HERNIE AQUEUSE
C'est une locution de la vieille chirurgie qui comprenait, sans rien préciser, toutes les tumeurs inguino-scro taies à contenu liquide, l'hydrocèle, les kystes et vraisemblablement aussi la forme de hernie dont nous parlons.
Dans notre communication à la Société de Chi-
rurgie sur les kystes péritonéo-vaginaux et les hernies aqueuses chez les enfants, nous avons repris cette locution en en précisant l'objet, qui est une réalité de la chirurgie infantile.
Le contenu est de la sérosité claire. Cette sérosité est vraisemblablement spéciale au sac herniaire, car s'il est possible de refouler le liquide de la poche dans la grande cavité péritonéale, on peut s'assurer, et la chose est souvent facile chez les enfants, que l'abdomen est sec et que l'épanchement n'est pas le résultat, comme on l'a prétendu, du débordement d'une ascite.
L'opération d'ailleurs le démontre bien, puisqu'elle ne fait écouler que la quantité de sérosité, que le volume de la tumeur donnait à supposer et contient en réalité.
Indépendante des épanchements du péritoine, du moins dans la forme que nous étudions, ayant un sac funiculaire ou testiculaire, la hernie aqueuse ne diffère à vrai dire, du kyste péritonéo-vaginal communiquant que par la disposition anatomique de son collet large.
Elle mérite néanmoins une place à part, car c'est une hernie spéciale.
On aurait tort en effet de croire qu'il suffit qu'il existe une ouverture assez large et un sac assez capable, pour que l'intestin s'y engage, à l'exclusion de toute autre chose.
Dans bien des cas de persistance supérieure du canal péritonéo- vaginal, on voit, je ne sais ni pourquoi ni comment, des tumeurs séreuses facilement réductibles. Si l'on serre de près l'observation de ces petits malades, si on les examine en variant, les conditions de la station, de l'attitude, de l'effort, de la fatigue, du moment de la digestion, de l'heure du jour, etc., on ne voit jamais ces poches, si large que soit l'orifice de communication, être envahies par l'in-
testin : ce sont des hernies aqueuse^, exclusivement aqueuses.
Nous ne les avons jamais vu ni alterner, ni coïncider avec une entérocèle. Le seul organe qui les pénètre parfois, c'est Tépiploon, tantôt libre {obs. de Venfant Cruchon) tantôt avec adhérences [observation de Venfant Berthod). Est-ce l'épiploon qui s*est insinué dans le sac préformé et béant d'une hernie aqueuse? Est-ce le canal périionéo-vaginal qui recevant l'épiploon a, par l'irritation de son contact, sécrété la sérosité qui l'a dilaté en poche et en a fait le sac d'une hernie ? Nous l'ignorons.
En fait, la hernie aqueuse existe en dehors de toute intervention de l'épiploon, en dehors de toute propagation d'une maladie ou d'une lésion péritonéale, tuberculeuse ûu non, elle est justiciable du traitement qui convient à toutes les hernies que le bandage ne guérit pas, et ne peut pas guérir.
Pour ces raisons, nous pensons qu'elle a une existence propre et que la dénomination de hernie aqueuse est justifiée en clinique.