , au teint basané , prit possession , en pinçant ses lèvres minces , de^ cette même cellule, n®. à, dans le corridor rouge. Cet homme était Mina , ce fameux chef de guérillas, qui défendit avec tant de courage et jde persévérance sa noble patrie contre le vainqueur de l'Europe et son héroïque armée. A son retour de Tlle d^EIbe, Napoléon , instruit

4a HISTOIRK

que Mina se trouvait k Paris 9 fit arrêter ^ au sein de la paix , le guerrier espagnol qui avait si souveot attristé nos victoires dans le cours d'une guerre injuste y dont le dernier résultat devait être si fatale à son auteur.

Dans cette retraite oii languit un mois le héros étranger, et pendant laquelle il amassait peut-être la vengeance qu'il a méditée depuis, il eut le temps de rappeler a son esprit tant de grands souvenirs auxquels l'histoire associera son nom : les mots de Salinas y de Fittoriay des Carrascalesy qu'il inscrivit sur la muraille, au-dessous de ceux de Ocagniay Talui^éray qu'use main française j avait tracés sous ses yeux , forment une réponse touta-fait digne de la fierté castillane.

J^e général Espoz y Mina avait k Sainte- Pélagie pour compagnon de captivité M. de Torreao, que la cause de la liberté constitua tionnelle compte afi nombre de ses défenseurs.

La prodigieuse activité de Mina s'arrangeait mal clu repos de la prison , et la promenade sur les quatre cotés d'une cour trop peu spacieuse po^r un aussi vaste établissement ne lui, offrait qu'un insipide exercice : il imagina de transformer en jeu de paume la galerie couverte qui s'étend sur un des côtés du parallélogramme , et l'on y voit encore les peintures dont il a orné la muraille aux deux extrémités dé la galerie.

DE M^ QHAMSflE. 4}

ij^ê terribWs évIuem^DS du mois, dl^ yam iSiS €»uv¥irc»t ta genisral MioA' ks portes de sapHeofi el »«ii €elks de sla padcie : itavâit gloiienAemenl-^ombatUi? pour la oause d'un roî: ndiiiHBMl el o^ivtitttlfteiUMl f FerdinaiMt réteblir siMT soB traite el? tvoalàB<< se ressaisir d'un sceptre absolu, .embrassai, dans, sa disfiBâoe , tù^ les pertifiass d'uae ooustitiilioiir qui Usiiliiit le ponToir Toy^* L'insnmeeliozi' qu^oir a()[i0}ait alors k Madrid la révolte de l'île de Léon ra*niiftB kstèspénasées duibériosdS'IftGatiilttpiè; it quitta- kfFoaiioe' ett. u&sa et separutr sûr ieft b^rda de TEhiier, çu il est en ^e^ nunaetitf un des plus. paissAOSi ar hîjtresi des djesthiées de sa^ ptCrie*

.Lar cellule 'qiie* le ^soéiaL étjpanger Mto^ laissak taoante- fut quelques; jours apïèsocou*» pée par ribiontUné- géuéraU freufiais Bonnaire; QoaHe; destina bctllaute efr déplorable ! Uo* sqldi^' de dixr-sepc ans sort^ dfud^ yillage du département de rAîèue- en» i^'pj^y e& se firàie^ l'épee *k là maiiu:, la? rouie* aux honueursi dès canpsf de' cbau^' de- bataille eor ^mp' de bataille: ^GférardiBeQttmre dévient' géràral) de brigade-^ tomber sou» uu' boulet espagnol' dans la-Gampa^m de- iâ'i3.,et se relève cnielle-»* mâiiti blessé pour allen preodre déu» ans^après la couuuandemeiiè de la place de Coudé ^ que lui avait confié Napoléon pendant les ceut jours. Bonnaire y commandait encore lorsque 1 - 5- '

des sMàf/Ê 4e» la«^gariiîson happèrent \Bt mort un 'oAcwiî' français qi}i fyûrmV'^ttii^>nom des alliés proposer fa la garnisennde^isé reii<éfe« Un arrèl de mort fut rendu par rai conseil de guerre contre l'aid^-^e-^oaÉnp Miéton ^ aoeusé dWoir ordonne oette action^ dëâojKale*^ •et te gënëral Bottnaîre, si. noblemuntMieti si vive^ ment défendu par Gliauvean^Lagarde^fnt con-^ damne k* lA peine infamafite> de» ki déportation* '• f

Amené À Sainte-Péls^ie «près l'affreuse dé* gradation qu'il subit au pied de cette colonne triomj^ale^ la gloire ayait inscrit son nom et ses lexpIoUs , il ne put survivre, aux douleurs physiques et morales dont il fut abreuvé ^ et mourut après deux mois d*agonie j les mots honneur et putrU sont les derniers qu'il pro- ' nonça en cherchant d'une main défaillante cette étoile des braves qu'il ne trouva plus sur sa poitrine tant de fois sillonnée par le fer ennemi* Ma chambre reçut ses derniers 30upirs«

J'ai dit que le premi^ et le plus «récent souvenir que m'av^t rappelé ma .cellule était ce* }uî..d^ ^iq^l^ire qui lui avait donné la fonne et l'apparence d'uiie jKente^ qu'elfe conseirsre encorçi» Qçr militaire ^ fe colonel Aimé . Duvergiçjç,,f^qul. Avait été jçofidanuié.k cinq ans de dé^AtÎQP çpnfime, instigateur ou» çomjàice des inmkksAiwoisde.j^^ ,.

J'abaçdQuae au \kxf^9: t% k ^'histoire le jsoin

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