‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 132 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

de leur poudre, mêlée à la sueur du travail , les tabernacles du Christ.

Je viens de vous faire entrevoir les origines monastiques, parce qu'il faut désormais partir d'un cloître pour aller à la découverte de l'histoire.

Sans les choniqueurs religieux, sortis de la nuit Mérovingienne, l'aurore du moyen âge nous serait inconnue : ouvrons Grégoire de Tours, l'Hérodote des temps barbares.

Dans les mémoires de cet écrivain naïf, monument unique de ces siècles ténébreux, la barbarie vit et respire telle qu'elle a vécu et respiré. On y contemple cette époque au milieu de sa terrible vérité. La Germanie et l'Église y sont debout, le conflit est engagé , jusqu'au jugement de Dieu. L'histoire tracée par Grégoire de Tours ressemble aux vitraux de la basilique de Reims, dont chacun représente une figure d'évêque et une figure de roi, toutes deux de style barbare. Dans cette gigantesque épopée, il faut ouïr tonner les voix du Nord et mugir les flots de l'invasion ; on y voit fulgurer les larges épées de la conquête et les coutelas des meurtriers qui se disputent le pouvoir.

Au delà de la nuit Mérovingienne , tout s'éclaire de nouveau. Le moyen âge chevaleresque devient l'ère héroïque de la Chrétienté. Tout flotte sur l'océan de l'Église. D'un côté de l'arche sainte se lève la tour féodale, couronnée de ses blasons et bannières déployées; de l'autre, les beffrois du monastère sonnent à pleines volées; rois, ducs ou empereurs hissent la voile; le pontife de Rome tient le gouvernail, et le souffle de la Foi pousse la nef au rivage de l'Avenir.

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