I. If music be the food of love, play on
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Qu'il s'agisse de Juliette, l'idéal passionné que tout adolescent entrevoit dans ses rêves, de Jessica, la douce enfant d^Israël dont l'amour fait une chrétienne, d'Ourvasî, la plus ravissante des nymphes immortelles, ou de Mâlavikâ, la bayadère enchanteresse, le sentiment spontané qui s'éveille dans ces âmes naïves est rendu avec une fraîcheur, une grâce inimitable.
Comme le printemps vient dans l'année, comme la rose s'épanouit, elles aiment, les belles filles, avec toutes les illusions et les enchantements du premier âge. Mieux façonnées par l'âge et l'expérience aux luttes de la vie, elles nous attacheront davantage encore ; nous les avons vues vierges sensibles, nous les retrouverons amantes incomparables. Douchmanta, le souverain d'Hastinapoura, a méconnu et repoussé Sakountalâ ; Léontès, le roi de Sicile, a suspecté l'innocence de sa femme et l'a condamnée à périr. L'un ne tarde pas à
Give me excessof it, that, suifeiting, The appetite may sicken, and so die.
retrouver la mémoire et l'autre à reconnaître la vérité. Tous deux pleurent de longues années, celles qu'ils croient perdues sans retour, et leur chagrin, qui a les mêmes causes, se traduit par les mêmes pensées.
a Tant que je me souviendrai des vertus d'Hermione, dit le roi de Sicile, je ne pourrai oublier mon injustice envers elle...
Que ne m'est-il donné de contempler encore les beaux yeux de ma reine chérie et de cueillir un trésor de délices sur ses lèvres ' ! »
« Ah î s'écrie le monarque indien, naguère quand il était endormi, il aurait dû être réveillé par ma bien aimée aux yeux de gazelle, ce coeur blessé qui veille main-