‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 35 sur 86 · LE DOYBN DES VOLEURS · texte numérisé non relu

LE DOYBN DES VOLEURS

Le père Tristan ^ ^ ce rieilUrd presqpe cen*^ ténaire qui a tu passer tabt de ^nërations àt voleurs, en est iin excéiple frappant ; .il ne jette sur sa longue vie que des regards de compkisaéce^ et se flatte de l'espoir de faire encore parler de lui avant sa mort. Son père^ 4it^il, a vécu cent vingt-cinq années, sa mëre cent quinze; de sorte qu'en prenant le terme meyen , il compte n'abandoitûer sa carrière qn'k l'âge de cent vingt ans» ' Tristan était couvreur de profession ; il avait déjli quarante ans, et aucune action honteuse n'avait souillé sa vie. Un jour qnll grimpait sur un toit dans la rue Saint-Honoré, il aperçut par une fenêtre ouverte une superbe montre d'or suspendue k une cheminée ; il éprouva une tentation violente de s'approprier ce précieuic bijou, et il n^ent pas la force d'y résister : Foccasiôn était favorable j il se gtissA furtivement dans la chambre , et enleva la montre. Dès-lors ce fut un homme perdu.

Le produit de la montre lui donna le mo;f en de vivre quelque temps dans l'oisiveté. Ce gepre d'existence lui parut doux; il perdit l'habitude du travail, seule garantie de moralité dans les classes inférieures : le voilà qui hante les tavernes , fait connaissance avec de mau-^

*It ne ééiigaete tiêiHard que par son préôooi. Il a^ m*a*t-on ^t, une famiUe et; des parens bonnétet.

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vais garnemeos y et se trouve bientôt initié dans tottt les secrets de la profesMon.

Tcistan avait quelque lecture et ne maa^ quait pas d^esprit^ il se fit un système de doctrine k s<m usage : au moment oh j'ëcris il est encore prêt k développer sa théorie ^ et h expliquer sa conduite* « Je sais, disait- il k un » détenu pour délit. politique de qui je tiens » ces détails, je sais ce que le monde pense » de moi $ on me traite , j'en suis sur, ayec » sévérité y l'on me regarde avec horreur ; cela )» ne me serait pas arrivé ai j avais vécu k » Sparte : mcm industrie et mon intelligence » auraient excité l'admiration de mes conei- » toyens.

» Vous croyez qu'il n'en est' pas ainsi en )) France! Cela est vrai, pour de petits vo* » leurs comme moi ; mais si j'étais un grand » voleur ce serait auti^ment; eussé-je ruiné » d'un seul coup cent familles y si j'avais » mis k l'abri mes millions, soit en les pla- » çant àajfs les fonds étrangers , soit en les fai- » sant passer sur le compte de ma femme , |e » ne serais point ici; je me promènerais tran- » quillement dans- mon carrosse , ' k la barbe » de mes créanciers ; je donnerais des bals ma— » guifiques, je serais peut-être même k la tète » de quelques gros emprunts, de quelques )> bonnes fournitures : qui sait si des conseil- » 1ers d'état ne me. parleraient pas avec res-^

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