‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 134 sur 222 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

[riste héritage de ses défaites ; les aigles de Rome expiraient :îans les Gaules comme dans le reste du monde. Chiidéric, [•edouté de tous côtés, et ne succombant qu'à la vieillesse, laissait à un enfant de vingt ans le poids de ses armes à soutenir et un empire à fonder.

C'est cet enfant dont la hache vient de tomber dans la balance de l'histoire, pour faire pencher vers les Gaules la destinée du monde.

Sa naissance est étrange comme le sera toute sa vie. Chiidéric, pendant son long exil, avait payé par des exploits l'hospitalité des Thuringiens. Quand il eut repris sa place à la tête des Franks, voilà que Basine, femme du roi de Thuringe, arriva auprès de lui.

Basine était célèbre par sa beauté parmi les filles des Germains ; elle Tétait plus encore par une audace qui ne le cédait à nul héros de sa race.

« Guerrier, » dit-elle à Chiidéric, « la renommée de ta vaillance a retenti dans mon cœur. Si Basine connaissait un homme plus admirable aux champs de la guerre, elle irait le chercher, fût-ce au bout du monde. J'ai tout quitté pour t'appartenir : je veux que tu me donnes un fils qui te ressemble ! ... »

Cette aventure est loin de nos mœurs ; mais il faut peindre les temps tels qu'ils apparaissent dans le lointain des siècles,

Chiidéric accepta Basine pour épouse.

La première nuit de leur mariage , elle lui dit : « Abstenonsnous. Les fdles de ma patrie savent expliquer les présages, et je sens que l'avenir va me livrer un de ses secrets. Sors un peu, jet ce que tu verras au dehors, viens me le dire. »

Chiidéric se leva , et sortant de sa maison , il vit passer des formes d'animaux qui ressemblaient à des lions et à des léopards. Il rentra Tesorit troublé, et le dit à Basine.

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« Sors encore, «reprit la Tliuringienne, « et ce que tu verras, viens de nouveau me le raconter. »

Et cette fois, Childéric vit bondir, dans le crépuscule, des formes d*ours et de loups.

« Sors une troisième fois , » dit Basine, « pour compléter cette vision. »

Et Childéric, sorti de nouveau, aperçut comme une troupe confuse d'animaux de faible race, qui semblaient fuir dans Tombre.

Quand Basine eut recueilli ces trois apparitions, elle annonça à Childéric les faits et gestes de toute la lignée mérovingienne , depuis Clovis, le puissant parmi les forts, jusqu'au dernier de ces rois fainéants que devait arracher du pavois la lourde main des maires du palais.

Voilà comme la légende historique , sœur puînée de la légende religieuse, apportait sa part de merveilleux dans le berceau de nos annales.

A vingt ans de date de cette légende, Childéric et Basine reposaient sous la terre, mais leur esprit guerrier conduisait encore aux batailles les fiers enfants du Rhin.

Les Franks campaient autour de Soissons, défendu par le fils d'iEgidius , et Soissons pris d'assaut voyait sortir ses dépouilles romaines par la brèche de ses remparts éventrés. Rien n'avait échappé à l'avidité des vainqueurs ; les Goths , en pillant Rome , respectaient les églises chrétiennes ; mais les Franks ne connaissaient point de hmites au droit du plus fort.

Cependant, voilà qu'un vieillard en robe blanche se présente tristement au milieu des Barbares. On le conduit devant un jeune chef occupé à choisir des armures pour sa part de butin.

« Guerrier, » lui dit le vieillard , « celui qui règne dans le Ciel, et oui donne à son gré la victoire, a couronné ta vail*

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