‹ Les héroines de Kalidasa et les héroines de Shakespeare;Chapitre 23 sur 37 · I . Romeo, I come. This do 1 drink to the · texte numérisé non relu

I . Romeo, I come. This do 1 drink to the

Àct. IV, se. lUi^

poignard de Roméo. Ne l*avait-elle pas prévu au milieu des enivrements du bai ?

Son tombeau sera son lit nuptial I

On a trouvé ce dénoûmcnt trop précipité. Garrick avait refait lui-même une scène d'adieux suprêmes. C'était un des plus beaux triomphes de Tacteur, mais l'œuvre de Shakespeare y perdait comme harmonie et comme profondeur. Juliette au balcon ne tarit pas en images et en paroles ; elle s'échappe pour revenir dire à son amant ce qu'elle lui a déjà répété vingt fois. Le bonheur est expansif I Juliette au tombeau est d'un laconisme saisissant. Quand une arme a touché le cœur, le sang ne s'épanche pas au dehors, et aucun signe extérieur n'indique que la blessure est mortelle. De même, le silence est la plus éloquente expression d'une douleur inouïe, et le poète a jugé la langue, dont il disposait en maître, trop faible pour rendre le désespoir de Juliette.

Nous avons marché rapidement à travers cette galerie d'héroïnes ; arrêtonsnous une dernière fois devant la belle

Vénitienne, qui s'enveloppe dans ses voiles blancs.

Avant d'abandonner le théâtre et de planter des mûriers à New-place », Shakespeare écrivit Othello : ce fut l'adieu de son génie ! C'est à Giraldi Cinthio que l'auteur a emprunté son sujet, et d'une nouvelle pâle et oubliée, il a fait jaillir un drame plein de vie et de mouvement 3. Desdémone est la plus timide et la plus modeste des jeunes filles de son âge; sa beauté est célèbre dans tout Venise, et les plus nobles alliances semblent indignes d'une personne aussi accomplie.

L'audacieux pirate qu'on nomme Othello touche à la maturité de Tâge; sa peau brunie durcit encore une physionomie farouche, et sa voix est plus habituée au commandement qu'à débiter des dou-

1 . Le premier mûrier introduit dans le canton de Stratford, fut planté des mains de Shakespeare dans un coin de son jardin de New-place. Guizot, Vie de Shakespeare,

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