‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 14 sur 222 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Mais tandis que les troupes d'Orient filaient sur ITtalie, Torage vandale creva sur la Sicile. Genséric avait le génie qui crée, en même temps que la passion qui détruit. Les masses d'hommes qui lui obéissaient improvisèrent une flotte, sous la direction des ingénieurs romains capturés dans Carthage. Cette flotte, armée de marins novices, fit moins de mal qu'on n'en avait redouté. Les vents lui furent contraires, et le courage des Siciliens balança les etforts de l'invasion.

Le péril passé. Théodose rappela les soldais qu'il "avait prêtés à Valentinien. L'influence naissante de l'eunuque Chrysaphe qui avait évincé Pulchérie des conseils de l'État, réclamait ces forces pour les faire servir à son ambition. Chrysaphe était de race barbare. Du plus bas échelon de la domesticité, sa souplesse l'avait élevé au rang de porte-glaive impérial. Audacieux, mais prudent, il avait sapé dans l'ombre toutes les affee-

::j ILS HÉROS DU CHRISTIANISME.

lions de Théodose, semé la brouille entre le frère et la sœur, et distancé leurs amis. Débris de l'étoffe des Rufîn , des Eutrope, des Olympius, il héritait à son tour du fatal pouvoir d'étendre sur l'empire un nouveau pli du linceul de honte sous lequel il devait disparaître.

Par ses lâches conseils , ïhéodose acheta la paix de Genséric en le reconnaissant souverain de Carthage et de toutes les villes d'Afrique qu'il lui plairait de conquérir. Ce fut comme un signal qui autorisait les Barbares à faire un pas de plus.

Un de ces événements scandaleux que le silence étouffe dans les familles obscures, mais dont l'écho perce les voûtes des palais et retentit dans la postérité, fut laflammèclie qui alluma tout à coup sur le monde un incendie plus affreux que les sanglantes catastrophes traînées par les Goths et les Vandales.

Une princesse, fille, sœur, nièce et cousine d'empereurs, chassée de la cour de ValentinieU;, était venue cacher à Constantinople les vices précoces de sa jeunesse déshonorée.

Elle se nommait Honoria. Née du mariage de Constance et de Placidie, sa mère l'avait vouée au céhbat, pour éviter de donner à Valentinien un rival dans un beau-frère. Elevée avec contrainte dans un isolement voisin de l'esclavage, Honoria ne savait du monde fermé devant elle que les légendes contées par ses gardiennes. Le nom d'Attila tombé dans son oreille fit vibrer son cœur qui s'ignorait encore. Qu'était-ce qu'Attila?... Un guerrier féroce et d'une laideur effroyable : voilà ce que lui disait sa vieille nourrice. Mais en même temps Attila commençait un règne; il commandait à des hommes aussi terribles que lui, innombrables comme les sables de la mer, et sa main, comme un marteau colossal, se levait déjà sur l'Europe pour en brover la couronne.

Ce fantôme offert à l'oisiveté de ses rêves, ébranla sa jeune imagination. Attila était horrible, disait-on, mais il marchait à la conquête de l'univers; et s'il rencontrait sur sa route la pauvre fille cloîtrée, ne pourrait-il l'emporter au galop de son coursier de bataille vers la hauteur de ses destins? Placidie avait

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