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monde, rempereur, le pape etCliarles Martel meurent presque en même temps.
On a jugé Charles Martel sous le point de vue des ambitions du palais; mais une idée plus haute domine toute sa vie. Les prêtres et les moines qui écrivirent l'histoire contemporaine, l'ont accusé d'exactions contre les biens religieux. 11 est vrai que, dans le conflit des séditions et des rivalités des partis, forcé qu'il était de réunir des armes et de l'argent, il dépouilla plusieurs fois le clergé pour payer ses soldats et pour gratitier les chefs qui combattaient sous lui. Mais n'est-ce point le triste résultat des temps de trouble, et la vie entière de Charles Martel fut-elle autre chose qu'un combat?
Toutes les factions se soulèvent autour de son tombeau.
Ses deux fils légitimes, Garloman et Pépin, se partagent le pouvoir.
Pépin prend la Neustrie, la Bourgogne et les contrées méridionales. Il crée pour cette partie des Gaules un simulacre royal : c'est Childéric.
L'Austrasie reconnaît Carloman, qui s'étudie à réparer les maux faits au clergé.
Griffon, tils de Sonnechilde, reine des Bavarois, et bâtard de Charles Martel , dispute aux deux frères une portion d'héritage ; mais bientôt ses prétentions s'évanouissent devant une force supérieure : les Bavarois sont vaincus.
Tout à coup , en 746, Carloman renonce au pouvoir, porte [au pape de riches présents, et reçoit de lui l'habit monasliijue au mont Cassin. Celte vocation soudaine, dans laquelle néanmoins tout parut libre à l'extérieur, laisse aux mains de Pépin toutes les rênes de l'État. Gridbn tente un vain effort sur l'A ustrasie; Pépin s'empare de lui, mais, pour toute vengeance,
lui crée, dans la Neustrie, un apanage de douze comtés avec le titre de duc : nous sommes loin des fils de Clovis!
Monté au faîte de la puissance suprême, le maire du palais voit mourir dans l'obscurité le dernier de ces Mérovingiens que l'indifférence des chroniqueurs avait flétris du nom de rois fainéants, comme si toute la philosophie de l'histoire devait se résumer dans un terme de mépris.
Ces rois fainéants, la plupart jetés au trône dès le berceau , puis chassés du trône par des morts prématurées , quelquesuns pleins de touchantes vertus, quelques autres ne manquant ni d'éclat ni de courage, se trouvèrent amoncelés dans une période révolutionnaire qui submergeait lentement la race de Clovis. Quand l'inondation des partis se sera retirée , des temps nouveaux seront l'aurore d'une dynastie nouvelle.
Lorsque mourut le dernier Mérovingien , nul en France i o s'enquit s'il manquait une royauté dans l'État que soutenait un chef vaillant. Pépin profite de cette ratification tacite de ses destins; il envoie un député au pape Zacharie, et le sacre reçoit ainsi sa première institution , en plaçant la couronne sur l'autel.
La race de Clovis avait duré deux cent soixante-dix ans. L'avènement de Pépin , qui ouvrit l'ère de la seconde race, ne fut point une usurpation comme on l'a prétendu. L'élection du chef souverain était, parmi lesFranks, une coutume nationale qui légitimait chaque pouvoir en lui donnant la vie.
Pépin , proclamé roi , se fait sacrer à Soissons par le légat Boniface; il est le premier qui introduise dans ses diplômesj cette formule : « Roi par la grâce de Dieu, » Son avénementj fut signalé par la restitution qu'il fît aux églises, de la plupartj des biens que leur avaient enlevés les pillages de la guerre.
Le pape Zacharie témoigna sa reconnaissance au nouveau roi , en lui donnant le droit de nommer aux vacances des évê-