‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 65 sur 86 · SUIT. SE LA FRIS. DB N.-Y · texte numérisé non relu

SUIT. SE LA FRIS. DB N.-Y

N® XXVI. -^ i5 mai iSaS»

VINGT-SIXIÈME œNSOLATION.

STTITB DB Ul VRISOM 3>E VE'VP-TOaK.

Dieu fit du repentir U Tert» des mortels.

Voxt.

QuiN2B jonrs tétaient ëcoulés depuis cette aventiire lodrsqtie revenant du Bowery^ faiv« Jbourg de Hevr-York , aà j'avais été rendre "visite k un ami , je reoeonlrai ML Pattei^son. Après les civilités d'ttsage je lui demandai des nouvelles de notre prisonnier. «J'espère, lui dis*^^ qu'il se conduit bien, et que vous en êtes content. »

» Je ne sais trop ce qui en arrivera, répondit M. Pdtterson ; cet homme a une trempe d'âme peu commune, et il faudra de grands efforts pour doippter son caractère. Il est sujet k des accès de fureur dont je cherche li démêler la caas^. Cela tient, je pente , k quel-qUe souvenir bien douloureux , h quelque profonde blessure du cœur* H est , de plus , rempli d'orgueil, et il ne veut pas se sou«mettre k des travaux qu'il regarde comme une humiliation. Depuis trois jours il subit le con-.

8o SUITE DE LA PRISON

finement soYitâire ,' et , ce qui parait incroyable y il ne témoigne pas le désir d'en sortir. » » . -

— « Et qu*est devenue sa malhenrense mère ?»

— « Elle ne quittait point le seuil de la prison. Assise sur le banc de pierre qui est près de la porte , et toujours baignée dans ses larmes, elle semblait ta 'exister que pour attendre Tinstant où elle revérrait son fils. La fatigue , Tes inquiétudes, la douleur, Pont rendue malade. Comme elle est étrangère dans le 'pays , sans protection, sans fortune, je Fai recueillie . datis ma maison , oii. eUe a tous les jours des nouvelles de. son fik, et où no^ tre ami le docteur.* Brown lui donne des soins assidus. »

— «( Voilb un dénoûment que nousai'avions pas. prévu. » . ,

— «Il faut en tout de la patience. Si ce jeune homme résiste, au régime • établi dafis nos maisons de pénitence , c'est, qu'il est tout-k* fait dépravé, et que la gangrène morale est arrivée au cœur. Ce sera le premier exemple de ce genre* Mais on ne peut, encore rien décider b cet égard. Il faudrait, pour désespé* r^r de sa guérisèn , que tous ses sentimens fussent, pervertis. Cependant il amie sa mère, je ne saurais en douter. Xa piété filiale» ne ^'accorde.point.avAc ;uBe corruption complète.

]»S NEW -YORK. 8jt

C'est une prise qne nous avons sur lui pour Pattirer • graduellement dans des voies salutaires. . Vous voyez que pour gouvecner nos maisons il faut avoir quelque oonnaissance du cœur humain.»

i> — .(i Et Tamour de la vertu. Je ne sais rien de plus noble, de plus sublime que les fonctions que vous renaissez. Cest a ^ vous que devrait appartenir cette gloire que la folie de l'homme accorde îi ses destructeurs. Loin de coûter des larmes k Fhmnaoitë, c^est pour elle que vous txiomphez ; vo$ conquêtes sont autant de bienfaits pour votre ' pays : que* d'hommages , que de reconnaissance ne doit-* il pas k votre dévouement! » - ^ ,

. — « Il ne nous doit que .de l'estime. C'est' une dette que. nous acquittons en retpur de' 1a liberté dont nous, jouissons 9 de l'égalité, qui règne parmi nous^ de la justice.de nos^ lois. Si ce que vous appelez la gloire y ^i même la. moindre rétribution pécuniaire était, atta*chée k .nos. fonctions^ il s'y mêlerait .quelque chose, de .personnel qui en altérerait la pureté^ Il y aurait alors moiiis de zèle, que d'ostentation, moins de réalité que d'appa-' rence ^ et l'on rechercherait plutôt les $uf«* . fragesjdu public que ceux de sa consdiencè. Tout t c§^ faste est bon dans* les monarchies où le^> vertus ont leur tarif, où les devoirs sont sol-, dés, en monnaie de bon aloi; mais ce serait 2 4...

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