‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 105 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

veillancede l*évôque. Saint Grégoire le Grand, dont le pontificat comptait trois miJle religieuses dans la seule ville de Rome, ordonna que chaque communauté de femmes aurait un prêtre expérimenté pour conseiller et pour représentant, afin que les religieuses, dispensées de toute relation avec le monde, pussent vaquer sans distraction aux devoirs de leur état. Dans l'origine, ces cloîtres n'avaient que de simples oratoires, et les religieuses se rendaient le dimanche, en commun, à l'église paroissiale; mais à dater du sixième siècle, elles obtinrent des églises particulières, et ainsi toute occasion de franchir le seuil de leur retraite fut supprimé.

Ces habitantes du désert possédaient des annales légendaires aussi riches, aussi merveilleuses que celles des monastèies d'hommes. La plus ancienne de toutes était celle de sainte Marie-Magdeleine, l'illustre pénitente qui avait baigné de parfums et de larmes les pieds de Jésus-Christ , dans la maison de Simon le pharisien.

Après avoir vu, dans l'Évangile, comment le divin Sauveur prit la défense de Marie-Magdeleine contre l'orgueil des pharisiens, qui s'étonnaient de le voir souffrir l'approche d'une pécheresse; après avoir vu cette sainte convertie au pied de la croix du Calvaire, et la première des femmes de Jérusalem 5 qui fut annoncée la Résurrection, il n'est pas sans intérêt de suivre dans les légendes, à défaut de documents canoniques, la tradition de ses dernières années.

Quand après la descente du Saint-Esprit sur les apôtres et les disciples du Christ, ces missionnaires de la Foi se séparèrent pour commencer en tous heux la prédication du Salut (disent les textes de Jacques de Voragine, auxquels je ne dois rien ajouter ni retrancher), saint Pierre, le prince de l'apos-

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tolat, avait recommandé Marie-Magdeleine aux soins du bienheureux Maximin , Tun des soixante-douze disciples.

Maximin, Marie-Magdeleine, sa sœur Marthe, leur frère Lazare, le ressuscité de Béthanie, Cédon, Taveugle-né que Jésus avait guéri, et d'autres fidèles qui avaient quitté avec eux Jérusalem , furent saisis par les païens et livrés à la merci des flots de la Méditerranée, sur un navire sans voiles, sans gouvernail et sans rames.

Cet affreux abandon les destinait à périr, mais la Providence voulut qu'ils abordassent à Marseille ; et comme personne n'y voulait leur accorder asile, ils furent réduits à s'abriter sous un portique. Marie-Magdeleine, embrasée de l'amour de la Croix, se mit à prêcher contre les idoles. Le gouverneur de la ville, informé de cette nouveauté, la fit amener, et lui demanda de prouver par un miracle la vérité de sa doctrine.

« Le Dieu que j'annonce, » dit Magdeleine, « fait chaque jour, depuis qu'il est remonté au ciel , assez de miracles par les mains de ses disciples, pour n'en pas refuser un à la foi de son indigne servante.

— « Je croirai à ton Dieu , » reprit le gouverneur, « si tu obtiens de sa puissance qu'il fasse cesser la stérilité de mon épouse.

— « Quand tu auras ce que tu demandes , » dit Magdeleine, «souviens-toi de ta promesse!...»

Au temps marqué par la sainte , l'épouse du gouverneur de Marseille donna le jour à un fils.

Cette nouvelle fit grand bruit dans la cité; un grand nombre de païens suivirent l'exemple du gouverneur et reçurent le baptême des mains de Maximin, et le bienheureux Lazare, dit la légende, fut institué chef de cette chrétienté naissante.

Magdeleine et ses autres compagnons, poussés par l'inspiration divine , quittèrent alors Marseille pour étendre la conquête évangélique, et vinrent à Aix, où leur prédication fut bénie. Maximin en devint le nremier évêque.

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