DE MM. JOUY ET JAY
Tineffiiçable Bornom de Jefferies et de Lanbardemoùt 1 Tdle est k force du temps ; tels sont les pmil^^âs de rhistoire^ dont il oe faut pas m^côn'naître les droits. 1a fonction d'historiographe, autrefois ërigëe en titre d*office, o*a point ëlë transportée aux trifaufiasii: ; et la ma^itae res judicata pro veriiate habeiur n'a pas lieo pour les faits historiques, cela serait, trop oommode pour les gouvememens. On ferait assigner les gens , ponr ouir dire que tel fait s'est passé de teUe on telle façon ; et il n' j a pas de bataille par le droit canoo qni ne pût être regagnée par le code pénal.
Vgos voyez , messieurs , à quoi toute «ette dis** cussion se réduit. Le sursis à l* exécution ne vùu pas. . . . Est^il venu ? Non. Les temps étaient chants / • .. L'étaient -ils en effet ? Oui ; ce n'était plus i^gS ; à moins qn'en interprétant la phrase , en y mettant ce qui n'y est pas , on ne lui donne un sens contre lequel il mVst sans doute permis de protester par une interprétation contraire.
L'accusation ramenée à ces termes , vous excuserez aisément M. Jouy d'avoir plaint le sort de deux frères d'armes , dont la condamnation ap-partient à des temps et à un mode d'administration déjà loin de nous. C'est li vous , magistrats , vous dont l'honneur s'est placé à son véritable poste, en se réfugiant au sein de vos consciences j en se manifestant par des actes de justice , et non pas en se produisant avec affectation au dehors par les actes extra- judiciaires d'un zèle ambitieux , pétulant et irréfléchi y c'est à vous , disje , qu'il ap«
I^S PROCÈS DE MM. JOCY ET JÀY.
partient de décourager cette ardeur de poursuites dont la police obsède et fatigue incessamment la justice ; poursuites qui n'ont trop souvent pour effet que de mettre en lumière ce qu'il eût été pru* dent de laisser ignoré.
Ah ! messieurs , ce n'est point par la prison que l'on convertit les esprits cultivés et qu'on persuade les auteurs. C'est un homme de lettres qui répon* dit au tyran de Syracuse : Qu'on me ramène aux carrières ! Vous connaissez trop le cœur humain pour espérer de commander k la pensée avec des fers. Oubliez donc le courroux de M, l'examina «-teur ; demeurez sourds aux instances , aux sollicitations du chef de la police ; et ceux qui ont cru que le moment était venu de profiler de votre indépendance apprendront encore une fois , par le noble usage que vous savez en faire, ce. que leur a déjà répondu votre premier président,- dans une occasion mémorable : La cour rend de& arrêts» et non pas des services.