‹ Les héros du christianisme a travers les agesChapitre 145 sur 222 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

fraction de la société en môme temps qu'elle abaissait l'autre. Mais elle n'appela jamais les classes laborieuses et soutirantes à lia révolte et au désordre; elle ne lui reconnut jamais de supré- [matie, de droits absolus et supérieurs aux droits de la classe I dominante; elle ne plaça jamais les masses au-dessus de la loi lui au-dessus des pouvoirs. Voilà pourquoi elle a produit dans le monde la révolution morale la plus inouïe et la plus irrésistible, uniquement parla puissance de la parole, de la persuasion, et d'une autorité purement spirituelle, sans le tumulte, les cris et le sang des révolutions ordinaires.

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I II ne faut donc pas considérer l'action de l'Église d'une malaière absolue, mais bien l'envisager relativement aux besoins, aux temps et aux mœurs. Quand vous la verrez se liguer contre e despotisme des princes, faire une guerre continuelle à la ty- [•annie des puissances temporelles, abriter le peuple dans son |«m, lui ouvrir ses monastères, ses abbayes et ses chartes d'afjranchissement, il ne faudra pas conclure aux principes démoratiques de sa constitution de la même manière qu'en lisant es anathèmes de l'Évangile contre les richesses, la puissance

I I oppression , on le présente aujourd'hui comme une espèce le code révolutionnaire à l'usage des haines et des ambitions opulaires de notre temps.

On s'est fait de son dogme d'égalité une arme pour bouleerser les classes, pour attaquer la hiérarchie naturelle des itelhgences et des fonctions, pour saper toutes les conditions I existence des pouvoirs légitimes; on a couvert de ses imximes de charité, de dévouement et de mansuétude, les déjamations les plus sinistres contre les lois de la famille et de I propriété, sauvegarde des empires. Mais on a en même imps enveloppé d'un coupable silence les principes de soumislon, d obéissance à l'ordre, de respect pour les droits, écrite

à chacune de ses pages divines; et l'on n'a pas voulu voir que la même Église qui foudroyait jadis, dans la personne du grand Théodose, le despotisme des têtes couronnées, parle de nos jours avec non moins de vigueur au despotisme du peuple.

Le peuple, grâce à ces luttes courageuses de l'Éghse et à ces principes véritablement libéraux de l'Évangile, dont il ne faut pas pousser les conséquences jusqu'au désordre, occupe son rang et sa place dans l'ordre social. Protégé par la loi qui garantit ses droits, toutes les fois que les révolutions n'en font point une arme de vengeance et d'oppression dans les mains d'un parti, il peut demander à l'ordre politique les amélioraii lions que prépare et fait éclore l'évolution régulière et incessante du progrès h i main. Là est ce combat providentiel engagé entre toutes les classes depuis l'origine des sociétés, sur lequel veille encore l'Église aux points qui vont toucher les principes généraux de droiture et de justice distributive gravés dans la conscience du genre humain, et dont elle est la gardienne permanente. Mais la prétendue souveraineté du peuple avec ses conséquences anti-sociales qui tendent à un nivellement radical, et l'Évangile , c'est-à-dire l'ordre par excellence, sont des principes qui se nient. Ne l'a-t-on pas vu trop clairement dans ces temps de bouleversement, de terreur et d'anarchie, où la démocratie victorieuse n'a marqué les jours de sa puissance passagère que par la ruine des temples, la profanation des autels, et le meurtre des apôtres de la paix I...

Dans tous les siècles du Christianisme, la foi persévérante des multitudes catholiques est le plus éclatant démenti qui ai . frappé successivement d'impuissance toutes les coalitions def passions humaines. Mais on est malheureusement oblige d'avouer que, de siècle en siècle, il s'est rencontré des raem' bres du corps de l'Église, et même sur les plus hauts degré

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