‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 21 sur 86 · DE MA CHAMBRE · texte numérisé non relu

DE MA CHAMBRE

Ae rëTÎser ees procès d opinion sur lescpiels' la justice ne* prononce qu'après avoir entendn la politîqiie chns Fimérèt de Fàntoritë : en pn-^ reille cause, m dëiensieur prisonnier Ini-même pônrrait avec Tàilon être aspect de partiaflit^.

€e né voi&daÉs*le colonelDuvergier que mon prédécesseur presque immédfat dans le petit local où je snis* idaîntenant cefnfiné. Cet officier avait tri^nie-^nx ans k Pépoqne où l'atteignit Parrèt qui le condamnait k cinq années de ré-^ clftaion-; ce hips de temps perdu pour toute espèce de gloire lui paraissait bien long ; sa première idée Alt fin entrant k Saiute-Pélagie, de chercher les moyens d'en sortir ; il y rêvait depuis dix mois , et s'était vu forcé d'abandonner successivement tous les projets d'évasion qu'il avait conçus, lorsqu'une main amie vint kson secours et aplanit les obstacles contre lesquels sa patience et son courage étaient près d'é^ chouer.

Cette entreprise , que j'envisage uniquement sôus le point de i^ue dramatique ,' fait trop d%onneur au cœur et k l'esprit de celui qui l'a conduite pour qu'il me soit permis d'en passer sous silence lés principaux détails.

Un jeune ami du colonel Du vergier^ M. Eugène Pradel y était k cette époque retenu ponr< dettes k Sainte-Pélagie, dans un corps de 'logis entièrement séparé de celui qu'habîteiit''les prisonniers pour délits politiques : ks uni- et les 1 3..

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autres loaisséQt k des hatti*es diffëreni^s du plaisir de la psomeuade dan$ uui \axjii^ co^iaud , oàrnls ae voidDt siws, pouvaÎF J9ini£iib> so r^ncoor tren

Le6 pri$0DQiers ^our delt^ so^t traiter avec moii» de rigueuv qse lea^ aul|ie«.^ aiv. gv^iod regret de leurs ei^TCier&,. espèce d^homoaes dont le cœurest pbla dur eucoâre que coljui, des geàliers. Les prisMiûeirs pour dettes cofuinumquent par écrit avec les pessooiies du; d^biors ; leurs antis'9 leurs parens peureof lea voùr daus leur ckambre y ^ toute heure du jomv ,

Depuis u& mois M. Eugène de Pradel correspondait avec sou ami le colonel Duv^rgier s par des moyens fort ingéniisux , sur le projet de son évasion» La veille du jour fixé pour rexécùfiion , le colonel écmvit k soa aaii : « Je ne puis Aie décider k partir s^us nson grenadier (ce grenadier était le capitaine Laverderie) ; faites-moi savoir , mon cher Eugène , si vous croyez pouvoir nous sauver tous deux.^ sinon je reste. )> Cet incident, qui doublait les difficultés de l'entiieprise ^ ne fit qu'accroître le zèle et le courage de ramiiié.

Le premiei: obstacle^h vaiofsre él^\t,y pour les dchix détenus du corridor rK)uge , de passer du corps de logis ou ils étaient détenus , dans celui qu'habitent les prisonniecs pour dettes. Voici comment ila y parvinrent»

Le 25 décembre y jour de Noël^ k une heure

DE HÂ CHAMBRE. éj

après midi (c'était ceUe o& les détenus pour dettes iretiaieQt alors retnplaoer au jardm les condamnés éè la politique ),>le colonel Duvergier et le 'capitaine Laverderie penriemient k se sou^Kaire-'k la TÎgiialkiee du gardien y et resteot*t(adiés dans lejait^ttin qui s'ovwe aux piisonniet^' du «comutteroe «n wenient après que ks aWi^S^eu sotA sortis* Èta isifiial convenu, ils se glissçut dans le bfiitnnsiit de ladeUett vont 3t rëfûgter dans la GhainiH*e d*un ami commun ( M. Marciiebout ) cm leur ange tutélaire ne tarde pask les joindre*

Jusque^lk l)ss deux JnBgiti& n'avaient encore changé que de gardiens et de verrous» Sur-* le- champ on procède k leur déguisement ^ les énormes favoris du ct>londi disparaissent soiis le rasoir ; jl en reetieille avec soia les débris qu'il renferme dans une lettre k l'adresse de madenioilselle de. • . • ( quelle i^iscrétion j' aillais Çdfmnéttre i ) La métaïUorphose est com*plète $ les AevLt prisonniers sont mécoanaissallés et peurent sortir sous les traits de deux visiteurs supposés « au nom desquels M. de Pradel s'est procuré les permissiofla qu'en délivre , en les payant, k la prélecture de police.

Ces permife^ons, dé]posées en entranl; par les visiteurs entre les mains du guichetier de l'intérieur , leur sont remises k k sortie* L'emhar^ ras était de placer les pennissions des d/snx personnes <pû n'étaient pas entrées au nombre de

celks queJe gardien avait reçues y et sans la remise desquelles tonte évasion devenait impos- -âiUe.*. Eugène, qui depuis quelques joui*s s^é- .tait rendu fanûlser av«: les gardien» , moins encore par de petites largesses de vin et de ci- -^ares qu'en leur montrant quelques deasins qu'il r avait achèves dans sa prison y descend cette . fois son album sous le bras, le. tire de son étui^ . et pique si viyement la curiositë du gardien chargé des pétitions j que celui-ci le prie en grâce de lui permettre de parcourir ce recueil : Eugène y consent de fort bonne grâce ; et ^ tandis que l'argus admire les petits chefs-d'œuvre qui passent sous ses yeux ', de son côté M. de Pradel parait surpris du grand nombre de personnes qui sont venues en visite , et dont cet amas de permissions atteste la présence ; « il » s'étonne que le gardien les laisse ainsi sur la » table au risque d'en égarer quelques-unes ; k » sa place il aurait un porte-feuille, ou plutôt » un étui comme celui de cet album. • • • • » et y en disant cela , il prend les permission» et les fint couler dans l'étui, oii il glisse en même temps celles des .deux inconnus. Le gardien trouve l'invention parfaite, et se promet bien it demander un porte-feuille k l'administration , et même de l'acheter k ses frais si oâ le 4iitTefttse* Gardez le mien , lui dit Eugène en lui fjrappant sur l'épaule d'une manière trèsamicale; le gardien se confond en remercimens*

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