‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 74 sur 86 · SUITE DU PRISONMIER DE NEW - YORK · texte numérisé non relu

SUITE DU PRISONMIER DE NEW - YORK

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Xje leademain il m'arriva de me le^rer assez tard* Je me rendis an salon ^ eu je trouvai tonte la famille réuM e# On me fit agréablement la guerre sur «n acte de paresse qui conve* naît si peu k ma qaalitë de royagenr. Hannah me dit même avec malice qn'on voyait bien que j'avais coBsenré les goûts de VEnrope , et qne je serais un fort mauvais fermier amëri€aiB4 La familiarité de ce langage me fit plaisir; je vis qu'on ne me traitait pas en étranger. Le déjeuner était servi : c'était mi repas k Fécos^ saise ^ du thé , du café ^ des cenfs frais , des rôties au beurre, des traocbes de bœuf fumé > des galettes très-minces de blé sarrasin et une jatte de crème.

« Le déjeuner fini , Fitz-Âllan me proposa àe descendre le coteau avec lui , et d'aller visiter les bords du lac qui, en certains endroits , offrent des paysages délicieux* J'acceptai l'invitation , et comme nous sortions ensemble ,. il me dit : « Je n'ai point, oublié l'engagement que j'ai contracté hier avec vous, nous pourrons causer en nous promenant. » Je le remer- >ciai de sa complaisance , et me disposaiii Pëcouter avec attention.

« Je vous ai appris , me dit-il , que j'avais des idées peu favorables a la religion , et que le yénérable M. Pownal s'efforçait de le$ rectifier. Sa méthode était simple ; il me faisait lire l'Evangile , et s'arrêtait principalement sur les points de morale. Je me souviens encore de l'émotion que me causèrent les paraboles de l'enfant prodigue et du Samaritain. « Ne trouvez-vous pas, me disait^il un jour, que les préceptes évangéliques satisfont votre raiston et vous paraissent tellement conformes a la nature de l'homme, qu'ils semblent plutôt des réminiscences que des instructions. C'est un caractère sacré dont ils sont empreints et qui les fera vivre éternellement. Songez d'ailleurs que le sentiment religieux est ce , qui distingue l'homme des nutres créatures qui restent attachées k la terre, et dont les regards ne s'élèvent point vers les cieui. Cette grande pensée de Dieu est Pâme et la vie des sociétés

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humdmés; c'est l'astre moral qui nous échauffe et Boas éclaire ; s'il disparaissait , les cœurs seraient de glace , et notre intelligence plongée dans d'épaisses ténèbres. »

» C'est par de pareils discours que notre ministre m'attirait insensiblement vers un nouvel ordre d'idées, et , en me forçant 'a la x'c*flexion 9 m'inspirait des sentimens d'ordre et de justicew II me mettait aussi entre les mains des livres dans lesquels l'agrément se trouvait uni k l'instruction. Mes momens de loisir étaient consftorés k la lecture des historiens , des poètes y des moralistes* Mon caractère s'adoucissait par degrés. Un autre puissant motif animait mes études : je voulais me rendre digne de ma <!hère Hannah.

» Ce changement de conduite m'attirait des égards* On permettait k ma mère de me voir souvent ; elle m'entretenait de miss Patterson ; •elle lui parlait aussi de moi* Chaque dimanche, Hannah venait assister aux prières dans l'église de la prison» Je ne pouvais lui pai-ler , mais du moins je la voyais, je rencontrais même quelquefois ses yeux; un simple regard me donnait du courage pour la semaine ^entière» -

> Ainsi coulaient mes jours daiis une aïter- Bative de travaux <et de loisirs utiles* A mesure ' que mon esprit s'éclaîvait , les passions qui m'avaient tourmenté jusqu'alors se calmaient^ le beau et l'honnête me causaient de donces im«* a 6.

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pressions ; j'apercevais mieux le but de la vie humaine; j'attachais du prix* a ma propre estime , et j'aimais k remplir mes devoirs.

» Il y avait dëjk dix*huit mois que durait ma détention , lorsqu'un ëvënement inattendu vint en abréger la durée* C'était pendant une nuit sombre du mois de novembre ; le froid était sec et rigoureux. Vers les deux heures du matin , je fus réveillé par un mouvement extraordinaire , comme si la prison était le théâtre de quelque grande catastrophe. Je cherchais la cause de cette agitation , lorsqu*un tourbillon de fumée y poussé par le vent , roula sous ma fenêtre et remplit ma cJiambre. La maison était en feu. Je voulus sortir : Je trouvai ma porte fermée y et jugeai que , dans le trouble général , personne n'avait pensé k moi. Je sentis aussitôt que les cris que je pourrais jeter expireraient da1ns le tumulte , et je m'armai de courage. Un énorme levier, qui me servait dans mes travaux , se trouva sous ma main ; je le saisis, j'en frappai la porte k coups redoublés. J'eus besoin de la force peu commune dont m'avait doué la nature pour ébranler les gonds massifs de cette porte maudite , ^ m'ouvrir un passiige. Armé de mon levier, je me précipite dans le corri-' dor ; j'étais prêt k descendre l'escalier lorsqu'un cri de désespoir frappe mon oreille :

c'était la voix d'un vieillard qui avait aussi été oublié dans une cellule voisine* Quoique

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