HERNIE INGUINALE DROITE FUNICULAIRE, AVEC APPENDICE ILÉO-C^CAL
Enfant malingre et malpropre : incontinent de ses urines et de ses matières, vice que l'on attribue à la mauvaise volonté. Hérédité : père tuberculeux, un oncle et un cousin maternels hernieux. Pas de maladie antérieure. Hernie incomplètement réductible, constatée à la naissance. Sortie de l'intestin grêle, à l'occasion du moindre effort, réduction très facile. Anneau large, admettant deux doigts presque dans l'abdomen. Pas de pilier externe, La hernie progresse depuis six semaines : elle a, dans son maximum de développement, le volume d'un gros poing d'adulte.
Le 3 avril 1891, opération en présence de notre ami le D' Poisson, de Nantes. Incision longitudinale, dépassant de i centimètre le sommet de la baie herniaire. Vaisseaux et canal déférent en dehors et en arrière. Sac très mince, indépendant de la vaginale. A l'ouverture, l'intestin rentre. Sur la partie postérieure est couché l'appendice iléo-caecal, dont on voit 5 centimètres, fixé au sac par un méso fort et vasculaire, qui ne laisse libre que le cinquième inférieur, l'extrémité de l'appendice est renflée en ampoule. Ligature et excision du méso. Excision de 5 centimètres de l'appendice, avec une suture séro-séreuse. Réduction facile. Liçature du collet isolé très haut. Excision du sac. Suture des piliers avec trois fils d'or couplés. La malpropreté de l'enfant rendit les suites de l'opération moins simples que de coutume. Infection urineuse de la région. Disjonction de la moitié des sutures cutanées ; issue de tissu cellulaire sphacélé. La suture des piliers tient bon néanmoins et ne nous a jamais donné d'inquiétude. Exeat le 29 avril (vingt-six jours après l'opération) parfaitement guéri de ses complications.
Revu le 13 novembre 1893. Etat parfait. Pas trace de la hernie. L'enfant est devenu très fort.