‹ Les héroines de Kalidasa et les héroines de Shakespeare;Chapitre 9 sur 37 · Pratichihâna, ville située sur la rive gauche · texte numérisé non relu

Pratichihâna, ville située sur la rive gauche

des Apsaras >, il s'élance à la poursuite du ravisseur. Vaincre un misérable Dânava est jeu d'enfant pour le héros, et, au bout de quelques instants, il ramène Ourvasi que la frayeur a fait évanouir. Déjà le rOi est sous le charme d'une rencontre si romanesque; Ourvasî fait un mouvement^ « ses grands yeux s^ouvrent comme un bouquet de lotus à la fin de la nuit, » et se fixent, pleins de tendresse, sur son libérateur. La nymphe retourne au ciel avec ses compagnes, mais Pourouravas reste sur la terre à maudire son sort. Il se soulage en contant ses douleurs au brahmane Mânavaka. Décidément les confidents de Kâlidâsa sont tous taillés sur le même modèle.

Celui-là ne vaut pas mieux que Mâdhavya ; il flatte les passions du maître et aurait, à l'occasion, ces complaisances que

du Gange et dont on voit les ruines vis-à-vis d*Allahabad.

I. Apsara est, en sanscrit, le nom des nymphes célestes. Ce nom, qui signifie « qui va sur Teau, » semble indiquer qu'elles ont la même origine que Vénus.

les Grecs prêtaient à Mercure. Tandîs que Mânavaka s'ingénie à trouver un moyen de réunir les deux amants, Ourvasî descend sur la terre dans un char aérien.

a Comment, lui dit sa compagne Tchitralêkha, avec l'accent du reproche, c'est auprès du sage roi Pourouravas que tu te rends I »

OuRVASi. — C*est mon dessein, en ne tenant guère compte de la modestie.

TcHiTRALÊKHA. — Mais qui donc a été envoyé d'abord par mon amie ?

OuRVASi. — Mon cœur, en vérité.

TcHiTRALÊKHA. — Cependant il faudrait réfléchir.

OuRVAsi. — L'amour commande ; à quoi bon réfléchir ?

TcHiTRALÊKHA. — A Cela je n'ai plus rien à dire i.

En effet, l'argument est sans réplique, bien que la démarche soit un peu hardie, et que la belle Ourvasî ait un singulier ambassadeur. A peine s'est-elle fait recon-

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