‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 40 sur 86 · PETITE · texte numérisé non relu

PETITE

Rapprochons du moins dans cet écrit deux amis si cruellement séparés.

BÀBOiNBT ( Alexandre ) ; né a Grenoble y élève national du lycée de cette ville y et maintenant âgé de vingt-^inq ans , débuta ^k quinze ans et demi dans la carrière des lettres; Quelques avantages obtenus sur les Autrichiens qui entouraient Grenoble en i8i5 ,^ enflammèrent la jeune imi^ination du petit lycéen ; il improvisa, dans la nttit même qui suivit ce succès ^ sous le titre les ^autrichiens à Mtmfmilion y une petite pièce en vaudeville, dont la représentation , ordonnée par les autorités ci* viles et militaires, fut reçue avec transport par les compatriotes de Barginèt qui le demandé** rent k* grands- cris. L'enfant«*auteur fut amené sur la scène , oiL le public lui psodigua tous les genres d^encouragement et de félicitation.

Depuis' ce moment Barginèt s'occupait de littérature et avait commencé des études sérieuses que vint interrompre le retour de File d'El^ bè« Une particularité singulière , et d'autant plus remarquable qu'elle • se : rattache au plus grand événement du siëde ^ c'est. que le feune Barginèt, sur la route de Lamnre k Vizille ^ «ut avec Nap(4éon. une. conversation de quelques minutes , dans laquelle le petit, écolier donna 4 l%orame des - prodiges ( comme l'avait btaptîâé M. de Fofitanes ) des renseigaemens

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topographîques qui déterminërept Napoléon k se rendre le soir k Grenoble.

Barginet suivit l'empereur k Paris ( qu'on n'oublie pas qu'il n'avait que seize ans alors )| il y reçut un brevet d'admission k l'école mi^ litaire de Saint-Cyr, comme él%ve national , et fut même dispensé de fournir le trousseau , formalité jusqu'alors indispensable ; mais il préféra entrer dans le régiment des flanquénrs corses venus de File d'Elbe avec Napoléon ; il j fit la terrible cainpagne de i8i5y et fut blessé k Waterloo.

M. Baiigiiiet , arrivé k Paris ^ en 1817 ^ pomr y reprendre le cours de ses études , publia successivement plusieurs écrits qui tous attestent un esprit indépendant , un cœur noble et un talent flexible : je citerai ceux qui ont obtenu le plus de succès.

La Guerre de Uxris jours y poëme en trois ,chanW y k Poccasion de l'afiaire de M. Bavous.

1 Généalogie critique et littéraire des maisons de Croï-Chanel et dé Croire' Battre. ~£aNuii de Sainte ' Hélène. ^— Uj4po(u»fypse dé iSai. j-^ De la reinfi d'Angleterre et de Napoléon Boh naparte , tous deux morts d'un cancer à Pesto^ mac. — Considérations poHtiques et religieuses sur t émancipation des Grecs* : La dernière brochure j publiée par M. Barginet y a oour titi'e : Béstoire- véritable de

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Tdken-'Tehéon'-li ^ iBandartD l^Xtvi. Elle offrait sous des noms chinois Tbistoire d'un ministre aujoard'hui disgracie et des personna^s qui ont eu le plus de part a son administration.

C'est pour la publication de cette satire allégorique que M. fiargtnet a été c^mdamné k quinze mois de prisott et b 5^oo francs d'a-^ mende.

Conduit il Sainte^Pélagte , c'est dans le cor« ridbr de la Délenikm , qu'il a. vu s'écouter les cinq premiers mois de sa captivité; il fut forcé d'y revêtir le honteux costume réservé aux mal- Êiiteurs , et réduit V boire Peau fétide , \ manger h pain noir que Vom accorde aux prison-

M. Barginet a enfin obtenu ta faveur de des-cendre dus lé corridor Rouge; il s'y oecnpè d'un recueil de Traditions dawpkènaises , qn^â a l'iDtentîoQ de publier sons le titi« de MoniagnoMles^ Ce sont des petits poëmes en p«08e> dans le genre d'Ossian , dont ies sujets lui O0t élé fmrnis par l'bistoire tradMonaefts do son pajs et qui ont été esquissés sur les lieux ïtA^ mes ott se passe l'aerién. Il pavait que ce no«H* ^œau BfaepfaersQvt^ là Pmde de beavootq» dé re-* eherckes aarekéologiqmc» et do «fuebfoies émiêë de la langM ronmnr» , powf» parvenir k doit^ ner une idée de k. poésie des JUhiwffes et des f^oœnees y anciens babitans des Alpes , qui ( de mkta» que ton» les peuples 4t9 pays de

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montagnes ) om conserré jusqu'k ce jour queU qne idée geiiërale des mœars primitives. Cet ottTrage est digne (foccsper Firaftgifiaiiofi et h plume patriotique dn pt&s jeiiDe faabitafit du corridor Rouge*

Si Pon conçoit qiili Téporpie où bous vi^ vons , les rigueurs de la loi sur la presse ten* dent k arrêter l'essor des jeunes gens emportes p» des idées de gloire et d'independôncè^ au ftiilieu desquelles ils ont iié notirris, on s*ex-^ ptique plus difficilement les sévérités jndiciai-^ res donc les* hpnrmeâ de l'âge et du caractère de M. Boonîn peuvent être vit^times.

J. B. BoNNiN n'a pas moins de cinquante aos) il est né k Paris où il a fait de fort lK)n<«- . lies études* sous les professeurs* les plus célè»bres de Pépoquë* Il allait embrasser la profes«^ sioB de médecin lorsque kft ëvén^mena de la lév^utioii le jetèrent d^s la earriei^e politique ^ où il se fit «onoaltre par plusieurs oU'vrage» qui lui ont assigné un ruig bonorabl^ parmi les pubticistes. Est 1795, il publia ses Méjtejfiima smr Mtmtfis^/ui&i ^ en ij^y sa Ràfmtaâmi^des sysêèmeêdêê pubUUstâSj ou Exa^ w^en' des causée de la aomèti si du droit natu*^ vtli en i8oâ> sa Mtmièr» d*&tudiét U$ Msf en 1^6 y nue brochure i9ur le Concordat et la loi oi^MÂque des culte».

Ce ne fui qu'en ^of ^ k Vigfi do Ivtnte**

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ciaq ans y que M. Bonnin mit- au jour ses Pria' ùpes if administration publique ; cet ouvrage y en 2 vc^uoies ijirS^. y eut trois éditions dans le cours de deux années. Il fit paraître successivement un Traité du droit, naturel defhomme et 4es nations y un toi. in- 8^*5 des Considéra-^ tiens poliiiijues et morales, sur les constitutions y un- volume; Histoire de la réçolulion européen-^ 7i# ^ un volume in-8^ ; sa lettre k Volney sur les Élémens naturels de la chronologie et la doctrine sociale^ parut en 1820 et fut traduite en espagnol et en portugais par ordre des cortès atujquelles il Payait adressée»

Ce fut en 1821 qu'il publia ses Études LÉGISLATIVES, composëes de la reunion des Systèmes des publicistes .y et de la Manière d'étudier les lois y qui avaient paru plusieurs années auparavant, et auxquels il â'était contenté de joindre un morceau nouveau sur la Nécessité de Pitkde des discussions législatii^es dans les asseiïtblées nationales de France y comme sources de la législation positive.

Ce dernier écrit amena M. Bonnin devant ies tHbunaux , où il se vit y avec surprise au moins ^ condamné k tireize mois de prison et à 3,000 francs d'amende , pour avoir porté 'atteinte kla morale' religieuse dan» un passage 'où'il avait été 'amené k parler des religions en elles-mêmes, etk leur opposer la morale pi|re et simj^le ^ comme élément de la véritable po-

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