‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 70 sur 86 · D£ NEW ^ YORK · texte numérisé non relu

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^ooiis ^. Cette confédération a long^-temps réglé les destinées des habitans de la forêt. Je fustrès^ bien accueilli de ces Indiens qui n'ont pas la moin* dre idée dçs bienfaits de la civilisation. On nu voit chez eux ni maisona d'arrêt, ni gendarmesi nd tribunaux d'inquisition. Ils sont si barbares qu'on passerait sa vie entière au milieu d'euK saos jouir du spectacle d'un honnêle hommo attaché k un voleur lépreux. J'ajouterai ce qui9 dit Montaigne pour démontrer leur infériorité k notre égard.. << Ils ne portent poiut de baut-^ de-chausses. »

Je pourrais m'étendre k loisir sur toutes les particularités de mon voyage; et^ dans la situation d'esprit pix je me trouve y ce n'est pas sans quelque effort que je résiste k cette tentation* J'aurais du plaisir k décrire k . ma maniétre la Çrande cataracte de Niagara^ un coucher du spleil sur le lac Ontario ^ et k rappeler quelques incidens qui me .paraissent remplis d'intérêt. Mai3 il serait possible que vous en jugeassiez autrement 9 et je me hâte d'arriver k Skeensborough.

. Mon premier soin fut de m'informer oii demeurait le fermier Henry Fitz-Allan. On m'apprit que sa ferme était peu éloignée , et l'on m'indiqua la route de telle sorte quA je. ne

* Ou , suivant Texpression anglaise , des cinq nations (Jffiwc nations); savoir : le» Mehawks, Smecàs , Tuscaro* ras, On0n(iag0s, et CajitgBis;

pouvais m^égarer. Je remis ma visite au jotir suivant.

' Le lendemain , c'était le lo du mois de septehibre, il faisait un temps superbe, je m'acheminai vers la ferme de Fitz-AUan. Elle est située sur ]e penchant d'une colline k environ trois milles du lac Champlain. Deux massifs de 'magliolias et de sassafras, qu'on m'avait indiqués v me scfrvirent de points de reconnaissance. Au bas de la colline s'étendent de vastes pâturages qu'arrose une petite rivière qui, -après avoir fait tourner un moulin à scie, verse ses eaux dans le lac. Je traversai la rivière -stur un pont de bois construit pour l'usage du moulin, et l'aperçus bient<St la maison principale de ta fgrme. J'y montai par une route sinueuse bordée d'érables et de tulipiers. Arrivé sur un plateau d'environ vingl-cing a trente arpens y j'aperçus deux en fans d'une figure charmante j ils s'amusaient k cueillir dans de petites corbeilles d^osier une baie noire connue dans le pays, sous le nom de ivorffe-fccriy,- espèce de vaccinium dont les Américains sont assezfriand$« Ces enfans ne s'éloignèrent point k mon approche : Tuti d'eux , une petite fille , me regardait avec attention. J'admirais la fraîcheur de son teint, et sa blonde chevelure qui tombait en grosses boucles sur ses épaules blanches comme. la neige. Son frère vint au-devant de moi d'un air résolu, et me ilemanda si j^allais

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h la ferme. Je répondis que telle ëtait mon intention. « AlorS) dit-il, je vais avertir maman; » et il se mit k courir, vers la maison. Je m'approchai de la petite fi] le que je pris par la main 9 et , k ^i je demandai ^on nom. « Je m'appelle Harriet , répondit-elIe,.je veux aller trouver, mon. frère. '— Eh bien qou8.< irons ensemble. » Je la pris dans .mes bras sans qu'elle fit aucune résistance , et je m'avançai vers la •porte de la ferme. J'y fus reçu par une jeune femme d'une beauté remarquable. Elle- était vêtue d'une robe de toile blanche des Indes ^ retenue par une ceinture bleue. C'était Hannah elle-même. « Je suis fâchée, me dit-elle, de la peine, que vous donne cet^e petite fille. Entrez ^ vous devez être fatigué, je vais vous faire servir quelques rafralchissemens. »

Après- les .complimens d'usage^ j'entrai dans un salon très-propre, orné de glaces, d'un tapis de pied, et de meubles d'acajou* Une femme âgée, assise près d'une fenêtre, s'occupait d'tm travail de couture ; k côté d'elle un enfant sommeillait dans un joli berceau. Tout da;ns. cette maison respirait l'aisance, la paix, et- le contentements Je ne pus: m'empèchêr de faire cette observation k la jeune femme, qui semblait-, en me regardant , chercher les traces d'un souvenir presque entièrement e£facé. « Cette tranquillité, cet air de bonheur qui vous frappent ^ me répondit-elle avec un sourire gracieux^ nous

9i HISTOIRB DIT PRISONNIER

k devofis \ mon mari qui est allë faire tiii tour dans la ferme , et qui ne tardera pas lif rentrer*; c'est lui qui prend soin de notre fëliôité, et c'est nne t&cfae qnî le rend heureux lni*mèmè. Mais pardonnez si je vous parate indiscrète : il me semble que }e tous ai tu en d'autres temps. L'accent de rotre voix et les trciits de Votre visage ne me s^iit 1^ étrangers. »

« Vous ne vous trompez point > lui disf-je; f'ai eu le plaistif de vous connatire, ainsi quis votre digne père^ M. Patterson* J'espère le revoir en passant \ New- York. 1»

— « Vous ne le verrez plus dans c€ monde , répondit Hannali en soupiraut ; il y a pi^s de huit ans que mon père est mort ^ et je ne suis pas encore consolée de cette perte» Pauràis eU tant de plaisir k soigner sa vieillesse ^ ! »

Comme elle achevait ces mots ^ je vis entrer Henri Fitz-Allan , que je reconnus sans hésitation , tant j^avais été frappé de lexpressioli de sa figure. Je remairqnai seulem^t que son teint avait été bruni par le soleil ; ce qui donnait un caractère elieorls plus mâle \ aa physionomie.

« Mon cher Henri , dit madame Fitz*AlIan | voici un vieil ami de mon pèi^e qui vient nous demander rho^pit«lifé. »

^ C'est un devoir, répondit-il^ qu^il notts

"^ Je lis sur mes notes ces mots a to nune hii oldage. i» Xi*énergiedeeétle expression ne p^ut te rendre eufrançaii.

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sera donm de- reimplir. » Et il- me tendit la main, ipie fe serrai avec affeetioD*

Pendant ce .dialogue , les préparatifs du dîner avaient été aeheTÀ , et nous passâmes dans la salle k manger* Le eowvert ëlait d-'une pro-^ prêté. rccbercliéei Je tronrai le roasê^beef exceUent^ et le cidre délicieux* Il y avait aussi quelques friandises du pays^ entre autres ,nn ^nn^'-beny pudding dont je fis l'éloge en regardant les enfans. ft G^esi ma sdsur ^t inoi qui avons ramassé les bénies , dît le jeune garçon , et c'est notre bonne ](âamaii qui a fait le pudding. »

J*avais aussi reeonnn la boMie maman* Çétait cette pauvre femme qm to'a^ait paru si touchée du malheur de son fils li l'époque de sa dételition^

Les dames et les enfans s'était retirés )au dessert, nous restâmes Fita-AUao et moi vis* li-vis d'une bouteille devin de Portugal , et il me dit en me versant un coup : a J'ai remar-que quelque coutrainte dans votre langage lors* que ma femme et ma mère étaiéitt avec nous.

Vous avez connn M^ Pattersoti ; SI est donc probable que vous savez une partie de mon histoire; mais cela ne dcrft nollemenl von»

g^ner. Vous pouvez paHe^ ave<î Kbérté devant Hannah : elle a antânt de raison que de vertus et de bonté. Je ne suis plus l'homme emporté^ le furieDX qui a fait quelque hniit dims k

^ HISTOnB DU-PRISONNIEB.

iMode.* Vous ne -. voyez ^ moi ^rin bcA père de faaiUe et un ienoier laborieux.

Je lui rappelai alors <{se j'avais ëfé tëmoin dié la «eène^^ t'était passée an' grete^dt la prtsoa de Jiewr-Yoïà'; f'ajèkttai (jne^doii infortme tt^aRraît ittpîré hieàiMHHip d'îmér&t^ « Je sAiis bien vdisoigé matnietiaiit yme Tépondit^-il 4iveo vm- aoDTire y'' «et je èms tegkfàer cette f}o«nifie «osune la plus iienreii^ ~ de nxà "^vie. iE21e«a iMHBaiMcë.4'>époquede ma^^^iiaiation jet:éè'BlroB.boalii^tRv » j v ». * »•

« Vous étiez cependant itràft^^àffi^olë de votre a^sentnre, et l'on paraissait avoir peu" 4^espéxaneede ^voiis i*amèner*a uo^étiirt plHS^nm. » ^': i< Cda.esc v)nî. Je pourrais-voiiB en -dire la cause f mais ce «sermt luie histoire- trop longue k vous raconter dans ce moment, ife Veux qàe \pul visitiez ma ferme*. Ce sdir^' après le-thé^ )e vous ferai cènnatlro les principaux événemens x]ui;4)]^t "précédé et suivi mob 'arrestation. ..Vo«M Vertez b quels périls j'ai éehappé , et .combien |é doîa- rendre grâces* • aii ^tl d'une détention que je consid&'ai dans ** le temps qoïkime uûe'i^rÎMite iç jistice > «^et ufi malheur ia^rQparable. )v ^ -

Noua aortimes ensemble*^ ^t f^«admirai le tabJi^tt qui^ s'offrait ii »os regainii». Le lac.Cbamplain s'éten4 au loin vers le nord^ruhe brise légi^.agitait.doii0emèi)t<$63 eaux ttanspàrentes. Pe^ iks cpuyeites. de âuiuacs » d'éi:dbl«ss ^^

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