‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 73 sur 86 · B NEW- YORK, I · texte numérisé non relu

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les nouveaux devoirs. qui m^ëtait imposés. Ces paroles me suffirent. Une- fois mes forces revenues, j*acceptai du travail, et \t choisis celui qui exigeait le plus de force et d'activité : je me fis charpentier. Je me plaisais k remuer de pesans fardeaux , k manier la hache , k^quarrir des chênes ënormes* Ce genre de- labeur, qui convenait k peu donviiers, me rendit recommandable dans la maison, et m'attira une sortede déférence de la part des autres prisonniers. Toutes les fois que M. Patterson venait exercer ses fonetions d'inspecteur , jl demandait k me voir^ et me parlait avec intérêt ; il m'entretenait des avantages d'une vie laborieuse , de la tranquillité d'esprit que procure une conduite régn-^ lière , du bonheur attaché k la pratique de la vertu. Ses . entretiens duraient peu d'instans ; mais ils laissaient des traces dans ma pensée et des impressions dans mon cœur.

» M. Pownal entreprit , de son coté , de m'inspirer des sentimens religieux. Jusqu'à cette époque je m'étais peu occupé de religion ; je pensais bien plus au présent qu'k l'avenir; jV vais une extrême indifférence pour tous les cul« tes , et je regardais en général les prêtres comme des hommes ambitieux qui ne songeaient qu'k exploiter, dans des Vuesf terrestres , la crédulité dés peuples. J'avouai franchement k M. Po-v^nal ce que je pensais k ce sujet*

« Il y a sans doute de mauvais prêtres ^ me

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rëpondit-il avec douceur , et le nombre en est' plus considérable que ne Peiigerah Fistérèt de la morale; nais on kt reconnaît k des signes certains* Ils sont superbes et intolërans; ils aiment )k se mêler des choses temporelles ) leur langage est rempli d^amertume y et ils n'aspirent qu'k la domination. Mais n'en est*il pas ainsi dans toutes lea professions ^ et le mal ii'èst-il pas toujours 11 càté du bien? Il y a beaucoup de mauvais médecins , et cependant 1 art de guérir est un art salutaire. Il en est de même de la religion ; pourquoi la rendriez^ roua responsable des vices et des fautes de ses ministres? Il faut l'examiner en elle-même ^ et juger si ses préceptes ne tendent pas au bonheur de l'homme et k cdui des sociétés. »

« Je m aperçois^ dit Fitz-Allan , en prononçant ces dernières paroles, que je me suis laissé entraîner dans ma narration plus loin que je ne l'avais résolu; il counnencek se faire tard) et je ne veux point satisfaire votre cu^ riosité aux dépens du repos si nécessaire k un voyageir. Denurin je vous conterai le reste de mes aveoturesfc »

« Elles m'inspirent le plus vif intérêt^ Itii répoddis-je; c'est un cours de morale pratione dont je -ferai mon profit : demain je vous soin^ tuerai de tenir votre promesse. V

SUITB DU PRI& DE N.*TORK. 1)9

N» xxTiii. — 17 mai iSaS.

VINGT-HUITIÈME œNSOLATION.

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