Pratichihâna, ville située sur la rive gauche
des Apsaras >, il s'élance à la poursuite du ravisseur. Vaincre un misérable Dânava est jeu d'enfant pour le héros, et, au bout de quelques instants, il ramène Ourvasi que la frayeur a fait évanouir. Déjà le rOi est sous le charme d'une rencontre si romanesque; Ourvasî fait un mouvement^ « ses grands yeux s^ouvrent comme un bouquet de lotus à la fin de la nuit, » et se fixent, pleins de tendresse, sur son libérateur. La nymphe retourne au ciel avec ses compagnes, mais Pourouravas reste sur la terre à maudire son sort. Il se soulage en contant ses douleurs au brahmane Mânavaka. Décidément les confidents de Kâlidâsa sont tous taillés sur le même modèle.
Celui-là ne vaut pas mieux que Mâdhavya ; il flatte les passions du maître et aurait, à l'occasion, ces complaisances que
du Gange et dont on voit les ruines vis-à-vis d*Allahabad.
I. Apsara est, en sanscrit, le nom des nymphes célestes. Ce nom, qui signifie « qui va sur Teau, » semble indiquer qu'elles ont la même origine que Vénus.
les Grecs prêtaient à Mercure. Tandîs que Mânavaka s'ingénie à trouver un moyen de réunir les deux amants, Ourvasî descend sur la terre dans un char aérien.
a Comment, lui dit sa compagne Tchitralêkha, avec l'accent du reproche, c'est auprès du sage roi Pourouravas que tu te rends I »
OuRVASi. — C*est mon dessein, en ne tenant guère compte de la modestie.
TcHiTRALÊKHA. — Mais qui donc a été envoyé d'abord par mon amie ?
OuRVASi. — Mon cœur, en vérité.
TcHiTRALÊKHA. — Cependant il faudrait réfléchir.
OuRVAsi. — L'amour commande ; à quoi bon réfléchir ?
TcHiTRALÊKHA. — A Cela je n'ai plus rien à dire i.
En effet, l'argument est sans réplique, bien que la démarche soit un peu hardie, et que la belle Ourvasî ait un singulier ambassadeur. A peine s'est-elle fait recon-