‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 71 sur 86 · DS NEW- YORK · texte numérisé non relu

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saules noirs , de peupliers argentés^ de charmes de la Virginie, reposent la. Tue en ¥ariant la perspective. Da calé de .Pest 9 des maisons rustiques sortent çk et ïk du milieu des bots; des troupeaux d'espèoes yariëes errent dans les plaine»^ ou paraissest auspemius sur le penchant des collines 9 tandis qu'à l'occident des masses énormes de rocliers , de formes irré* gulières ^ fantasliqëes^ s'élèvent k une grande hauteur 9 et servent de base aux montagnes verte» ^ , dont les cimes couronnées de nuages boirnent l'horiaoo.

. Après avoir contemplé k loisir ce magnifique panorama , nous visitâmes les plantations et les champs qui composent la ferme de Fitz^-AUan.

Il ne négligeait aucune des améliorations récentes de l'agriculuire européenne. Je vis avec plaisir qu'il avait substitué aux clôtures ordinaires du pays^ formées de longues perches.de bois • des haies vives entremêlées d'arbres k fruit. Je lui fis aussi compliment sur le nombre de ses ruches y sur la beauté de ses va^^es et de ses brebis.

A peine étions-nous rentrés que Ae thé fut servi? Ce nouveau repas terminé y Fttzr-Allan s'adressant k sa fenune lui dit : « Hannah, notre hôte veut absolument jque je lui raconte mes aventures. »

. — il Eh bien 9 mon ami 9 répondit la jeune

. * C'est la cfaaiae occidentale des monts Apalaches. \

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femme 9 il faut satisfaire son désir; \e sois sàre (|«e ce o'est point l'effet d'une vaine cnriosîté y et qu'il y entre un vérkable intérêt ponr nous. )» , -^ « Vous ne vous. tnmipez. pas, rëpKfjuai'* je aussitôt; c'est aussi pour mon instruction. Je Youdrais bien savoir oomaaent on devient heureux. »

— « Je suis né b Derrimore , petite ville d'Irlande > dans le comté de Clare , dit Fita- Allan. Mon père y qui jouissait d'une fortune 'afeez considérable , exerçait konorabletfient les fonctions d'homme de loi ( lawyer); ipais feus le malheur de le perdre avant que ma raison £ut formée. Ma mère , excellente femme , n'avait que moi d'enfant , et vous jugez d'avance a quel point je fus gâté* Mes caprices étaient des. lois pour elle , et ji'exeTcais dans la maison un pouvoir absolu. Ce ne fut pas sans peine qu!on parvint h me faire lire , écrire et calo»kr passablement* J'aimais beaucoup mieux-coir» rir les champs , et faire des incursions dans les jardius du voisinage* Je devins querelleur k l'ex* ces ; il se passait peu de jours où ma conduite n^excitat des plaintes qui arrivaient anx oreilles de ma mère , mais elle manquait rarement de raisons pour me justifier. Je. croissais ainsi en ea]M*ice, en force et. en audace.

« J'avais atteint ma dix-neuvième aimée sans qu'on eût plié mon esprit li aucune étude sérieuse , lorsqu'un de mes cousins y Patrice Sur-

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ke 9 pitti âgé que moi de troi» éné ^ revint de Puniversité de Dublin. Sob arriyëe fit sensatiott dans notre petite ville. On le regafdah eomme im jeûne homme aocompli; Il avait obtenu y disait^on, de brillans succès au coUëge, et suivait le barreatf avec distinction ; il s'habillait avec goût 5 s^accompagnait de la guitare , parlait français et faisait même dès vers. Aussi les jtutés filles le recevaient avec complaisance, H donnait le ton dans notre société , c'était le phénix de Detrimore.

' i> Je vous avouerai franchement qne je fus )alouiL de mon coflsin* Je rabaissais ses qualifiés autant qii^il était en moi , et je me moqudis de ces mêmes talens qui faisaient l'admiration générale. Une haine ardente s'étabKt entre nous deux ; mais la mienne était franche , ouverte' , tmpétueiise. Je disais tout ce que j'avais imr le c(£ur. Quant It Btirke , il était sournois et dissi* fbulé ; il affectait de me plaindre } f avais^ di-^ sait^il « reçu une si mauvaise éducation ! Il s'intéressait ^ mon sort , et prétendait qu^l ne répugnerait à aucun sacrifice pour ne pas voir dans son cousin Henry ou ours si mal léché. Ces propos me revenaient, et je n'attendais que Focdasion favorable d'en tirer une vengeaiice éclatante. . . • ,

y> Mais un jour, au moment ou j'y pensais Je moins, je vis venir Patrice chez moi. « Henry, me tlit-il , pourquoi seriona-neus ennemis? vous 2 5..

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êtes un excellent garoon, et il ne vons manque pour briller comme moi qu'un peu d'usage. du monde. Que faites-vous U Derrimore? Vous n'êtes pasfaitpour vous enterrer tout vivant dans une petite ville. Venez avec moi k Dublin , vous aurez bientôt rexpëpience qui vous manque'*^ vous n'y connaîtrez pas l'ennui , et vous y serez heureux conmie un prinice. »

. D II y avait dans le langage de Burke un ton de frandiise qui me toucha. Ma vanité fut sati^aite de ses éloges; il mettait du baume sur la blessure y et je sentis que ma conduite envers lui n'était pas sans reproche. J'étais plus -vif que méchant , et je serrai la main qu'il me tendait avec cordialité.

- « Je veux vous servir de guide dans le monde 9 reprit-il j vous verrez que les plaisirs d'ime grande ville sont d'un autre genre que ceux de Derrimore. Je sais que vous avez quelque inclination pour Sophie Graham votre voisine y mais cela ne doit point vous arrêter. Comment vous accommoderiez-vous d une petite provinciale qui n'a ni goût ni esprit? vous êtes destiné k plaire aux dames les plus huppées j je vous pré-* dis que vous ferez du bruit dans Dublin. »

» Ces paroles chatouillaient mon amour^-propre y et je m'y laissai prendre comme un étourdi. J'acceptai donc la proposition de Patrice 9 et j'en parlai k ma mère qui s'empressa d'y consentir, ne dputant point que je ne fisse une

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grande fortnne y et croyant que chacun me verrait des mêmes yeux que les siens. EUe me fit promettre de lui éerire régulièrement tous les huit jours.

» Cette Sophie, dpnt je vous ai parlé , était fa plus jolie fille de Derrimore; sa beauté tou'* 4;hante, sa douceur^ m'attiraient vers elle, et le contraste de nos caract^es ne Fempèchait pas de me voir avec plaisir. Pa vouerai même qu'elle exerçairsur moi un assez grand empire. Malfaeuffeusement elle était absente lorsque Burke résolut de m entraîner a Dublin. Il la connaissait aussi, et j'avais quelquefois imaginé qu'il ne la voyait pas avec indifférence.

» Mes préparatifs furent- bientôt terminés.

Ma mère me donna tout l'argent dont elle pouvait disposer, et, en m'embirassant'avéc tendresse, me recommanda de ne pas trop, prolonger mon séjour k Dublin. Je sentis en la quittant une vive émotion; j'étais presque honteux dene pouvoir retenir, mes larmes; je regardais cet attendrissement comme une faiblesse.

» Pendant notre voyage , Burke ne m'entretint que des .fêtes et des plaisirs de la ville. Il me ferait faire connaissance avec des personnages de la plus haute volée , et avec des femmes du meiUeur ton. Je pourrais -même, si k fantaisie m'en prenait , fréquenter les actrices du grand théâtre, ce qui achèverait en très-peu

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de temps mon ëducatioii« Je ne demandais pas mîetti que de me former ï nue si bonne école ^ et je lui promis de sinvre docilement ses tfm-* seils.

' »* Il serait superflu de tous raconter en détail les folies dont je me rentlis coupable ^ et les mauvaises habitudes que je contractai k Dublin* Ces ipersonnages importas s dont m^avait parlé Patrice étaient des jotieurs , de» clie3v«liers d'i»* dustrie, des hommes perdus de vices; ces dames ^u meUleur ton ne valaient guère nûeui. Jeune et sans expériences je donnai dans les pièges qui me furent tendus $ je me plongeai dana tous les excès de h débauohe ; mon argent fut bientôt dissipé ) j'eus recours ^ mon couain qui m^indiqua le jeu comme une ressource iuépuisaUe.

Je fis des dettes ^ je jouai avec passicm , et je fus malheureux ; un jour je crus m'apevcevoir qu'un xle mes adversairea usait dé moyens illicites peur captiver la fortune , je l'insultai publiquement^ 4e forçai de se battre y et lut fis une blessure si dangereuse que je le crus mort* Résolu d'éviter les poursuites de la justice ^ je choisis un asile où j'imaginai que je ne courrais aucun riisque; mais je fus découvert^ krèté et jeté daas une prison^

» Pendant les premières semaines de mon séjour a la ville ^ je n'avais pas manqué d'é**crire k ma mère } mes lettres devinrent bien* tôt plus rares ; enfin je négligeai entièrement

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ce devoir. Daps la triste positiou où j'e'tnis ^ j'ëcrÎTis \ Burke 9 et j'appris avec étonne^ ment qu^l avait quitté Dublin* Je m'adressai k mes compagnons de plaisir , aux femmes qui m'avaient témoigne beaucoup de tendresse tant que j'avais eu des guinées k ma disposîtiou.

On ne me répondit que par des complimens sur ce qu'on nommait « mon ardeur martia-rle 9 )> et par des exhortations k la patience* Je suffoquais de dépit. Mais concevez quel dut être l'excès de ma fureur lorsque j'eus éié instruit, d'une manière positive , que c'était; Burke lui-même qui m'avait dénoncé k la justice , et que je devais k sa per£die la découverte de mon asile. Je jurai de délivrer la terre d'au pareil monstre.

» Je restai ainsi près de trois mois 9 privé de consolations, abandonné du monde entier 9 couchant sur la paille, mangeant le pain aaer des captifs , exposé aux brutalités des gar* diens de la prison, confondu avec les plus irils criminels , et attendant mon arrêt.

» J'ignore comment dans une situation aussi cruelle je ne perdis pas la raison. Je tombai malade , une fièvre ardente me consumait j je dépérissais k vue d'oeil, et l'on fut oblige de me transporter dans un hdpital; ma mémoire ne me fournit rien sur cette translation ; on m'a dit depuis que j'avais passé plusieurs fours dans le délire. Une nuit) réveillé comme

d'un sommeil léthargique, \e sentis une main qui essuyait légèrement la sueur froide qnu me couvrait le visage ; il me semblait que des larmes brûlantes tombaient sur mes joues ; j'ouvris les yeux , et me trouvai assez de force pour soulever ma tête ; une lampe brûlait près de mon lit y je crus voir ma mère comme dans un songe. Mes idées étaient si confuses qu'elles ne se fixaient sur rien ; j'éprouvai seulement une sensation pleine de douceur , comme si quélqij^ ange du ciel était assis près de moi* Je pris sans réflexion un bret^iige qu'on portait b mes lèvres j bientôt après , je penchai la tète et Rendormis profondément* ; » Mon sommeil se prolongea long-temps,. et lorsque je lyepris connaissance , le . jour était trés-avahcé. Je reconnus alors distinctement ma malheureuse mère. Mes souvenirs revinrent en foule et me retracèrent l'horreur de ma situation. J'étais honteux de moi-même, et le plaisir de retrouver la tendresse d'une: mère était mêlé d'une confusion qui me fit baisser les yeux. « , s .

« Henry , me dit cette excellente mère , ,je n'ai point de reproches k vous faire. Que Dieu vous conserve la vie , c'est tout ce que je désiré. Vous ne savez pas combien vous m'affiigez en évitant mes regards. Levez les yeux, mon fils, s'il vous reste encore quelque affection pour moi. Soyez plein de confiance, ne

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songez cni'k vôtre guérison ; je suis heureuse de vous voir et de veiller auprès de vous. » -

» Ces douces paroles me pënëtrèrent le cœur; ines y«ul se remplirent de larmes, je fus soulagé. Ma mère m'embrassa tendrement, -et le malheur sembk s^éloigner de moi. J'appris que Phomnie dont je croyais avoir cause la mort était guéri' die sa blessure, et que \t n'avais rien h craif^drede la rigtieni*'des lois. Ma- convalescence fut longue. Mes forces ne revinrent -que par degrés. Cependant ma 'santé se raf^ fermit, et nous réprimée' la route de Derri*more, ma mère et moi.

)> J'avais ' souvent demandé des nouvelles de Sophie Graham. I)epuis que j'étais malheureux ,' il me semblait que je l'aimais davantage. Ma mère' avait léludé mes questions, ou ne m'avait répondu que des choses vagues qui ne m'apprenaient rien de ce que je voulais savoir ; aussi me tardait-il d'arriver k notre petite ville pour retrouver ma douce Sophie. Je me promettais uu avenir heureux auprès d'elle , et cette pensée occupait agréablement mcm imagination. <*

\ « Jugez de ma doulomreuse surprise. Patrice Burke, revenu a Derrimore pesdant mti dé* tendon , s'était introduit dans la famille Gra-* ham. Le tableau malbœureusement' trop fidèle qu'il s'était plu k tracer de ma conduite et de mon caractère avait révolté les porens de So-

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phie ; elle-même, me reg^rdimt oonme un homme iadigue de ses affecUoes, ayait écouta kft prefwiùoiift de Bim kew II y avait peu de jours que leur i»ariage s'é^ fait , et îk ëCaîent partis te«s Us deux pe«r la ville de Gock, oi le plus criiel eoiiemi q«e fViisM M «oodit devait , disaît'Oft, former un étuUissemeaU

4( Je «e vou» peiodrai pas ks seolimens.^iii oppressèrent mm eoMir k oes. fuMatès bout^* )es« Je vis alors dans loot son jour la perfidie dont ^'avais été victiefie. Dégoûté de tentées^ pèce de société , fe devina solitaire et sauvage* Je détestais les hommes , ^«e je croyais tow aii^si méchaiMS et aussi trompeurs que ceux 'que j avaia eouBus jusqu'alors ; je ma (Mtestais meituème w pensant b ma folle crédulité !

» I>'ailleurs> je ne retro«¥aia plus aueuu chatma dan» le lieu de ma aaissanceà J'avais hu avea ivresse* dans> la eoi^e du vice, et las plaisirs de fanulle u'existaiesl phis pouir met* Mou. esprit sans cidture ne m'offrait aucune reasouvee ; il m'aurait fallu ^ peur értter le poids de l'ennui y. des mouvemens impétueux ^ des émotions passionnées : je n'avais qu'une idée fixe^ eUe obeédaal aaeu tmagiaalion ; c'é- 4ait le hesMai de la v^igeance*.

}à U eat diffcik de coneeToir toute la foiee d'une seule idée^ eUa m vous, abandonne ju* maia; elle esl préaente^dniis to& songes^ pfé> sente a v^tie ré^Kil} elle fait pour ainsi' dise

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toute votre exîsteiice. C'est ^ je crois y le premier degrë de la folie*

> » Résolu de poursuivre mou euuemi, de rattsiadve^ de PaUa€|uer partout ou je le trou-* terais) de le déchirer de mes mains, j'eus assei de itosuBulation pour cacher cet atroce projet f je voulais troqsper la tendresse iuquiète de ma mère , j'affeetai de paralue trao- (joiUe* Qutojie wdis s'écoulèreut saus que le temps apportât aucun changement dans la pas^ ^n haÎBeuse qui me dévorait inténeureqient.

Ma mère y ne soupç<»uant rien de ee qui se passait dans mo» eaur ^ avait relâché de sa surveillance ; jVu profit» pour me dérober secrètement de Derf kttore y et je pris la route de Cork^

)» Ce fut sous ua dégttîseiiieut que j'arrivai dans celte vitte* Je desceildis a une hètellerie. près du port ^ et me fi^ indiquer la maisoaoù logeait Patrice Burke. Xe lendemain , vors wh di , je m'y présente avec assurance ; )'eBtre diaiis le salon : urne jeune femiae, c'était Sofdiie y w'aper^it y jette un eri de douleur et tombe devant moi sans eonnaissaace» J'appe** lai du secours y Une vieille servante accourut. La secousse avait été si vive que la malhei^reuse Sopkie ne reviat qu ayeo> poif)^ de^ soui évanouissement* « Quoi I c'est ViQus ? mie dit-etle, [ ei» repreiMMit ses &sbs ;. que vesea^vou^ faille ici? Yenez-vous insulter i mon infortune?

Laissez-moi , je ne puis support^r'Totre présence. »

« Sophie ) lui dis- je, vous me jugez sévèrement , }e ne viens ici que' pour votre époux. y&i «besoin de le voir. »

« Mon mari n'est plus en Irlande ; il m'a quittée pour une autre femme; ils > sont en Amérique, et moi, vous me voyez sans appui, sans protecteur; je n^oserai jamab revoir mes parens. »

« Burke , après avoir dissipé le bien de sa femme, avait passé aux États-Unis. Sophie me * raconta les mauvais traitemens qu^elle'' avait soufferts et je ne pus m^empècher de la plaindre. Je lui fournis les moyens de payer quelques dettes et de retourner dans sa famille. Jefus sui*pris de n'éprouver pour elle qu'un sentiment de compassion ; une; autre pauée me tyrannisait. « Sophie, .lui dis*je en la quittant d'un ton qui la fit frémir , Sophie ^ voussfree vengée. »

«Après le départ de cette infortunée , je p^sai aux moyens de me rendre, le pius tôt qu'il serait possible , dans les Etats-Unis. J'ap* rètai^ mon passage avec M» Mac-Neîl, capi** taine du vaisseau de commerce h Triion, J'étais impatient de mettre k la vcHle ; mais il fal- • lut attendre un vent favorable, et il se passa trois semaines avant que nous pussions sortir du port.

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