‹ Les hermites en prison, ou consolations de Sainte-PélagieChapitre 76 sur 86 · E NEW -YORK · texte numérisé non relu

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instant. Le docteur Browû venait de mourir , et cette iK)avelle augmenta la maladie de sont ami. Des symptômes effr«tyans se manifestèrent bientôt sur son corps. Dans l'espace d'une nuit, sa peau devint jaune comme du safran^ et ses yeux commencèrent k s'e'teindre. Jugéfe de mon désespoir- dont j'étais forcé de réprimer la douloureuse expression ! Une soif bru-' laute, que nulle boisson ne pouvait satisfaire 9 une prostration complète des forces physiques^ tout m'annonçait le funeste événe-»

ment sur lequel je n'osais arrêter ma pensée. M. Patterson. voyait arriver Tinslant fatal avec résignation. «Mon cher fils, me dit-^il , vos espérances sont vaines, et vous vous exposez inutilement pour me conscpvier la vie. Fuyez cette terre que visite le courroux dix ciel- Sans doute ma fille n'est plus ; rien ne m'attache au monde que mon amitié pour vous.

Vivez et soyez heureux 1 »

« Votre fille existe 3 lui dis-je, ma mère est auprès d elle , et répojQd de ses jours. »

<( Cela suffit , répondit- ce bon père » , et un dernier rayon de joie brilla faiblement dans ses yeux. •

• « Le sacrifice est grand, mais il faut qu'il s^accomplisse. Que la volonté de Dieu soît faite! Mon cher Henry, mon fils, je vous recommande ma- chère Hannah 5 soyez son protec • teur ! » .

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4( Je t&chais de réchauffer ses mains glacées 4ans les nûeniies ; je le suppliais d'espérer encore , lorsque se& membres forent agités d'un mouvement convokif. La mort avait saisi sa proie* J'étais plongé dans la douleur ; mais je n'abandonnai point les restes sacrés de mon bienfaiteur. Je ue votilas point qu'ils fussent déposés dans le fatal tombereau j qui deux fois chaque jour parcourait les divers quartiers de New-York y et retourçait au lieu com-* mun de la sépulture où les corps étaient jettes, sans distinction dans de vastes fosses. Je plaçai moi-même dans le cercueil la dépouille mortelle de l'homme }aste et bienfaisant à qui je devais Tbonneur et la vie f je l'arrosai de mes larmes , et le transportai au cimetière de l'Est, où je le déposai dans sa dernière demeure. J*en marquai soigneusement la pla^ ce 9 et \j ai fait depuis élever un monument funéraire entouré d'arbres et de fleurs»

» Souffrez que je termine ici cette pénible narration. Vous devinez sans peine les évé^ nemens qui suivirent ce grand malheur. Grâces aux soins de ma mère^Hannah recouvra la santé. Elle n'apprit la perte qu'elle avait faite que lorsqu'elle eut acquis assez de force pour la supporter. Nous résolûmes de ne plus nous séparer; et après les délais convenables, notre mariage fut célébré par notre respeetable ami M. Pownal. Le séjour de la ville

DE NEW-YORK. la^

nous ëtait devenu pénible. J'achetai cette ferme où nous passons des jours heureux, et oii la s^ubrité de l'air nous défend .de cette conta- . gion dont le seul souvenir nous fait encore frémir 9 et que bous craindrions surtout pour nos enfans.»

Je remerciai Fitz-AUan de sa complaisan* ce y et le félicitai d'avoir , après tant de traverses , rencontré le repos et le bonheur. « Vou» ne pensez, plus , lui diç-^e , k . votre Irlande. » — « J'y pense encore , répondit-il , mais c'est pour la plaindre des troubles qui l'agitent^ et de l'intolérance britannique qui prive de. ses droits légitimes une partie considérable de sa généreuse population. Mais ici est la terre, de la vraie liberté , c'est ici la patrie com*. munc des infortunés , des victimes de la ty- . rannie ; je ne la quitterai jamais. »

Voilà mon histoire finie, dis- je k mon corn* pagBon de Sainte-Pélagie. Qu'en pensez vous?

a Je pense que vous feriez bien de la rédiger et d'en faire le sujet de quelques-unes de nos* ' consoktîoBS. II s'y trouve des choses dont ui» gouvernement sage pourrait profiter. i> , '

*— « Je suivrai votre conseil; mais croyez, que la nécessité seule corrige le pouvoir ; lairaiaoB n'y peut rien, n

l3o SOUVENIRSi

N*» XXIX. — 18 mai iSîS.

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